07/12/2011 : Ze Show !! n°35 est disponible !!      05/11/2011 : ChallengeVD: Winter quiz 2011-2012      06/10/2011 : Ze Show 111 en ligne !      28/09/2011 : Ze Show !! n°110 en ligne !!      23/09/2011 : Ze Show !! n°109 disponible !!!     


LES BELLES HISTOIRES DE PAPY KIWI

 

LES AUTOS DE LA SAGA NASCAR

 

IV - 1952 : LES VOITURES SE « MUSCLENT »

 

Quatrième année d’existence de la Nascar, tout le système se professionnalise, les pilotes de pointe perdent, petit à petit, leur côté « folklorique » et « Moonshiner », pour adopter un aspect plus sérieux.

On ne vient plus systématiquement en famille, par la route, avec la voiture de course.

Les autos se modernisent, parfois de manière surprenante, comme on le verra.

Si Hudson domine largement le championnat, on voit poindre l’oreille de la concurrence.

 

Des autos déjà traitées, mais modernisées

On enregistre l’arrivée des Hudson, et Oldsmobile, du millésime 1952, dès la deuxième course.

Comment ont évolué ces autos ?

 

HUDSON

A tout seigneur, tout honneur.

Pas grand-chose de nouveau à l’extérieur.

Sous le capot, on voyait arriver l’option « Twin-H-Power » qui délivrait 145 hp.

Les autres modifications (suspension, commande de boîte) étaient réservées aux autos de compétition.

Pas grand-chose, mais ce « pas grand-chose » allait faire une razzia sur les courses.

 

Personne ne le savait, mais c’était le chant du cygne de Hudson. La marque allait connaître des lendemains difficiles, et trainer sa misère pendant encore quelques années, avant de sombrer définitivement.

Bien triste fin…

 

OLDSMOBILE

 

L’Oldsmobile a bien changé depuis ses débuts en Nascar. Elle était assez fine, elle a pris de l’embonpoint. Elle était déjà bien motorisée, elle devient carrément puissante.

 

A comparer avec le modèle de 1949, la voiture a perdu en finesse, elle est nettement plus massive, « carrée », en attendant la révolution stylistique de 1955. Mais il est vrai que les Olds n’ont pas toujours reçu le meilleur du « Style Center » de la GM, contrairement à leurs soeurs du groupe, dont les souvent très belles Pontiac (bizarre…)

 

Mais l’Oldsmobile n’avait pas besoin d’un style époustouflant pour se révéler redoutable. Il suffit de regarder rapidement le prospectus 1952 pour tout bien comprendre.

 

Juste au-dessus de la carrosserie, regardez bien le moteur, et le symbole de la fusée en route vers son orbite… c’était l’image du moteur « Rocket ».

Un V8 à 90°, en fonte, culbuté, d’un modernisme absolu (préfigurant les « small blocks » de la GM) auquel il ne manque que d’être construit en alliage léger.

303.7 ci. (4977 cc) délivrant 160 hp à 3600 t/m, accouplé à une boîte 3 manuelle, ou Hydramatic à 4 rapports.

L’auto pesant environ 3800 lbs (1720 kgs) le rapport poids/puissance s’établissait à un intéressant 10.75 kgs/cheval.

Le « Rocket »

 

De manière surprenante, l’auto n’a pas été très heureuse en 1952, avec trois victoires seulement (Bill Blair 1, Fonty Flock 2) les « Hornet » raflant presque tout le reste, si on excepte une victoire Chrysler* (Gober Sosebee) et une Plymouth (Lee Petty) ! Je vous renvoie à l’œuvre exhaustive de « Prof VD » pour les détails.

 

Pour la bonne bouche, et aussi pour faire plaisir à nos amis belges, je rappellerai que leur excellent pilote-journaliste-écrivain automobile, Paul Frère (né en France, rappelons-le !) a gagné le Grand prix des Voitures de Production 1952, à Spa-Francorchamps, sur une « 88 » équipée d’une boîte Hydramatic. Les surpuissantes Chrysler* « Saratoga » avaient toutes été éliminées sur ennuis de pneus, et de roulements de roues avant, trop sollicités.

 

*J’ai traité des Chrysler dans un article sur les « 300 », merci de vous y reporter pour les détails.

On va entrer maintenant dans le domaine des nouveautés, et des surprises…

 

Course #8 – Photo légendée « Jack Smith #23… » - STUDEBAKER !

 

Si une auto mérite un long développement, c’est bien cette descendante de la vieille marque US. Je l’avais volontairement passée sous silence en couvrant la période 1951.

Voyez la photo de la course #8 de 1951, intitulée « Tim Flock et sa 4 portes… » La voiture #23 est un coupé Studebaker 1951 « Starlight » (reconnaissable à sa vaste lunette arrière enveloppante)

 

Il s’agit sur ces photos d’un modèle ’50, mais il n’y avait aucune différence réelle.

 

Cette carosserie constitue une déclinaison des « Loewy » de 1947 (le style Loewy finira avec la marque Studebaker elle-même, et « l’Avanti »)

 

Une Loewy des débuts.

 

Mon père a possédé une auto identique (4 portes) pas vraiment toute neuve, puisque j’ai pu la conduire (très illégalement ! A l’étranger, et infraction prescrite !) Elle ne donnait pas une impression de très grande auto, comparée aux Plymouth et Ford, dont j’avais déjà tenu le volant.

N’ayant pu la pousser « dans ses derniers retranchements » (comme disent les journalistes spécialisés) je dois m’en remettre à ce qu’en pensaient les « grands », dont mon frère aîné.

La voiture, avec son 6cyl anémique, était « un vrai veau, et aucun tambour ne freinait en même temps que les autres », ce qui rendait un arrêt d’urgence plutôt « sportif ».

Elle était flatteuse à l’œil pour l’époque, et très correctement équipée (j’ai le souvenir d’un auto-radio à lampes qui fonctionnait parfaitement, même s’il devait chauffer quelques secondes avant de produire un son !)

Mais le style avait surpris, et la plaisanterie était alors de demander dans quel sens allait la voiture, le public, habitué aux lignes « traditionnelles », lui trouvant un air de symétrie inhabituel entre l’avant et l’arrière.

 

Parlons du style. Nous reviendrons ensuite à 1952.

Les plus jeunes d’entre vous n’ont peut-être pas entendu parler du dessinateur de ces autos, l’immense français Raymond Loewy, inventeur du concept de « design », ou « esthétique industrielle ».

Outre les Studebaker, des maison, des réfrigérateurs, on lui doit une trouvaille qui ravit toujours mon âme de vieux fumeur non repenti… le paquet de « Lucky Strike » !

 

Voyez cette pub de l’époque, où le tabac était encore « politiquement correct ».

 

Pour être viril, et en pleine santé, au service de son pays, ce marin fumait sa « Lucky » … sans complexe ! Mais attention ! Aujourd’ hui fumer vous ruine le portefeuille, et la santé !

 

 

Remarquez l’inscription « L.S./M.F.T. » au fond du paquet, il s’agit du slogan de la marque à l’époque, « Lucky Strike means fine tobacco ».

Et la trouvaille géniale de Loewy : quel que soit l’angle sous lequel on regardait le paquet, on voyait « Lucky… », ou « L.S… » ! Bête comme chou ? Oui ! comme toutes les inventions géniales.

 

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt nos Studebaker, et à 1952.

 

Course #8 – Photo légendée « Jack Smith #23 sur Studebaker… »

 

La Studebaker qui apparait là a bien failli sonner le glas des bonnes relations entre la France et la Belgique ! Au mieux, elle pouvait être cause d’un duel, dans le petit matin blême, sur un champ situé à mi-chemin de Namur et Marseille, entre l’éminent « Prof VD », Expert incontesté es-Nascar, et votre dévoué serviteur, petit amateur « éclairé » d’autos US !

Car cette voiture n’avait normalement rien à faire dans cette course, et dans un article concernant 1952.

Il s’agissait, bel et bien, d’un modèle du millésime 1953 ! Un « Loewy Coupe », parfaitement reconnaissable de surcroît, avec sa découpe de fenêtre arrière, et son allure très surbaissée.

 

A mon goût (et je sais ne pas être seul de cet avis) le plus beau dessin automobile de Loewy !

Avant d’aller plus loin, vidons l’abcès de ma querelle avec l’Ami « VD ».

N’ayant aucune raison de douter de l’immense compétence de « Prof Nascar », et après qu’il se soit donné la peine de retourner toute sa doc., pour vérifier l’authenticité de la photo, il nous est apparu que les très rares utilisateurs de cette Stud avaient probablement profité d’un « passe-droit », et engagé des modèles de pré-série.

 

Tout ceci ne retire évidemment rien à la beauté, et la grâce de cet engin, dont on se demande bien ce qu’il venait faire dans une brutale course de Nascar !

 

L’auto a constitué une véritable révolution aux USA, démodant tout ce qui existait, et son succès fut tel, dès sa présentation, que la fabrication ne parvenait pas à suivre.

Même les italiens, maîtres du style automobile à l’époque, se sont demandé ce qui leur arrivait.

Seule la « DS », deux ans plus tard, provoquerait un tremblement de terre équivalent, tant dans le monde automobile, qu’auprès du Grand Public.

 

Les catalogues annonçaient, triomphalement, avec un ptit côté snob, « The new American car with the European look ». La voiture américaine, au look européen !

Il y avait un peu de ça, si ce n’est quelques détails très US, dans le genre pare-chocs un peu massifs, même s’ils s’intégraient bien à la ligne.

 

A noter que « le coup d’essai fut le coup de maître » parce que la voiture ira de lifting en lifting, sans jamais retrouver la pureté du modèle d’origine.

 

Jugez-en ! Une photo de la présentation du « Starlight » ’53.

 

 

Par la suite,cette malheureuse auto, sans enfler vraiment, allait s’abâtardir.

Voir, ci-dessous, une des Studs de ma collection (une « Silver Hawk » Solido, 1 :43) de 1958, en principe.

 

Et une vraie.

 

Le style n’avait vraiment rien gagné, même si l’auto n’était pas franchement laide.

 

Mais revenons à notre millésime 1953, engagée dans des courses en 1952 !

 

Avec un look pareil, et une ligne aussi prometteuse, elle devait se montrer ravageuse sur les routes comme sur les pistes direz-vous ? Et bien non ! Cette Studebaker était un triste mollusque... la même année, GM réussirait le même « miracle » d’une auto au « look » ravageur, équipée d’un moteur et une boîte de misère… sans l’excuse d’être une « petite boîte », que pouvait invoquer Stud !

 

Son moteur ? Accrochez-vous bien, ça va « décoiffer » : 6cyl en ligne, soupapes latérales, 169.6 ci (2780 cc) 85 hp à 4000 t/m, entrainant une boîte 3 vitesses (overdrive en option)

Mais je suis facétieux, parce qu’à côté de ce poumon anémié, existait, disponible sur les modèles « Commander », un moderne V8 culbuté, de 232.6 ci (3812 cc) et 120 hp à 4000 t/m.

Il est évident que comparés aux 160 bourrins d’une Olds « 88 », notre charmeuse devait se trainer lamentablement. D’autant qu’une Commander ne pesait pas moins de 1400 à 1692 kgs.

Sa vitesse maximale était d’ailleurs donnée pour 150 kmh.

Son prix avoisinait $2500.

 

En tout état de cause, pas étonnant que ces Studs n’aient jamais vraiment brillé en compétition… sauf depuis qu’elles ont connu une nouvelle jeunesse, à la Panamericana Mexicana version moderne, où elles ont le droit de courir, équipées de 7 l. Chevy !

Elles y sont imbattables aujourd’hui…

 

 

Course #25 – Photo légendée « Al Conroy #75 sur sa Willys… » WILLYS

Willys est un grand nom dans la NHRA, où les coupés d’avant, pendant, et après-guerre ont toujours connu une grande estime, y compris de nos jours, où on fabrique encore des carrosseries en matériaux synthétiques de la bête. En Nascar… heu…

 

Une Willys « street rod » aujourd’hui

 

Le moteur n’a strictement rien à voir avec celui d’origine !

 

Juste pour le « fun », cette Willys millésimée 1963 ne vous est pas familière ? Elle ne vous rappelle vraiment rien ?

Il s’agit d’une Willys « Interlagos », de 1963, Alpine-Renault produite sous licence par Willys do Brasil ! 

Mais revenons à notre bonne Willys de 1952, même si elle est beaucoup moins « glamour » que les coupés de 1938 à 1947.

 

Voilà notre auto.

 

Excitante, n’est-ce pas ? On ne sait trop ce qu’il faut admirer le plus, du dépouillement, ou de l’extrême discrétion de la « chose » !

 

Et cet intérieur, bel espace à vivre !

Il est vrai que les Willys ont toujours été des autos discrètement marginales, et qu’elles ne faisaient vraiment rien pour changer cet état de fait. Je vous parlerai pourtant, à la fin de ce paragraphe, de la plus extraordinaire des Willys, un modèle avec lequel j’ai vécu une grande histoire d’amour et de haine, pendant seize mois… mais patience !

 

Revenons à notre très terne millésime 52. Si elle n’attirait pas le chèque par sa ligne, peut-être ses caractéristiques techniques la repêchaient-elles ?

Des moteurs 4 cyl, de 134.2 ci (2200 cc) 161 ci (2638 cc) un 6 cyl. de 226.2 ci(3700 cc) à soupapes latérales, ou en tête. Des puissances ravageuses qui s’étalaient de 72 à 115 hp !

Très franchement, pas de quoi passer trop de temps sur cette pauvre Willys ’52, dont on se demande bien ce qu’elle allait faire dans la galère Nascar…

Et finissons par la Willys célébrissime. Car il y a eu une Willys connue du monde entier, dont beaucoup roulent encore, peut-être l’auto la plus connue, d’un pôle à l’autre, ELLE…

 

 

La Jeep ! Je ne vous ferai pas l’injure de vous la présenter en détail.

 

L’Armée m’a doté, pendant les 16 mois que durait le service à l’époque, d’un exemplaire dont les couches de peinture successives racontaient les guerres auxquelles elle avait participé. Je n’ai pu remonter plus loin que l’Indochine, mais sait-on jamais… peut-être avait-elle fait toutes les campagnes européennes ?

Grâce à une boîte courte, son anémique 4cyl. à soupapes latérales de 2200 cc, délivrant l’émouvante puissance de 60 hp, lui donnait des accélérations lui permettant de se comporter honorablement sur les nationales de l’époque (1967) La tenue de route était moins aléatoire qu’on a bien voulu le dire, il suffisait de ne pas exagérer, et se rappeler le poids de ce petit engin (3200 lbs env, soit 1500 kgs) assez haut sur pattes et, surtout, ne pas essayer de s’en servir sur route, comme d’une 4x4 permanente d’aujourd’hui !

Ca devenait vraiment sportif sur la neige et le verglas.

Le freinage… Pardon  ?  Il y avait des freins ? J’exagère ! A peine… Avec les « rangers » aux pieds, en appuyant très fort, on parvenait à ralentir l’auto, non sans quelques écarts à corriger au volant (un peu approximatif)

Mais j’en suis sorti vivant, après avoir parcouru un nombre appréciable de kilomètres.

Alors cette voiture ne devait pas être si impossible que ça.

Et j’en garde le souvenir qu’on peut avoir pour un amour de jeunesse…

 

Voilà pour l’année 1952 !

 

LES SOURCES PRINCIPALES

 

http://www.collectorcarmarket.com/content/profiles/hudson/hudson.htm

http://www.eastohiocoolcars.com/Other/1950Studebaker.htm

http://www.hubcapcafe.com/ocs/pages01/olds5200.htm

http://www.popularmechanics.com/automotive/reader_rides/1271661.html

http://www.automovilismodeportivo.com/noticia.php?id_articulo=6593

http://www.ritzsite.net/Archive/0406.htm

http://en.wikipedia.org/wiki/Image:Rocket_v8.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Connexion
Se connecter :
Pseudo :
Mot de passe :


Prochaines courses