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1958 

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Sans support officiel des manufacturiers le déclin de la série s’amorce.

 

Partie n°1/2 : La saison des Convertibles.

(Partie n°2/2 : La saison du Grand National.)

 

 

INTRODUCTION

En 1958 la division des Convertibles ressent plus fortement que le Grand National l’absence du soutien officiel des manufacturiers automobiles suite au coup d’état orchestré le 6 juin 1957 par l’AMA (Automobile Manufacturers Association). Sans support financier et technique comment préparer des voitures performantes pour participer à l’ensemble d’une saison ? Les concurrents se posent des questions. Cela vaut-il encore la peine de s’endetter pour rouler car courir coûte cher (voiture, mécaniciens, hôtel, frais d’inscription,…) et ce n’est pas les « misérables » gains de course qui peuvent financer cela. La solution proposée par la NASCAR est un calendrier en forte diminution de près de 50% passant de 36 courses à 19 seulement. L’augmentation du nombre de courses « Sweepstakes » (6 courses) avec attributions des points séparés permettant d’atteindre la barre des 25 épreuves pour cette troisième saison d’existence de la division des décapotables (ragtops). Cela dit comme en 1956 et 1957 les statistiques des courses « Sweepstakes » ne sont prises en compte que pour le Grand National. Une victoire d’une Convertible dans une de ces courses donne le crédit d’une victoire en GN sauf pour les points qui vont au deux championnats. Par exemple la meilleure des Convertibles dans une course « Sweepstakes » termine 4ème. Elle marque les points de la 4ème place pour le classement GN (stat un top5,…) mais marque les points de la victoire pour le classement du championnat Convertibles.

Du coup la liste des engagés potentiel pour la saison est bien maigre. Bill France va y réfléchir pendant la courte intersaison et finalement il va prendre une décision surprenante mais judicieuse. Il va autoriser les écuries à engager les mêmes voitures aussi bien en Grand National qu’en Convertibles. Cette solution consiste à autoriser les voitures dont le toit est retiré pour les courses de ragtops et remis en place pour celles des hardtops. Ces voitures se nomment les « Zipper tops ». Leur particularité étant aussi de ne pas posséder de lunette arrière lorsque le toit est remis en place. Du coup sans lunette arrière elles ne peuvent marquer de points au championnat GN car ne répondent pas au règlement de l’époque (ce point à été évoqué en 1957, je vous invite à prendre connaissance des deux sujets relatant 1957). Pour faciliter le travail des officiels et donc l’attribution ou non des points au terme de chaque course, la mention « NRW » figurera à côté des voitures engagées sous forme de « Zipper tops ». Mais que signifie « NRW » ? Tout simplement « No Rear Window » (pas de vitre arrière). Cette décision clairvoyante sera accueillie avec enthousiasme par l’ensemble des compétiteurs. Par contre les « Zipper tops » marqueront bien les points au championnat des Convertibles ce qui n’était pas le cas en 1957. Cela va encourager les pilotes et les écuries à s’inscrirent dans cette division et pas des moindres puisque Holman-Moody sera la plus assidue en exploitant à fond les possibilités offertes par les « Zipper tops ».

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Joe Epton, le chef scorer de la NASCAR avec son matériel chronométrique lors des qualifications à Daytona.

Pourtant durant l’intersaison quelques manufacturiers et plus particulièrement General Motor vont procéder dans la plus grande discrétion et la plus totale illégalité par rapport aux décisions de l’AMA à des tests avec des voitures modifiées pour la course. Pourquoi GM triche ? Tout simplement qu’en 1957 et pour la première fois depuis 1935 Ford a vendu plus de voitures que Chevrolet. Et tout le monde sais bien que la voiture qui gagne sur la piste voit ses ventes boostées la semaine suivante chez les concessionnaires. Mais les ingénieurs de Pontiac, l’autre grande marque du groupe GM, vont eux aussi procéder à des tests secret dans l’espoir de rééditer l’exploit de 1957 à savoir être la marque qui se vend le mieux après les speedweeks de Daytona-Beach. La victoire en 1957 de Cotton Owens ayant boosté les ventes comme jamais. Refaire un tel coup est si important pour la firme qu’elle préfère prendre le risque de payer une amende à l’AMA que de mettre ses chances de victoires donc de gloire de côté.

C’est ainsi que différentes pièces mécaniques dont des moteurs complets seront en toute discrétion fourni aux meilleurs préparateurs de l’époque. Smokey Yunick recevant des moulins de chez Pontiac et même trois nouvelles voitures, J.H. Petty le nouveau moteur 348 CI de Chevrolet,… C’est plus discret que de virer de l’argent sur un compte bancaire.

Cela dit histoire de brouiller les cartes avec l’AMA Pontiac va par exemple mettre fin à sa filiale sportive gérée par Ray Nichels…

Ford, ayant déjà perdu Smokey Yunick a peur aussi de voir ses pilotes stars fuirent vers la concurrence tel Curtis Turner (qui a fait des tests avec Pontiac) ou Joe Weatherly (approché par Chevrolet), va à un moment étaler dans la presse écrite ses suspicions de triche de la part du groupe GM en disant avoir constitué un dossier solide de preuves accablantes mais très vite Ford ne dira plus rien après que Max Muhleman, un journaliste de « The Charlotte News », ai révélé que Ford elle-même procédait à des tests dans le plus grand secret dont Holman & Moody était parmi les bénéficiaires en recevant par exemple le 1er février deux toutes nouvelles voitures.

Au final tout le monde fait bonne figure au grand jour mais dans l’ombre la triche bat son plein. On se croirait revenu du temps de la prohibition. Personne ne distillait de l’alcool en cachette, pourtant ses mêmes personnes achetaient des tonnes de sucres. C’est fou le nombre de pots de confiture que ces grands costauds pouvaient manger à l’époque !

En 1958 on va fouler pour la dernière fois le sable de la plage de Daytona-Beach. En effet dès 1959 la NASCAR prévoit son abandon au profit du tout nouveau Daytona International Speedway dont la construction avance en suivant plus ou moins le planning annoncé.

Certaines stars de la discipline vont se faire plus rare en 1958 comme Curtis Turner ou Joe Weatherley qui préfèrent se concentrer sur le Grand National. Du coup seuls deux pilotes vont faire l’intégralité de la saison à savoir Neil Castles et le double tenant du titre Bob Welborn. Les spectateurs vont eux aussi se faire plus rares sauf sur les épreuves phares comme celles de Daytona, Martinsville ou Darlington.

La saison 1958 va aussi voir les débuts de Richard Petty, le fils de Lee Petty. Ses débuts vont tout de suite révéler un immense potentiel mais personne ne se doutait que ce grand échalas de 21 ans (il a débuté à l’âge légal contrairement à Cale Yarborough par exemple qui en 1957 avait trafiqué son certificat de naissance) allait devenir plus tard celui que l’on nommerait « The King ». L’homme aux 200 victoires, 7 titres,… le tout en Grand National.

  

La saison course par course

La saison est détaillée course par course de façon chronologique.

 

C Course n° 1: « Turner magistral en balade sur la plage »

La saison débute le samedi 22 février 1958 avec la dernière visite de l’histoire de la NASCAR sur l’historique piste mi plage mi route de Daytona Beach en Floride. Il y aura de nouveau 39 tours à accomplir des 4.1 miles aux deux virages soit 160 miles au total. Les primes sont élevées ce qui va attirer un bon nombre de pilotes, 29 finalement participeront à l’évènement.

La pole position est réalisée par Lee Petty sur son Oldsmobile de 1957 battant la pole de Tim Flock de 1957 de plusieurs miles (133.829 contre 128.570). Il faut dès à présent signaler qu’en 1958 la grande majorité des voitures engagées sont millésimées 1957. La raison principale étant le peu de soutien financier des teams par les manufacturiers malgré le grand nombre de nouveautés sur le marché et de modifications de carrosseries justifiant un changement impératif question « marketing » pour les concurrents. Pour revenir à la pole de Petty il s’agira de sa seule et unique en carrière dans la division des convertibles. Il devance sur la grille de départ Tim Flock et sa Mercury 57.

La course a lieu devant un public riche de 17500 spectateurs et le spectacle sera au rendez-vous de quoi faire verser une larme aux nostalgiques qui regretteront la décision de quitter ce lieu mythique pour s’en aller dès 1959 concourir sur le superspeedway de Daytona dont la construction avance petit à petit. Le journaliste et pilote Mel Larson écrira dans National speed Sport News qu’il pensait que les futures courses de Daytona (sur le speedway) allaient perdre une bonne partie de leur intérêt et de leur côté glamour et qu’il aurait mieux fallu qu’il (Bill France) investisse son argent à monter des installations permanentes pour pérenniser le fabuleux tracé de la plage de Daytona. D’aucuns diront de nos jours que Bill France était un visionnaire et qu’il voyait à long terme ce que le communs des mortels ne voyait pas en restant figé dans le temps présent.

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 Joe Weatherly #12 en bagarre avec Lee Petty dans le virage Nord.

Dès le départ Tim Flock s’empare du commandement en forçant quelque peu le passage en entrée du virage Nord sur Petty. Mais Flock va commettre une de ses rares fautes de pilotage en carrière quant à la fin du 2ème tour il se loupe et tire tout droit au bout de la route A1A et s’encastre dans la dune bordant le virage Sud. C’est l’abandon. Mais qui récupère le leadership ? Petty ? Non il vient de se faire dépasser quelques centaines de mètres plus tôt par Curtis « Pop » Turner qui pointe déjà en tête de la course au 3ème passage sur la ligne de départ alors qu’il s’est élancé depuis la 12ème position sur la grille de départ ! Turner qui est dans un grand jour. Un de ses jours où il est tout simplement inarrêtable !

Derrière la bagarre va faire rage entre Lee Petty et Joe Weatherly, le coéquipier de Turner sur les fameuses Ford  « Zipper tops » engagées par Holman-Moody. Turner, bûcheron de métier taille la route comme on taille les arbres et fait des victimes car pour essayer de suivre son rythme il faut pousser les mécaniques dans leurs derniers retranchements et les casses se succèdent les unes après les autres. Beaucoup de pilotes termineront malgré tout la course mais après de longues réparations à leur stand.

Curtis qui va procéder à son unique ravitaillement au 20ème tour laissant Petty et Weatherly se déchirer pour la tête de course. Pas longtemps car Joe Weatherly ravitaille le tour suivant. Quand Petty procède à son tour à son ravitaillement il redonne la tête à Turner qui malgré un arrêt de 39 secondes roule tellement vite sur la piste qui a effacé le 33 secondes de Petty ou encore le 35 secondes de son coéquipier.

La fin de course ne donnera plus de suspense pour la victoire sauf casse mécanique pour Turner et d’ailleurs cela n’arriva pas permettant au pilote originaire de Ronaoke de remporter sa 34ème victoire en carrière dans la discipline. Par contre pour la deuxième place cela va être sauvage voir même bestial entre Petty et Weatherly. Durant les trois derniers tours les deux hommes ne vont pas se lâcher d’un centimètre, roulant côte à côte, se touchant, se poussant jusqu’à l’entame du dernier tour quand en entrée de virage Nord Petty tente l’intérieur de façon musclée sur la Ford #12 envoya son pilote en tête-à-queue. Weatherly se récupère sort de la piste tout en gardant le pied au plancher obligeant des centaines de spectateurs à se répandre sur la piste pour éviter de se faire écraser par le pilote devenu fou ! Derrière les autres pilotes doivent ralentir et se faufiler comme des anguilles entre les spectateurs éparpillés sur la piste et qui ne savent plus où aller. Bob Pronger et Glen Wood, les premiers arrivés sur les lieux parviendront par miracle à éviter de percuter le moindre spectateur !

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Fireball Roberts sort du virage Nord à l’attaque, malheureusement la mécanique ne tiendra pas.

Finalement Lee Petty coupe la ligne en deuxième position avec 14 secondes de retard alors que Weatherly sauve sa 3ème place face à Buck Baker. Pronger complétant le top5.

Turner a roulé à la moyenne de 98.563 mph ce qui fut à la fois possible grâce à son rythme de folie mais aussi au fait que les officiels n’ont jamais brandi le drapeau jaune durant l’épreuve.

Au championnat Turner prend le commandement bien évidemment mais il tempère déjà l’ardeur des journalistes lui prédisant que cette fois-ci serait la bonne et qu’il deviendrait champion en annonçant qu’il ne ferait qu’un calendrier partiel dans la division pour mieux se concentrer sur le Grand National en vue d’y décrocher le titre.


Enfin signalons que la course fut aussi le cadre des débuts de Roz Howard (Chevrolet) qui termina 10ème lui qui va faire une excellente carrière  au niveau de ses statistiques malgré le faible nombre de courses qu’il disputera. Ce fut aussi les seuls départs en carrière de Bill Wimble, Ken Hunley et de Ernie Walls qui pour ce dernier se crasha au bout d’un petit tour !

 

C Course n° 2: « Et c’est le Myers (meilleur) qui gagne ! »

C’est presque un mois entier qu’il faut attendre pour retrouver la série des décapotables en action le dimanche 16 mars 1958 sur la piste asphaltée de 0.625 mile de North Wilkesboro, NC. 160 tours seront à faire soit 100 miles. Les gains par rapport à Daytona étant divisés par cinq il n’y a que 17 courageux qui sont présents. Curtis Turner comme annoncé par ses soins n’est pas présent tout comme Petty, Weatherly, Pronger ou encore Baker, bref tous ceux qui avaient dominés les débats à Daytona.

La pole est signée par la surprise de Daytona à savoir Roz Howard sur sa Chevrolet 57 battant au passage le record de la piste. Ce sera sa seule pole en carrière sur ses cinq tentatives. Notons que sur la liste des engagés figure aussi le débutant Richard Spittle sur une Chevrolet de 56 engagée par Bill Poor. Si Petty n’est pas là son Oldsmobile est quand même présente avec à son volant Billy Myers qui signe d’ailleurs le 2ème chrono aux essais.

Le départ à peine donné que Myers s’empare de la première position sur Howard qui ne va cependant pas s’écrouler comme on aurait pu l’imaginer. Bien au contraire il va faire une superbe prestation qui le verra disons le tout de suite couper la ligne en 3ème position à seulement un petit tour du vainqueur. Les écarts seront importants car pour la deuxième fois d’affilée cette saison il n’y aura aucune neutralisation. C’est pour cette raison que la moyenne en course sera très proche de la moyenne de la pole position (79.529 mph contre 83.364 mph).

Myers garde le commandement d’abord devant Howard puis devant Gwyn Staley et ne perdra la première place que suite à une erreur de pilotage quand il monte trop haut à l’extérieur du troisième virage au 81ème tour alors qu’il se fraye un chemin dans un groupe d’attardés. Staley profite de l’erreur pour pointer en tête mais il n’y restera que 37 tours, le temps pour Myers de se remettre dans le bon rythme, de le rattraper et de le dépasser. Une fois la première place récupérée au 119ème tour Myers ne la cédera plus, restant concentré jusqu’au bout. Notons qu’il parviendra au bout comme Howard et Bob Welborn à faire la distance complète sans ravitailler. Welborn qui va en fin de parcours faire jouer son expérience pour arracher la 2ème place à Howard. Il n’y aura que deux abandons pour Roy Tyner (Plymouth / problème de direction) et Frankie Schneider (Chevrolet / casse moteur).

Pour Myers il s’agit de la 2ème victoire en carrière et aussi mais ça il ne le sait pas encore de sa dernière. Myers décédera le 12 avril 1958 d’une attaque cardiaque alors qu’il participait à une course à Winston-Salem, NC.

Cette course qui sera la deuxième et dernière ici de la série sera également le cadre du dernier top5 en carrière de Gwyn Staley, 4ème, qui va perdre la vie lors de la course suivante. Il faut signaler que la piste de North Wilkesboro est dirigée par son frère Enoch Staley qui en est aussi le promoteur de la course NASCAR.

Au championnat Glen Wood, qui a terminé 7ème ici, pointe en tête avec 4 points d’avance sur Tiny Lund (5ème ici) et 52 sur Staley.

 

C Course n° 3: « Victoire endeuillée »

Le Dimanche 23 mars 1958 c’est à Richmond en Virginie sur le Richmond Fairgrounds Raceway que la saison se poursuit. Il s’agit de la deuxième visite de la série sur cette piste. En 1957 c’est Glen Wood qui l’avait emporté. Il y a 23 pilotes engagés. Le demi mile en terre voit son record en qualification détenu par Possum Jones en 63.003 mph battu par Bob Welborn qui signe un chrono de 63.180 mph soit 28, 490 sec pour parcourir les 804,5 mètres. C’est sa 12ème pole en carrière. Possum Jones doit se contenter du second chrono cette fois-ci.

La course sera dès le baisser du drapeau vert endeuillée par la mort de Gwyn Staley. Le pilote âgé de 31 ans est victime d’un accident dans le premier virage suite à une poussette un peu musclée de la part de Frankie Schneider. Schneider s’est élancé juste derrière sur la grille de départ en 9ème position et est donc derrière sur la ligne intérieure de la piste par rapport à Staley qui lui avait réalisé le 7ème chrono en qualification. Staley perd le contrôle de sa Chevrolet engagée par J.H. Petty, part en travers avant d’entamer une longue série de tonneaux. Mais le pire est à venir car la série de tonneaux se prolonge en percutant la palissade en bois ceinturant le circuit faisant pourtant trois mètres de haut. La Chevrolet retombe à l’envers sur la piste emprisonnant Staley, le toit et l’arceau n’y ont pas résisté et il s’affaisse presque jusque au niveau des portières.

Le drapeau rouge est immédiatement brandit pour permettre aux services de secours d’intervenir. Mais il est trop tard. Emmené de toutes urgences au Medical College Hospital de Richmond mais sans réels espoirs. Sa mort est prononcée dès son arrivée. Il souffrait de fractures multiples aux vertèbres, aux bras ainsi qu’aux côtes ayant entraîné des perforations pulmonaire et cardiaque.

En 47 départs Gwyn Staley (6 juillet 1927 – 23 mars 1958) aura remporté 2 courses, 23 top5, 34 top10 et 1 pole position. Il a aussi fait une belle carrière en Grand National avec 69 courses dont 3 victoires, 23 top5, 41 top10 et 2 poles. Mais la mémoire du pilote sera honorée encore pendant de nombreuses années grâce à son frère Enoch, promoteur du circuit de North Wilkesboro, qui nommera une course par an dès 1959 Gwyn Staley Memorial 160 puis Gwyn Staley Memorial 400 dès 1961 et ce jusqu’en 1978 avant que le marketing l’emporte et que la course se voit attribuer le nom d’un sponsor.

Dernière anecdote à propos du numéro 38, c’est ce même numéro que Lee Petty portait lors de la première course officielle de NASCAR Strickly Stock en 1949 à Charlotte mais Lee avait eu plus de chance car il avait survécu au crash avec tonneau. Le 38 étant donc le premier numéro accidenté de l’histoire de la NASCAR. Le numéro 38 sera toujours associé à travers les années aux accidents spectaculaires se terminant par une série de tonneaux. Le dernier exemple en date étant l’œuvre d’Elliott Sadler en Cup en Talladega en 2003.

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Gwyn Staley

Revenons à la course avec le restart complet de la course, le premier tour n’ayant pas été bouclé. Possum Jones attaque dès le premier virage Bob Welborn et s’empare du commandement. Décidément les pilotes ont un bouton on/off dans leur cerveau. Quelques minutes avant Staley décédait mais une fois le restart donné ils ne font pas dans la demi-mesure. C’est un métier.

Welborn qui abandonne au 15ème tour suite à la casse de sa pompe à essence. Puis ce sera au tour de Bill Champion de quitter la course sur bris mécanique,… La liste des abandons sur casse mécaniques est impressionnante et même le leader Jones n’y échappera pas alors qu’il mène la course au 59ème tour il casse un  piston en tentant de résister à Billy Myers qui fait le forcing. Myers le relaye en tête mais il ne fait pas bon être leader en ce 23 mars car lui aussi doit jeter l’éponge au 144ème passage sur casse du pont arrière de son Oldsmobile engagée par Petty Enterprises.

Frankie Schneider récupère le leadership sous les huées du public qui lui en vaut visiblement d’avoir causé l’accident de Staley. Entre temps une annonce fut faite par les hauts parleurs du circuit pour annoncer la triste nouvelle.

C’est au 161ème tour alors qu’il en compte deux de retard que Doug Yates crashe sa Chevrolet et provoque le deuxième et dernier drapeau jaune de la journée. Il s’agit de son premier départ en carrière. Notons qu’il n’a rien à voir avec le Doug Yates, propriétaire d’écurie que l’on connaît aujourd’hui, le fils de Robert Yates. Le Doug dont on parle aujourd’hui est d’ailleurs décédé le 7 mars 1996. Tant que l’on est dans les débutants signalons que Bill Winthrop fait ici sa seule course en carrière en décrochant une flatteuse 8ème place. Doyle George débute aussi mais par un abandon sur casse moteur alors qu’à l’inverse c’est pour Dave Terrell la dernière appariation dans une course d’une série nationale de la NASCAR (abandon et classé 13ème).

Lors du restart Joe Weatherly sur sa Ford engagée par Bob Walden, une Ford rachetée à Pete DePaolo, met une pression terrible sur Schneider qui finit par céder durant le 174ème tour. Le bon Joe est en grande forme et en 25 tours il va mettre Schneider à un tour pour l’emporter avec aisance. C’est la 10ème victoire en carrière pour Weatherly mais ce sera sa seule de l’année. Il faut préciser qu’il ne fera que 12 courses sur les 19 que compte le championnat. Le reste du top5 est complété par Fred Harb, Wilbur Rakestraw et son numéro 999 et Roy Tyner. Glen Wood n’a pu faire mieux cette année que 7ème. Les écarts sont immenses puisque Harb est à 7tours et le 10ème Shep Langdon à 24 tours ! Tiny Lund 9ème faisant partie de ceux qui ont abandonné (casse moteur). Ils n’y a que 11 pilotes qui voient le drapeau à damier dont Larry Frank qui après avoir longuement réparé termine 15ème à 88 tours du vainqueur !

Au championnat Glen Wood conserve le commandement et compte désormais 20 points d’avance sur Dewayne « Tiny » Lund.

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Joe Weatherly pose ici devant sa voiture à Darlington.

 

 

C Course n° 4: « Welborn en toute décontraction » 

Le Lundi 7 avril 1958 le désormais historique quart de mile asphalté du Bowman Gray Stadium de Winston-Salem en Caroline du Nord accueille la série des convertibles pour la 4ème fois de son histoire pour une course de 150 tours soit 37.5 miles. 21 pilotes se présentent à l’inspection. Une demi-heure d’essai libre puis les qualifications avec la pole position réalisée par Bob Welborn en 46.997 mph. Il devance Possum Jones lui aussi sur une Chevrolet. Pour Welborn c’est une première en tant que pilote de l’écurie de J.H. Petty. Jusque-là il était pilote propriétaire mais vu la difficulté croissante de faire tout à savoir la gestion du team, la mécanique, le pilotage, chercher aussi des sponsors pour pouvoir rouler il a préféré revendre début avril son écurie (voitures et matériels) au propriétaire originaire de Greensboro tout comme lui.

La course sera dominée du début à la fin par un Bob Welborn en grande forme, ne devant plus se concentrer que sur son pilotage. Pour Welborn il s’agit de sa deuxième victoire ici et la première depuis la pole. En 1957 il s’était élancé 3ème. Notons que pour le double champion en titre de la discipline il ne s’agit que de sa 11ème victoire en carrière. Chose rare en NASCAR le top5 à l’arrivée est identique au top5 de la grille de départ avec dans l’ordre derrière Welborn : Possum Jones, Billy Myers, Lee Petty et Ken Rush, rookie en 1957 en Grand National, le coéquipier de Welborn et remplaçant du regretté Gwyn Staley dans la #38.

Avec sa sixième place à l’arrivée Tiny Lund s’empare du commandement au championnat en profitant d’un jour sans pour Glen Wood, seulement 13ème et comptant désormais 36 points de retard. Welborn remontant pour sa part en 5ème position en n’accusant plus qu’un retard de 160 points.

Notons les débuts de Ben Benz ainsi que de Elmo Langley, 10ème pour son seul top10 en carrière en Convertible mais qui fera lui une longue carrière en NASCAR (1954-1981).

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Tiny Lund est tout sourire en ce début de saison. 

 

 

 

C Course n° 5: « A la mémoire de Billy Myers »

Une semaine plus tard, le dimanche 13 avril 1958, on reste en Caroline du Nord mais on double la taille du circuit passant du quart de mile de Winston-Salem au demi mile asphalté de Asheville-Weaverville pour la 3ème édition de cette épreuve. Il y aura 200 tours à parcourir pour une prime de $800 promise au vainqueur. Sur les 21 pilotes inscrits ils ne seront que 20 à tenter leur chance en qualification. Le plus rapide au terme des qualifications est de nouveau Bob Welborn battant son record de l’an passé de presque 1 mile de moyenne. C’est déjà sa 3ème pole de la saison (14ème en carrière) et il fait déjà figure d’épouvantail pour sa propre succession au championnat. Il devance la star locale en Modified Banjo Matthews qui pilote l’Oldsmobile #42 de la Petty Enterprises à la place de Lee Petty. Il doit d’ailleurs sa place derrière le volant de la voiture grâce aux promoteurs de la piste qui l’ont fortement recommandé à Lee Petty.

Mais pourquoi n’était-il que 20 ? Car Billy Myers venait de perdre la vie la nuit précédente sur la piste du Bowman Gray Stadium dans une course de Modified, victime d’une crise cardiaque alors qu’il menait la course et qu’il ne restait plus que 5 tours avant le drapeau à damier Myers rentra subitement au stand et aidé par ses mécaniciens pour s’extraire de la voiture il fut conduit au City Memorial Hospital de Winston-Salem où sa mort fut déclarée.

Une fois de plus Welborm met à profit sa pole position pour remporter la course qu’il dédiera à Myers, sa deuxième victoire consécutive et 12ème en carrière. Il devance les 3 mêmes pilotes qu’en qualifications avec dans l’ordre le surprenant Banjo Matthews qui a parfaitement mis à profit sa connaissance de la piste pour contester jusqu’au bout, même s’il fut un peu juste en vitesse dans les dernières boucles, la victoire au mettre des décapotables. Frankie Schneider 3ème est le dernier pilote dans le même tour car Ken Rush 4ème en a concédé 3 et Bill Morton, 5ème, 4 au vainqueur.

Matthews qui avait déjà terminé 4ème ici même l’an dernier obtient son meilleur résultat en carrière. Il terminera encore 2ème en 1959 ici même pour son dernier top5 en carrière. Il avait vraiment un truc sur cette piste.

Joe Saunders pour sa seule course en carrière ne laissera pas de traces indélébiles sur les tablettes car après avoir signé le 20ème et dernier chrono en qualification il sera classé 19ème suite à la casse de sa transmission au bout de 26 tours. Une place devant Saunders on retrouve le grand perdant du jour Glen Wood qui a cassé son moteur au 37ème tour et qui chute à la 5ème place au championnat que Tiny Lund mène toujours malgré une modeste 13ème place, suite à d’innombrables problèmes de suspension, avec 54 points d’avance sur Welborn. Son avance fondant comme neige au soleil.

 

 

C Course n° 6: « Hat trick pour chapeau Welborn ! » +

Le samedi 26 avril 1958 marque déjà la fin du premier tiers de la saison qui ne comporte que 19 courses « stand alone* » auxquelles il faut bien sur rajouter les 6 courses « sweepstakes** ». C’est le speedway de Hickory, NC, de 0.4 mile en terre qui a cet honneur. Une course de 60 miles soit 150 tours. Pour son premier départ de la saison Jimmy Massey a le privilège de piloter l’Oldsmobile #42 pour le compte de Lee Petty et il justifie pleinement son recrutement en signant le meilleur chrono des 23 concurrents en qualification. Ce sera par contre sa dernière en carrière, la première datant de 1956 à Oklahoma City. Il devance Bob Welborn alors que Russ Yoeman pour son unique course en carrière signe le 16ème temps. Buck Baker vient faire une pige dans la série mais ne semble pas, du moins sa monture, en grande forme avec le 14ème chrono.

La course va se résumer à une incroyable domination du duo de chez J.H. Petty puisque Bob Welborn l’emporte devant son coéquipier Ken Rush. Le poleman Massey n’ayant pas résisté bien longtemps au duo de Chevrolet blanche après l’agitation du drapeau vert. Il terminera 3ème à un tour des deux hommes.

Pour Welborn c’est jour de fête, lui qui avait gagné « si peu » lors des deux précédentes saisons en comparaison à Curtis Turner par exemple remporte ici sa 3ème victoire consécutive (13ème en carrière). Mais mieux encore avec cette victoire Welborn est désormais premier ex-aequo avec Tiny Lund qui n’a pu faire mieux que 9ème à 18 tours du vainqueur !

Buck Baker confirme que ce n’était pas lui mais sa voiture qui ne valait rien puisqu’il renonce au 4ème tour suite à la casse de son siège ! Une panne peu fréquente en NASCAR mais visiblement les soudures étaient fatiguées ! Quant au principal adversaire de Welborn sur le papier en vue du championnat Glen Wood c’est une nouvelle déconvenue avec une casse moteur un tour après le départ.

Notons que Yoeman termine 11ème et que pour Ken Rush cette deuxième place est son meilleur résultat en carrière (précédemment 3ème en 1957 à Columbia).  

* Stand Alone = autonome et désigne une course disputée par un seul type de division.

** Sweepstakes = désigne une course combinant au moins deux divisions.

+ Le « Bob » étant une sorte de couvre-chef.

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Buck Baker en action à Darlington. 

 

 

C Course n° 7: « Carden dans un coup d’éclat »

Changement d’état le vendredi 2 mai 1958 puisque c’est la Caroline du Sud et le speedway en terre d’un demi mile de Columbia qui accueille le grand cirque de la NASCAR. Une course de 100 miles soit 200 tours pour les 20 pilotes engagés. La piste est en mauvais état, visiblement les organisateurs n’ont pas jugés bon de l’aplanir après la multitude de courses locales des dernières semaines… Ken Rush aime malgré tout cette piste et il le démontre en signant la pole position, sa 1ère de la saison et 2ème en carrière. Il devance son illustre coéquipier Bob Welborn. Lee Petty reprend les rênes de son Oldsmobile #42 mais engage une seconde voiture, la #43 pour Jerry Draper. Ce dernier, originaire de Silvis dans l’Illinois réalise le 3ème chrono pour son premier départ en carrière. Satisfaction supplémentaire pour Draper puisqu’il devance son patron sur la grille de départ.

La course va être une fois n’est pas coutume depuis quelques rendez-vous disputée du début à la fin. Tout d’abord c’est le duo de chez J.H. Petty qui va rouler aux avants postes mais sans jamais distancer le duo de la Petty Enterprises alors que Billy Carden s’invite peu avant la mi-course dans le top5. Possum Jones, le 3ème homme de chez J.H Petty est une nouvelle fois le malchanceux du team puisque sa Chevrolet rend l’âme suite à la casse de sa transmission après 82 tours. Au 166ème tour le premier des prétendants à la victoire, Jerry Draper, alors 3ème abandonne sur casse moteur. Devant les arrêts aux stands seront fatals à Ken Rush et Bob Welborn qui vont perdre 3 tours. Se retrouvant seul en tête Lee Petty et Billy Carden débute alors un duel musclé qui sera remporté par Carden à quelques tours du but.

Pour Carden il s’agit de la première victoire en carrière après 9 tentatives infructueuses. Pour son écurie Davis Brothers c’est également le premier succès. Quant à Chevrolet c’est la 4ème victoire consécutive.

Glen Wood, 9ème, et Tinny Lund, 11ème, semble s’enliser dans leur mauvaise passe. Welborn compte dorénavant 64 points d’avance sur le géant Lund.

Notons aussi la 1ère course en carrière pour Bob Walden et premier top10 puisque le pilote originaire de High Point, NC, termine 6ème même s’il concède 10 tours au vainqueur.

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Billy Carden

 

C Course n° 8: « La victoire pour le grand « Pop » des Convertibles » +

 Deux jours plus tard, le dimanche 4 mai 1958, on retourne en Caroline du Nord à Wilson sur le speedway éponyme de 0.5 mile en terre pour une nouvelle course de 100 miles (200 tours). 24 pilotes sont engagés et la pole revient pour la 4ème fois de la saison à Bob Welborn qui devance une fois encore son coéquipier Ken Rush. Après la domination de Carl Kiekhaefer puis la main mise de Pete DePaolo il semble bien que 1958 sera sous l’égide de l’écurie de J.H. Petty. Une fois encore le « vilain petit canard » du team n’est autre que Possum Jones, 6ème en qualif mais qui disons le tout de suite abandonnera une nouvelle fois en course pour un énième problème mécanique. Cette épreuve marque aussi le retour avec deux voitures de l’écurie de Holman-Moody avec Curtis Turner et Joe Weatherly.

Le vent se lève et ne cessera point durant toute la course. Les 3800 spectateurs boufferont de la poussière mais pour les aider à digérer ils assisteront à une belle bagarre pour la victoire entre Bob Welborn et Curtis Turner. Ce dernier avait pris le commandement peu avant la mi-course mais du batailler ferme pour contenir en fin d’épreuve Welborn.

Turner remporte sa deuxième victoire de la saison en autant de départ. A cause des conditions difficiles seulement 10 voitures franchissent la ligne d’arrivée. Sur les 14 abandons le seul suite à un accident est à mettre au crédit de Spook Crawford au 39ème tour alors qu’il en comptait déjà 3 de retard. Comme quoi quand ça ne veut pas, ça ne veut pas ! Alors que la plus belle remontée est à mettre à l’actif de Roy Tyner qui partant dernier remontera en 7ème position sur l’autre Plymouth engagée par Crawford.

Toujours dans sa politique d’attirer des spectateurs, la NASCAR, en 1958, encourage fortement les promoteurs des circuits à aider un pilote du coin à trouver un volant pour la course. Carl Burris est celui-là à Wislon mais il doit renoncer suite à une défaillance de son carburateur, encrassé par la poussière.

Notons que Turner remporte ici sa 35ème victoire en Convertibles en 73 départs ! C’est aussi la deuxième victoire de l’année pour une « Zipper top ».

Au championnat Glen Wood limite les dégâts en terminant 6ème alors que pour Tiny Lund c’est une catastrophe puisqu’il n’a pas su participer car sa Ford préparée par Don Angel n’a pu être remise en état entre les deux courses. Championnat que mène Welborn avec 232 points d’avance sur Ken Rush.

+ Pop étant le surnom de Curtis Turner. Jeu de mot avec le grand Pope, le gardien du sanctuaire dans le manga Saint Seiya ou tout simplement la traduction anglaise du mot pape. A vous de choisir en fonction de votre génération et de vos références culturelles !

 

C Course n° 9: « Et de trois pour Turner »

Le Samedi 10 mai 1958 à lieu la course la plus richement dotée depuis la création de la série des Convertibles avec une prime pour le vainqueur de $5,600. Cette course c’est les Rebel 300 sur le somptueux circuit de Darlington en Caroline du Nord. Il y aura 219 tours soit 300 miles à faire. Qui dit gros gain dit grosse affluence puisqu’ils sont 31 à prendre part aux qualifications et la pole sera réalisée dès le premier jour par Fireball Roberts en 116.299 mph sur sa Chevrolet #22 devançant Marvin Panch sur Ford et Cotton Owens sur la Pontiac engagée par le duo Stephens/Yunick. Pour rappel chaque ligne de la grille de départ est constituée de trois voitures à Darlington.

Cela dit le meilleur temps absolu sera réalisé par Lee Petty lors de la deuxième séance qualificative en 117.990 mph. Lors de sa première tentative il est tout simplement tombé en panne d’essence suite à une erreur du mécanicien chargé de mettre les quelques litres en principe suffisant ! La pole à Darlington étant réalisée sur la moyenne de quatre tours lancé exactement comme pour les 500 miles d’Indianapolis. Une deuxième séance plus rapide puisque Joe Weatherly réalisera lui aussi un chrono plus rapide que Turner en 116.841 mph mais cela ne lui vaudra que la 10ème place sur la grille de départ.

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La première ligne de la grille de départ avec au premier plan Fireball Roberts, au centre Marvin Panch et Cotton Owens au fond.

La course va être la plus disputée à ce jour dans cette division. Dès le baisser du drapeau vert Fireball Roberts perd le leadership au profit de Cotton Owens. Curtis Turner qui s’est élancé en 12ème position revient comme un boulet de canon sur Owens et au 9ème tour lorsqu’il essaye un peu précipitamment de le dépasser il l’accroche. Les deux pilotes partent en travers laissant le champ libre à Joe Weatherly. Mais ils vont se remettre très rapidement dans le sens de la marche et reprendre leur duel.

Ken Rush, le second au championnat est le premier à renoncer au 23ème tour suite à la casse de sa transmission. Peu après au 35ème tour c’est Lee Petty qui renonce suite à la casse de son arbre de transmission. Il dira avec humour qu’au moins il n’est pas tombé en panne d’essence. Par contre la journée va être dure pour les Chevrolet de J.H. Petty car après Rush c’est au tour de Possum Jones d’abandonner, comme d’habitude, suite à une énième panne différente. Cette fois c’est le carburateur qui a cassé. Quant au leader du temps Bob Welborn, il n’est pas en grande forme et va devoir se faire relayé lors de son premier pit stop par Jim Paschal qui faute de volant rongeait son frein depuis le début du week-end. Paschal va faire une belle course puisqu’il offrira la 6ème place à Welborn lui permettant ainsi de conserver la tête du championnat.

Devant les 22,000 spectateurs retiennent leur souffle car Turner est revenu sur son coéquipier Weatherly, Owens lui perd petit à petit du terrain. Son moteur perd de la puissance et il finira par casser au 95ème tour alors qu’il était redescendu à la fin du top10. Lorsque Weatherly bifurque vers son pit box au 88ème tour Turner l’imite. Pour la première place Marvin Panch et Eddie Pagan prennent très provisoirement la relève avant de procéder eux aussi à leur arrêt ravitaillement. Weatherly est ressorti de justesse des stands devant Turner et les deux hommes vont alors s’échanger la première place pas moins de six fois en l’espace d’une vingtaine de tours n’étant jamais séparé par plus d’une longueur de voiture. La bagarre atteint son paroxysme au 113ème tour quand Weatherly dépasse Turner par la force dans le virage n°3. Ils restent côte à côte durant tout le virage ainsi que dans le 4ème mais Turner va décorer sa voiture de magnifiques « Darlington Stripes » en frottant le rail sur près de 30 mètres. Il perd la tête mais le tour suivant il réattaque et repasse Weatherly ! Incroyable intensité sous un soleil de plomb.

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Les voitures sous les ordres du pace car peu avant le départ.

La deuxième salve de ravitaillement débute au 160ème tour quand Turner s’immobilise à son pit box. Weatherly qui a repris le commandement fait de même au terme du 165ème tour. C’est de nouveau Eddie Pagan assure une nouvelle fois l’intérim en tête puis au 171ème passage laisse de nouveau la première position à Weatherly. Ce dernier ayant fait un bien meilleur pit stop compte désormais 14 secondes d’avance sur Turner. Curtis est déchaîné et en moins de 20 tours il a comblé l’écart. Voyant que Turner est bien plus rapide mais que Weatherly ne semble pas décidé à lui faire de cadeau Holman et Moody décide de faire passer l’intérêt de l’écurie en premier. Pour éviter de revoir leurs deux pilotes se mettre dans le rail comme en début de course il est décidé de panneauter Weatherly en lui demandant de laisser passer Turner. Weahterly n’obéissant pas assez vite il se fait panneauter plusieurs fois de suite des messages de plus en plus clairs lui ordonnant d’obtempérer, le tout ponctué de jurons écrit en gros à la craie blanche sur son panneau !  Au 196ème tour Curtis Turner pointe en tête et il se dirige avec facilité vers la victoire. Il franchit la ligne d’arrivée avec 26 secondes d’avance, comme son numéro, sur un Weatherly dégoûté qui quittera aussi tôt le circuit. Marvin Panch est 3ème à un tour tout comme Eddie Pagan et le poleman Roberts clôture le top5 à 2 tours. Pour Turner c’est la 3ème victoire de la saison en autant de départ. Il est vraiment Monsieur 100% ! C’est la troisième fois de l’année qu’une « Zipper top » de Holman & Moody l’emporte. Sans l’autorisation de la NASCAR en début d’année d’accepter ce type de voiture l’écurie n’aurait pas participé à la saison. Estimant que sans support financier de Ford il aurait été difficile de gérer à la fois une participation efficace en Grand National et en Convertible.

Comme Paschal a terminé 6ème pour Welborn et que Tiny Lund n’à une nouvelle fois pu intégrer le top10 (11ème) l’avance de Welborn atteint dorénavant 406 points sur Lund. Notons que Lund pilotait ici la Mercury #14 que Billy Myers pilotait avant sa mort. Un « Billy Myers Memorial » étant peint sur la carrosserie en sa mémoire. Lund reversant l’intégralité de ses gains, $300, à Arlene, la veuve de Billy.

Enfin le système de points particulier récompensant les courses richement dotée fait que malgré qu’il n’ait participé qu’à 3 courses Turner pointe 6ème au championnat. Sa seule victoire ici à Darlington lui faisant faire un bond incroyable depuis la 16ème position !

 

 

C Course n° 10: « L’indestructible Oldsmobile de Lee Pett y »

La course suivante a lieu le vendredi 16 mai 1958 sur le demi mile en terre du Charlotte Fairgrounds, NC.

Les 22 pilotes engagés vont avoir la vie dure, très dure même ! Notons la curieuse absence de l’écurie locale Holman & Moody. Si Turner en profite pour prendre congé Joe Weahterly lui va piloter pour le compte de Dick Beaty.

Tout débute lors des essais car il a fait sec depuis plus de 15 jours et la piste est extrêmement poussiéreuse. En qualification c’est Tiny Lund, qui a trouvé refuge au volant de la Ford #99 de Shorty Rollins, qui réalise la pole en 59.211 mph. Il devance Lee Petty. Notons que Possum Jones faute de voiture réparée a récupéré le volant de la Ford #52 de Julian Buesink. Il faut dire que suite à l’épidémie de casse mécanique dont elle est victime J.H. Petty, son propriétaire, a décidé de la faire réviser de fond en comble mais il n’a pas été possible de terminer le travail à temps pour la course de Charlotte.

Devant 7,700 spectateurs la piste va vite partir en miette suite au passage incessant des bolides. Du coup qui dit piste cassante dit succession de casse mécanique. Sur les 22 au départ ils ne seront que 13 à l’arrivée mais avec des écarts immenses suite aux longues séances de réparations dans les stands.

Tiny Lund a parfaitement profité de sa pole pour mener les 93 premiers tours mais au 94ème Lee Petty prend le commandement avec une étonnante facilité. En fait Lee assurait en suivant peinard Lund depuis le départ et voyant que le rythme de Lund faiblissait il décida de passer à l’attaque. En fait Lund est victime de sa suspension et il va devoir procéder à une réparation de fortune qui lui fera perdre 11 tours. Il terminera tout de même 5ème de la course car tous les pilotes vont connaître à des degrés divers des ennuis mécaniques. Tous sauf un. Lee Petty dont l’Oldsmobile semble indestructible remporte la course avec 7 tours d’avance sur son suivant immédiat Ken Rush ! Le troisième Billy Rafter est à 8 tours, Marvin Panch, 4ème, à 10 tours.

Bob Welborn ayant connu lui aussi de gros ennuis mécaniques (suspension et surchauffe moteur) termine vaille que vaille la course en 16ème position à 47 tours du vainqueur. Cela dit son avance au championnat est passé de 406 à 218 points  sur Tiny Lund.

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Nouvelle saison victorieuse pour Lee Petty.

 

 

C Course n° 11: « Flock joue et perd, tout bénéfice pour Roberts »

C’est le fameux Lakewood Speedway situé aux abords d’Atlanta en Géorgie qui accueille la manche suivante le dimanche 18 mai 1958. Cet ovale de 1 mile de long en terre dont l’infield est constitué à 80% d’un lac. L’Indianapolis du Sud comme on le surnomme ayant été aménagé en 1915. Il y aura 100 tours à parcourir pour les 21 pilotes inscrits. La pole position étant obtenue par Fireball Roberts au volant de sa Chevrolet engagée par Frank Strickland. Il devance un revenant en la personne de l’illustre pilote local Tim Flock qui pilote lui la Mercury #15 de Bill Stroppe. Flock qui n’a plus roulé en Convertible depuis la manche d’ouverture à Daytona-Beach.

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Tim Flock semble inquiet avant le départ.

Le départ profite à Roberts qui conserve la position de tête mais à la fin du 2ème tour il doit céder sous les assauts de Tim Flock qui est bien décidé à gagner à domicile. Cela dit Roberts ne se laisse pas distancer et va même réussir à reprendre le commandement au 38ème passage. Peu avant au 22ème tour Don Gray s’est crashé au volant de sa Chevrolet mais comme l’épave ne gêne en rien la trajectoire il est décidé par les commissaires de ne pas y toucher et de laisser la course se poursuivre sous drapeau vert. Par contre le pilote originaire d’Indianapolis sera quelque peu blessé et il arrêtera là sa saison. D’ailleurs il ne participera plus qu’à des courses en Pacific Coast Late Models Series (actuelle K&N Pro Series West) et en Modified par la suite.

Ken Rush abandonne une nouvelle fois sur problème mécanique pile au moment où Roberts reprenait le commandement. Fireball va d’ailleurs conserver cette position jusqu’à son unique ravitaillement en essence au 74ème tour. Là Tim Flock récupère la première place et décide de ralentir un petit peu la cadence estimant qu’il est possible de faire la distance totale de la course sans ravitailler. Comme il n’est pas repassé par les stands il compte au 80ème tour plus d’un tour d’avance sur Roberts et deux sur le duo Billy Carden / Marvin Panch. Mais au 96ème tour la Mercury de Flock hoquette soudainement et s’immobilise dans la ligne droite arrière. Dans son stand c’est la consternation ce qu’il redoutait est arrivé avec la panne d’essence. Flock abandonne mais sera toutefois classé en 7ème position. Maigre consolation. Le pari tenté n’a pas fonctionné au grand soulagement de Roberts qui récupère la première position et déroule tranquillement jusqu’à l’arrivée. Il permet une nouvelle fois à une « Zipper top » de l’emporter face aux vraies décapotables.

C’est sa première victoire de l’année, la première depuis Darlington en 1957. Il devance Billy Carden et Marvin Panch de plus d’un tour et le trio suivant composé des frères Benny et Wilbur Rakestraw et Bob Welborn de deux tours.

Notons les débuts de Joe Lee Johnson qui pour sa première course en carrière en Convertible au volant de la Chevrolet de S.T. Campbell obtient une belle 8ème place. De bon augure pour le futur champion 1959 de la discipline.

Joe Weatherly a une nouvelle fois pris le départ de la course au volant de la #34 de Dick Beaty mais il va laisser au bout de quelques tours le volant à Buck Brigance qui ramènera la voiture en 10ème position pour sa seule « course » de l’année. Il n’apparaît en effet pas dans les statistiques vu qu’il n’a pas pris lui-même le départ. C’était convenu avant le départ par le propriétaire Beaty. Cela dit après quelques minutes d’errance dans les stands Weatherly retrouve du travail puisqu’il va relayer Banjo Matthews mais malheureusement il abandonnera au 79ème tour suite à un problème mécanique.

Il va sans dire qu’avec les absences de Tiny Lund et de Glen Wood mais aussi avec l’abandon de Ken Rush, Bob Welborn reprend le large au championnat avec 300 points d’avance sur Weatherly.

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Vue aérienne de la piste de Lakewood.

 

 

C Course n° 12: « Welborn distrait offre la victoire à Roberts »

Les Old Dominion 500 de Martinsville, VA, ont lieu le dimanche 8 juin 1958. En termes d’importance il s’agit du 3ème évènement de la série après Darlington et Daytona Beach. Le demi mile en terre de Virginie sera à parcourir 500 fois pour un total de 250 miles. Les primes étant élevées il y a une longue liste de 41 engagés mais ils ne seront que 36 sur la grille de départ. Chose rare on le verra mais les 5 recalés prendront quand même le volant en course en relayant d’autres pilotes. Il n’y a qu’en NASCAR que l’on peut voir cela !

La pole position est réalisée par Bob Welborn qui après un excellent début de saison marque quelque peu le pas depuis trois courses. Il devance Lee Petty. Glen Wood et Tiny Lund sont de retour et signe respectivement les 4ème et 26ème chronos.

Welborn va mettre à profit sa pole position pour largement dominé le premier quart de la course jusqu’à son premier pit stop au 128ème tour. Après un intermède assuré par Fireball Roberts du 129ème au 137ème tour Welborn récupère son bien jusqu’au 287ème tour. A ce moment-là il compte plus d’un tour d’avance sur Fireball Roberts et deux sur Glen Wood, ou plutôt Johnny Dodson qui la relayé vers le 150ème tour. Mais une mauvaise appréciation de la faible vitesse d’un attardé à qui il prenait un énième tour lui sera fatal. Surpris par la lenteur de Billy Rafter il le percute à l’arrière détruisant par la même occasion son radiateur d’eau. Il est obligé de rentrer aux stands où ses mécaniciens vont faire un travail remarquable en changeant le radiateur en à peine 13 minutes. Cela dit pour la victoire c’est cuit puisqu’il a perdu 27 tours dans l’affaire. Mais quand ça ne veut pas ça ne veut pas et Welborn abandonnera définitivement au 403ème tour suite à la défaillance de son nouveau radiateur. Il sera classé à une modeste 23ème place. Heureusement pour lui Tiny Lund a abandonné juste avant au 383ème tour suite à la casse de son embrayage mettant un terme quasi définitif à ses espoirs de titre.

Devant Fireball Roberts sur sa « Zipper top » ne sera plus inquiété et il va même mettre à profit son 2ème ravitaillement pour creuser un écart insurmontable de quatre tour sur son poursuivant immédiat Johnny Dodson (Glen Wood). Il franchit donc en vainqueur la ligne d’arrivée pour la deuxième fois consécutive. Le reste du top5 est complété par Lee Petty, Ken Rush et Jimmy Massey tous les trois à 5 tours.

Notons que Joe Weatherly qui a loué pour son propre compte une Ford à un concessionnaire local termine 8ème. Pour la petite histoire il avait dû rouler prudemment aux essais (31ème en qualif) et en début de course car la voiture était tellement neuve qu’elle devait encore être rodée ! Il fit même le début de la course avec les pneus d’origine de la voiture.

Cela dit cette 8ème position lui permet de revenir à 140 points de Welborn au championnat.

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Fireball Roberts avec le polo rayé discute avec son chef mécanicien Bob Jones.

 

C Course n° 13: « Peu importe la monture Turner l’emporte »

Le Dimanche 22 juin 1958 c’est à Birmingham en Alabama que l’on se retrouve. Il s’agit d’un demi mile en terre tout ce qu’il y a de plus traditionnel dans la NASCAR des années 50. Ce sera la seule visite de la courte histoire de la série sur cette piste ou le Grand National se produira elle de 1958 à 1968. Il y a 25 engagés et le meilleur d’entre eux en qualification sera Fireball Roberts sur sa lancée de Martinsville. Un excellent chrono de 64.562 mph soit 27,880 sec. Il devance Joe Weatherly sur sa Ford dont il a bien eu le temps de terminer le rodage puisqu’il est venu directement de Martinsville par la route avec. A l’époque les voitures sont déjà pour la plupart transportée de circuit en circuit sur des remorques du moins pour les écuries les plus professionnelles. Joe Lee Johnson pour son 2ème départ ne réalise que le 18ème temps. Notons que suite à un nouvel abandon à Martinsville, sur crash cette fois-ci, Possum Jones n’est pas présent car J.H. Petty n’ayant pas eu l’occasion de réparer la voiture dans les temps à refuser de lui mettre à disposition sa 4ème voiture, celle que Jimmy Massey avait menée à la 5ème place à Martinsville, préférant la garder en réserve pour son pilote numéro 1 Bob Welborn au cas où ce dernier connaitrait un soucis. Curtis Turner est engagé par Beau Morgan sur une Ford #45 et il réalise la 8ème meilleure performance. Le 25ème et dernier chrono en qualif est réalisé par Nero Steptoe dont ce sera le seul départ en carrière.

La course démarre fort pour roberts et Weatherly qui se dispute la première place alors que Turner ne met que quelques tours pour rejoindre le duo de tête. Au 68ème tour Nero Steptoe s’accroche avec Billy Carden. C’est l’abandon pour les deux hommes. Le seul autre accident de la course sera à mettre au crédit d’un Rakestraw, Benny en l’occurrence qui se plante dans une palissade au 118ème tour.

Pour la première place avec le pit stop loupé de Weatherly ils ne se retrouvent plus que deux à prétendre à la victoire à savoir Roberts et Turner. Mais pour la quatrième fois en autant de course cette année c’est Curtis Turner qui l’emporte. Il devance Roberts qui est le seul à terminer dans le tour du leader. Joe Weahterly est 3ème à un tour et Welborn 4ème après avoir concédé 6 tours. Gober Sosebee clôture le top5 à 8 tours de l’irrésistible Turner.

Au championnat Weatherly grapille 8 points et se retrouve désormais à 132 unités de Welborn alors que Ken Rush qui n’a pu faire mieux que 17ème suite à divers problèmes compte désormais 510 points de retard ! Turner en ayant fait que 4 courses pour autant de victoire n’est qu’à 736 points. Dommage qu’il ait décidé de concentrer ses efforts sur le Grand National car il aurait été un sérieux candidat au titre face à Welborn.

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L’immuable sourire de Curtis Turner.

 

 

Course combinée n°1 avec le Grand National : « Dure journée pour les décapotables »

Tout d’abord je précise que pour les résumés complets des courses sweepstakes (combinées) je vous invite à lire la partie consacrée à la saison 1958 du Grand National. En effet les statistiques des pilotes prenant part aux courses sweepstakes ne sont comptabilisées que dans les archives du Grand National. Seul les points sont répartis en fonction du type de voiture. Le meilleur des convertibles peu importe sa place au général recevant les points de la victoire pour son championnat.

Le Vendredi 4 juillet 1958, jour de  fête nationale aux USA, c’est la superbe mais très dangereuse piste de Raleigh en Caroline du Nord qui accueille la première des 6 courses de la saison dite « sweepstakes » c’est-à-dire mélangeant les Grand National (hardtop) avec les Convertibles (ragtops).

Le circuit de 1 mile asphalté sera à parcourir 250 fois. C’est la toute dernière fois que la NASCAR produti une de ses séries nationales sur cette piste. Dès 1959 la date du 4 juillet sera dévolue à la nouvelle piste de Daytona. Notons que la course se dispute sous les lumières artificielles depuis le 20 août 1955. Bien dommage de voir cet ovale au banking relevé disparaître ainsi du paysage de la NASCAR.

Il y a 55 pilotes au départ dont 25 convertibles. Sur un circuit rapide l’aérodynamisme est important et les décapotables vont souffrir quelque peu de la comparaison avec les hardtops. La pole pour une hardtop, la Pontiac de Cotton Owens préparée par Jim Stephens et Smokey Yunick. Glen Wood sera 2ème et premier des décapotables. D’ailleurs dans un souci de ne pas trop montrer au public que les convertibles sont moins performantes la NASCAR décide d’établir la grille avec les hardtops aux positions impairs (1, 3, 5,…) et les ragtops aux positions pairs (2, 4, 6,…).

Mais en course il n’y en aura que pour les pilotes ayant un toit au-dessus de leur casque. Fireball Roberts l’emportant devant Buck Baker à un tour. Le meilleur des décapotés est Bob Welborn en 7ème position mais à 3 tours. Et encore il a bénéficié des 8 drapeaux jaunes (32 tours) pour ne pas se faire dépasser plus souvent ! Larry Frank est 20ème et Ken Rush 22ème ce qui au championnat est très mauvais pour les deux hommes face à Welborn qui dépasse maintenant les 600 points d’avance

Notons que le 6 juillet Curtis Turner va sérieusement se blesser sur le Charlotte Fairgrounds en qualification d’une course de Modified-Sportman. L’accélérateur de sa Ford Coupe est resté bloqué et il a tiré tout droit dans un virage pour aller pulvériser sa voiture dans la barrière de sécurité se brisant par la même occasion plusieurs côtes.

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Marvin Panch à côté de sa voiture à Darlington.

  

C Course n° 14: « Welborn en roi mais le futur King débarque »

Pour la deuxième fois de la saison, le samedi 12 juillet 1958, c’est le speedway de Columbia, SC,  qui accueille la série des Convertibles. La première fois, lors de la course n°7 c’est Billy Carden qui l’avait emporté. Il y a de nouveau 25 pilotes engagés. La pole est à mettre au crédit de Fireball Roberts, sa 4ème de la saison et en carrière mais aussi la dernière mais ça bien sûr il ne le sait pas encore ! Une pole en 65.029 mph, bien plus rapide que celle du début de saison en 57.508 mph de Ken Rush. Il faut dire que la pole de Rush fut particulièrement lente mais une conséquence de l’état déplorable de la piste. Cette fois-ci les organisateurs ont tenu compte des remarques de la NASCAR et c’est un véritable billard.

La course marque aussi les débuts de Richard Petty dans une série nationale de la NASCAR. Le jeune homme de 21 ans pilote l’Oldsmobile #42 de son illustre paternel et c’est déjà son cousin Dale Inman qui l’aide à la préparer. Richard signe le 13ème chrono.

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Richard Petty change la roue sous le regard de Dale Inman. Mais qui est le vrai mécano ?

La bagarre pour la victoire sera acharnée entre Roberts et Welborn tout au long des 200 tours que compte la course. Cela dit si la piste était parfaitement lisse aux essais elle va vite se détériorer durant la course à cause de la chaleur. C’est surement la raison principale aux accidents survenu à J.V. Hamby (34ème tour) et Johnny Allen (139ème tour) ainsi que des différentes casses mécaniques dont furent victime un tiers des pilotes. Notons que l’accident impliquant Glen Wood et Wilbur Rasketraw au 71ème tour sonne le glas des espoirs de Wood de décrocher le titre de champion.

Un titre de champion qui semble de plus en plus promis à Bob Welborn puisque ce dernier profite pleinement de l’absence de Joe Weatherly pour creuser l’écart et de la plus belle manière qui soit en l’emportant pour la quatrième fois de la saison. Il devance Roberts et Larry Frank qui revenait comme une balle en fin de course. Doug Cox et George Dunn complètent de façon surprenant le top5. Alors que la performance du jour est à mettre au débutant Richard Petty qui termine à une excellente 6ème place même s’il a concédé 5 tours au vainqueur.

Welborn compte au terme de ce 14ème rendez-vous 696 points d’avance sur Weatherly. Quant à Ken Rush avec sa 10ème place acquise aux forceps à Columbia il semble avoir renoncé définitivement à jouer le titre.

 

C Course n° 15: « Welborn de la tête et des épaules »

On reste en Caroline du Sud le samedi suivant, 19 juillet 1958, pour la course disputée sur le demi mile en terre sur le Greenville-Pickens Speedway. Seulement 18 engagés. Les temps sont durs depuis que les manufacturiers ont stoppés tout support financier et cette course n’étant pas richement dotée (une classique de 100 miles) elle n’attise pas beaucoup la convoitise des pilotes. On vient une fois par an depuis 1956 ici et c’est Curtis Turner qui avait remporté les deux premières éditions. Cela dit il ne sera pas présent pour défendre son titre. La pole est signée par Bob Welborn mais c’est Withey Norman sur sa Chevrolet lui aussi qui signera le meilleur temps dans la deuxième séance qualificative. Il s’élancera en 7ème position. Weatherly est présent sur la Ford #34 que Buck Brigance possède désormais en copropriété avec Dick Beaty.

Bob Welborn disons le tout de suite va largement dominer ce rendez-vous en l’emportant avec plus d’un tour d’avance sur un néanmoins excellent Larry Frank. Pour Welborn cette cinquième victoire de la saison lui octroie une avance de 810 points sur Larry Frank son nouveau dauphin. Si pour la première place Welborn semble indéboulonnable il n’en est rien pour la seconde qui ne cesse de changer à chaque course. Ken Rush termine distant 3ème à trois tours juste devant Buck Baker et Glen Wood qui clôture le top5. Malgré son meilleur chrono absolu aux essais Norman ne parvient pas à gagner de place et termine 7ème derrière Herbert « Tootle » Estes qui prenait part à sa première course en carrière en Convertibles.

Pas de chance pour Weatherly qui a dû renoncer très tôt dans la course et qui est classé 17ème sur 18. Enfin un petit mot sur Jim Paschal à qui J.H. Petty décide de confier la backup car de Welborn, la #49A, mais qui va commettre une grosse bourde en se crashant au 175ème tour ce qui ne l’empêchera pas d’être classé 9ème.  Wilbur Rasketraw ayant abandonnée un tour avant après avoir percuté le mur suite à une rupture d’un élément de suspension est 10ème.

Chose extrêmement rare en NASCAR les positions à l’arrivée sont quasi identiques à celles de la grille de départ. Dans le top11 le seul pilote qui a gagné une place est Ken Rush, partit 4ème et qui termine 3ème face  à Baker (partit 3ème et qui lui perd une position). A part Tiny Lund qui termine 12ème depuis sa 18ème position sur la grille de départ tous les autres pilotes ont juste perdu une position par rapport à leur position de départ ! 

 

C Course n° 16: course annulée

La course du dimanche 27 juillet 1958 aurait dû se disputer sur le quart de mile  asphalté du Starkey Speedway à Roanoke en Virginie mais que la course fut annulée pour la raison suivante. Curtis Turner qui à l’origine est co promoteur de l’évènement avec Alvin Hawkins et Bill France est toujours alité suite à son accident du 6 juillet à Charlotte et en accord avec ses deux partenaires il décide d’annuler la course une semaine avant l’épreuve. Bill France trouve une solution de rechange et c’est à Myrtle Beach que la série va se produire à la place.

 

 

C Course n° 16: « Nouveau coup du chapeau pour Welborn »

Le Dimanche 27 juillet 1958 on reste donc pour la troisième course consécutive en Caroline du Sud mais sur le demi mile en terre du Rambi Speedway à Myrtle Beach. On y retrouve 19 pilotes inscrits pour cette course de 100 miles soit 200 tours. C’est la toute première fois qu’une série nationale de la NASCAR s’y produit et si pour la série des Convertibles ce sera l’unique apparition, le Grand National lui y viendra de 1958 à 1965. Les promoteurs de la course ayant sauté sur l’occasion quand Bill France demanda leur aide pour y organiser la course.

C’est Herbert « Tootle » Estes qui signe sa seule pole position en carrière en 63.047 mph sur sa Ford de 1958 en devançant Tiny Lund lui aussi sur Ford mais de 1956. Richard Spittle porte bien son #0 puisqu’il est le plus lent de la bande.

La course sera l’occasion pour Bob Welborn de démontrer toute sa classe car il va la dominer de la tête et des épaules et l’emporter avec deux tours d’avance sur Tiny Lund. Larry Frank et Ken Rush sont à trois tours et Doug Cox a six tours. Le poleman Estes terminant pour sa part sixième à neuf tours. Aucun drapeau jaune n’ayant perturbé l’épreuve c’est en 62.554 mph que Welborn l’emporte soit moins d’un demi mph moins vite que la pole position ! C’est sa 6ème victoire de la saison et sa 15ème victoire en carrière. Plus remarquable encore c’est son deuxième hat trick de l’année.

Joe Weatherly n’a pas connu une course facile car qualifié 17ème il est classé à la même position suite à la casse d’une rotule de suspension sur la Chevrolet #41 de Withey Norman.

Welborn qui aime cette piste puisqu’il remportera au mois d’août la course inaugurale du Grand National. Il compte aussi maintenant 850 points d’avance au championnat sur Larry Frank.

 

C Course n° 17: « Rush Hour »

Le Vendredi 8 août 1958 c’est à Charlotte sur le Fairgrounds éponyme en Caroline du Nord que l’on se retrouve. C’est aussi l’occasion pour Curtis Turner de reprendre le volant en Convertible après son accident du 6 juillet dernier ici même en Modified-Sportman. Un Turner qui va mettre un point d’honneur à réaliser la pole position face à ses 19 autres concurrents.

Turner qui va être éblouissant durant les 105 premiers tours en survolant ses adversaires mais alors qu’il prenait un tour à Herbert « Tootle » Estes il s’accrochait avec ce dernier. Les deux hommes abandonnant mais pire pour Turner qui va se plaindre de fortes douleurs au dos suite au choc.

Deux tours après cet accident Bob Welborn va lui aussi devoir ranger sa voiture au garage suite à la rupture d’un tuyau de de son radiateur d’eau. La mécanique ayant surchauffé. Il sera classé 12ème et va perdre pas mal de point au championnat tout en gardant une avance confortable de 746 unités sur Larry Frank.

Devant Larry Frank justement et Ken Rush, le coéquipier de Welborn, vont se disputer la victoire jusqu’à l’arrêt ravitaillement de Frank qui va lui coûter beaucoup de temps. Trois tours pour être précis ! Du coup Ken Rush n’a plus qu’à dérouler jusqu’à l’arrivée pour remporter sa première victoire en carrière. Il devance Frank qui a su dépasser Tiny Lund tout à la fin pour récupérer la deuxième place.

C’est la quatrième victoire consécutive pour J.H. Petty. Décidément l’écurie à battre dans cette catégorie du moins quand Holman-Moody ne vient pas jouer les troubles fêtes !

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Ken Rush reçoit son trophée des mains de la miss locale.

 

Course combinée n°2 avec le Grand National : «  Weatherly emmène le contingent des décapotables »

Le Dimanche 10 août 1958 c’est la deuxième course sweepstakes et elle se déroule sur le Fairgrounds Speedway de Nashville dans le Tennessee. Sur les 32 pilotes engagés  17 sont équipés de convertibles. La pole est signée par Rex White avec sa Chevrolet hardtop. Par contre en course il va y avoir une grosse domination des décapotables puisque les quatre premières positions à l’arrivée seront squattées par les « sans toit » avec en grand vainqueur Joe Weatherly sur sa propre Ford devant Bob Welborn et Larry Frank. Tous les trois ayant parcourus les 200 tours de l’épreuve alors que Jimmy Thompson est à 2 tours.

Lee Petty est le meilleur des pilotes hardtop en 5ème position mais à 3 tours du vainqueur. Cela dit avant sa crevaison et son crash au 162ème tour Rex White menaçait sérieusement Weatherly pour la victoire. La course se termine sous régime de drapeau jaune suite au crash de Jack Smith à cinq tour de la fin.

 

Course combinée n°3 avec le Grand National : « Banjo Matthews gagne mais Roberts  reçoit le trophée »

Le Dimanche suivant, 17 août 1958, c’est à Weaverville sur le Asheville-Weaverville Speedway en Caroline du Nord pour les Western North Carolina 500 que l’on se retrouve. 38 pilotes au départ dont 18 convertibles. La pole pour la Pontiac hardtop de Jimmy Massey alors que la meilleure convertible pilotée par Fireball Roberts est en seconde position.

La course va être dominée par Bob Welborn et Fireball Roberts mais ce dernier souffre de la chaleur et lors de son 3ème pit stop au 370ème tour il se fait relayer par Banjo Matthews au volant de la Chevrolet de Frank Strickland. Matthews, résident de Asheville situé juste à côté, était venu voir ses petits copains rouler car il n’avait pas de volant pour cette épreuve. Roberts exténué s’allonge à même le sol. Matthews a entre ses mains une excellente voiture ce qui ne lui arrive pas souvent et il va savoir l’exploiter au mieux et remporter la course avec un tour d’avance sur Welborn. Seul hic pour Matthews il ne sera jamais crédité de cette victoire car il n’a pas pris le départ de la course à son volant. Ce qui aurait été sa seule en carrière. A que les règles sont cruelles.

Larry Frank perd encore des points puisqu’il ne termine que 9ème.

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Buck Baker et sa Chevrolet « Zipper top » à Daytona.

 

Course combinée n°4 avec le Grand National : «  Petty à l’arraché »

Le Vendredi 22 août 1958 c’est le quart de mile asphalté du Bowman Gray Stadium de Winston Salem qui accueille la course sweepstakes suivante. 23 pilotes engagés dont 13 convertibles. La pole est réalisée par George Dunn sur sa Mercury décapotable engagée par Manley Britt. Ce sera d’ailleurs sa seule pole en carrière. La course va par contre sourire aux Grand National puisqu’au 11ème tour Lee Petty s’empare du commandement face à Dunn et qu’il va ensuite se battre avec Shorty Rollins et Jim Reed jusqu’à l’arrivée. Tous trois pilotant un hardtop. Lee Petty l’emporte finalement pour une demi longueur de voiture d’avance sur Rollins et à peine plus sur Reed. Le meilleur des décapotés est le rookie Fred Harb en 4ème position et premier pilote à un tour. Dunn termine 6ème derrière la hardtop de Buck Baker.

Larry Frank, 18ème, ne profite pas des malheurs de Welborn pour combler une partie de son retard au championnat. Pourtant en ne marquant aucun point suite à la casse de sa transmission dans le premier tour et sa 23ème et dernière place finale Bob avait vraiment tendu la perche à son adversaire.

 

 

C Course n° 18: «  Welborn encore lui ! »

De retour à une course « stand alone » le dimanche 7 septembre 1958 sur l’ovale de Wilson en caroline du Nord. Une piste que l’on avait déjà visitée lors du huitième rendez-vous de la saison et qui avait vu Curtis Turner triompher. La liste des inscrits fait état de 23 pilotes. C’est de nouveau une Chevrolet de J.H. Petty qui signe la pole mais contrairement au mois de mai ce n’est plus Bob Welborn mais Ken Rush qui en est l’auteur. Il devance justement Weborn et L.D. Austin peu habitué à être si bien qualifié.

La course ne fait que 75 miles soit 150 tours mais c’est 139 de trop pour Ken Rush qui est victime de sa fougue quand il se crashe au 11ème tour. On se dit alors que Welborn va avoir la vie facile mais pas du tout car Herbert « Tootle » Estes va se révéler un surprenant mais coriace adversaire et même si c’est de nouveau Welborn qui l’emporte, pour la septième fois de la saison, Estes termine pas loin derrière et dans le tour du leader. Brownie King réalise sa meilleure performance en carrière en prenant la troisième place mais à un tour du duo de tête sur sa Chevrolet préparée par le sorcier  des Modified Potter, Jess Potter et non pas Harry. George Dunn est un surprenant quatrième et Richard Petty signe son premier top5 en carrière et comme vous le savez ce ne sera pas le dernier !

Larry Frank n’ayant pu faire mieux que neuvième il se retrouve désormais à 862 points de Welborn au classement général. Mais mathématiquement il lui reste un infime espoir vu que le championnat compte encore trois courses dont deux sweepstakes avec le Grand National. Mais même lui ne se fait guère d’illusion.

Notons que c’était la cinquième fois que la série des Convertibles visitait cette piste mais aussi la dernière car elle ne figurera pas au calendrier 1959.

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Bob Welborn et sa Chevrolet #49 grand dominateur en 1958.

 

C Course n° 19: « Welborn en champion ! »

Le dimanche 14 septembre 1958 est officiellement la dernière course de la saison des Convertibles. Du moins la dernière course uniquement disputée par les décapotables entre elles. C’est sur la toute nouvelle piste créée par Bruton Smith (et oui déjà lui !) à Salisbury, NC, sur le 0.625 mile en terre dénommé Salisbury Super Speedway. Un peu prétentieux quand même vu la configuration de la piste. Cela dit il a déjà tout compris pour attirer le public car en plus d’une excellente publicité il a complètement aménagé les abords du circuit avec de grands parkings et parfaitement situé par rapport aux axes routiers, dont la Highway 29, une des premières autoroutes à quatre bandes des USA, ainsi que très bien desservi par les transports en commun et de plus il jouxte le tout nouvel aéroport  de Salisbury. De plus il a prévu plusieurs animations pour le public avec entre autre un carrousel pour les enfants. Il est à noter qu’il a appliqué ici la future recette de son succès en rachetant une ancienne piste des années 30, le Rowan County Fairgrounds, qui était à l’abandon depuis le début des années 40 et l’entrée du pays dans la 2ème guerre mondiale.

26 pilotes sont engagés et c’est Larry Frank qui réalise pour la première fois de sa carrière la pole position en 74.111 mph. Les virages quelques peu relevés de la piste ayant permis cette belle vitesse pour l’époque. Il devance Tiny Lund qui pour l’occasion a trouvé un volant chez J.H. Petty alors qu’il s’était battu toute la saison contre cette écurie et son pilote vedette Bob Welborn ! Fireball Roberts est 3ème au volant de l’Oldsmobile de Lee Petty alors que le fiston Richard hérite de la voiture de réserve de laquelle on supprime le 4 pour ne laisser que le #2 sur les portières.

La course va se résumer à un duel à distance entre Larry Frank et Bob Welborn si ce n’est qu’après leur unique pit stop c’est Welborn qui va prendre le commandement et s’en aller cueillir sa 8ème victoire de la saison lui assurant au passage le titre de champion alors qu’il restera encore deux courses. Mais avec 870 points il est mathématiquement hors de portée de Frank.

Notons que le reste du top5 est composé de Bill Morton (Ford), Bob Walden (Ford) et de Richard Petty qui obtient encore un super résultat malgré son manque d’expérience. Visiblement il a ça dans le sang !

Il faut également noter l’épidémie de casse moteur car pas moins de 9 pilotes abandonnent suite à la rupture de leur moulin dont Richard Petty alors qu’il était 3ème au 151ème des 155 tours que comptait la course.

J.H. « Julian » Petty avec cette 6ème victoire consécutive à vraiment fait main basse sur la saison puisqu’au total son écurie aura remporté 9 des 19 courses « stand alone » de la saison.

 

Course combinée n°5 avec le Grand National : « Welborn grâce au bon samaritain Petty »

Le dimanche 12 octobre 1958 c’est l’avant dernier rendez-vous de la saison pour les convertibles. C’est à Martinsville que 40 pilotes prennent part à la course des Old Dominion 500 dont 19 décapotables. C’est Glen Wood qui signe la pole avec sa décapotable. La grille de départ hormis la pole est déterminée en fonction de deux courses qualificatives, l’une réservée aux hardtops et l’autre aux ragtops.  Bob Welborn roule bien et se dirige vers la victoire avec sa décapotable quand cette  dernière prend feu. Le temps que les commissaires éteignent les flammes, la Chevrolet #49 est définitivement perdue. Mais un beau geste de solidarité de la Petty Enterprises va permettre à Welborn de rouler dans la course principale avec l’Oldsmobile #2. Lee Petty ayant en effet décidé de rouler avec sa hardtop ici. Comme c’est une convertible qui a fait la pole les autres convertibles partiront sur la grille de départ des positions impairs (3, 5, 7,…) alors que les hardtops auront-elles les positions pairs (2, 4, 6,…). Mais un gros quiproquo dans l’établissement des classements des deux manches qualificatives plus le temps de dégager l’épave de Welborn fera perdre plus d’une heure à l’organisation et cette heure perdue sera la raison pour laquelle…

… La course sera interrompue au 350ème des 500 tours à cause du manque de luminosité. Fireball Roberts et sa Chevrolet hardtop l’emporte alors que Bob Welborn est le meilleur des décapotés en 8ème position. Larry Frank est classé 29ème après avoir abandonné suite à la chute de sa pression d’huile. Mais comme on le sait les carottes étaient déjà bien cuites pour lui au championnat.

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Le départ de la course de Martinsville.

 

Course combinée n°6 avec le Grand National : « Frank pour l’honneur »

Le dimanche 26 octobre 1958 c’est la dernière course de la saison pour le Grand National et le Convertible. Pour un résumé détaillé de la course je vous invite à prendre connaissance de celui-ci dans la partie consacrée à la saison 1958 du Grand National.

C’est le circuit de Lakewood à Atlanta qui a l’honneur d’être le cadre de la finale et c’est une décapotable qui va réaliser la pole position avec Glen Wood sur sa Ford. Cela dit pour rappel les stats obtenues lors des courses « sweepstakes » ne sont comptabilisées que dans les datas du Grand National hormis les points. Sur les 40 pilotes au départ il y a 16 décapotables mais pas Bob Welborn qui n’a pas jugé utile de venir courir. Mais était-il remis de la fête qui avait suivi son troisième titre de champion ?  Du coup son avance au championnat « fond » à 718 points au classement final de la saison 1958 sur Larry Frank qui sera classé 8ème au général de la course mais 3ème pour les points dans la catégorie des Convertibles.

Le vainqueur de la course est Junior Johnson sur sa Ford hardtop (avec toit) alors que Lee Petty, 3ème, est le meilleur représentant des ragtops (décapotables). Le pilote du Tennessee Bill Morton sera gravement blessé au volant de sa Ford décapotable lorsqu’au 111ème tour il se crashe violement. Ejecté de sa voiture il reste allongé sur la piste. Le rookie Fred Harb stoppe sa Mercury décapotable juste devant le corps de Morton pour le protéger des autres voitures. Pour son geste héroïque Harb se verra décerné le John Naughton Sportmanship Award récompensant un sportif ayant fait preuve d’un esprit chevaleresque. Après l’intervention des secours Harb reprendra la course et terminera 17ème.

Voilà donc pour cette troisième saison de l’histoire de la série des Convertibles.

 

 

CONCLUSION

 

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Bob Welborn champion 1958.

C’est ainsi que Bob Welborn remporta son troisième titre de champion en autant d’année d’existence de ce championnat. Une saison difficile pour la NASCAR, suite à l’arrêt des aides financières des manufacturiers auprès des écuries les représentants, qui après avoir réduit de près de 50% son calendrier en début de saison a dû faire face tout au long de l’année à un relatif faible taux de participation. Le public lui aussi vu le manque de pilotes stars lors des meetings ne s’est pas montré très enthousiaste. La fréquentation dans les tribunes chutant quelque peu alors qu’elle était en expansion les saisons précédentes.

Cela n’enlève en rien le mérite de Welborn qui en participant aux 19 courses de la saison régulière, le seul autre pilote aussi assidu fut Neil Castles, ainsi qu’à 5 des 6 courses sweepstakes, a démontré une nouvelle fois sa constance aux avants postes et sa soif de succès.

Avec sur les 19 courses de Convertible :

- 8 victoires

- 12 top5

- 14 top10

- 6260 points (718 de plus que son dauphin Larry Frank)

- $11,454.79 USD de gain

- 6 poles

- 3 abandons uniquement sur problème mécanique

Cela dit si Curtis Turner avait fait la saison complète Welborn aurait à coup sûr eu la vie moins facile car avec 4 victoires en 5 courses Turner fit vraiment figure d’épouvantail. Gagnant même plus d’argent que Welborn ($11,576.85 USD) en ayant remporté toutes les courses prestigieuses de la saison.

Welborn qui après les trois premières courses avait décidé de se consacrer à son métier de pilote en revendant son écurie à J.H. « Julian » Petty son compatriote de Greensboro. Un Petty ayant les moyens de ses ambitions et compensant un maximum le manque de financement de General Motor pour fournir à ses pilotes des voitures extrêmement bien préparées. Comme l’écurie Holman & Moody ne venait que de façon sporadique, Petty n’eut pas la moindre difficulté pour venir à bout des « réels » indépendants comme les Wood Brothers ou Larry Frank pour ne citer que les plus performants.

Les vraies décapotables sauvant la face aux « Zipper tops » en menant 14 victoires à 5.

Enfin rappelons que 1958 vu les débuts du plus grand pilote de tous les temps en NASCAR : Richard Petty.

Mais qui sera le dernier champion de la division en 1959 ? Vous le saurez bientôt.

La suite de la saison 1958 avec la partie n°2/2 : La saison du Grand National.

Pour une bibliographie détaillée, me consulter en attendant qu'une ultra complète soit disponible sur le site pour l'ensemble de mes articles. 

Tous les résultats de la saison 1958 sont disponibles sur www.racing-reference.info.

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