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LES BELLES HISTOIRES DE PAPY KIWI

 

LES AUTOS DE LA SAGA NASCAR

J’ai le plaisir d’insérer, en avant-propos, le dessin d’un fidèle et corrosif forumiste belge, accessoirement dessinateur professionnel de BD, qui a eu la gentillesse d’interpréter gracieusement pour nous une Buick « Roadmaster » ’55, peut-être la plus belle auto de l’année.

Merci Xoco !

et dommage que tu n’aies pas aussi bon goût quand il s’agit d’apprécier Dale Junior…

VII – 1955 – ON PASSE DEFINITIVEMENT AUX CHOSES SERIEUSES !

Les Chrysler, avec Tim Flock et la « 300 », exécutent la grande « razzia » (27 victoires, dont 3 par un modèle ’54) qui vaudra à ces voitures d’être écartées, fin-1956, par une de ces manoeuvres dont Bill France avait le secret.

Mais elles ne sont plus seules, et de toute façon, la concurrence se serait montrée redoutable à terme, avec l’arrivée de grandes autos, qui vont écumer les pistes pendant les années à venir.

Les concurrents de Chrysler (dont une Dodge) remporteront tout de même 18 victoires sur 45 courses.

Je ne traiterai pas des « 300 », déjà vues par ailleurs.

Nous ne verrons pas d’autos « exotiques » cette année, elles ne reviendront qu’en 1958, avec des surprises, promis !

Mais la revue de 1955 va déjà être copieuse.

En effet, 1955 marque une énorme révolution stylistique (et pas que stylistique) principalement chez les « Majors », qui ne manqueront pas ce virage. Après ce millésime, les autos US ne seront plus jamais les mêmes. Les voitures, qui avaient conservé un petit air « d’avant-guerre », sont entrées dans une nouvelle ère. Elles ont vingt ans de prospérité devant elles, malgré le « mini-choc pétrolier » de 1956, puis le « méga » de 1973.

Elles vont prendre du poids, encore plus de puissance, et parvenir à des sommets que les voitures de grande série ne connaîtront plus jamais.

Regardez les bien dès maintenant, on ne verra plus une telle débauche de puissance, et de générosité dans la démesure. GM principalement, mais aussi Ford, et Chrysler Corp. vont faire assaut d’imagination, et d’agressivité commerciale, pour séduire une clientèle riche, dans laquelle femmes et enfants (les baby-boomers) auront leur mot à dire au moment des choix d’achats.

L’Amérique est en paix (« Guerre Froide ») puissante, pas encore en butte aux doutes de l’affaire vietnamienne, et se lance avec un optimisme délirant à l’assaut de l’espace, qui lui vaudra bien des déboires au début, avant une réussite insolente.

Les autos reflètent bien l’état de cette société.

 

CHEVROLET

Deux victoires avec Fonty Flock et Herb Thomas.

Voilà les grandes Chevrolet, les ’55, avec cette nouvelle ligne GM qui, pour moi, marque LA GRANDE RUPTURE dans l’histoire du style automobile américain, sinon mondial. Il faut dire (Cocorico !) que seule la France allait faire encore plus fort cette année-là avec l’époustouflante DS de Citroën.

Je vais passer un moment sur cette auto, et je pourrais être facilement lyrique...

La couverture de la brochure originale donne le ton. Tout était neuf (ou presque) là-dedans.

Et ce n’était pas que de la publicité, 1955 voyait l’apparition d’une grande nouveauté sous le capot de ces autos, on en parle encore aujourd’hui… le « Small Block » ! 

 

Désolé pour un explosif forumiste breton, je n’ai pas trouvé de brochure avec un coupé Bel-Air bleu et blanc, mais je me rattrape là-dessous !

La voiture montre une ligne sans erreur, une réussite de puissance, d’équilibre, voire d’élégance. Ce n’est certes pas une italienne, avec la fluidité de lignes qu’on en attendrait, mais pour une américaine, c’est un monument de sobriété. Belle sous tous les angles !

Et cette calandre en « coupe-frites », même les Ferrari de l’époque devaient en faire des jaunisses !

 

Et le cabriolet ? Pas « craquant » ?

L’intérieur de ces autos était également nouveau, et bien séduisant aussi !

Pas vraiment d’origine, avec quelques compteurs supplémentaires, et notez les dés suspendus au rétroviseur (redneck pur sucre !)

Enfin, je ne vous ferai pas grâce de celle pour laquelle je me damnerais presque, le break « Nomad », deux portes, peut-être la Chevrolet la plus recherchée de nos jours.

Dommage ces roues, un peu incongrues. Mais la restauration est très belle.

L’intérieur du « Nomad »

 

Bon ! L’aérodynamisme et la finesse n’étaient visiblement pas les préoccupations principales des dessinateurs US. Le coefficient de pénétration dans l’air de ces autos était comparable à celui d’un bahut breton, mais qui s’en souciait ? Il y avait des chevaux à revendre, l’essence coûtait une misère, les vitesses étaient très strictement limitées (60 mph) Seules accélérations et reprises comptaient, histoire de remettre l’auto à sa vitesse de croisière, sans perte de temps.

Enfin, les ayatollahs de l’écologie n’étaient pas encore sortis de leurs cavernes, et l’optimisme était général.

 

Alors, pour motoriser ces beautés ? Des nouveautés renversantes ? L’audace a ses limites, tout de même, les financiers veillent aux dépenses, et « Chevy » doit rester à sa place, celle « d’entrée de gamme » du Groupe GM.

Et pourtant, comme je l’annonçais d’emblée, le « Small Block » est là, avec ses 265 ci, son carbu quadruple corps, et ses 162 HP. Moderne, à la pointe de la technique de l’époque avec ses cotes « supercarrées » (alésage 3,75in, course 3,00 in.) ses chambres de combustion « en coin », et ses dimensions réduites. Il est passé presqu’inaperçu… et ses descendants se comptent plus de 90 millions aujourd’hui.

Le voilà, celui par lequel beaucoup de choses vont arriver.

Plus généralement, les moteurs présentent une variété intéressante, et vous pouvez choisir du 6 cyl en ligne, 235 ci (3850 cc) anémique, 123 hp à 3800 t/m, au V8 « maxi », carbu quadruple corps, de 265 ci (4343 cc) nettement plus sérieux, avec 180 hp à 4600 t/m.

Les poids ? De 3070 à 3355 lbs (1390 à 1520 kgs) ce qui en faisait des autos relativement légères, comparées à leurs concurrentes US.

Un lien sur une excellente vidéo, du non moins excellent « Hot Rod TV »

http://www.hotrod.com/tv/113_518_06

Vous y verrez la Chevy ’55 en action, y compris NASCAR !

Ici une réplique, mais elle ne manque pas d’authenticité.

Ces voitures avaient une tenue de route sérieuse, des freins très honnêtes, la direction un peu flottante, un peu trop assistée (c’était la mode du temps) et leur confort était moins « typé US » qu’à l’habitude (ça se dégradera de nouveau !)

Je n’ai pas eu l’occasion d’en prendre le volant, mais de me faire promener dans un cabriolet, le « piège à cailles » le plus mortel de l’époque… en revanche, mon père a utilisé un moment une berline Pontiac ’56, bien conservée, pas très différente, et sans avoir pu la pousser, j’en garde une belle impression d’homogénéité.

Et cadeau ! Pour en finir avec les Chevies ’55, une « delikatesse » que j’ai trouvée tout à fait par hasard, la voiture de Harrison Ford dans « American Graffiti » !

Là, devant le « Mel’s drive-in », en companie du « deuce » ‘32

Avec ce qu’on ne voyait pas dans le film.

Son moteur, un 454ci (7440 cc) « big block », abrité sous un ouvrant en fibre de verre.

Vue aussi dans « Two-lane black top », ici le trailer :

http://www.classiccar.com/garage/blog/index.php?/archives/100-Two-Lane-Blacktop-Trailer.html

 

OLDSMOBILE

Le style rejoignait le « new look » de la GM, mais je l’ai toujours trouvée moins réussie que ses cousines (les goûts et les couleurs…) 9 victoires, avec le célébrissime Junior Johnson, entre autres.

La calandre en forme d’entrée d’air de réacteur ne manquait pas d’agressivité, mais l’ensemble a un « je ne sais quoi » un peu terne, voire pataud, comparé à la flamboyance des Chevrolet et Buick, sans même parler des Cadillac.

Juste pour illustrer mon propos, une Pontiac, la moins réussie des GM 1955.

Ici une deux portes, la plus luxueuse de la marque…

 

 

Pour en revenir à nos Oldsmobile, le meilleur moteur disponible est le 324.31 ci (5314 cc) 202 hp à 4000 t/m. Pas mal du tout, et pas étonnant que l’auto ait connu le succès cette année-là.

 

BUICK

Herb Thomas en a mené une à la victoire, par deux fois, et ça me plait. J’aime beaucoup la Buick ’55 (j’adore la ’56 !) qui respire la puissance et le luxe.

Les dessinateurs de brochures ne mollissaient jamais quand il s’agissait d’étirer les voitures ! Et ce n’est pas réservé aux américains, il existe des « 203 » ou des « Aronde » qu’on croirait directement sorties de Detroit, si on en juge par les proportions qui leur ont été données sur les catalogues.

Mais l’auto est belle même sans artifices artistiques. Regardez plutôt la « Roadmaster ». Cette « bête » donne une image frappante de puissance, de luxe, et d’agressivité. Une vraie réussite ! Il faut préciser que les berlines étaient beaucoup moins « glamour ».

La cavalerie était au rendez-vous : Sur la « Century », on trouve un V8 de 322 ci (5278 cc) délivrant 236 hp à 4600 t/m. On commence à atteindre les puissances qui nous ont fait rêver dans les autos US. Le poids n’est pas innocent, lui non plus : 3825 lbs (1735 kgs)

Chaque chose a son prix, et si vous aviez l’intention de « cruiser » dans un cabriolet « Century », il vous fallait rédiger un chèque de $3175. Le voilà gratuitement, ce cabriolet, suprême « appât à teenagers à couettes » !

Notez bien les « obus » qui font office de butoirs de pare-chocs, et regardez, plus bas, la Cadillac. Les stylistes et commerciaux de la General Motors, probablement conseillés par des « psy » (au début de leur grande vogue) eux-mêmes complètement immergés dans leur « trip » freudien, avaient décidé que le mâle américain (réputé toujours au stade buccal, et au cordon ombilical tenace) serait attiré par l’image de gros butoirs, rappelant, outre leur mère nourricière, les avantages de Mae West (Oui ! Celle qui a déjà donné son nom aux gilets de sauvetage de la Seconde Guerre Mondiale !) puis de Marilyn Monroe, et enfin Jayne Mansfield.

Ici Mae West…

Marilyn Monroe, puis Jayne Mansfield

Ca a marché, il faut croire, car ces autos se sont arrachées. Ford ira encore plus loin, en 1958, mais avec le « flop » commercial le plus retentissant de la légende de l’automobile. C’est une autre histoire, et nous y reviendrons, n’en doutez pas, car elle est trop belle pour ne pas être rappelée !

 

FORD

Ford a gagné deux courses en 1955. Ces voitures aussi ont bien évolué, et suivi GM dans la modernisation des lignes. Moins réussies que leurs concurrentes, parce que trop chargées en chromes et en gadgets décoratifs divers, elles ne manquent cependant pas d’un charme certain, j’en garerais bien une à côté de mes fantasmatiques Buick, Nomad… et Ferrari 225S de 1952 !

Le meilleur moteur est le V8 272 ci (4457 cc) « supercarré » (valeur d’alésage supérieure à la course du piston) Carbu quadruple corps. Il développe 182 hp avec l’option « Powerpack ».

Floyd Clymer l’a essayée pour « Popular Mechanics », et il est emballé. « This model is definitely a sensational performer that handles and performs like a car in the high-price range. It really "scats" away from traffic signals and up hills. Roadability and handling are better than any other Ford I have ever driven and compare favorably with any car I have tested regardless of price”

« Une voiture aux performances sensationnelles, qui tient la route et se conduit comme une “haut-de-gamme”. Elle «s’arrache » aux feux verts, et en côte. La tenue de route est meilleure que celle de toute autre Ford que j’aie pu conduire, et se compare favorablement à n’importe quelle auto testée, sans considération de prix. » Un peu lyrique, pour une auto somme toute un peu sous-motorisée. Ford réagira, et se lancera dans la «course aux armements » contre Chevrolet.

Peut-être la plus «décorée», mais aussi la plus emblématique, la Fairlane Crown Victoria, « vaisseau amiral » de Ford. Un voisin en a eu une, exactement comme celle-là, et je bavais déjà d’envie en la voyant.

Elle avait un charme fou, aussi « en vrai », avec ses projecteurs directionnels en option !

 

MERCURY

La cousine « supérieure » de la Ford a couru cette année. Pas très réussie de lignes cette auto, un peu « à cheval » entre la populaire Ford, et la luxueuse Lincoln, assez mal placée à côté des gammes GM et Chrysler. Elle m’a toujours paru perdue sur le marché.

Une ligne moins réussie que celle de la Ford. Même la « Sun Valley » avec le toit transparent, n’était pas très attirante, pour mon goût.

Le meilleur des V8 Mercury, un culbuté de 292 ci (4785 cc) délivrant 198 HP, pour une auto pesant 1600 kgs, était une offre honnête, en termes de rapport poids/puissance.

 

LINCOLN

Elles sont passées cette année les Lincoln, épisodiquement, et sans succès, mais ce sont des Lincoln, et on ne peut ignorer la marque de prestige de Ford Motors.

Pas terrible-terrible, la ligne de ces autos. Elle ne reprend pas celle des autres marques du Groupe. Ici une « Capri », vue aujourd’hui « dans son jus ».

La Lincoln fait une peu vieillot, comparée au reste de la production des « majors ».

 

 

Mais il est vrai que, chez Lincoln, on a « les yeux de Chimène » pour la « vedette », la « star » de la maison… la Continental !

Née en 1952, d’une idée d’Edsel Ford, la marque Continental (elle est devenue une « marque », pour la distinguer des autres Lincoln) sera désormais le vaisseau amiral du groupe Ford. Et elle y a des titres. Belle, sans aucun doute, elle deviendra la rivale des « grandes Cadillac », au point d’être adoptée officiellement par la Maion Blanche.

Sa renommée rejoindra l’histoire, un jour de Novembre 1963, à Dallas, quand JFK sera tué dans une «Limo Convertible » de la marque.

Belles, n’est-ce pas ? Très chères, très snobs, « glamour » pour tout dire ! J’adore !

Notez la roue « Continentale », apparente, à l’arrière du coffre. Ce sera longtemps sa marque de fabrique.

 

Quels moteurs pour ces Lincoln et Continental ?

La Capri (ce joli nom sera galvaudé plus tard sur les Ford anglaises et allemandes) disposait d’un V8 culbuté « supercarré » de 5592 cc, carbu Holley « four barrel », offrant 225 HP à 4400 t/m. Pas négligeable, mais il fallait entrainer les 1925 kgs de la bête.

La Continental, elle, avait droit au « Y-Block » de 5200 cc, qui délivrait la même puissance que celui de la Capri. Mais Lincoln allait vite réagir, et, dès 1956, le moteur passerait à 6 L, et 285 HP !

A noter qu’à l’époque une Continental vous demandait de vous saigner de $10.000 ! Vraiment « exclusive »…

 

DODGE

Une victoire pour Dodge, avec Lee Petty. Et si nous regardions un peu comment ont évolué ces autos ? Une nouvelle ligne là aussi, dite « Forward Look* » dûe à Virgil Exner, elle a sauvé Chrysler de l’effondrement !

La voiture a fait une poussée de croissance, et on est loin des carrosseries moyennes, légères, presque déplacées à côté de leurs imposantes concurrentes.

L’auto n’est vraiment pas désagréable à regarder, les versions « basiques » sont assez discrètes en chromes, et autres fioritures.

Dodge inaugure une ligne qui évoluera au cours des années, en prenant des ailerons, et du volume.

Ci-dessous, la «Coronet» ’55, et sa cousine De Soto (chapitre suivant, que je trouve plus dynamique d’aspect, peut-être grâce à la découpe de peinture sur le flanc) A noter la grande innovation de Dodge, la peinture « trois tons »… pas vraiment une réussite !

Pour animer ces maintenant grandes autos, Dodge avait musclé ses « Hemis », et la « Lancer » pouvait compter sur le V8 à carbu quadruple corps, de 270 ci (4426 cc) et ses 193 hp à 4400 t/m. en option « Power Package ». A noter que la De Soto était mieux pourvue, avec son option « Fireflight» de 291 ci (4768 cc) qui développait 200 hp. Le poids restait modéré, malgré la nouvelle « pointure », et s’établissait aux alentours de 1550 kgs.

DE SOTO

 

Les De Soto ont connu les honneurs de la piste, mais pas de la victoire cette année, malgré leurs 200 HP.

Pas vilaine cette De Soto, mais je la trouve moins réussie que ses cousines Dodge.

 

PLYMOUTH

La Plymouth, quant à elle, devait se contenter de sa robe de Cendrillon de tous les jours, un peu « cheap », même retaillée à la mode du jour, et même dans sa déclinaison la plus luxueuse.

Les moteurs allaient d’un asthmatique 6 cyl. à soupapes latérales (230ci, 117 hp) au V8 Hemi, de 259 ci (4244 cc) et 177 HP.

Le prix restait raisonnable, lui aussi, à $2395.

Si j’en ai vu beaucoup, je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de rouler dedans, et je ne pourrai pas radoter à leur sujet. J’ai lu, ici et là, que ces autos étaient toujours sans histoires, faciles à vivre.

 

*Le « Forward look » ne fait en aucun cas référence à Ward Burton, n’en déplaise aux très nombreux « fans forward » de cet excellent pilote « redneck » !

 

CADILLAC

Cadillac n’a pas gagné, mais a participé à quelques courses. Leur ligne, et leur moteur, valent qu’on s’y arrête un bon moment.

Le catalogue de 1955 insistait sur le côté « classieux » de l’auto (parallèle « haute couture »/auto)

« Le style que le monde entier admire ! » Le slogan était ronflant, mais il est vrai que la Cadillac a connu le succès dans les rues, au contraire de la piste.

 

Un « Coupé De Ville »

Très équilibrée, grande, mais pas monstrueuse, une réussite de style. Même les chromes ne sont pas trop envahissants, peut-être grâce à la taille de la voiture.

Les moteurs sont à la hauteur de la carrosserie. Avec un V8 de 331 ci (5424 cc) crachant 250 HP à 4600 t/m (Eldorado : 270 HP, à 4800 t/m) on entrait dans le domaine des cavaleries respectables, et ça ne ferait qu’augmenter, très rapidement, au cours des années. Il fallait bien ça, pour amener les 2034 kgs, au minimum, que pesait l’auto.

Curieusement, malgré ces chiffres alléchants, on n’a pas beaucoup vu de Cadillac en NASCAR, et elles n’y ont jamais connu le succès. Probablement les catalogues de pièces ne contenaient-ils pas les « beefed suspensions » nécessaires à changer ces grands « bateaux », très souples (certains disent « molles ») en voitures de compétition. Sans compter que les freins avaient du mal à arrêter la voiture quand on abusait de leur bonne volonté.

 

J’ai roulé une fois dans une ‘55, une berline 4 portes « basique », et c’était un régal de silence et de confort. Le volume intérieur était considérable. Je n’ai pas pu en prendre le volant, mais j’ai ressenti deux autres impressions, une accélération impressionnante, douce (genre moteur électrique) et un roulis ahurissant dans les virages pris un peu vite, sur petites routes.

En règle générale, la voiture roulait dans les virages, cabrait à l’accélération, et s’agenouillait au freinage appuyé ! Et le tout mettait un moment à se stabiliser, avec deux ou trois balancements résiduels. Mais peut-être la mienne avait-elle des amortisseurs fatigués ?

 

AU PASSAGE… quelqu’un pourrait-il un jour signaler à « Patéfil », nos impayables commentateurs du dimanche soir, que les autos ne « cabrent » pas au freinage, mais à l’accélération ? Au freinage, elles « s’agenouillent », ou « piquent du nez » !

 

On lui pardonne, elle était si belle… notamment dans sa déclinaison « Eldorado » !

 

Puisqu’on est sur l’Eldorado, regardez bien les ailes arrière, avec leurs dérives (nageoires ?) marque distinctive du modèle, on les verra croître et embellir très bientôt … et se généraliser.

 

NASH

Et oui ! Des Nash ont participé, cette année encore ! Des courageux (fauchés ?) s’escrimaient à courir contre les autos sérieuses, avec leurs « ferrailles » asthmatiques.

Rien que pour être complet, et un tantinet sadique, je vous montre ce qu’étaient les Nash de 1955.

La « Statesman Custom Country Club Hardtop Coupé » (On ne craignait pas les noms à rallonges chez Nash !)

 

Vilaines, hein ?

La seule Nash qui trouvait grâce à mes yeux en 1955 (mais c’était surtout une Austin) la Rambler « Metropolitan Coupé ». Mignonne, les femmes élégantes l’adoraient, surtout en Europe.

 

Les moteurs Nash ? Le petit 4cyl. Austin 1200cc, 42 HP, pour la mignonne là-dessus, sinon, le plus souvent, des 6 en ligne, à soupapes latérales ou culbutés, très anodins, développant au mieux 130 HP… et ô surprise ! Un V8 culbuté, de 320 ci (5244 cc) donnant 208 HP ! Mieux qu’une Oldsmobile !

Elle n’a pourtant marqué, ni l’histoire de la Nascar, ni celle de l’automobile.

 

 

PACKARD

Episodiques apparitions de Packard dans les courses de 1955.

Mais ces autos sont trop importantes pour être passées sous silence.

En 1955, les Packard se sont encore alourdies, malheureusement, et l’étirement des catalogues ne parvient pas à les rendre plus aériennes.

La Clipper, vue aujourd’hui, n’est pas franchement belle, trop lourde d’aspect. L’intérieur,en revanche, était nettement plus réussi

Enfin, la fameuse « 400 », un « collector », dont nous a entretenus « Ward22 », dans la relation de son voyage Nascarien de l’été 2006.

Notez la peinture « trois tons », avec la bande latérale, qui séparait rouge et blanc dominants.

Les moteurs ? Des V8, de 320 à 352 ci (5243 à 5768 cc) délivrant de 225 à 260 HP, une puissance assez « juste » pour ces autos très lourdes (plus de deux tonnes, selon les modèles !)

 

STUDEBAKER

Les Studebaker, je vous en ai parlé dans l’article sur les autos de 1952. Elles ont couru en 1955, sans succès toujours.

Elles ont peu évolué cette année, même si leur face avant est moins réussie, à mon goût, que celle de 1953-1954. Un peu alourdie sous cet angle, la voiture conserve toute sa grâce par ailleurs.

La publicité du Groupe « Studebaker-Packard » (et oui ! C’est fait !) ne manque quand même pas d’optimisme, avec sa « sportive de l’année »

 

 

 

 

Mais ce modèle « Speedster » ne manque pas d’allure.

La pub d’époque la qualifiait de «lightning on wheels » (éclair sur roues) on n’avait pas peur des mots, en ce temps-là !

Les baguettes additionnelles dorées, sur le capot et les ailes avant, étaient vraiment de trop pour moi.

On avait quitté les Studebaker, affligées de moteurs poussifs… qu’en est-il en 1955 ?

A peine plus sérieux… Oublions le six en ligne, de 186 ci (3048 cc) et 101 HP à 4400 t/m, pour nous pencher sur le V8 de 259 ci (4244 cc) qui délivre, dans la Commander, la « fabuleuse » puissance 185 HP à 4500 t/m, il n’y a toujours pas de quoi se faire peur !

Le poids de l’auto reste raisonnable, à moins de 1500 kgs pour une « President » deux portes.

Le prix, lui aussi, est contenu dans des limites acceptables, à $3253.

Mais elles n’avaient pas de quoi se frotter, avec succès, aux autos des grands groupes.

 

HUDSON

Toujours là les Hudson ? Et oui ! Mais de moins en moins fringantes. Et de plus en

plus laides.

 

 La « Hornet », si victorieuse il y a peu, est devenue quelconque à tous les égards, et même qund Hudson faisait appel aux carrossiers italiens, ça n’arrangeait vraiment rien ! Ici la Hudson « Italia ».

Il faut bien dire que Nash et Hudson ont uni leurs tristes destinées, et vont partir, ensemble, vers le Paradis des Marques Disparues.

Et leurs moteurs ? Bof ! La plus « musclée, la Hornet V8, offrait un 320 ci (5243 cc) et 208 HP à 4200 t/m. Correct pour tirer une auto de 1800 kgs.

Il n’y a pas grand-chose à rajouter concernant les « bouffissures » qu’étaient devenues les Hudson, dommage !

Adieu « Doc » Hudson Hornet… heureusement, il nous reste nos DVD de « Cars », et notre bon « Doc » VD, pour nous en parler, de temps en temps.

 

Voilà pour les autos qui ont couru en 1955, mais 1956 ne sera pas moins intéressant.

 

SOURCES PRINCIPALES

http://www.1motormart.com/galleryc.htm

http://storm.tocmp.com/buick1955.htm

http://www.familycar.com/Classics/55Chevrolet.htm

http://www.tocmp.com/brochures/Chev/1955/car/index.htm

http://vintagecars.about.com/od/greatcars/ss/55_plymouth.htm

http://www.buickclub.org/BMD_PR/bmdpress.htm

http://www.netcarshow.com/buick/1955-jay_lenos_roadmaster/800x600/wallpaper_01.htm

http://www.collectorcarbuff.com/searching-for-the-ford-victoria-crown-jewels

http://clubs.hemmings.com/clubsites/crownvictoria/articles.htm#14

http://www.geezergassers.com/hemi.php#53rr

http://members.aol.com/ArmySFCRet/hashpage.html

http://oldcarandtruckpictures.com/Buick/buick1950-1959.html

http://www.fraserdante.com/dom.htm

http://www.bodrumrentacar.com/wallpaper.html

http://www.chryslerclub.org/memberphotos2.html

http://www.hubcapcafe.com/ocs/pages01/pont5505.htm

http://www.cadillac.cz/cadillac/elvis

http://www.lacoctelera.com/myfiles/jasoninternauta/Mae-west.jpg

http://www.houseofthemes.com/people.html

http://www.phespirit.info/derekandclive/jayne_mansfield.htm

http://www.fotos.org/galeria/showphoto.php/photo/9180

http://www.studebakerracing.com/newsads.html

http://www.cardomain.com/ride/2255169

http://www.autoliterature.ch/4829/16502.html?*session*id*key*=*session*id*val*

http://www.1motormart.com/galleryc.htm

http://www.mercuryarchive.com/1949to1956/

http://www.oldcarandtruckpictures.com/AmericanMotors/AmericanMotors.html

http://www.plan59.com/cars/cars306b.htm

http://www.indianmotorbikes.com/my/55linc/55linc.htm

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http://c.barat.free.fr/lincoln/limousine/limo.html

http://www.classiccars.de/Oldyrent/plz2/images/26125.htm

http://www.familycar.com/Classics/55Studebaker/

http://www.chevyhiperformance.com/thehistoryof/0605ch_small_block_chevy_history/

http://www.autogaleria.pl/tapety/buick.php

http://www.supercars.net/Gallery?cmd=viewGallery&uID=119513&gID=5&pgID=2

http://autobytel.espn.go.com/content/shared/articles/templates/index.cfm/article_page_order_int/1/article_id_int/815

http://kathyschrock.net/graffiti/55.htm

http://www.classiccar.com/

http://www.thehotrodshop.net/funstuff.html

 

 

 

 

A propos des sources

Les sources utilisées pour ces articles, et principalement pour les photos, sont celles accessibles sur le Net. Je m’efforce d’en citer l’origine, soit dans le corps de l’article, soit « in fine », mais il peut se produire un oubli, ou une erreur, dont je prie qu’on veuille bien m’excuser.

Elles sont utilisées sans but lucratif, et elle contribuent, selon moi, à la promotion de leurs sites d’origine. Si certains détenteurs de droits s’estiment malgré tout lésés, il va de soi qu’elles seront retirées sur simple demande.

 

 



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