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1957

Le grand dilemme : les manufacturiers, leur image et les performances grandissantes des voitures, face à l’envie d’améliorer la sécurité, tout en assurant le spectacle sur la piste.*

 

Partie n°2/2 : La saison du Grand National.

(Partie n°1/2 : La saison des Convertibles.)

 

*Un bien grand titre mais une réalité qui de nos jours est toujours le leitmotiv de tous les règlements régissant la NASCAR et les sports automobiles dans le monde entier.

 

 

INTRODUCTION

 

 

En 1957 l’implication des constructeurs automobiles s’accentue en NASCAR. Ils se sont bien rendus compte de l’importance de la victoire sur la piste qui booste les ventes dans les concessions à condition d’en faire la publicité. De plus ils peuvent rajouter à leur catalogues une multitude de pièces spécifiquement élaborées pour la course tels de nouveaux carburateurs, suspensions,… de quoi rendre les voitures plus puissantes, rapides, fiables et… sures ! Car la sécurité est aussi à l’ordre du jour sous l’impulsion de la NASCAR.

One va le voir plus loin avec la nomination de Frankie De Roy chez General Motors à la tête de la division compétition mais il en sera de même chez Chrysler avec Ronney Householder, Peter DePaolo pour Ford,…

Une des innovations les plus importantes de Chevrolet en 1957 est l’introduction de l’injection dans ses moteurs de séries. Cette technique sera dès lors utilisée en NASCAR avant son interdiction le 1er mai 1957. Seul le carburateur étant autorisé en course NASCAR et cela est toujours valable de nos jours mêmes si les voitures modernes n’utilisent plus ce système à quelques exceptions près. Par contre Chevrolet va continuer à vanter les mérites de l’injection dans ses publicités et en l’inscrivant même sur les voitures de courses de la marque alors que sous le capot l’injection a disparu. La publicité mensongère étant une des choses que Big Bill France va combattre tout au long de la saison. Un combat qui date de 1955 quand Carl Kiekhaefer avait introduit cette façon de faire via son team. Cette lutte contre les pseudo vérités, les fausses informations va conduire la NASCAR à adopter une règle requérant de la part des manufacturiers de l’hônnetété dans leurs publicités et communiqués de presse.

 

L’AMA (L’Automobile Manufacturers Association) a une grande influence à l’époque et elle possède aussi un grand pouvoir. Défendant les intérêts des constructeurs automobiles dans un premier temps (voir course n°13 du 28 avril). Or ses membres sont pour la plupart réfractaires à la course automobile. Ils vont dès lors tout faire pour discréditer ce sport, en faire une mauvaise publicité. Les accidents mortels impliquant des pilotes mais aussi des spectateurs vont venir renforcer leur position. L’AMA prétextant que les mots « puissance » et « vitesse » vantés dans les publicités contribuaient à pervertir le comportement sur les routes des usagers et donc à accroître les accidents. Les états majors des grands constructeurs, via leur département compétition, vont résister autant que possible en arguant que l’amélioration des performances des voitures de courses bénéficient aux voitures de monsieur tout le monde y compris le facteur sécurité. Les écuries de NASCAR font des essais privés, des courses, bref accumulent une foule de données. Mais l’AMA aura le dernier mot, du moins pour un temps lors d’une réunion le 6 juin 1957. Au terme de cette réunion, les constructeurs automobiles vont tous arrêter leur implication dans la course automobile. Il faut savoir que quelques jours plus tôt un terrible accident, le 19 mai, à Martinsville où plusieurs spectateurs furent sérieusement blessés était un argument de poids. De plus le souvenir du terrible crash des 24 heures du Mans 1955 planait encore dans toutes les mémoires. Sous la pression de l’AMA la NASCAR allait redevenir une course de pilote/propriétaire privé dès le 8 juin soit à la 22ème course de la saison. On va voir que cela ne réduira en rien l’intérêt des courses. Les performances continuant même à s’améliorer grâce à des préparateurs de génie tels Smokey Yunick, Holman – Moody, Ankrum « Spook » Crawford, Guy Wilson,… Par contre la disparition des écuries surpuissantes aux multiples voitures telles DePaolo Engineering ou Hugh Babb Racing pour ne citer que les deux plus influentes du milieu sera un coup dur pour l’image de professionnalisme que Bill France tentait de donner à sa jeune NASCAR. Mais ce petit pas momentané en arrière allait dans les années qui suivirent s’avérer une prise d’élan vers le développement fulgurant de la NASCAR qui ne ralentirait pas avant les années 2000.

Mais pourquoi l’AMA eut le dernier mot ? Tout simplement car les constructeurs qui avaient basé l’essentiel de leur publicité sur les performances des voitures étaient pris à la gorge. Une pub importante sera par exemple faite autour de la Mercury M355 modèle 1957 avec possibilité d’améliorer sa voiture personnelle en puisant dans un catalogue de pièces course spécifiquement élaboré. Mais vu son prix très peu furent vendues au public. Pas grave elle était avant tout destinée à la course ! Alors faire un retour un arrière aurait été mal perçu par le grand public. La pub ne faisait en effet pas de différence entre les voitures de courses et celles de routes. Laissant croire que si vous achetiez la même Chevrolet que Buck Baker vous pourriez rouler aussi vite que lui. Ce qui était mensonger bien sur.

(Voir après la course n°21 pour les détails de la réunion)

 

Malgré tout la saison 1957 allait être plus équitable entre les différents groupes de constructeurs. Si en 1956 le groupe Mopar (Dodge, Chrysler) avait écrasé la concurrence avec 33 victoires en 1957 la donne était mieux répartie entre General Motors (27 victoires) et Ford Motor Company (26).

Les marques suivantes avaient au moins un représentant officiel lors de chaque course du début de saison. Ces marques étant Chevrolet, Ford, Pontiac, Plymouth, Mercury et Oldsmobile à des degrés différents d’implications. Soit financièrement soit techniquement ou les deux.

 

D’autres nouveautés allaient parsemer la saison 1957 comme la multiplication des courses « Sweepstakes » mélangeant deux divisions de la NASCAR en l’occurrence en 1957 les divisions Grand National (Hardtop = avec toit) et Convertibles (Ragtop = décapotable). Le renforcement des médias autour de la NASCAR, l’augmentation des primes de courses, des sponsors officiels comme par exemple GoodYear Tire and Rubber Company qui devient un nouveau partenaire de la NASCAR et aura son propre award (récompense) lors de chaque course. Uniquement distribué aux pilotes utilisant des pneus GoodYear. Avec $50 au meilleur représentant de la marque lors de chaque course et $100 si ce dernier remporte la course. Il faut rappeler qu’à l’époque la plupart des écuries utilisent des pneus Firestone ou Dunlop.

 

On aura aussi l’arrivée de nouveaux pilotes, d’autres prendront leur retraite comme Herb Thomas (2 titres de champion, 228 courses, 48 victoires,…) ou encore Fonty Flock,… Bref une année riche en évènement relatée en détail dans cet article. Il est long mais au vu de la saison 1957 il fallait bien ça !

 

Ah oui j’oubliais, peu après la fin de la saison, l’année 1957 allait encore être marquée par un évènement important pour la suite de l’histoire de la NASCAR. En effet le 25 novembre débutait le grand chantier qui allait donner jour au Daytona International Speedway.

 

Bonne lecture.

 

La quatrième course de la saison à Daytona sera la première de l’année 1957.

Tout le paradoxe de la NASCAR !

 

La saison course par course

 

La saison est détaillée course par course de façon chronologique.

 

GN Course n° 1: « Panch le roadmaster »

 

C’est le dimanche 11 novembre 1956 que débute la longue saison 1957 du Grand National ! C’est le circuit routier de Willows Springs International Raceway à Lancaster en Californie qui est le cadre du lancement de la 9ème saison de la discipline. C’est la 2ème année que la série se produit ici mais aussi la dernière. Ce routier à la particularité d’être en terre, de comporter 11 virages et de faire 2.5 miles de long. 150 miles soit 60 tours à parcourir pour les 34 engagés. Cette course marque tout d’abord la disparition de la scène de la surpuissante écurie de Carl Kiekhaefer comme ce dernier l’avait annoncé au terme du championnat précédent. Cela dit la relève est assurée puisque Pete DePaolo continue à engager des voitures préparées de façon chirurgicale.

 

C’est d’ailleurs une de ses deux Ford qui réalise la pole aux mains de Marvin Panch. C’est sa 3ème pole en carrière. Il devance Paul Goldsmith sur une autre Ford modèle 56 engagée par un autre sorcier de la mécanique, le légendaire Smokey Yunick.

 

Marvin Panch

 

La course ne va guère être palpitante. Dès le départ le local Russ Dohlem abandonne sur casse moteur ainsi que Ed Negre. Et ce n’est pas terminé, le nombre d’abandons sur casse mécanique ou sur accident va presque réduire de moitié la file des concurrents. D’ailleurs 4 des favoris seront éliminés sur accidents dont Parnelli Jones. Heureusement personne ne sera blessé. Devant par contre Panch se balade avec facilité. Il maintient une avance confortable sur George Seeger, lui aussi sur Ford, l’une des deux engagées par Oscar Maples. Quand Panch procède à son ravitaillement au 31ème tour Seeger prend la tête jusqu’au 50ème passage. La tactique de Panch est la meilleure. En s’arrêtant à mi course il bénéficie de moins de poids donc use moins ses pneus que Seeger qui était partit avec le réservoir plein. Une fois Seeger aux pits Panch reprend le commandement et s’envole vers une victoire, sa 2ème en carrière avec une belle avance de 11,8 secondes sur son coéquipier Fireball Roberts qui est venu à bout de Seeger.

 

A la fin de ce bel après-midi d’automne, le classement général du championnat est bien évidemment le calque du résultat de la course.

 

GN Course n°2 : Annulée

 

Le dimanche 25 novembre à Concord, NC, la course est annulée à cause d’une vague de froid rendant la terre de la piste trop dure donc impraticable. Elle sera reportée le dimanche suivant car Bruton Smith, son promoteur, ne veut pas perdre d’argent en remboursant les tickets des spectateurs.

 

GN Course n°2 : « Quel punch ce Panch ! »

 

On reste en 1956, le dimanche 2 décembre pour être précis, est finalement le cadre de la 2ème course de la saison 1957 mais la première sur un ovale « standard » utilisé en NASCAR c’est-à-dire un demi mile en terre battue.

C’est le Concord Speedway dans la ville éponyme de la Caroline du Nord que 25 pilotes vont braver le froid ambiant en vue de décrocher la victoire. C’est la 2ème visite de la série sur cette piste mais pas la dernière. D’ailleurs on va y venir à 3 reprises cette saison. Notons qu’il fait toujours très froid mais la terre est suffisamment meuble pour accueillir les voitures. Signalons que General Motors a un nouveau manager de la branche compétition à savoir Frankie Del Roy, un véritable passionné de la course et qui va entreprendre d’aider financièrement les écuries engageant les voitures du groupe GM histoire de contrer la domination Ford et Chrysler/Dodge.

 

La pole est signée Curtis Turner. C’est sa 10ème pole en carrière mais la première depuis 1954. Il utilise pour l’occasion la voiture de réserve de Fireball Roberts d’où le numéro C22. Il devance deux de ses quatre coéquipiers chez DePaolo Engineering à savoir Joe Weatherly et Marvin Panch. Les autres sont un peu largués dont Lee Petty qui débute ici sa saison ! Fireball Roberts justement est absent car il a loupé son avion. Ralph Earnhardt le remplace au pied levé au volant de la #22. Le 5ème larron chez DePaolo est l’expérimenté Ralph Moody.

 

La course compte 200 tours et il n’y aura pas le moindre suspense. Turner mène les deux premiers tours mais ne peut résister à Marvin Panch qui prend la tête au 3ème passage et on peut déjà le dire ne la quittera plus jusqu’au drapeau à damier. Seul Paul Goldsmith parviendra à terminer dans le tour du vainqueur. Bill Amick termine sur le podium à un tour et Tiny Lund à 6 tours en 4ème position.

 

Turner aurait peu offrir le doublé à DePaolo mais alors qu’il tentait de conserver sa 2ème place face à Goldsmith il allait se crasher dans une palissade en bois au 79ème tour.

Un autre accident allait marquer les esprits. En effet au 122ème tour Johnny Allen, alors à 2 tours du leader, partait en tête-à-queue et détruisait sa Plymouth contre un poteau télégraphique en bois. Ce dernier était coupé en deux et basculait sur la tribune principale. Fort heureusement il y avait peu de spectateurs dans cette zone et personne ne fut blessé.

 

Au championnat Panch mène la danse avec 64 points d’avance sur Jim Paschal qui a respectivement terminé 4ème et 6ème lors des deux premières courses.

 

La NASCAR et l’armée, une longue histoire d’amour ! (photo de Daytona)

 

GN Course n°3 : « DePaolo s’offre son cadeau de Noël sur le tard ! »

 

Dimanche 30 décembre 1956, c’est un grand jour pour Pete DePaolo. Sur les 15 voitures inscrites pour la course, les Indian River Gold Cup 100, il en engage le tiers soit 5 ! En plein hiver c’est la Floride qui accueille le cirque du Grand National sur une course routière située à Titusville. Le Titusville-Cocoa Speedway est en asphalte et long de 1.6 miles. Il fait froid mais sans plus et les 16000 spectateurs viennent profiter des rayons du soleil pour préparer leur peau en vue de se pavaner l’été prochain sur les plages de l’Atlantique ?

C’est l’unique visite sur cette piste pour une discipline de la NASCAR. C’est en fait un aéroport (Titusville-Cocoa Aiport) et pour la petite histoire il n’accueillera encore qu’une autre épreuve, une course d’endurance en juillet 1958. Il faut savoir que la course était prévue sur 100 miles soit 62 tours mais fut pour une raison inconnue réduite à 56 tours (89.6 miles).

 

Paul Goldsmith réalise la pole à 69.106 mph de moyenne. Le fraîchement nommé directeur de la compétition chez DePaolo Eng. John Holman ronge son frein de voir la seule Chevrolet engagée faire la nique à ses 5 Ford. Il faut savoir qu’en vue de renforcer davantage son écurie DePaolo vient de s’associer à John Holman, un mécanicien de génie.

 

La course va par contre être un désastre pour Goldsmith. Alors qu’il mène les 27 premiers tours sur les 56 que compte la course il doit laisser sa première place pour faire réparer sa voiture. Cela dit il n’ira pas beaucoup plus loin et au 34ème tour abandonne définitivement suite à la casse de la courroie de son ventilateur du radiateur d’eau qui en se déchirant s’est emmêlée dans la direction.

Devant c’est la parade des Ford de DePaolo Engineering puisque c’est Fireball Roberts, qui n’a pas loupé son avion ce coup-ci, qui mène la meute et remporte une nouvelle victoire devant Curtis Turner, Marvin Panch et Ralph Moody. Le pauvre Joe Weatherly fut le premier à abandonner au 17ème tour sur problème d’embrayage. Cela dit c’est la première fois de l’histoire en GN qu’une écurie signe un quadruplé. DePaolo a fait mieux que les nombreux triplés signés par l’écurie de Carl Kiekhaefer. Notons que Doug Cox sur sa propre Ford co-engagée avec John Foster complète le top5 mais à un tour du quatuor de tête. Tiny Lund sur une 2ème Dodge de la Petty Enterprises termine 6ème à 2 tours.

 

Cette 5ème course de l’histoire sur un circuit routier n’a pas vraiment été un succès pour Bill France. Peu de concurrents. Mais le 30 décembre est-il aussi une date de circonstance pour organiser une course de voitures ?

 

Roberts remporte donc sa 7ème course en carrière alors que Panch continue de mener facilement le championnat face à Johnny Allen, 8ème ici.

Dernière anecdote sur cette épreuve. C’est la première fois qu’un numéro quasi identique termine aux deux premières places avec le #22 suivi du #C22

 

Bill France (à gauche) interviewe Speedy Thompson lors d’une émission de radio à Daytona.

 

GN Course n° 4: « Owens roi de la plage offre à Pontiac son premier succès »

 

Le Dimanche 17 février 1957 marque le retour à la compétition pour les pilotes du Grand National. C’est la 4ème course de la saison mais la première physiquement disputée en 1957. Il s’agit de la fameuse course de Daytona Beach en Floride sur la piste de 4.1 miles mi sable mi asphalte. Il y aura 39 tours à parcourir et qui dit 1957 dit… 57 engagés ! Grosse affluence pour une course richement dotée.

C’est aussi l’escalade en terme de puissante écurie car Pete DePaolo engage pas moins de 7 voitures et le géorgien Hugh Babb fait presque aussi bien avec 6 vu qu’il reçoit le soutien officiel de GM. A côté ils sont nombreux à engager au moins deux voitures.

Signalons que les sponsors font leur maximum avant et après pour promouvoir la course. Par exemple Purolator se paye une double page dans le magazine Life. En tout avec les différents médias (journaux, magazine, radio, TV) Bill France estime qu’au moins 20 millions d’américains ont vu ou entendu un sujet sur la course de Daytona. C’est aussi en 1957 que l’on va voir apparaître des journalistes sportifs spécialisés dans la NASCAr avec Don O’Reilly, Bob Latford, Tom McCahill,… ces journalistes de par leurs publications aideront sans conteste à la croissance de la NASCAR.

 

La pole va être signée par Banjo Matthews sur sa Pontiac engagée par Ray Nichels à la vitesse de 134.382 mph sur le mile départ arrêté. Tim Flock est 10ème de ce qui restera sa seule course cette année là ou il terminera 12ème.

La course disputée devant 35000 spectateurs sera une totale réussite pour Cotton Owens. Le poleman Matthews ne profite guère de sa pole car il abandonne au 19ème tour sur problème mécanique. De toute façon il n’aura jamais mené la course car c’est Cotton Owens qui parti 3ème passera la ligne en tête dès le premier tour. Au 23ème passage il opère son unique ravitaillement alors qu’il a tout mené sauf un tour, le 11ème, mené par Paul Goldsmith, suite à un petit tout droit au bout de la ligne droite de la nationale A1A en entrée du virage Sud de la part d’Owens. Les mécaniciens de Ray Nichels mettent 61 secondes pour ravitailler la Pontiac #6 d’Owens. Alors que ceux de Goldsmith de chez Smokey Yunick font le même travail au 31ème tour en à peine 47 secondes. Du coup Goldsmith place sa Chevrolet en haut de l’affiche avec 25 secondes d’avance sur Owens mais à peine sorti des stands son moteur rend l’âme suite à un sur-régime destructeur.

 

Du coup Cotton Owens se retrouve facile leader face à Johnny Beauchamp sur sa Chevrolet #50. Beauchamp est constant mais perd tour après tour des secondes. Finalement Owens remporte la victoire avec 55 secondes d’avance sur Beauchamp, unique autre pilote dans le tour du vainqueur. Fonty Flock sur sa Mercury #18 termine 3ème.

Owens remporte enfin sa première victoire à son 28ème départ lui qui roule à temps partiel depuis 1950.

Mieux il offre à Pontiac sa première victoire en Grand National. Autre record pour Owens il devient le premier vainqueur d’une course de GN avec une moyenne supérieure à 100 mph avec une vitesse de 101.541 mph.

 

Fireball Roberts #22 contient les assauts de Lem Svajian #527.

 

Notons qu’il y eut plusieurs accidents durant la course mais qu’un seul obligea les officiels à brandir le drapeau jaune. C’est celui de Everett Brashear qui planta sa Plymouth sur le sommet du banking en sable du virage Nord. Curieusement les officiels décideront de laisser la voiture plantée là et ce qui devait arriver arriva à savoir que peu après Lee Petty viendra se prendre en pleine face la voiture abandonnée fort heureusement sans se blesser.

 

Marvin Panch termine 5ème et conserve bien évidemment la tête au classement général. Enfin notons la superbe remontée de Rex White qui termine 9ème après s’être élancé 53ème ainsi que le premier départ en carrière du québecois Dick Foley (48ème). Pour terminer signalons que le grand pilote de la série Convertible (champion SAFE en 1955) Don Oldenberg fait ici son 20ème et dernier départ en carrière arrachant une 14ème place.

 

Cotton Owens

 

Une dernière anecdote pour la route ? Allez oui ! C’est Russ Truelove qui nous l’offre en prenant part à sa dernière course en carrière lui aussi. Mieux il est revenu avec la Mercury #226 qu’il avait détruit ici même en faisant plusieurs tonneaux lors de l’édition 1956 de la course de Daytona Beach. Il faut savoir qu’il termine 55ème sur abandon mais surtout qu’il a fait restaurer lui-même cette voiture qui participe encore aujourd’hui à des manifestations historiques. C’est d’ailleurs une des rares vraies survivantes de l’époque encore en action. Les autres étant souvent des répliques.

 

Cotton Owens à gauche et le patron de son généreux sponsor Jim Stephens.

 

GN Course n° 5: « Premier triplé pour Hugh Babb »

 

Nous voilà déjà de retour sur le demi mile de Concord, NC, en ce dimanche 3 mars 1957.

20 pilotes engagés pour une nouvelle course de 100 miles soit 200 tours.

Mel Larson réalise la pole de sa carrière en 62.225 mph ce qui est un peu moins rapide que celle réalisée ici même par Curtis Turner plus tôt dans la saison en 62.586 mph. Turner d’ailleurs ne fait pas mieux que 12ème.

 

La course, dont le départ est retardé de 25 minutes pour permettre aux 11000 spectateurs de prendre place dans la tribune, va vite sembler promise à un des trois pilotes engagés par Hugh Babb puisque Speedy Thompson s’empare du commandement dès le départ depuis sa 2ème position sur la grille. Au 31ème tour Fireball Roberts place sa Ford de DePaolo Eng. en tête et il va garder cette position jusqu’à son unique ravitaillement au 84ème tour mais ce dernier se passe très mal et il perdra de précieuses secondes qu’il ne parviendra jamais à combler par la suite. Juste avant le début des ravitaillement il y eut le seul drapeau jaune du jour suite au crash de Glen Wood au 78ème tour quand il fit faire un tonneau à sa malheureuse Ford. Là c’est Jack Smith qui hérite du commandement mais pour un petit tour car il opère lui aussi son ravitaillement. Speedy Thompson récupère le leadership pour une boucle et lui aussi rentre aux stands. Grâce à un travail plus efficace de ses mécaniciens Jack Smith reprend la première position au 87ème tour et ne la lâchera plus jusqu’à l’arrivée.

 

Smith remporte la victoire, la 2ème de sa carrière après celle obtenue à Martinsville l’année précédente. Il devance ses deux coéquipiers chez Hugh Babb avec dans l’ordre Buck Baker à 6 secondes et Speedy Thompson. Roberts est 4ème et premier non Chevrolet tandis que le poleman Larson rallie l’arrivée en 5ème position mais à 11 tours du quatuor de tête. Cela démontre vraiment la supériorité des Chevrolet préparée par Babb. Seul Roberts a pu faire illusion.

 

Signalons la mauvaise journée des pilotes de chez DePaolo qui hormis Roberts ont tous abandonnés dont Marvin Panch le leader du championnat mais comme Jim Paschal, son dauphin, abandonna lui aussi il conserve une belle avance de 488 points.

 

Curtis Turner commence la longue ligne droite de la nationale A1A à Daytona sous les yeux de milliers de spectateurs (photo de Daytona).

 

GN Course n° 6: « La dernière de Moody »

 

Dimanche 17 mars 1957 c’est sur le demi mile en terre du Wilson Speedway situé à Wilson en Caroline du Nord que l’on retrouve 21 pilotes. Il s’agit de la 8ème course du GN disputée sur cette piste.

La pole est réalisée par Fireball Roberts en 59.269 mph, il devance sur la première ligne son coéquipier Marvin Panch. Jack Smith, vainqueur de l’épreuve précédente, est 3ème.

 

La course sera divisée en deux, façon de parler bien sur. En effet Roberts mène les 100 premiers tours puis se fait soudainement dépasser par son autre coéquipier Ralph Moody. Le problème pour Roberts vient du moteur et il perd beaucoup de puissance. Du coup il opte pour une conduite tout en douceur et ralliera l’arrivée en 9ème position à 18 tours du vainqueur qui n’est autre que Ralph Moody. C’est la revanche de Pete DePaolo suite à la gifle reçue à Concord. Mieux encore c’est la première fois que Ford s’impose sur cette piste. Cela dit pour Babb c’est loin d’être la débacle puisque Buck Baker termine second mais à deux tours quand même juste devant Speedy Thompson. Le duo de la Petty Enterprises composé de Lee Petty et Tiny Lund complète le top5.

 

Ralph Moody ne le sait pas encore mais il vient de remporter sa 5ème et dernière victoire en carrière. Il est aussi le 5ème pilote différent en 6 courses victorieux cette saison.

Suite à un nouvel abandon au 52ème tour sur casse de l’embrayage Marvin Panch voit son avance diminuer à 416 points au championnat face à son nouveau dauphin Buck Baker. Jim Paschal qui a lui aussi encore abandonné occupe de justesse la 3ème place face à Roberts.

 

Buck Baker #87 précède Jack Smith #47, Nace Mattingly #154 et Paul Goldsmith #97.

 

GN Course n° 7: « Buck Baker enfin ! »

 

La course suivante a lieu le dimanche 24 mars 1957 sur l’Orange Speedway de Hillsboro, NC. Une des pistes qui accueillent la NASCAR depuis 1949 sans discontinuer. Cela dit ce sera la seule visite de l’année ici.

Cette piste en terre atypique de 0.9 mile sera à parcourir 110 fois.

C’est pour la deuxième fois consécutivement Fireball Roberts qui signe la pole position. Cela étant il faut bien reconnaître que cela ne lui porte pas vraiment chance.

 

D’ailleurs la chance elle va complètement quitter les pilotes de chez DePaolo Engineering. Ralph Moody, le précédant vainqueur se crashe dès le 1er tour. Premier tour mené par Buck Baker qui saute tout le monde au départ depuis sa 3ème place sur la grille. Puis c’est le poleman Roberts qui après avoir repris la première place au 4ème passage va abandonner au 41ème tour alors qu’il est en tête suite à la casse de sa roue avant droite. Baker hérite de nouveau du commandement jusqu’au 56ème tour quand il se fait dépasser lors de son ravitaillement par Marvin Panch, le 3ème larron de DePaolo. Mais Baker revient petit à petit et au 89ème passage parvient à reprendre la première place synonyme 12 tours plus tard de première victoire de l’année. La déconfiture pour Panch qui va dégringoler 11ème à cause d’un moteur toussotant alors que pendant ce temps Hugh Babb fête son deuxième triplé de l’année avec dans l’ordre Buck Baker, Speedy Thompson et Jack Smith. Les 8000 spectateurs ont eu une belle course même si le résultat brut final ne le laisse guère penser. En effet Baker franchit la ligne avec ¾ de tour d’avance sur Thompson. Buck Baker déjà vainqueur en 1956 fait honneur à son titre de champion sortant.

 

Concernant Panch c’est la coupe franche dans son avance au championnat qui passe de 416 à 336 points face à Baker.

 

Buck Baker #87 devance Fireball Roberts.

 

La polémique du jour viendra de la publication par Chevrolet d’une publicité vantant la victoire en mettant en avance la puissance de ses voitures. De plus le système d’injection d’essence n’était pas réglementaire car non disponible dans le catalogue commercial de la marque. La NASCAR via Bill France avait établi une nouvelle règle en début de saison interdisant de mettre en avance la puissance comme argument de vente pour deux raisons. La première les voitures de courses étant plus puissantes que les modèles de séries, donc c’est une publicité mensongère. La deuxième car pour une question de sécurité routière et de responsabilier les gens cet argument de puissance mettait à mal la vision d’une conduite prudente sur la route. La conduite rapide étant réservée à la course sur circuit. Cette vision très sectaire de la responsabilité véhiculée par la NASCAR aboutissant quand même au retrait de tous les points acquis par Chevrolet à Hillsboro au championnat constructeur au grand dam d’Ed Cole le président de General Motors. Décision stupide… tout comme celle quasi identique pour publicité mensongère à l’encontre de Ford lors de la 2ème course de la saison dans la division des Convertibles.

 

GN Course n° 8: « Baker double la mise »

 

Le dimanche 31 mars 1957, dernier jour du mois, est le cadre de la 8ème manche sur le circuit de Asheville-Weaverville à Weaverville, NC. C’est le demi mile en terre par excellence et ils seront 18 à briguer la victoire.

Nouveau record pour la pole position signée par Marvin Panch, sa deuxième de l’année. Ralph Earnhardt est présent au volant d’une seconde Oldsmobile de la Petty Enterprises aux côtés de Lee Petty.

 

La course ne sera pas pour les pilotes de chez DePaolo Engineering. En effet le poleman Panch démarre on ne peut mieux mais alors qu’il mène la meute est victime d’une casse mécanique du pont arrière de sa Ford au 54ème tour. Son coéquipier Fireball Roberts le relaye à la première place jusqu’au 104ème tour sur les 200 que compte la course quand lui aussi est victime d’une avarie mécanique, sa Ford fumant jusqu’à l’agonie suite à la casse d’une soupape. Buck Baker n’en demandait pas tant et du coup se retrouve malgré lui au commandement de l’épreuve au 105ème passage peu après son unique ravitaillement. Il compte rapidement 1 tour d’avance sur son coéquipier Speedy Thompson chez Hugh Babb et va donc contrôler la fin de course tranquillement.

Notons la superbe performance de Ralph Earnhardt qui parti 9ème pointait 3ème au 71ème tour lorsqu’il du abandonner suite à une surchauffe. Il faut dire que pour suivre le rythme des Ford et Chevrolet avec une Oldsmobile il ne fallait surtout pas la ménager au risque que la mécanique ne le supporte pas.

 

Buck Baker remporte donc la course, sa 2ème de l’année et ce consécutivement avec une moyenne record sur cette piste de 65.693 mph. Il offre avec Thompson un nouveau doublé aux Chevrolet de Hugh Babb. Tout le contraire de Pete DePaolo qui a vu ses quatre voitures abandonner entre le 17ème et le 104ème tour. Jim Paschal est 3ème à deux tours sur sa Mercury engagée par Bill Stroppe. Cette victoire permet à Baker de réduire son écart à 216 points face au leader Panch au championnat. Pour Panch c’est déjà le 4ème abandon consécutif. Heureusement pour lui que le nombre d’engagés lors de ses quatre courses n’était pas trop important.

 

Lee Petty fait l’intérieur sur Jim Paschal le 24 mars à Hillsboro.

 

GN Course n° 9: « DePaolo reçu quatre sur cinq ! »

 

Le dimanche 7 avril 1957 est un grand jour pour Pete DePaolo ainsi que pour son pilote Fireball Roberts. Mais avant de conter leurs exploits situons la course. Nous sommes à North Wilkesboro sur le speedway éponyme en Caroline du Nord pour y disputer les Wilkes County 160. La piste de 0.625 mile sera à parcourir 160 fois pour une distance de 100 miles. Seulement 20 pilotes inscrits dont le quart du plateau par la seule DePaolo Engineering.

La pole est signée par Fireball Roberts en 81.500 mph ce qui constitue un nouveau record avec plus de 3 mph de mieux ! Il devance Paul Goldsmith qui est pour la 3ème fois de l’année un de ses coéquipiers. Le reste du temps Goldsmith roulant pour Smokey Yunick mais ce dernier n’engage pas sa Chevrolet sur toutes les courses. Le contrat de Goldsmith lui permettant de rouler pour la concurrence à savoir Ford.

 

De gauche à droite : Bill France Sr, Pete DePaolo, Fireball Roberts et John Holman.

 

La course sera une balade pour Fireball Roberts et de façon plus générale pour ses coéquipiers. Roberts va mener les 160 tours ne perdant même pas le commandement lors de son unique ravitaillement à la mi course. Il remporte sa 2ème victoire de l’année, sa 8ème en carrière mais curieusement sa première depuis la pole position. Comme quoi être le plus rapide sur un tour ne garantit en rien la victoire.

Notons que Dick Beaty à défaut d’être rapide s’est fait remarquer en provoquant le premier drapeau jaune en percutant la barrière de sécurité. Sa Ford sera réparée et il reprendra la piste pour couper la ligne d’arrivée en 13ème position. Speedy Thompson provoquera le 2ème et dernier yellow après s’être immobilisé sur la piste.

Pour DePaolo c’est la consécration puisqu’il va placer quatre de ses cinq voitures aux quatre premières positions. Buck Baker sur sa Chevrolet lui chipant la 5ème place. Allen Adkins, le 5ème pilote de DePaolo, devant se contenter d’une « modeste » 6ème place ! C’est un exploit que de placer 4 voitures aux 4 premières places et ce pour la deuxième fois de l’année après le quadruplé de Titusville.

 

Au championnat Marvin Panch respire un peu mieux face à Baker vu qu’il a terminé juste devant lui en course. Jim Paschal perd 3 places au championnat, il est désormais 7ème après avoir été le premier à abandonner au 34ème tour. Il est classé 20ème et dernier de la course.

 

Marvin Panch #98 se défait d’un groupe de pilote dont celle de Clarence DeZalia au premier plan et sans numéro sur les portières et la #97 de Paul Goldsmith.

 

GN Course n° 10: « Roberts le roi du cercle »

 

Encore un dimanche, le 14 avril 1957 pour être précis, pour accueillir la 10ème course de la saison. On se retrouve sur la terrible piste de Langhorne en Pennsylvanie. Le speedway pour rappel est un cercle parfait de 1 mile de long en terre. Soit le plus grand virage à gauche du monde ! Une piste surnommée par les pilotes « le circuit qui mange les héros » appuyant ainsi sur le fait que même les plus braves d’entre eux subissent plus la piste qu’ils ne la maîtrisent !

Paul Goldsmith est de retour shez Smokey Yunick et pour fêter ça il offre au sorcier de la mécanique une nouvelle pole position. Il devance son ex coéquipier de la semaine précédente Fireball Roberts.

 

Autant le dire tout de suite la course va être intéressante pour les spectateurs mais un véritable désastre pour les mécaniques. Sur les 28 pilotes engagés seul 13 rallieront l’arrivée et encore avec des pilotes ayant abandonné intercalés entre eux ! La course fut décrite comme une « tire-popping episode» ou en français un festival acoustique de pneus qui éclatent !

Dès le départ Roberts s’empare du commandement jusqu’au 26ème tour quand Goldsmith lui fait l’intérieur dans « l’unique » virage du circuit. Goldsmith qui semble être sur une autre planète vole littéralement sur la piste. Cela dit Roberts reste en embuscade. Quand Godlsmith ravitaille au 75ème tour Roberts reprend le leadership jusqu’à son propre arrêt aux stands au 82ème tour. Ses mécaniciens font du très bon boulot et il ressort devant la Chevrolet mais derrière Marvin Panch son coéquipier. Mais pour Panch cela va être le début de la fin. Il ravitaille au 88ème tour après s’être fait dépasser par Roberts par l’extérieur deux tours avant. Mais au 113ème son pneu avant droit éclate et il s’écrase dans le rail de sécurité, c’est un nouvel abandon qui va lui coûter cher au championnat. Les bruits de pneus qui éclatent vont s’enchaîner jusqu’à la fin avec par exemple Ralph Earnhardt au 124ème tour puis son coéquipier et patron Lee Petty au 135ème tour provoquant le seul drapeau jaune de la course.

 

JimPaschal #17 dépasse un pilote indéterminé et en arrière plan Fireball Roberts #22

qui s’apprête à leur prendre un tour.

 

Panch quittera Langhorne avec 80 points d’avance sur Buck Baker, seulement 5ème suite à sa panne d’essence à deux tours de l’arrivée alors qu’il occupait la 3ème position. Une 3ème place qui reviendra à son coéquipier Speedy Thompson mais loin derrière puisqu’à trois tours du duo Robert / Goldsmith.

C’est Fireball qui remporte la course, sa 3ème de l’année et 9ème en carrière. Pour DePaolo c’est la joie de voir une nouvelle fois un de ses pilotes l’emporter mais ce n’est pas réjouissant car il semble que la Ford de Roberts était plus résistante que les autres du team. Bill Amick abandonnant par exemple avant même la fin du premier tour. Sa voiture endommagée durant les essais ne supportant pas les contraintes sur son châssis fragilisé.

 

Buck Baker précède son coéquipier Speedy Thompson chez Hugh Babb le 24 mars à Hillsboro.

 

GN Course n° 11: « Et 1 et 2 et 3 pour Roberts »

 

Vendredi 19 avril 1957, c’est la première des trois visites de l’année sur le Southern States Fairgrounds de Charlotte, NC. Le demi mile en terre qui accueille la NASCAR depuis 1954. Il y a 20 engagés et ils devront boucler 200 tours de la piste. Un exercice bien différent de celui de Langhorne. Ici la pole est signée 33 mph de moyenne moins vite qu’à Langhorne. C’est Marvin Panch qui s’en charge devançant son dauphin au championnat Buck Baker.

 

La course va être disputée mais tout à la stratégie des ravitaillements. Le départ est donné et Herbert Gibson provoque le premier des trois drapeaux jaunes en se crashant dès le premier virage. Ce sera d’ailleurs sa 2ème et dernière course en carrière alors que c’est la première de T.A. Toomes pour la petite histoire.

Un accrochage provoque un autre yellow au 38ème tour entre Toomes justement et Brownie King qui lui prenait un tour. Speedy Thompson en profite pour ravitailler le tour suivant en pneus et en … essence. Or dans le règlement de la NASCAR de l’époque le ravitaillement en carburant ne peut être effectué que sous régime de drapeau vert. Les officiels n’y vont pas par quatre chemins et Thompson est sommé de quitter la course. Il sera reclassé 20ème et dernier.

Devant depuis le départ Baker mène la meute devant Fireball Roberts et Marvin Panch. Roberts est le premier à s’arrêter pour ravitailler au 130ème tour. Cette stratégie va être payante car il va rouler avec des pneus neufs alors que ses adversaires roulent encore avec leurs vieux pneus. Il gagne du terrain et quand Baker s’arrête finalement au 165ème tour c’est certes Panch qui prend le commandement mais pas pour longtemps car lui aussi doit encore ravitailler. Ce qu’il fera au 179ème passage mais uniquement pour de l’essence espérant gagner du temps et ressortir devant son coéquipier mais cela ne fonctionnera pas. Roberts récupère donc la tête alors qu’il ne reste que 20 tours, il est bien dans le rythme, ses pneus sont chauds. Un réel avantage vu le froid régnant ce jour là sur la région. Il conservera la tête jusqu’à l’arrivée et remporte donc sa 3ème victoire consécutive, le « hat trick » (coup du chapeau), sa 10ème en carrière. C’est un nouveau doublé pour DePaolo puisque Panch coupe la ligne en seconde position.

Au championnat Panch conserve la première place face à Baker pour 100 points et 220 sur Roberts.

 

La passe de trois pour Fireball Roberts, de quoi

avoir le sourire !

 

GN Course n° 12: « la balance « Panch » du bon côté »

 

Le samedi 27 avril 1957 on se retrouve à Spartanburg en Caroline du Sud sur le demi mile en terre du Hub City Speedway, plus connu sous le nom de Piedmont Interstate Fairgrounds. 200 tours pour 100 miles soit le format standard de l’époque pour une course de Grand National. De nouveau il y a 20 engagés pour la première des deux visites sur cette piste en cette 9ème saison de la NASCAR.

Speedy Thompson veut efface l’affront de sa disqualification et signe la pole position.

 

Mais la course ne sera pas du même acabit pour le pilote Chevrolet car peu avant la mi course son moteur va montrer des signes de faiblesses. Il ne tiendra pas beaucoup plus longtemps car au 105ème tour il doit renoncer définitivement. Pendant ce temps les pilotes DePaolo ont pris le commandement et roulent en formation serrée. Ils sont les seuls encore dans le même tour et à prétendre à la victoire. Cette fois-ci c’est le leader du championnat Marvin Panch qui décroche la timbale. Il étant temps pour lui car il venait d’abandonner à cinq reprises lors des huit dernières courses. Pour DePaolo c’est le triplé puisque Fireball Roberts et Ralph Moody terminent respectivement second et troisième. Lee Petty est le premier non Ford sur son Oldsmobile à la quatrième place mais à un tour du trio infernal.

Bien évidemment au championnat Panch accentue son avance sur Buck Baker (-200) talonné par Roberts (-230).

 

Pour l’anecdote il est marrant de voir que les trois premiers obligés abandonner l’on été à cause d’un problème concernant l’huile. La pression d’huile pour Jim Paschal, l’alimentation en huile (circuit) pour Cotton Owens dont c’était le retour depuis sa victoire à Daytona Beach et enfin le carter d’huile pour Brownie King. Bref toutes les pannes possibles où l’huile moteur peut être mise en cause ou presque !

 

Jim Paschal #17 et son coéquipier chez Bill Stroppe Billy Myers à Hillsboro le 24 mars. Un début de saison difficile pour les Mercury.

 

GN Course n° 13: « Goldsmith obtient la médaille d’or »

 

Le dimanche 28 avril 1957 est l’occasion pour la NASCAR de se produire pour la première fois sur une nouvelle piste située à Greensboro en Caroline du Nord. Il s’agit du Greensboro Agricultural Fairgrounds. Un petit ovale de 0.333 mile en terre battue. Une piste crée en 1926 pour accueillir des courses de moto en forme de cercle. Elle prendra la taille de 0.333 mile en juin 1953 pour y accueillir des courses de voitures mais toujours circulaire. Elle sera remaniée après le 1er mai 1955 suite à un incendie qui allait ravager les tribunes en prenant la forme plus classique d’un ovale. Une piste qui changera de nom à chacune des trois visites de la NASCAR GN ! Voilà pour la description du tracé. Ils sont 20 à tenter leur chance mais après la séance d’essais libres ils ne seront plus que 19. En effet Cotton Owens doit renoncer car les mécaniciens de Ray Nichels n’ont pas su résoudre le problème d’alimentation en huile de la Pontiac en un seul jour (y compris le trajet) puisque la course précédente avait eu lieu la veille en fin d’après-midi.

Notons que Bill France lâche du lest concernant sa politique de pièces spécifiques à la course autorisées par la NASCAR, L’Automobile Manufacturers Association ayant été claire à ce sujet arguant qu’aucune loi « officielle » nationale ne les oblige à tout mentionner dans leur pub… « Si vous voulez que la NASCAR se professionnalise alors laissez les marques développer des pièces et le marketing autour de leurs performances. Sans quoi elles arrêteront leur implication au risque de mettre en péril la NASCAR ». Bill France va réfléchir à une nouvelle approche histoire de garder la mainmise sur son bébé.

 

La pole est signée par Buck Baker à la petite moyenne de 50.120 mph. Ce qui constitue tout de même le premier record officiel de la piste. Il est accompagné par Paul Goldsmith sur la première ligne.

La course ne sera pas bonne pour le leader du classement Marvin Panch. En effet il se crashe au 25ème tour et est classé bon dernier. Pendant ce temps Baker mène depuis le baisser du drapeau vert mais Paul Goldsmith lui met la pression et va finir par lui faire un petit bump décisif pour passer en tête.

Il garde le commandement jusqu’à son ravitaillement au 135ème tour. Baker qui avait déjà fait son pit stop reprend la tête au 136ème passage grâce à un travail plus efficace de ses mécaniciens.

Cela dit Goldsmith roule plus vite et remonte sur lui. Une attaque imparable lui permettra de reprendre la tête au 173ème tour. Jack Smith fera de même sur son coéquipier Baker dans les derniers tours pour s’emparer de la deuxième place. Smith roule vraiment vite et échouera à 5 secondes du vainqueur.

 

Goldsmith remporte sa première victoire de la saison et deuxième en carrière après celle obtenue à Langhorne en 1956 et ce déjà pour le compte de Smokey Yunick. Smith étant le seul autre pilote dans le tour du leader. Le reste du top5 est composé de Buck Baker, Ralph Moody et Fireball Roberts. Ralph Earnhardt obtient son troisième top10 en carrière. Notons que malgré 4 drapeaux jaunes la piste s’est bien aplanie durant la course et que du coup la moyenne fut de 49.905 mph soit à peine moins que celle de la pole position.

 

Au championnat Panch perd d’un coup 110 points face à Baker qui est donc à 90 points.

 

Paul Goldsmith (chemise blanche) en compagnie de Tim Flock.

 

GN Course n° 14: « Du grand art pour Watts »

 

Le même jour, dimanche 28 avril 1957, avait lieu la 14ème course de la saison à Portland dans l’Oregon sur le Portland Speedway. Il s’agit d’un demi mile asphalté que le Grand National avait visité à quatre reprises en 1956 et qui le visitera trois fois cette saison. Une course souvent boycottée par les grandes stars vu qu’elle tombe souvent le même jour qu’une autre course qui se court elle dans les états habituels de la NASCAR (NC, SC, FL,…). Du coup sur les 16 engagés on ne retrouve quasi que des pilotes locaux dont John Kieper ou encore Eddie Pagan.

 

Cependant c’est quand même un numéro 22 qui va faire la pole. Il s’agit du #22N de Art Watts sur sa Ford engagée par Al Schmidhamer. Une ancienne Ford de chez DePaolo Engineering. Watts connaît bien la piste car sur ses 11 départs c’est déjà son cinquième ici. Par contre il s’agit de sa première pole en carrière. Il devance Eddie Pagan sur une autre Ford.

 

La course ne compte que 100 tours pour 50 miles. Elle offre donc peu de points au championnat. Cela dit la prime pour la victoire est de $940 ce qui est bien plus que les $700 offert le même jour à Greensboro.

Art Watts est en grande forme et il ne va pas laisser passer sa chance. Il va mener de bout en bout pour remporter sa première et unique victoire en NASCAR. Lui qui est un pilote régulier de la division de la NASCAR Pacific Coast Late Model Division (actuelle Camping World West Series).

Eddie Pagan termine second et George Seeger troisième (tout comme sa place en qualification donc le top3 fut inchangé) sur une autre Ford. Tous les autres sont à un tour ou plus. Douze pilotes ayant rejoint la ligne d’arrivée d’une course disputée sans le moindre drapeau jaune en 46 minutes et 19 secondes.

 

Au championnat aucun changement dans le haut du tableau vu qu’aucuns des pilotes présents n’est régulièrement engagé dans la série.

Notons qu’il s’agit de la sixième victoire consécutive pour Ford cette saison.

 

Paul Goldsmith passe sous le drapeau à damier le 28 avril à Greensboro.

 

GN Course n° 15: « Lund qui pleure, Roberts qui rit »

 

Le samedi 4 mai 1957 c’est à Shelby que 18 pilotes ont rendez-vous sur le Cleveland County Fairgrounds en Caroline du Nord. Il s’agit une fois encore d’un classique demi mile en terre. 200 tours à faire pour une distance de 100 miles. C’est la troisième visite de la série sur cette piste. 3800 spectateurs viennent assister à l’événement.

La pole position est réalisée par Tiny Lund sur sa Pontiac engagée par A.L. Bumgarner. C’est sa première en carrière alors que pour son propriétaire il s’agit de la deuxième. Fireball Roberts l’accompagne sur la première ligne.

 

La course ne sera guère passionnante dans son déroulement sauf sur la fin. Dès la fin du premier tour Dick Beaty abandonne sur problème de direction. Un problème qu’il avait déjà rencontré durant les essais d’où son 18ème et dernier chrono. Il n’a pas su le résoudre avant le départ qui avait lieu trois heures plus tard et décida malgré tout de prendre le départ histoire d’empocher les $100 récompensant le dernier.

Devant Tiny Lund est en grande forme car il mène sans la moindre difficulté jusqu’à son arrêt ravitaillement au 115ème tour. Speedy Thompson, Fireball Roberts et Marvin Panch se relaient en tête jusqu’à leur arrêt respectif avant de rendre logiquement le commandement à Lund au 166ème passage. Pour Lund la marche triomphale reprend de plus belle mais le ciel lui tombe sur la tête au 186ème tour car son axe de roue arrière casse net dans une ornière creusée au fil des tours. C’est l’abandon pour le géant, de par la taille, au grand cœur. Il sera classé 10ème.

Fireball n’en demandait pas tant et récupère la première position à 14 tours de la fin. Il n’a plus qu’à dérouler tout en surveillant dans ses rétros le retour éventuel de Paul Goldsmith.

Roberts remporte sa cinquième victoire de la saison devant Goldsmith et son coéquipier et leader du classement général Marvin Panch. Buck Baker est 6ème et perd sa deuxième position au général face à Roberts pour 10 petits points.

 

Cotton Owens mène la meute en sortie du virage Nord à Daytona-Beach (photo de Daytona).

 

GN Course n° 16: « Le jeu des chaises musicales pour Goldsmith »

 

Le lendemain, le dimanche 5 mai 1957, les concurrents arrivent à peine à Richmond en Virginie qu’il leur faut déjà procéder à l’unique séance d’essai libre. Pas de répit pour les braves, mécaniciens compris !

Nous sommes sur l’Atlantic Rural Exposition Fairgrounds, un énième demi mile en terre, pour les Richmond 200. Il s’agit bien du vieux circuit de Richmond que l’on connaît toujours aujourd’hui même s’il a beaucoup évolué dans sa forme. Notons que cette piste change régulièrement de nom et que depuis sa création en octobre 1946 elle aura porté pas moins de sept noms différents !

22 pilotes sont inscrits dont Goldsmith qui échange son volant avec Ralph Moody chez Yunick. A ne plus rien y comprendre… La pole sera l’œuvre de Russ Helper. Qui ? Russ Helper voyons ! Cet inconnu qui n’avait plus roulé depuis 1954 en est à son 12ème départ en carrière sur les 13 qu’il fera. Ce sera aussi son unique pole position. Il pilote pour l’occasion une Pontiac engagée par Howard Coulter. Il devance Marvin Panch. Signalons que Hugh Babb engage ici cinq voitures alors que DePaolo se contente de trois.

 

La course sera une totale réussite pour les troupes de Pete DePaolo. Car le poleman surprise ne fait pas long feu. D’ailleurs il n’aura même pas l’opportunité de mener le moindre tour. Fireball Roberts surgit de sa 3ème position sur la grille et s’empare du leadership avant même la fin du premier tour. Helper n’est pas assez rapide et perd place après place. Il est marrant de savoir qu’il abandonna au 49ème tour sur problème d’accélérateur. Il devait sans doute appuyer si fort dessus pour suivre le rythme qu’il en cassa le câble ! Cotton Owens fut le seul à abandonner sur crash durant la course c’était au 23ème tour.

Roberts va mener les 159 premiers tours mais soudainement son coéquipier du jour Paul Goldsmith se met à aller bien plus vite. Il le dépasse et s’envole littéralement au point que sur les 41 derniers tours il va mettre ses plus proches rivaux à plus d’un tour. Goldsmith remporte donc sa deuxième victoire en carrière mais sa première pour DePaolo, l’autre ayant été acquise plus tôt dans la saison pour le compte de Smokey Yunick.

C’est le triplé pour DePaolo avec derrière Goldsmith dans l’ordre Roberts et Panch. Le meilleur des pilotes Chevrolet de Hugh Babb est Frankie Schneider à la 4ème place mais à 6 tours du vainqueur !

 

Au championnat Roberts se rapproche à 92 points de l’immuable leader Marvin Panch. Buck Baker, le champion sortant, perd encore du terrain suite à sa modeste 10ème place à 28 tours de Goldsmith. Il est classé mais a abandonné suite à la casse de son pont arrière.

 

GN Course n° 17: « No Spectators Allowed »

 

Dimanche 19 mai 1957, c’est à Martinsville sur le speedway éponyme que l’on se rend. 24 pilotes sont engagés pour les Virginia 500 sur le demi mile apshalté depuis 1955. Il y aura 500 tours à faire pour une distance de 250 miles. C’est une course bien dotée qui attire aussi beaucoup de spectateurs puisqu’ils seront aux alentours de 16000 dans les tribunes.

La pole position est réalisée par Paul Goldsmith pour son retour chez Smokey Yunick. Vous suivez toujours ? Il devance Speedy Thomspon et le reste de la meute.

Notons qu’il n’est pas nouveau dans l’esprit des organisateurs de courses de NASCAR de chouchouter le public histoire de le fidéliser. Une grande tombola est organisée car un des coupons de tickets d’entrée va être tiré au sort pour offrir un cadeau au spectateur possédant l’autre moitié. C’est un certain Virgil Hartgrove de Rural Hall, NC, qui remporte le gros lot à savoir une toute nouvelle Mercury modèle 1957 !

 

Le départ est donné et Paul Goldsmith #3 mène le peloton.

 

Le départ est donné à 14h après que Hartgrove ait eu l’occasion de faire quelques tours de piste à bord de sa nouvelle voiture et Goldsmith profite immédiatement de sa pole position pour prendre le large. Enfin le large à Martinsville ce n’est jamais que quelques longueurs d’avance tout au plus. Car derrière Thompson semble un peu ralentir le reste de la meute. Tiny Lund parvient à le passer au 30ème tour pour la seconde place et va dès lors remonter tour après tour sur le leader. Au 55ème tour il porte une attaque « surprise » mais imparable et s’empare du leadership. Son avance ne cesse de croître alors que pour la deuxième place c’est le chassé croisé entre Goldsmith et Buck Baker bien remonté depuis sa 14ème place sur la grille de départ.

T.A. Toomes est le premier à abandonner sur rupture d’un joint de culasse au 123ème tour alors qu’il en comptait déjà deux de retard. Les ravitaillements débutent avec Lund en premier au 127ème tour puis Baker au 144ème laissant la tête à Billy Myers qui a une stratégie différente.

Le premier drapeau jaune est brandi au 211ème tour quand Cotton Owens détruit sa Pontiac dans la palissade bordant le virage 3. La voiture est encastrée et il faudra près de 20 tours pour que les commissaires parviennent à la dégager !

Le restart est donné avec toujours Billy Myers en tête mais pas pour longtemps car la palissade que les commissaires avaient redressée tombe sur la piste après le premier passage rapide des voitures ! Et hop de nouveau quelques tours derrière le pace car. Une Mercury du même modèle que celle offert en cadeau. Cette fois Myers ravitaille et Baker retrouve le commandement. Merci au moteur de la Pontiac de Lund qui montre des signes de fatigue. D’ailleurs il rendra l’âme définitivement au 281ème tour.

 

Paul Goldsmith reçoit les dernières consignes de Smokey Yunick (photo de Darlington).

 

La stratégie de Baker l’oblige à ravitailler de nouveau au 328ème tour. Laissant ainsi le champ libre à Myers. Ce dernier semble bien parti mais chez Hugh Babb on se pose la question de savoir s’il devra oui ou non encore ravitailler ? Pas sur. Mais on ne le sera jamais.

En effet au 441ème tour alors que Billy Myers mène sa Mercury de Bill Stroppe avec aisance en tête de la course il s’apprête à prendre un tour à la Chevrolet de Tom Pistone. Est-ce le hasard ? Toujours est-il que Pistone qui est le coéquipier de Buck Baker, 2ème de la course à ce moment là, joue des portières avec le leader et ils s’accrochent. Myers est propulsé dans le rail de sécurité bordant la fin du virage n°4 et passe au travers. Ce ne sont jamais que des rondins de bois face à Mercury de près de deux tonnes ! Myers passe donc au travers et se retrouve dans une zone badgée « No Spectators Allowed » (pas de spectateurs autorisés). Oui mais voilà cela n’est pas respecté et la Mercury percute un petit groupe d’une quinzaine de personnes… Ils seront nombreux à être blessés à des degrés divers. Le plus touché sera un garçonnet de 8 ans. Alvin Helsabeck, qui percuté de face par la Mercury sera transporté d’urgence au Roanoke General Hospital pour une lourde opération pour vidanger un hématome cérébral. Les autres blessés graves (tête, hémorragie interne, lacérations faciales, fractures,…) seront transportés au Martinsville General Hospital. Le ballet des ambulances obligeant bien évidemment la direction de course à interrompre l’épreuve au drapeau rouge. Celle-ci ne sera jamais relancée et de plus la pluie s’est invitée. Buck Baker sera déclaré vainqueur. Mais pourquoi lui ? Il faut expliquer un point de règlement de l’époque qui d’ailleurs sera modifié car il provoqua une certaine polémique parmi les concurrents et une grande incompréhension de la part des spectateurs. Le premier n’étant pas le vainqueur…

En fait en 1957, c’était valable l’année d’avant mais ce cas de figure n’avait pas eu lieu. Quand une course était interrompue à plus de 10 tours de l’arrivée par un drapeau rouge. Les pilotes restant doivent être réalignés pour un éventuel restart. Si le restart n’a pas lieu, dans le cas présent pour permettre aux secouristes d’intervenir, le classement est entériné en prenant en compte l’ordre théorique du restart. Cela n’est pas valable quand il reste moins de 10 tours ou là c’est le classement au tour précédent l’accident qui est pris en compte.

Pour revenir à cette course de Martinsville. Billy Myers accidenté ne put repartir et Baker qui était à un demi tour de lui a continué pour aller se placer derrière le pace car, suivi de Curtis Turner et de Tom Pistone qui malgré son accrochage a su repartir et boucler un tour supplémentaire. Myers sera classé 4ème car dernier dans le tour. Lee Petty 5ème étant à un tour du quatuor. Illogique mais c’est la règle.

 

Pour Baker cette troisième victoire de l’année dans une course qui de surcroît vaut plus de points car de plus grande distance lui permet de prendre la tête du classement général face à Marvin Panch qui n’a pu faire mieux que 8ème à 10 tours du leader pour 28 points d’avance. C’est la première fois de l’année que Panch perd le leadership au championnat. Notons que Baker permet à Chevrolet de renouer avec la victoire après huit victoires consécutives pour Ford.

 

Une réunion des manufacturiers suivra cette tragique course. Le but de cette réunion était de savoir si oui ou non ils allaient continuer à supporter financièrement et techniquement les courses automobiles dont l’image auprès des bien pensants du grand public était largement mise à mal. Les derniers accidents ayant fait des victimes parmi les spectateurs étant un argument de poids pour les opposants à la course auto.

 

GN Course n° 18: « Portland acte II »

 

Le dimanche 26 mai 1957 on retourne pour la deuxième fois de la saison à Portland. La piste n’a pas changé et les inscrits non plus ou presque. Il sont 23 ce coup-ci. Notons que Hugh Babb décide d’engager des Chevrolet mais pour Clyde Palmer et Danny Graves. Mettant Baker et les autres au repos.

La pole revient au dernier vainqueur en date sur ce speedway à savoir Art Watts sur sa Ford préparée aux petits oignons par Al Schmidhamer.

 

La course ne sera pas un bis repetita pour Watts car cette fois-ci il ne gagnera pas. Danny Graves abandonne dès le 17ème tour sur casse moteur sur une des deux Chevrolet surpuissantes de Hugh Babb.

Devant Art Watts semble pourtant avoir une bonne voiture et il se pose en candidat numéro au sweep mais c’est la mécanique qui va en décider autrement car peu après la mi course il va devoir faire réparer son ventilateur de radiateur d’eau qui est bloqué. Son moteur commençant à surchauffer. Il reprendra la course avec pas mal de tours de retard et sera finalement classé à la 11ème place à 11 tours du vainqueur.

 

Le vainqueur justement c’est Eddie Pagan qui pilote sa propre Ford modèle 57. C’est sa deuxième victoire en carrière après celle obtenue à San Matéo en 1956. C’est aussi le neuvième pilote différent en 1957 à remporter une victoire dans les 18 premières courses. Notons la présence du pilote de monoplace Parnelli Jones mais ce dernier a très vite abandonné au 37ème tour suite à une surchauffe de sa Ford. Toujours dans les rares apparitions en course signalons aussi la présence d’une Rambler pilotée par Ben Eyerly, un pilote habitant Portland justement et dont ce sera la seule course en carrière. Il abandonna suite à la perte d’une roue au 41ème tour. Né le 7 janvier 1931 il est décédé le 11 septembre 2008.

Au championnat cela ne change rien en haut du classement général.

 

Deux voitures passant l’inspection technique (photo de Daytona).

 

GN Course n° 19: « Eureka* le chemin de la Victory Lane s’écria Lloyd Dane ! »

 

*Eureka = « J’ai trouvé » dans le langage populaire même si c’est une interjection qui marque la satisfaction comme « oh oui !!)

 

Le jeudi 30 mai 1957 c’est direction la Californie à Eureka sur le speedway du même nom. Il s’agit d’un 0.625 mile en terre. C’est la deuxième et dernière fois que le Grand National se produira sur cette piste. Une piste justement qui nommée Redwood Acres Speedway en 1956 avait causé bien des soucis aux officiels de la NASCAR (voir course n°22 de la saison 1956) du à la poussière et à l’état de la piste. Cela va se reproduire en partie cette année. Si la NASCAR n’est plus revenue avec une de ses divisions majeures depuis 1957, la piste existe toujours aujourd’hui même si elle a été asphaltée depuis 1988.

Ils sont 15 inscrits seulement car aucun des favoris pour le championnat n’est présent. Ils ont préféré se rendre à Oxford en Pennsylvanie où se court le même jour la 20ème course de la saison. La pole va revenir à Parnelli Jones sur sa Ford engagée par Oscar Maples. C’est sa première en carrière au bout de sa septième tentative. Il devance le pieu Lemoine Frey lui aussi sur Ford dont c’est la première course en carrière en GN.

 

La course… ah la course. Tout va se passer plus ou moins bien même si la visibilité posera quelques problèmes ainsi que l’état de la piste pour le moins bosselée tout au long de l’épreuve. C’est d’ailleurs une bosse qui va être à l’origine de l’accident de George Seeger au 153ème tour sur les 160 que compte l’épreuve obligeant les officiels à brandir le drapeau rouge. Seeger s’est pris une barrière de sécurité en loupant son virage à cause d’une mauvaise bosse mal négociée. Le coéquipier de Jones s’encastre dans la barrière sans être blessé. Cela dit les officiels estiment qu’ils ne leurs sera pas possible de réparer correctement la barrière pour assurer la sécurité des spectateurs pour la fin de course. Le résultat est entériné et c’est Lloyd Dane qui remporte la course. Il faut dire qu’il ne la pas volée sa victoire car quand Seeger s’est crashé ce dernier comptait déjà 6 tours de retard sur Dane. Pourtant Seeger était à ce moment là 2ème de la course. Il sera d’ailleurs classé 2ème dans le résultat final.

Eddie Pagan termine 3ème à 7 tours alors que le poleman Jones a abandonné au 129ème tour sur casse moteur. Pour Dane il s’agit de la troisième victoire en carrière. Notons la belle performance du californien Cliff Yiskis qui termine 4ème de son unique course en carrière.

 

GN Course n° 20: « Promenons-nous dans les bois »

 

Jeudi 30 mai 1957, Oxford, Pennsylvanie. C’est sur le Lincoln Speedway que 28 pilotes ont rendez-vous. Il s’agit d’un énième demi mile en terre qu’il faudra parcourir à 200 reprises. C’est la troisième visite de la NASCAR ici depuis 1955. Cela dit en 1957 on va y venir deux fois. La particularité de la piste est d’être située dans une clairière donc entourée d’arbres.

La pole revient à Marvin Panch qui veut montrer qu’il reste plus que jamais un pilote rapide et un sacré prétendant au titre de champion. Sa déconvenue de Martinsville est à remiser au rang des mauvais souvenirs d’après lui. Mais Buck Baker est à ses côtés sur la première ligne. Panch doit même se sentir bien seul car la deuxième ligne est entièrement occupée par les sociétaires de Hugh Babb à savoir les coéquipiers de Baker avec dans l’ordre Speedy Thompson et Jack Smith.

 

La course démarre sous un beau soleil mais très vite elle sera neutralisée suite à l’accident du débutant Johnny Mackison qui perd le contrôle de sa Ford 57, traverse la palissade en bois et termine sa course par un tonneau dans le bosquet bordant la piste. Coincé entre les arbres il s’extrait seul de sa voiture sans la moindre blessure. On ne peut pas en dire autant de sa malheureuse Ford qui termine ici sa carrière ! Ce sera la seule neutralisation de la course.

 

Devant Ils ne sont rapidement plus que cinq à prétendre à la victoire. Les autres sont tous un « gros » ton en dessous. Ce quinté va d’ailleurs terminer la course avec 4 tours d’avance sur le sixième Jack Smith. Pour la victoire ce n’est autre que le leader du championnat et tenant du titre sur cette course Buck Baker qui l’emporte. C’est sa quatrième victoire de la saison. Il devance de justesse Fireball Roberts. Le top5 est complété par Paul Goldsmith, Marvin Panch et Speedy Thompson. Panch concède encore quelques points face à Baker et pointe désormais à 52 unités du pilote Chevrolet.

 

Buck Baker passe sous le drapeau à damier en premier le 24 mars à Hillsboro.

 

GN Course n° 21: « La troisième de Goldsmith »

 

Le samedi 1 juin 1957 marque la première venue de la NASCAR GN sur le speedway de Lancaster en Caroline du Sud. Attention il s’agit de la ville de Lancaster mais pas celle de Californie où la NASCAR a disputé sa première course de la saison. Ici la NASCAR s’y était produite une seule fois auparavant en 1956 avec sa série des Convertibles. Il faut noter qu’en 1957 on va y venir à deux reprises puis la NASCAR n’y reviendra jamais. La piste est un classique demi mile en terre dont il faudra se farcir 200 rotations.

Il y a 17 engagés. La pole est signée par Buck Baker en 67.622 mph soit un bon mile plus rapide que la pole des Convertibles de 1956.

 

La course ne sera guère disputée car hormis deux abandons sur casse mécanique (Jimmy Lewallen au 4ème tour sur pression d’huile et Fireball Roberts au 169ème tour sur casse moteur) ils seront 15 à rallier l’arrivée. Mais tout cela sans réelle bagarre pour la victoire tant les écarts seront grands entre les différents pilotes. Marvin Panch termine 4ème à deux tours. Lee Petty 3ème à un tour. Seul le duo de tête parviendra à boucler les 200 tours avec Buck Baker deuxième sans toutefois avoir pu retenir puis inquiéter sur la fin le vainqueur du jour Paul Goldsmith.

Goldsmith remporte sa troisième victoire de la saison, sa 2ème pour Smokey Yunick.

Baker accentue encore un peu son avance au championnat en la portant désormais à 68 unités face à Panch.

 

Paul Goldsmith maîtrise une belle glissade.

 

Notons que quelques jours plus tard, le jeudi 6 juin les représentants des manufacturiers automobiles (AMA) vont de nouveau se réunir. Il s’agit de la deuxième réunion après celle ayant suivi la tragique course du 19 mai à Martinsville. Cette seconde réunion est organisée suite à un nouvel accident ayant entraîné la mort de deux enfants de 8 et 12 ans lors d’une course à Clarion en Pennsylvanie dans la catégorie Short Track Modified. Une roue arrachée volant dans les tribunes étant à l’origine du décès des deux enfants. Le mot d’ordre de la réunion est la fin du support officiel financier et technique des courses automobiles. De toutes publicités vantant la vitesse ou la puissance des voitures,…

 

Ici je vous reporte à l’introduction qui explique le cheminement ayant mené à cette prise de position ferme à l’encontre des courses automobiles de la part de l’AMA.

 

L’augmentation des accidents graves et mortels sur les routes et surtout sur les autoroutes, ce qui est une réalité, ne s’explique pour les représentants de l’AMA que par l’escalade de la puissance des voitures civiles et par cette publicité appuyée par la course automobile.

C’est pour cette raison que dans l’espoir d’apaiser un temps l’AMA la NASCAR avait pris le 1er mai la décision d’interdire le moteur à injection et suralimenté. La NASCAR allant plus loin en interdisant de vanter ses techniques en utilisant pour cela les résultats des courses de NASCAR comme argument de vente. La Chevrolet qui gagne avec un carburateur ne peut pas vanter dans une pub la même Chevrolet de monsieur tout le monde qui est équipée d’une injection. Logique. Pour avoir violé cette règle Ford et Chevrolet se verront retirer en début de saison une partie des points acquis.

 

L’accident du 19 mai va cependant réactiver le processus de boycott demandé par l’AMA. La raison n’est pas l’accident en lui-même mais la mauvaise publicité faite autour des voitures par la presse nationale (The Associated Press) et internationale (United Press International). Pour l’AMA c’est le genre de mauvaise publicité qui met à mal l’image des voitures américaines.

L’AMA publie un communiqué disant qu’elle recommande aux pilotes et propriétaires d’écuries d’envisager dans leur déclaration d’énoncer seulement les qualités de maniabilité, de sécurité, de confort,… et non plus sous l’angle de la puissance et de la vitesse. De plus l’AMA recommande fortement aux constructeurs nationaux de se plier à sa volonté pour le bien de la population c’est-à-dire de stopper immédiatement tout support aux courses automobiles sous quelque forme que ce soit. De stopper également toute publicité mettant en avant les performances des voitures (puissance, vitesse, temps du 0 à 100 km/h, temps au 1000 mètres départ arrêté,…)

 

Quelques heures après Bill France va répliquer en publiant son communiqué en déclarant que la NASCAR permet au contraire d’améliorer la qualité des voitures, leur sécurité,… Les tests privés et lors des courses sont un laboratoire sans nul autre pareil. Les pièces, leur solidité, leur usure,… étant mise à rude épreuve dans des conditions qu’aucun laboratoire artificiel ne pourrait approcher.

De plus il met en avant que la vitesse doit être réglementée et entourée par des organisations professionnelles. Les circuits de courses sont fait pour cela, pas les routes. La course et les stages de conduite sur circuit à haute vitesse permettent aux conducteurs d’acquérir les bons réflexes, les bonnes attitudes pour faire face à tous imprévus sur les routes. Bill France dira même que pour lui l’automobile américaine ne peut se passer de la course automobile, qu’elle est redevable de la course automobile et de ses organisations dont la NASCAR qui ont contribué largement à augmenter leurs ventes en suscitant l’intérêt du peuple américain à posséder des voitures. Tant que les constructeurs voulaient jouer ils jouaient mais une fois leurs intérêts ailleurs ils stoppaient tout. Peu respectueux envers les acteurs des courses autos, pilotes, propriétaires, mécaniciens,… et spectateurs !

Cela dit cette désaffection des constructeurs ne démoralisait pas pour autant Bill France qui du coup espérait attirer plus de concurrents indépendants. Pour cela il allait prendre l’initiative d’augmenter les primes des courses et même d’instaurer un système de « remboursement » des frais de déplacement pour les pilotes venant de loin et ne réussissant pas un bon résultat en course (accident, panne mécanique,…) Mais ce principe sera détaillé plus loin (course n°28 à Raleigh).

 

GN Course n° 22: « Opération tempête du désert » 

 

Le samedi 8 juin 1957 est une course de l’ouest donc sans les grandes stars menant le championnat. Décidément si la NASCAR a réussit à s’implanter physiquement dans l’Ouest des USA elle ne parvient que trop rarement à y envoyer ses stars du championnat. Ces longs déplacements ne sont pas rentables pour les Baker, Panch, Roberts et autre Goldsmith. C’est donc une fois encore les pilotes de la NASCAR Pacific Coast Late Model Division qui vont constituer 95% de la liste des 28 engagés sur le Los Angeles Fairgrounds à Los Angeles en Californie. C’est un demi mile en terre comme on en trouve partout sur le sol américain ! Si Pete DePaolo et Hugh Babb n’engagent aucun pilote il y a malgré tout un super team présent avec celui de Jim Rush. Ce dernier n’est pas un habitué de la NASCAR GN mais il a fait l’effort d’engager pas moins de quatre voitures.

C’est une piste toute récente car sa construction s’est terminée au mois de mai de cette année. Elle est l’œuvre de Bill Mckay. D’ailleurs elle fut brièvement nommée Bill Mckay’s Los Angeles Speedway lors de son inauguration. Sous le nom de Los Angeles Fairgrounds ce sera sa seule utilisation. La piste devenant dès 1959 le Ascot Stadium. Elle portera durant les années 80 les noms de Ascot Park et de Ascot Speedway avant d’être fermée en 1990 pour y laisser place à un parc industriel.

 

Eddie Pagan réalise sa première pole de l’année et 3ème en carrière. Il devance Danny Graves.

 

La course, qui a lieu à peine deux jours après la décision des représentants de l’AMA d’arrêter toutes implications en sport auto, se dispute sous un soleil de plomb ce qui va causer pas mal de soucis aux organisateurs, aux pilotes et aux spectateurs. Pourquoi ? Car la terre est si sèche qu’elle se transforme en poussière et un immense nuage va vite réduire la visibilité à peau de chagrin. Ce nuage est si grand qu’il atteint presque la hauteur de la grande roue (attraction foraine) annexant le circuit.

 

Les moteurs surchauffent, les sorties de piste se multiplient. Bref si Eddie Pagan semble être le seul à se repérer dans ces conditions tant il domine l’épreuve les officiels eux sont presque perdus et devant la difficulté d’assurer un scoring correct et fiable vont prendre la décision d’arrêter la course au 150ème des 200 tours prévus. La course ne reprendra pas et Eddie Pagan remporte donc sa deuxième victoire de la saison, sa 3ème en carrière. Il devance Lloyd Dane de plus d’un tour et Chuck Meekins de deux boucles.

Notons que Jim Hurtubise et George Norton se verront présenter le drapeau noir les obligeants à rejoindre les stands et à quitter leur voiture à cause de leur conduite pour le moins dangereuse et insouciante. Ni voyant rien ils utilisaient des trajectoires peu « orthodoxe » pour se frayer un chemin parmi le peloton pour le plus grand plaisir des spectateurs qui n’étaient pas encore rentrés chez eux !

 

Les officiels prendront la décision de ne pas revenir sur cette piste l’année suivante comme punition envers l’organisateur. La raison ? Les officiels reprochant à ce dernier le fait qu’il n’ait pas prévu de camion citerne d’eau pour arroser la piste et ainsi éviter un tel nuage de poussière. De plus il fut reproché au scorer en chef de ne pas avoir noté l’heure exacte du drapeau rouge ce qui du coup prive les stats du temps de la course et de sa moyenne. Un manque de professionnalisme.

 

GN Course n° 23: « Fireball passe la sixième »

 

Le samedi 15 juin 1957 marque le retour des pilotes stars mais marque aussi un grand vide avec l’absence des grosses écuries. La raison ? Comme énoncé plus en avant les manufacturiers ont stoppé leur support technique et financier. Du coup les grosses écuries comme celle de Pete DePaolo pour Ford et Hugh Babb pour Chevrolet et quelques autres engageant moins de voitures comme Smokey Yunick (Ford) ou Bill Stroppe (Mercury) ont tous renoncés. Enfin en apparence pour certains. Car leurs pilotes ont repris à leur compte leurs voitures respectives. Ce qui entraîne qu’ils sont tous ou presque devenus pilote/propriétaire. Buck Baker engageant sa Chevrolet, Marvin Panch sa Ford,…

Ceci explique en partie le faible taux d’inscription ici à Newport dans le Tennessee sur le speedway éponyme avec seulement 17 pilotes. Il y a un grand absent en la personne de Paul Goldsmith. Smokey Yunick ayant refusé de lui « prêter » sa voiture.

C’est un demi mile en terre s’appelait en 1956 le Tennessee-Carolina Speedway. C’est la deuxième et dernière fois que la NASCAR GN se produit ici. Cette piste sera fermée définitivement en 1967.

 

La pole est signée par Speedy Thompson en 61.813 mph. C’est étonnamment presque 4 miles moins vite que l’année précédente. Il devance Marvin Panch.

La course ne sera guère passionnante et peu après la mi course lorsque tous les pilotes auront ravitaillé le classement ne changera presque plus. En effet ils ne sont plus que trois dans le tour du leader. L’intouchable Fireball Roberts. De loin le plus rapide mais qui en garde sous le pied pour prévenir toute casse mécanique. Derrière le seul changement interviendra dans le dernier tour quand Marvin Panch prendra le meilleur sur Buck Baker. Grâce à cette manœuvre il va ainsi réduire à 60 points son retard sur Baker au classement général.

Pour Roberts il s’agit de la sixième victoire de la saison. Il restera à jamais comme étant le seul vainqueur sur cette piste en GN car il l’avait aussi emporté en 1956. Roberts est troisième au championnat avec un retard de 168 points.

 

Notons surtout que Lee Petty en terminant dixième décroche son 200ème top10 en carrière. Un record puisqu’il est le premier à réussir pareil exploit en Grand National. Il devance Buck Baker qui en compte à ce stade 158 et Herb Thomas bloqué à 156 (et qui n’en fera jamais plus).

En ce qui concerne Baker il n’a fait que 16 courses jusqu’à présent en 1957 et à fait 16 top10. Il est le seul à avoir réussi cela depuis le début de la saison. Mieux que Marvin Panch qui pourtant a fait deux courses de plus.

 

Plus triste mais il faut le souligner. On ne reverra plus jamais Pete DePaolo ou Hugh Babb engager des voitures par la suite. La course de Lancaster (n°21) aura été la dernière officielle de ses super teams. Même si pendant quelques courses encore ils aideront techniquement « leurs anciens pilotes ». Pour les super teams ce n’est par contre pas la fin car ils reviendront dans les années 60 avant de connaître une nouvelle apogée durant les années 90 et 2000.

 

Enfin signalons que Bill France dans le but de ne pas voir diminuer trop fort les inscriptions décide de mettre la main au portefeuille et d’accroître significativement les primes. Surtout celle du vainqueur. Cette dernière variait entre $650 et $800 depuis le début de l’année sur les courses classiques de 100 miles. Avec la désertion des manufacturiers il fait passer cette prime à $1,000 en moyenne. Il incite les promoteurs des courses à en faire autant. De cette façon il incite les pilotes à s’inscrire aux courses. Et ça marche !

 

Les voitures en action à Darlington le jour du Labor Day.

 

GN Course n° 24: « Smith renoue avec la victoire »

 

Le jeudi 20 juin 1957 c’est sur le speedway de Columbia dans la ville du même nom en Caroline du Sud que 21 pilotes vont se disputer les $1,000 promis au vainqueur. Le demi mile en terre accueillant sans discontinuer la série GN depuis 1951. Cette année la NASCAR s’y produira deux fois.

La pole position est remportée par le leader du championnat Buck Baker devant son « ex » coéquipier chez Hugh Babb Speedy Thompson. Les deux hommes utilisant le même matériel. Le troisième n’est autre que l’ancien troisième larron du team à savoir Jack Smith. Lee Petty pour une fois se qualifie correctement à la quatrième place avec son Oldsmobile. Bob Welborn pour son retour en Grand National n’a pas de chance car il fait une sortie de route durant son run de qualification. Sa Chevrolet est passablement abîmée et il devra finalement déclarer forfait pour la course qui a lieu moins de deux heures après la séance qualificative.

 

Ils sont donc vingt à prendre le départ pour 200 tours. Baker profite de sa pole en début d’épreuve mais ne parvient pas à se débarrasser de Tiny Lund et de Fireball Roberts. C’est ce dernier qui sera le premier à rendre les armes suite à un crash au 71ème tour. Il a fait un tout droit dans la barrière de sécurité suite à la casse du bras de suspension avant droit de sa Ford. Après les ravitaillements que tous opèrent peu après la mi course c’est Tiny Lund qui se retrouve en tête suivi comme son ombre par le duo Smith / Baker. Mais pas de chance pour Lund car il va se faire dépasser de façon franche et peu cavalière par Smith. Du contact entre les deux voitures va résulter la crevaison d’un pneu de Lund. Il perd le contrôle de sa Pontiac et termine sa course encastré dans la barrière de sécurité. Plus de peur que de mal pour le géant au grand cœur.

Devant la messe est dite et Jack Smith renoue enfin avec la victoire lui qui n’avait plus gagné depuis le 3 mars à Concord. Cette deuxième victoire de la saison, troisième en carrière, tombe à pic car il était un peu juste question finance pour poursuivre la saison. Et à l’époque $1,000 c’est bon à prendre !

Buck Baker termine juste derrière à la deuxième place et Marvin Panch troisième concède encore 8 points. Lui qui venait justement de les récupérer lors de la course précédente…

 

Signalons que cette course marque le premier départ en carrière de Neil Castles. Un pilote très marquant de la NASCAR qui pourtant ne gagnera jamais de sa carrière. Il perdra d’ailleurs plusieurs fois la possibilité de remporter des courses à cause de perte de contrôle de sa voiture au début des années 60. Il héritera d’ailleurs du surnom de « Soapy » ce qui signifie savonneux ou glissant en français.

Enfin il faut mentionner le premier top10 (6ème) en carrière lors de sa troisième course pour Darel Dieringer lui qui fera une belle carrière durant les années 60.

 

GN Course n° 25: « Amick obtient le Graal »

 

Le 22 juin 1957 est un beau samedi ensoleillé comme on est en droit de l’attendre à cette saison en Californie. C’est le Capital Speedway près de Sacramento qui accueille la 25ème étape de la saison marathon du Grand National 1957. Qui dit Californie dit absence des « stars » de la discipline que sont les Baker, Panch, Roberts et consort. Tout bénéfice pour les pilotes locaux de la Pacific Coast. C’est en effet l’occasion pour eux de grappiller des top10, des primes et surtout pour le meilleur d’obtenir le crédit d’une victoire.

La piste fut crée en 1947. Au début c’était un quart de mile en terre mais en 1954 sa longueur fut portée à un demi mile tout en restant en terre fort sablonneuse par ailleurs. En 1973 elle sera asphaltée mais sera fermée fin de l’année 1980. Aujourd’hui c’est un centre commercial qui occupe les lieux. Cette course sera la seule de l’histoire de la Grand National et aussi la seule pour une division nationale de la NASCAR. La Pacific Coast (actuelle Camping World West) s’y est quand à elle produit de nombreuses fois. Il y a 31 pilotes inscrits ce qui est une belle affluence.

 

La pole est signée par Art Watts, c’est sa troisième pole en autant de course cette saison.

Cela dit la course ne va pas lui sourire. Elle ne va d’ailleurs pas sourire pour presque la moitié du plateau car ils ne seront que 17 à rallier l’arrivée. Il fait chaud et beaucoup de pilotes seront victime de surchauffe de leur mécanique et quatre d’entre eux seront victime de crashes pour le moins spectaculaire. Si Chuck Meekins s’encastre au 25ème tour en toute simplicité dans la palissade en bois bordant la piste il n’en sera pas de même pour Harold Hardesty qui au 33ème passage percute la voiture de Bob Connor qui venait de faire un tête-à-queue et fait un magnifique salto par-dessus sa Mercury. Il retombe à l’envers sur le toit sans la moindre blessure. Connor continue mais abandonnera par la suite à cause d’un « léger » problème de direction. Peu après, au 47ème tour, c’est Lyle Matlock qui détruit sa Pontiac contre un poteau. Enfin au 60ème passage c’est au tour de Bill Bade de sortir de la piste et de dévaler le fossé pour terminer sa course violement contre le remblai. Il sera transporté à l’hôpital local pour observation. Se plaignant de douleur dans la cage thoracique après s’être écrasé contre le volant.

Voilà c’en est terminé des accidents car les 139 tours suivants seront beaucoup plus calmes avec un Bill Amick en tête avec plus d’un tour d’avance sur son poursuivant immédiat Lloyd Dane. Une fin de course tellement calme que les officiels vont même finir par s’endormir. Du coup ils vont s’emmêler les pinceaux et perdre le fil de la course. Ce qui fait que le flagman se réveille d’un coup en sursaut et brandit le drapeau à damier avec un tour d’avance ! La course n’aura duré que 199 tours au lieu de 200. En fait c’est une erreur dans le comptage des tours qui est à l’origine de ce baisser hâtif du drapeau à damier. Les officiels vont recompter les tours et finalement le classement du 199ème tour sera conservé.

 

Bill Amick tout sourire.

 

Bill Amick remporte donc sa première victoire en carrière lors de sa 28ème tentative. Ce sera d’ailleurs sa seule victoire en carrière mais ça il ne le sait pas encore ! Son fait de gloire il l’obtiendra en West Series en devenant champion en 1965. Il devance Lloyd Dane de plus d’un tour et George Seeger de plus de deux tours. Arrive ensuite un trio à trois tours composé de Scotty Cain, Danny Graves et Bob Ross. Lemoine Frey termine 7ème pour sa deuxième course qui sera d’ailleurs la seule de sa carrière (3 courses) ou il verra le drapeau à damier. Mais c’est quand même son deuxième top10. Le poleman Art Watts coupe la ligne en 9ème position.

 

Enfin signalons qu’Amick est le onzième vainqueur différent depuis le début de la saison. Au championnat rien ne bouge en ce qui concerne le haut du tableau.

 

GN Course n° 26: « Petty l’emporte grâce au règlement »

 

Le samedi 29 juin 1957 la NASCAR retourne pour la deuxième et dernière visite de la saison sur le Hub City Speedway à Spartanburg, SC. La piste n’a pas changé depuis la 12ème course de la saison et il y aura toujours 200 tours à faire. Il y a 22 inscrits dont le très « connu » Peck Peckham. Il aura beau utiliser le numéro 13 durant l’essentiel de sa carrière dont ici il ne parviendra jamais à conjurer le sort à faire le moindre top10. Voilà pour la mise en avant d’un de ces pilotes méconnus et même transparents que la NASCAR a comptés mais qui malgré tout ont œuvré à écrire la grande et belle histoire de cette discipline.

 

La pole est pour Lee Petty et son Oldsmobile, sa première de la saison. Il devance Buck Baker et Billy Myers sur sa Mercury.

La course voit Peckham disparaître dès le départ suite à la casse de son embrayage. Il n’aura même pas fait le moindre tour. Petty a quant à lui profité de sa pole pour prendre le commandement. Mais il ne parvient pas à se débarrasser du duo Baker / Speedy Thompson. Petty décide alors d’anticiper son unique ravitaillement et l’effectue au 83ème tour. Il cède donc le commandement à Buck Baker. Au 95ème tour Marvin Panch, qui navigue déjà à deux tours du leader, cause le premier drapeau jaune en sortant de la piste. Il ne fera pas le sweep sur cette piste lui qui avait gagné ici lors de la 12ème course de la saison.

 

La course reprend mais Baker et Thompson gardent l’avantage sur Petty et ce même après leur ravitaillement respectif. La course reste fluide jusqu’au second drapeau jaune au 172ème tour quand Brownie King, alors à un tour du leader, s’accroche en prenant un tour à Dick Beaty. Les deux pilotes restent sur le carreau. L’épreuve reprend de plus belle avec un duel épique entre les deux anciens coéquipiers Baker et Thompson. Ce dernier ne veut rien lâcher et va tenter une manœuvre kamikaze au 187ème tour. Les deux pilotes s’accrochent et terminent leur course contre la barrière de sécurité. En fait ils détruisent totalement la dite barrière. Les officiels brandissent immédiatement le drapeau rouge. Comme lors de la course du 19 mai à Martinsville le règlement de l’époque impose de mettre les voitures survivantes dans l’ordre pour un éventuel restart. Du coup le 3ème Lee Petty se retrouve leader. Après plusieurs minutes de réflexions, les officiels estiment qu’il n’est pas possible de réparer la barrière de façon correcte dans un délai suffisamment court tout en assurant la sécurité des pilotes et des spectateurs. Ils prennent donc la décision d’entériner le résultat de la course. Lee Petty n’a certes pas mené officiellement le 187ème tour mais c’est lui qui est déclaré vainqueur devant Bill Amick qui décidément connaît une période faste. Le duo Baker / Thompson est classé respectivement aux 3ème et 4ème position. Jack Smith 5ème étant à un tour.

De plus il est presque 23 heures et les autorités locales on instauré un couvre feu qu’il faut respecter. Couvre feu instauré depuis peu suite à des émeutes raciales. La population noire grandissante de la ville n’acceptant plus ses conditions de vie discriminatoires proches de l’esclavage.

 

C’est la première victoire de la saison pour Lee Petty, sa première depuis sa victoire ici même le 7 juillet 1956 soit presque un an de disette. Petty inscrit par ailleurs son nom pour la troisième fois ici à Spartanburg puisqu’il l’avait aussi emporté en 1953 lors de l’épreuve inaugurale. C’est sa 27ème victoire en carrière.

Au championnat Baker prend 128 points d’un coup à Panch, seulement classé 19ème ici, et qui pointe désormais à 196 unités du champion en titre.

 

Lee Petty n’y croyait plus !

 

GN Course n° 27: « Give me five »

 

Le lendemain, dimanche 30 juin 1957, on passe de la Caroline du Sud à celle du Nord pour se retrouver sur le demi mile en terre du Speedway de Jacksonville. C’est la première visite sur cette piste construite en 1952. La série Convertible y ayant disputé sa manche d’ouverture de la saison 1957. Le Grand National ne s’y produira plus qu’une autre fois dans l’histoire en 1964 peu avant la fermeture définitive du circuit également connu sous le nom de Onslow Speedway.

Seulement 19 pilotes sont présents sur les 20 inscrits. Le grand absent n’est autre que le deuxième du championnat Marvin Panch qui n’a pas pu réparer sa voiture accidentée la veille. Si Baker a la chance de bénéficier d’un mulet. Chose rare à l’époque il n’en est pas de même de ses plus proches adversaires depuis l’arrêt du support officiel des manufacturiers automobiles. Speedy Thompson a plus de chance que Panch car il a su convaincre Whitey Norman de lui prêter sa Ford.

 

La pole est signée pour la deuxième fois consécutive par Lee Petty devant Tiny Lund qui remplace Jimmy Lewallen au volant de la Pontiac #80 engagée par J.S. Rice.

La piste est très rocailleuse et cela va causer pas mal de problèmes aux voitures. D’ailleurs les écarts entre les pilotes à l’arrivée sont édifiants. Sans grande surprise tant il a dominé son sujet c’est Buck Baker qui l’emporte avec plus de 3 tours d’avance sur Jim Paschal et pas moins de 9 tours sur Tiny Lund. George Green est vert quand il se rend compte qu’il termine excellent 4ème mais qu’il a concédé 13 tours au vainqueur. Le cinquième Jack Smith termine avec la « bagatelle » de 21 tours de retard. Pour info Bill Champion qui occupe la dernière place du top10 est à des années lumières de Baker car son addition s’élève à 54 tours de retard ! Quant à Thompson il a abandonné au 101ème tour sur surchauffe moteur et est classé 13ème.

 

Visiblement la Chevrolet de Baker était faite dans un acier plus que trempé ! Lee Petty, le poleman, ne termine que 8ème. Signalons la 9ème place de T.A. Toomes qui réalise ici son seul top10 en carrière. Lui qui n’a participé qu’à 11 courses, toutes en 1957.

 

Au championnat Baker, dont c’est la 5ème victoire de l’année, accentue d’un coup son avance de 200 points. Il en compte désormais 396 d’avance sur Panch.

 

GN Course n° 28: « la quatrième de Goldsmith »

 

Le jeudi 4 juillet 1957 est jour de fête nationale aux USA et pour la deuxième année consécutive c’est à Raleigh que les pilotes vont fêter l’évènement. La course de 250 miles est richement dotée avec pas moins de $14,300 dont $4,000 pour le seul vainqueur. C’est la première grande course depuis le retrait des constructeurs. Les inscriptions sont limitées à 60 pilotes. Ils seront finalement 53 ce qui est énorme pour une course de NASCAR dont la moyenne tourne habituellement au alentour de 20 voitures. Pour faire de cette course un évènement majeur BilL France, qui est également le promoteur de la course, annonce qu’il payera les frais de déplacement pour venir au circuit de tous les pilotes prenant part à la course et remportant moins de $300 en gain de course. Soit tous les pilotes classés au-delà de la 15ème place. En tout Bill France déboursera $8,850 de sa poche. Une somme colossale pour l’époque.

Le Raleigh Speedway accueille une course par an depuis 1953, sauf en 1955 avec deux courses, et reste une des pistes les plus dangereuses. Sa configuration de 1 mile de long en asphalte fait de deux longues lignes droites reliées par deux virages très serrés et relevés.

Il faut noter que s’il y a 53 voitures c’est aussi du en grande partie au fait que la course réunit les Grand National et les Convertibles dans ce que l’on appelle une « sweepstake », une course mélangeant au moins deux catégories différentes de la NASCAR. Il y a 31 Grand National et 22 Convertibles. Signalons que Paul Goldsmith est de retour avec une Ford engagée par Smokey Yunick et qu’Herb Thomas engage sa propre Pontiac dans ce qui est sa première apparition de la saison. Il n’avait plus piloté en GN depuis son terrible accident à Shelby le 23 octobre 1956.

 

La pole est signée par une GN pilotée par Frankie Schneider, sa seule en carrière. Il s’agit d’une Chevrolet engagée par Hubert Westmoreland. Bob Welborn est le meilleur des « décapotés » en signant une probante 2ème place sur la grille. Buck Baker est 3ème alors que Marvin Panch qui a fait réparer tant bien que mal sa Ford ne peut faire mieux que 31ème. Mais au moins il est présent.

 

Le départ des « Raleigh 250 » est donné et Bob Welborn parvient à s’immiscer en tête. Il va mener les trois premiers tours. Il sera le seul à mener avec une Convertible durant la course. Le poleman Schneider se réveille et passe à l’offensive au 4ème tour et reprend ce qu’il n’aurait pas du concéder à savoir la première place. Mais il ne va pas la garder longtemps car Paul Goldsmith, parti 7ème, lui ravit le commandement au 12ème passage.

La course va peu après connaître un accident qui par miracle ne se terminera pas par un drame. En effet au 78ème tour Roger Baldwin et Bobby Keck s’accrochent et terminent leur course dans la voie des stands. Là ils percutent la Mercury de Jim Paschal qui ravitaillait. Quatre mécaniciens de Paschal seront blessés dont deux sérieusement, victimes de fracture. Il s’agit de Harry Payne et Charlie Furr. Charlie Furr qui n’est autre que le père de Tony Furr, crew chief de Terry Labonte en 2008 chez Carter/Simo Racing et qui permis à John Andretti de remporter sa première victoire en 1997 à Daytona et en 2000 à Jerry Nadeau de remporter sa seule victoire en carrière à Atlanta. Même chez les mécaniciens la NASCAR a produit de grandes lignées.

 

Jim Paschal en action au volant de sa Mercury.

 

Peu après le restart Herb Thomas abandonne au 100ème tour sur problème de freins. Welborn qui avait repris la tête suite à l’arrêt aux pits de Goldsmith lui cède de nouveau lorsqu’il s’arrête à son tour au 102ème tour.

Welborn reste tout au long de la course dans le peloton de tête derrière Goldsmith et Schneider. Frankie qui va s’emparer du leadership au 184ème tour mais cédera sa place en changeant de pneus durant le deuxième et dernier drapeau jaune, suite à un accident impliquant une dizaine de voitures qui toutes repartiront, au 213ème tour. Paul Goldsmith est de nouveau leader et il ne lâchera plus cette position jusqu’au baisser du drapeau à damier. Il remporte la course devant Schneider dont c’est jusqu’à présent son meilleur résultat en carrière. Il fera mieux mais en 1958.

Pour Goldsmith il s’agit de la quatrième victoire de la saison. Mais aussi la dernière mais ça il ne le sait pas encore. C’est aussi une victoire pour une Grand National, une hard top alors que la meilleure des Convertibles, une rag top est troisième aux mains de Joe Weatherly mais à un tour du duo de tête.

Au championnat Baker (7ème) prend vu le coefficient de la course 28 points de plus que Panch (8ème) et possède désormais 424 unités d’avance au général.

 

Signalons que cette course marque le premier top10 pour une voiture engagée par les Wood Brothers avec Glen Wood en 6ème position. Une écurie qui à l’époque roule à temps plus que partiel en Grand National.

Il s’agit aussi de la première utilisation du #90 par le fameux propriétaire Junie Donlavey dont c’est le troisième engagement. C’est Emanuel Zervakis qui eu l’honneur d’être le premier. Le Donlavey Racing utilisera ce numéro jusqu’à sa disparition au terme de la saison 2002.

 

Fireball Roberts sera classé 13ème au volant de sa Ford.

 

GN Course n° 29: « 200 tours à tombeau ouvert pour un maigre bénéfice de 10 points »

 

Le vendredi 12 juillet 1957 on retourne sur le Southern State Fairgrounds de Charlotte, NC. On y avait déjà disputé plus tôt dans la saison la onzième course. La piste n’a point changé et il y a 21 inscrits soit un de plus que le 19 avril. Les officiels de la NASCAR emmenés par leur chef scorer Joe Epton sont fiers d’annoncer leur nouveau partenaire technique en vue de l’enregistrement des chronos des voitures. Il s’agit de l’équipementier Bulova.

C’est Tiny Lund qui se charge de signer la pole position en 60.913 battant ainsi le record établi au mois d’avril par Marvin Panch qui n’a pu faire mieux que 7ème cette fois-ci.

 

La course ne va pas durer longtemps pour Tiny Lund car devant une foule de 7,800 spectateurs il abandonne dès le premier tour suite à la casse de son tuyau d’alimentation en essence reliant le réservoir au moteur entraînant le premier drapeau jaune pour éteindre l’incendie qui débutait sur sa Pontiac. Il sera classé bon dernier. Entre temps Speedy Thompson, deuxième sur la grille en avait déjà profité pour prendre la première position dès le baisser du drapeau vert. Une position qu’il n’allait garder que jusqu’au 25ème tour quand Jack Smith passait à l’offensive. Ce dernier gardait l’avantage jusqu’au 74ème tour, laissant Lee Petty mener un tour alors qu’il hésitait derrière un groupe de pilotes retardataires. Smith repassait en tête le tour suivant car Petty était victime à son tour de la négligence de ces pilotes qui il faut bien le dire avaient leur course à faire également.

Huck Spaulding allait provoquer au 105ème tour, alors qu’il en comptait deux de retard sur Smith, le deuxième drapeau jaune lorsque sa Dodge perdait sa roue avant droite. Lors du restart au 109ème tour un tassement dans le peloton allait engendrer une tentative de saute-mouton de la part de deux pilotes retardataires, Clarence DeZalia sur Peck Peckham. L’avant de la Ford de DeZalia était embouti et il devait abandonner deux tours plus tard suite à la destruction de son radiateur d’eau. Au 117ème passage le drapeau jaune allait être brandit pour la quatrième et dernière fois pour dégager la Chevrolet du leader Jack Smith qui venait de s’immobiliser suite à la casse de sa transmission.

 

Speedy Thompson reprenait le commandement pour la seconde fois de la course mais restait sous la menace constante de Marvin Panch qui allait trouver l’ouverture au 135ème tour. C’était la bonne car après avoir trouvé l’ouverture il allait conclure en remportant de fort belle manière la course avec deux secondes d’avance sur son plus proche poursuivant. Seul hic pour lui c’est de Buck Baker qu’il est question. Baker qui avait entre temps lui aussi passé un Thompson en perte totale de vitesse en fin d’épreuve et qui allait perdre la 3ème place au profit de Lee Petty puis un tour face au trio de tête.

Pour Panch il s’agit de la quatrième victoire de la saison, la 5ème en carrière mais la première en tant que pilote / propriétaire. Au championnat le malheureux ne réduit que de 10 points son déficit sur Baker (414 points).

 

GN Course n° 30: « La passe de deux pour Panch »

 

C’est pour une rare visite dans l’Arkansas que l’on se retrouve le dimanche 14 juillet 1957. Sur le Memphis-Arkansas Speedway de LeHi. Un très atypique ovale en terre d’un mile et demi. Une piste surnommée très rapidement après sa création « America’s most dangerous high-banked ovals ». Il faut dire que pas plus tard qu’en 1956 deux pilotes y avaient perdu la vie lors de l’épreuve du Grand National. (voir course n°25 de 1956). C’est d’ailleurs la dernière fois que la NASCAR va s’y produire. Non pas à cause de sa dangerosité mais suite à la construction début 58 d’une autoroute à proximité de la piste rendant son accès impossible car coupant sa route d’accès. Aucuns travaux ne seront entrepris et la piste sera abandonnée et fermée peu après. Depuis le Grand National n’a plus visité de piste dans cet état des USA. Il y a 28 pilotes inscrits pour cette course qui est une « sweepstake » en mélangeant les Grand National (18 voitures) et les Convertibles (10 voitures).

 

La pole est signée par le bien nommé Speedy Thompson, lui qui avait gagné ici en 1955. Le meilleur des pilotes ayant la tête au vent est Curtis Turner en 4ème position.

La course va être un désastre total pour les organisateurs mais surtout pour les 9,500 spectateurs. Paul Goldsmith trouve l’ouverture dès le départ et prend le commandement. Il va mener facilement mais son moteur va commencer à montrer des signes de faiblesse. Il perd tout d’abord le leadership face à la décapotable de Curtis Turner au 37ème tour puis abandonne le tour suivant dans un immense panache de fumée. Il fait très chaud et ce ne sera pas le dernier des moteurs à rendre l’âme. Goldsmith sera classé avant dernier. Au 50ème tour les officiels brandissent le drapeau jaune. La raison ? La poussière. Il y en a tellement que l’on distingue à peine les voitures. Ils vont faire arroser la piste. La solution semble fonctionner mais ne va pas durer.

Au 73ème tour Jack Smith dépasse Turner et commence à creuser l’écart. Mais au 100ème tour les officiels brandissent de nouveau le drapeau jaune pour de nouveau humidifier la piste et ainsi réduire ce brouillard de poussière qui rend la visibilité et la respiration difficile. D’ailleurs plus de la moitié des spectateurs s’en sont déjà allé. Ils avaient payé pour voir une course de voiture pas une tempête de sable…

En tout les deux interruptions auront duré 56 minutes. La course est relancée et Smith se dirige vers une nouvelle victoire quand à 9 tours de l’arrivée son moteur rend les armes. Dégoûté Smith va déclarer qu’il quitte la compétition. Que c’était sa dernière course d’auto car il n’a plus d’argent pour acheter un nouveau moteur. Devenu par la force des choses pilote / propriétaire depuis le 6 juin et le retrait des manufacturiers il est difficile de trouver l’argent pour faire une saison complète. Déjà à l’époque pour viser le titre il fallait beaucoup d’argent.

 

Devant c’est Marvin Panch qui se retrouve bien malgré lui en tête de la course. Il parviendra à contenir le retour de Bill Amick pour remporter sa seconde course consécutive. La 5ème de la saison. Buck Baker n’étant que quatrième à deux tours il concède pas mal de points et permet à Panch de revenir à 344 unités. Il y a encore du chemin mais voilà déjà 80 points récupérer. Ah s’il n’avait pas manqué une course lui coûtant 200 points la donne serait différente.

Bob Welborn est le meilleur des pilotes de Convertibles et s’empare de la cinquième place. Notons aussi une des rares présences de Joe Lee Johnson en NASCAR lui qui sera champion de la série Convertibles en 1959.

 

Jack Smith#47 précède Banjo Matthews #8 et Darel Dieringer #85 (Photo de Daytona).

 

GN Course n° 31: « Pagan puissance trois »

 

Le même jour, le dimanche 14 juillet 1957 il y avait aussi une autre course, la 31ème de la saison, sur le circuit de Portland dans l’Oregon. C’est la troisième et dernière course de la saison sur cette piste. Pire encore c’est la dernière fois que le Grand National s’y produit. Il faut savoir que l’infield de la piste servait de parking pour un cinéma en plein air. L’écran étant situé le long de la ligne droite arrière. Cette piste aux nombreuses appellations existe toujours aujourd’hui et de nombreuses divisions de la NASCAR s’y produisent encore comme les Modified, Late Models,... Il y a 18 inscrits.

 

La pole est signée par l’inévitable Art Watts qui en est à quatre sur quatre cette année !

La course ne va une fois de plus pas lui sourire. Watts va très bien rouler en début d’épreuve mais un pit stop catastrophique va lui coûter une dizaine de tours. Une fois Watts hors jeu c’est Eddie Pagan qui récupère la tête et il va pouvoir dérouler tranquillement jusqu’à l’arrivée car peu après la mi course il comptait déjà deux tours d’avance sur Lloyd Dane, lui aussi sur Ford.

 

Pour Pagan il s’agit de la troisième victoire de la saison, sa deuxième à Portland. Grâce à cela et malgré le fait qu’il ne fait pratiquement que les courses du Grand National disputées dans l’Ouest des USA il se maintient à une excellente 20ème place au championnat. Ce n’est pourtant que sa septième course de l’année !! Le système de point en NASCAR étant vraiment pourri et illogique à l’époque. Il devance au classement des pilotes ayant parfois fait dix courses de plus que lui !

Ce que Pagan ne sait pas encore c’est qu’il vient de remporter sa quatrième et dernière victoire en carrière.

 

Notons que les pilotes présents sont tous des habitués de la Pacific Coast (actuelle West Series) et qu’ils n’ont pas peur de ressortir du musée leurs vieilles voitures de courses. Ainsi sur les 18 voitures il y en avait quatre datant de 1954 dont une Lincoln. Une marque se faisant rare en NASCAR surtout en 1957. C’est Keith Olson, dont ce fut la seule course en carrière, qui la pilotait mais il fut le premier à renoncer au bout de 17 tours suite à la surchauffe de cette grand-mère. Trois des quatre voitures badgée « 1954 » termineront aux trois dernières positions. D’ailleurs seule la Ford de Bob Keefe verra le drapeau à damier mais avec 21 tours de retard.

 

GN Course n° 32: « La victoire d’un jeune retraité »

 

Samedi 20 juillet 1957, stupéfaction à la lecture de la liste des engagés car y figure le nom de Jack Smith. Le même Smith qui le 14 juillet venait de prendre sa retraite ! Nous sommes sur le Hickory Speedway dans la ville du même nom en Caroline du Nord. C’est un ovale en terre de 0.400 mile. 200 tours à parcourir pour empocher les $1,000 promis au vainqueur. Ils sont 25 pilotes à tenter leur chance. C’est une piste où l’on vient depuis 1953. L’an passé il y avait eu deux courses remportées par le même pilote à savoir Speedy Thompson. Cette année ce sera la seule visite de la série GN. Une course nommée les Buddy Shuman 250 en la mémoire de ce pilote décédé ici même le 13 novembre 1955 dans l’incendie de sa chambre d’hôtel.

 

Lors de la séance de qualification le meilleur chrono est signé par Gwyn Staley au volant de sa Chevrolet engagée par Julian Petty. Il s’agit de sa première pole en carrière tout comme pour Julian Petty qui engage pourtant des voitures depuis 1951. Speedy Thompson en signant le 2ème temps montre à tous que son ambition est de réussir la passe de trois sur cette piste. Pour son « retour » Smith signe le 3ème temps.

 

La course sera ultra spectaculaire pour les 8200 spectateurs. Le grand fait marquant de la course et qui sera son fil conducteur sera la bagarre plus que virile que vont se livrer Speedy Thompson et Curtis Turner. En effet Thompson dépasse dès le baisser du drapeau vert Staley et va mener les 46 premiers tours. Derrière Curtis Turner, qualifié 8ème, ne met que 38 boucles pour revenir à la deuxième place dans les roues du leader. Il va dès lors tout tenter pour le passer mais Thompson ferme systématiquement toutes les portes en allant de gauche à droite sur la piste.

Mais la patience de Turner a ses limites et à la fin du 46ème tour il parvient en donnant un coup de pare-chocs à déstabiliser son adversaire et à le passer. Et dès le milieu de la ligne droite suivante il saute sur les freins pour montrer son mécontentement. Thompson surpris encastre le nez de sa Chevrolet dans l’arrière de la Ford de Turner. Son radiateur d’eau est défoncé et fuit de toutes parts. Il n’a d’autre solution que de rentrer aux stands pour réparer les dégâts. Pendant ce temps Turner caracole en tête.

 

Au 66ème tour Thompson reprend la piste avec une voiture à peine réparée. Il roule plutôt lentement et dès que Turner s’apprête à lui prendre un tour il se met devant et saute sur les freins ! Turner percute violement l’arrière de la Chevrolet. Les deux voitures sont terriblement endommagées et sont reconduites dans les stands où les deux pilotes s’en extraient pour continuer leur altercation devant une foule en délire. Ils joignent les gestes à la parole. Les officiels interviennent.

 

Pendant ce temps la course se poursuit avec Staley en tête mais pas pour longtemps car lors de son ravitaillement au 170ème tour il va laisser Lee Petty et Jack Smith en découdre pour la victoire. Au 214ème tour Smith passe Petty pour de bon et franchira la ligne en vainqueur. Petty est deuxième devant Joe Weatherly et Gwyn Staley. Fireball Roberts complète le top5.

Pour Smith c’est la troisième victoire de la saison, quatrième en carrière. Lui qui ne devait plus courir faute d’argent pour se payer un moteur neuf a pu compter sur l’aide d’amis. Sur que les $1,000 qu’il empoche pour sa victoire vont lui faire le plus grand bien pour la suite immédiate de sa saison.

Au niveau du championnat Buck Baker (7ème) reprend un peu ses aises face à un Marvin Panch bien peu inspiré ici en terminant modeste 12ème.

 

Quant à Curtis Turner et Speedy Thompson ils sont convoqués par Bill France pour être sermonnés. France hurle qu’il ne veut plus jamais voir cela dans une de ses compétitions. Que cela n’a pas sa place en NASCAR ni dans n’importe quel autre sport d’ailleurs. Les deux pilotes ne recevront pas leurs gains de course à savoir $50 chacun en guise d’amende. De plus ils seront mis sous probation jusqu’à la fin de l’année. Ils devront dorénavant montrer à tous le code de bonne conduite élémentaire. Pas sur qu’ils l’aient fait de bonne grâce !

 

Juan Pablo Montoya n’a donc rien inventé. Les pilotes qui réparent suite à un accrochage et qui reviennent en piste dans la seule optique de ce venger cela existe depuis longtemps et en voici un bel exemple !

 

GN Course n° 33: « Baker pour la postérité »

 

Le mercredi 24 juillet 1957, la NASCAR se produit pour la deuxième et dernière fois de son histoire après la course de 1956 sur le Norfolk Speedway situé à Norfolk en Virgine. Une piste crée en 1949 mais qui après une fermeture de 1950 à 1955 ne ré-ouvrira qu’en 1956. Au terme de la course de 1957 elle sera définitivement fermée. Il s’agissait pourtant d’une piste de 0.400 mile en terre fort similaire à celle d’Hickory. Il y a 23 engagés dont Marvin Panch qui pilote ici une Pontiac engagée par Herb Thomas.

Parmi ces 23 pilotes un seul sera crédité de la pole position et ce coup-ci elle fut promise à Bill Amick. Une piste qui lui conviendra bien car au mois d’août il y remportera la course des Convertibles depuis la pole. C’est sa 1ère pole de l’année mais sa 3ème en carrière.

 

Buck Baker en action.

 

Mais pour la course qui nous concerne cela ne sera pas la joie pour Amick car alors qu’il avait bien démarré l’épreuve il va devoir renoncer très tôt, au 29ème tour, suite à la casse de son distributeur.

La course ne sera pas aussi palpitante que la précédente. Point de querelles entre pilotes à ce mettre sous la dent pour les spectateurs. Buck Baker va d’ailleurs plonger les tribunes dans un profond sommeil en remportant la course avec plus d’un tour d’avance sur Joe Weatherly. Tiny Lund qui fut le seul en début d’épreuve à suivre le rythme de Baker termine finalement 6ème à cinq tours. Pour Baker c’est la sixième visite d’une Victory Lane cette saison et combiné à la nouvelle déconfiture de Panch il détient maintenant 472 points de plus que ce dernier au championnat. Panch (16ème) qui a du renoncer suite à la casse d’un essieu de sa Pontiac. Exactement la même casse dont avait été victime Paul Goldsmith à bord de cette voiture quatre jours plus tôt à Hickory. Il est temps de revoir la façon de faire les soudures dans le garage d’Herb Thomas.

 

Notons que Billy Myers en terminant quatrième obtient son premier top5 depuis le mois de mai. C’est cependant moins bien que l’année précédente quand il avait remporté la course sur sa Mercury.

Sur les 23 voitures au départ seules 14 ont rallié l’arrivée tant bien que mal vu les écarts !

 

GN Course n° 34: « Thompson de la tête et des épaules pour rien ? Pas sur ! »

 

Le 30 juillet 1957 est un mardi et c’est aussi la deuxième visite de l’année sur la piste de Lancaster, C (voir info course n°21). Il y a 19 engagés et 200 tours à boucler pour empocher le chèque promis au vainqueur.

L’affaire du jour est l’annonce par l’ancien plombier Curtis Turner de son association avec Paul Goldsmith. Les deux hommes n’ont pas roulé à Norfolk suite à leur désaccord avec la NASCAR. Ils refusent en effet la pénalité de $50 estimant que c’était leur problème à propos de leur bagarre sur et en dehors de la piste et que Bill France ne devait pas s’en mêler. Ils annoncent qu’ils ne piloteront plus en NASCAR et qu’ils viennent d’acheter le complexe Packard près de Detroit. Il s’agit d’un immense terrain servant de base d’essais pour les prototypes des voitures des usines de Detroit. Ils comptent y construire un immense superspeedway de 2.5 miles d’ici la fin de la saison 1958 pour y organiser des courses de stock car. Cela dans le seul but de contrecarrer les plans de Bill France qui est en plein chantier avec le Daytona International Speedway. Son fameux superspeedway de 2.5 miles. On verra par la suite que ce projet va tomber à l’eau faute de budget et de sérieux et que les deux pilotes reviendront sur leur décision en redevenant pilotes de NASCAR

La pole est signée par Speedy Thompson qui bat le record de Buck Baker de 329 millièmes de mph.

 

La course sera une balade pour Thompson qui va mener les 200 tours pour remporter sa première victoire de la saison. Sa 13ème en carrière et sa première depuis 1956 et la belle époque où il pilotait pour Carl Kiekhaefer. Il devance Bill Amick qui est le seul à terminer dans le tour du leader. Marvin Panch est 3ème à 3 tours mais précède Buck Baker histoire de réduire de 4 points son immense retard au championnat. Notons la nouvelle déconfiture de Cotton Owens qui une fois encore abandonne très tôt (3ème tour) sur casse mécanique (pompe à huile). C’est quand même le huitième abandon sur douze courses pour le vainqueur de Daytona en début de saison.

 

Attention aucune statistique de la NASCAR ne fait mention de la victoire et encore moins de son crédit à Speedy Thompson. La NASCAR comptabilise encore de nos jours 19 victoires pour Thompson au lieu de 20… Un oubli tout simplement… mais qui grâce à nos efforts à Alan Boodman et moi-même Vincent Delforge via notre site de statistiques racing-reference.info sera réparé dès 2010 dans les statistiques officielles !

 

Buck Baker passe sous le drapeau blanc à Watkins Glen. (course n°35)

 

GN Course n° 35: « Baker de bout en bout »

 

C’est dans l’état de New York que l’on se retrouve le dimanche 4 août 1957 et pour une première. En effet c’est la première fois que la NASCAR se produit sur le circuit routier de Watkins Glen à proximité des Finger Lakes. D’ailleurs il faudra patienter jusqu’en 1964 pour qu’elle y revienne. La piste à l’époque est asphaltée et fait 2.300 miles et sa grosse différence par rapport à l’actuelle c’est l’absence de « l’Inner Loop » cette chicane rapide en haut du circuit. Circuit où les voitures vont dépasser les 180 km/h en vitesse de pointe ! A l’époque sur routier les voitures de la NASCAR n’atteignent jamais de telles vitesses.

Il n’y a que 20 engagés.

 

La pole est signée par Buck Baker en 87.071 mph ce qui est vraiment rapide car correspondant à une vitesse moyenne dépassant les 140 km/h. Il devance Jim Reed lui aussi sur une Chevrolet et qui ne fait que sa deuxième apparition de la saison après Daytona-Beach. Gene Blair, Walt Mortz et Claude Holliday font tous les trois leur première et dernière course en carrière. Qui dit circuit sortant de l’ordinaire dit pilote sortant de l’ordinaire. Car d’autres pilotes comme Al White ne font que de rares apparitions en Grand National. Comme quoi la venue des Road Aces (spécialistes des circuits routiers) lors des rares étapes du calendrier NASCAR sur ce type de piste ne date pas d’aujourd’hui.

 

La course va se résumer en ce qui concerne la première place à un long cavalier seul de Buck Baker. Il mène en effet les 44 tours et terminera la course avec la marge victorieuse de 0.46 mile ! Etonnant mais cela correspond à 1/5ème de la longueur totale de la piste (2.3 divisé par 5 = 0.46). C’est une marge approximative déterminée par les officiels lors du passage de la ligne d’arrivée par Baker car son poursuivant immédiat était signalé à ce moment là à trois virages de la ligne d’arrivée. Ce qui correspondait à plus ou moins 0.46 mile de l’arrivée. C’est comme quand on voit sur ovale la mention 1/2 lap (un demi tour) d’avance ou 1,5 CL (car length) qui correspond à une voiture et demi de retard,... C’est une mesure visuelle approximative.

 

Si pour Baker ce fut une promenade de santé avec sa 7ème victoire de l’année et 33ème en carrière, il n’en fut pas de même pour ses adversaires. A commencer par le principal au championnat Marvin Panch qui au 22ème tour se crashait dans les « esses » en montée. Avec cet abandon et la 14ème place qui en résultait il se retrouvait désormais à 544 points de Baker. Signalons que d’après Panch il a perdu le contrôle de la voiture suite à la casse de son essieu avant. Cela n’a jamais été vérifié officiellement vu l’état de la Pontiac. Mais si c’était exact cela aurait fait la troisième casse identique en trois apparitions pour la Pontiac engagée par Herb Thomas.

 

La seule réelle bagarre de la course eut lieu entre Fireball Roberts et Jim Reed mais ce dernier allait ce crasher à deux tours de l’arrivée. Il sera néanmoins classé sixième à deux tours. Les écarts entre les différents pilotes étant important car peu d’entre eux ont su faire la course sans sortir de la piste au moins une fois ou sans subir des ennuis mécaniques. Il faut dire que la température était caniculaire ce jour là.

 

Buck Baker en action à Wilson le 17 mars.

 

GN Course n° 36: « Parnelli Jones conjure le sort ! »

 

Le même jour, le dimanche 4 août 1957, avait lieu la 36ème course du calendrier sur le Kitsap County Airport à Bremerton dans l’état de Washington. Une course historique car c’est la seule fois et c’est encore valable aujourd’hui quand j’écris ces lignes que la NASCAR s’est produite avec sa première division nationale dans ce petit état des USA. La piste aussi est particulière car il s’agit comme à Watkins Glen d’un circuit routier asphalté mais qui ne développe que 0.9 mile (1,448 km). C’est donc le plus petit circuit routier utilisé dans la fabuleuse histoire de la NASCAR. La piste est en fait située sur l’aéroport et est composée de trois lignes droites raccordées par deux virages serrés et un genre de pif-paf. Cette piste proposait plusieurs configurations depuis sa création en 1950 dont une de 4 miles. C’est la plus petite piste que la NASCAR utilisa.

Seulement 14 pilotes sont inscrits et c’est Art Watts qui réalise sa cinquième pole de l’année en cinq départs. D’ailleurs il n’en fera plus d’autre en 1957 ce qui constitue un beau record de 100% de pole position sur une saison pour un pilote ayant plus d’un départ la même saison. Sa vitesse moyenne est de 62.657 mph. Ce qui est honorable. Car au bout de chaque ligne droite il faut sauter sur les freins pour passer les virages.

 

Rufus Parnell « Parnelli » Jones

 

La course compte 80 tours et une fois encore Watts ne va pas bénéficier longtemps de sa pole position. Comme l’histoire du lièvre et de la tortue, rien ne sert de courir… Cela dit il ne va pas abandonner et va même couper la ligne à la troisième place et dernier pilote, mais de justesse, dans le tour du leader. Leader qui fut quasi dès le départ Parnelli Jones, de son vrai prénom Rufus. Ce pilote californien, père de P.J. Jones qui roule de temps en temps sur les circuits routiers en NASCAR de nos jours, n’avait pas connu beaucoup de réussite dans ses précédents départs en carrière. Lui qui est un grand pilote de monoplaces type Indy aura du attendre son dixième départ pour enfin l’emporter. Merci à Oscar Maples de lui avoir fourni une Ford toute neuve achetée à l’ancienne écurie de Pete DePaolo. C’est donc une Ford « Usine » si l’on peut dire. Après cinq abandons sur les 6 courses auxquelles il a participé cette année cette victoire tombe à point nommé pour lui redonner le moral. On ne va pas lui dire maintenant mais s’il avait su qu’il n’allait plus revoir un drapeau à damier d’ici la fin de saison il aurait sans doute fêté encore plus cette victoire !

C’est aussi la première victoire du #11 en NASCAR qui est actuellement second numéro le plus victorieux en Sprint Cup avec 188 succès, derrière le #43 avec 198 (cet article est écrit en 2009).

 

Sur les 14 pilotes au départ 12 rejoindront la ligne d’arrivée dont Eddie Pagan à la 4ème place ce qui lui permet de monter 17ème au classement général alors qu’il n’a fait que huit courses depuis le début de l’année !

 

GN Course n° 37: « Baker out, Panch en profite ! »

 

Samedi 10 août 1957, retour sur le Lincoln Speedway de New Oxford en Pennsylvanie. Cette piste ayant déjà été le cadre de la vingtième course de la saison. Il y a 32 pilotes engagés. Parmi eux il y a Herb Thomas qui fait ici sa deuxième et dernière course de la saison en tant que pilote. Il faudra attendre 1962 pour le revoir une dernière fois derrière un volant en Grand National.

 

La pole est signée par Tiny Lund qui se permet de battre largement le précédent record détenu par Marvin Panch de près de 3 mph. Speedy Thompson est à ses côtés sur la première ligne. Jack Smith est 32ème et dernier mais il n’a pas su enregistrer de chrono suite à un tête-à-queue.

 

Johnny Mackinson terminera 5ème (photo de Darlington. Ici à new Oxford il utilisait le #104)

 

La course sera une épreuve d’élimination. Le premier à abandonner est le champion de la catégorie NASCAR Short Track Division Reds Kagle qui pour son seul départ de la saison se retire dès le 23ème tour suite à la perte d’une roue. Ensuite une ribambelle de favoris va abandonner les uns à la suite des autres comme Fireball Roberts, Jim Paschal, Herb Thomas, Lee Petty mais aussi Buck Baker !!! Baker qui en se classant 26ème à cause de la surchauffe de son moteur rate pour la première fois de la saison le top10 ! Il venait d’en faire 26 consécutivement ! D’ailleurs si on tient compte de sa fin de saison 1956 c’est la première fois en 35 courses qu’il loupe le top10. Un record en NASCAR.

 

Devant la bagarre pour la victoire n’oppose très vite plus que deux hommes en les personnes de Speedy Thompson et Marvin Panch. Le poleman Lund a perdu un tour lors de son ravitaillement et il en perdra un autre en fin de course. Finalement c’est Panch qui remporte la victoire, sa 7ème de la saison et grâce à l’abandon de Baker il réduit son retard au classement général à 416 points. Dommage pour lui que le ratio de cette course n’ait pas été plus favorable. Thompson est second et dernier pilote dans le tour. Lund le troisième pointe à deux tours. Notons que Johnny Mackison pour son deuxième départ en carrière fait son premier top5 (5ème). John Findlay fait son premier top10 (6ème) lui aussi lors de son second départ en carrière. Dick Klank fait son seul top10 en carrière (8ème). Volney Schulze égalise sa meilleure perf en carrière avec une 9ème position. Ce sera son 2ème et dernier top10. Enfin Fred Knapp obtient son premier et unique top10 en carrière (10ème) lors de son premier départ. Il ne prendra part qu’à deux courses dans sa courte carrière. Tous ces pilotes peu habitués aux premières places ne doivent leur résultat qu’à la cascade d’abandons des leaders. Mais ne dit-on pas que l’essentiel est de terminer ?

 

Herb Thomas prépare sa voiture pour sa dernière course de l’année.

 

GN Course n° 38: « Petit à Petit Petty fait son nid »

 

Le vendredi 16 août 1957 c’est à Old Bridge dans le New Jersey que 23 pilotes se retrouvent pour disputer une course de 100 miles (200 tours) sur le Old Bridge Stadium. Il s’agit d’un demi mile asphalté que l’on avait déjà visité une première fois la saison précédente.

C’est Rex White qui réalise le meilleur temps des qualifications en 71.599 mph. Cependant il a roulé moins vite que la pole de 1956 signée par Jim Reed. Reed justement qui cette fois-ci doit se contenter du 2ème chrono.

 

La course à peine lancée que Reed prend le commandement mais pour un petit tour seulement car dès le deuxième passage c’est Lee Petty qui pointe en tête avec son Oldsmobile. Mais l’homme en forme c’est visiblement Rex White. Il lui fallait simplement le temps de se mettre en température car il revient fort sur Petty et au 15ème tour lui ravit le commandement sans la moindre difficulté. White roule très vite mais en garde sous la pédale car un petit groupe d’une demi douzaine de voitures parvient à suivre à distance.

Tony Moretti pour son seul départ en carrière est le premier à abandonner au 19ème tour sur surchauffe moteur de sa Plymouth d’un an d’âge. Il avait signé le dernier temps des qualifs. Voilà un passage éclair en NASCAR pour un des quelques 2854 pilotes ayant au moins fait un tour dans une course de NASCAR (fin 2009). En effet les pilotes ayant abandonné avant le baisser du drapeau vert donc étant crédité d’un « did not start » ne sont pas pris en compte dans cette statistique. Si on les prend en compte avec ceux qui n’ont jamais réussit à se qualifier on dépasse les 3100 pilotes depuis 1949 !

 

Mais un crash au 186ème tour impliquant Chuck Hansen, Dick Klank et Bill Benson qui comptent pourtant déjà tous plusieurs tours de retard, va tout remettre en cause. En effet ce seul drapeau jaune resserre toutes les positions pour le restart. White qui comptait presque un tour d’avance sur son groupe de poursuivants va s’effondrer littéralement lors du restart au 191ème tour. Il ne peut contenir Lee Petty qui le dépasse au 192ème tour et qui va remporter la course avec 2 secondes d’avance sur White. Pour Petty ce n’est que la 2ème victoire de la saison et 28ème en carrière. Notons que John Dodd Sr. Fait son 2ème et avant dernier top10 en carrière. Vu que tous les favoris ont ralliés la ligne d’arrivée c’est un petit exploit que d’intégrer le top10 si on compare avec la course précédente. Surtout que ce pilote ne fait rarement plus d’un départ par saison.

 

Au championnat Buck Baker (7ème) perd encore quelques points sur Marvin Panch (4ème) qui ne compte plus que 392 points de retard. Avec certaines courses à fort coefficient comme Darlington qui pointent le bout de leur nez cet avantage aussi important paraît-il n’est finalement rien et tout reste possible.

 

Signalons que Curtis Turner participe à la course des Convertibles du 23 août à Charlotte après avoir enfin accepté l’amende de $50 infligée par la NASCAR suite à son mauvais comportement à Hickory. Il est donc de nouveau autorisé à rouler dans n’importe quelles séries de la NASCAR.

 

GN Course n° 39: « Une fausse hardtop née ragtop au top »

 

Le lundi 26 août 1957 on se dirige vers la Caroline du Sud à Myrtle Beach sur le Coastal Speedway. Il s’agit d’un demi mile en terre que l’on a visité une fois en 1956 et dont ce sera la dernière visite par la NASCAR Grand National. Pour info cette piste aménagée en 1950 fut construite en 1940 pour servir d’hippodrome. Aujourd’hui la piste n’existe plus et c’est une banque qui se trouve à sa place dans cette rue menant au Convention Center. Il y a 15 engagés et à peu de chose près il ne s’agit que des meilleurs pilotes au classement général du championnat. Ce n’est donc pas ici que de gros écarts vont se faire.

 

La pole sera cette fois pour Johnny Allen dont c’est la première en carrière. Il aura quand même du s’y reprendre à 64 reprises pour y parvenir.

Mais qui dit poleman surprise dit quasiment à chaque fois abandon prématuré et ce n’est pas aujourd’hui que ce nouvel adage sera mis à mal. En effet Allen ne fera que 10 malheureux tours avant de renoncer sur casse de sa courroie de ventilateur. Il est classé 15ème et bon dernier.

Devant la piste est dure avec les mécaniques et tous vont devoir passer un peu de temps aux stands pour réparer divers éléments mécaniques. Tous sauf un Gwyn Staley qui lui ne roule pas aussi vite que les Baker, Roberts et Petty mais son train de sénateur lui permet d’éviter tous les problèmes. Il va remporter la course avec plus d’un tour d’avance sur Eddie Pagan, deux sur Fireball Roberts et 17 sur Buck Baker.

 

Baker qui fait malgré tout une bonne opération puisque Marvin Panch a une nouvelle fois du abandonner très tôt au 68ème tour sur casse moteur.

 

Gwyn Staley remporte sa première victoire en carrière sur sa Chevrolet engagée par Julian Petty. Cela dit Staley tout comme son patron Julian Petty ne marquent aucun points au championnat car ils n’étaient pas éligibles. Pourquoi ? Car sa Chevrolet n’avait pas de lunette arrière ce qui est indispensable dans le règlement du Grand National. En fait il s’agit de sa Chevrolet décapotable de la série Convertibles utilisée le 23 août à Charlotte sur laquelle un toit a été greffé. Son second est Eddie Pagan, un excellent pilote de la division Pacific Coast et qui pointe 15ème au championnat alors qu’il n’a fait que les courses disputées dans l’Ouest des USA depuis le début de saison. Mais que fait-il ici ? Il fait tout simplement une étape sur sa route qui le mène depuis sa région d’origine vers le Darlington Raceway ou l’on va courir la semaine suivante les fameux Southern 500.

 

Enfin pour la petite statistique marrante signalons que le gagnant était parti 3ème comme en 1956. Notons encore le premier top10 en carrière (9ème) pour son premier départ de la part de Roy Tyner. C’est aussi le premier top10 pour Bill Benson (10ème) lors de sa troisième tentative.

 

GN Course n° 40: « Thompson remporte la victoire sous un ciel noir »

 

Lundi 2 septembre 1957 c’est l’autre grande messe de la saison après la course de Daytona-Beach. On se retrouve en effet à Darlington sur le raceway éponyme en Caroline du Sud. Cet ovale asphalté de 1.375 miles qu’il faudra parcourir 364 fois pour boucler les 500 miles des huitièmes Southern 500. Il y a « seulement » 50 pilotes engagés. C’est beaucoup mais peu par rapport à ce que l’on a déjà vu ici les années précédentes. Cela dit parmi les 50 pilotes on retrouve Paul Goldsmith et Curtis Turner dont ce sont les retours. Ils ont payé leur amende et ont aussi déjà mis entre parenthèse leur projet de superspeedway près de Detroit faute de financement. Ce projet manquait de sérieux de toute façon.

La course aura lieu lundi pour le Labor Day (fête du travail) mais les essais ont lieu le samedi et dimanche. D’ailleurs les qualifications sont toujours particulières ici et étalée sur deux sessions. Le plus rapide de la première séance qualificative étant crédité de la pole. Il s’agit de Cotton Owens sur sa Pontiac engagée par Ray Nichels en 117.416 mph. Mais comme c’est souvent le cas ici le poleman n’est pas le plus rapide. C’est de nouveau lors de la deuxième séance que le meilleur temps est établi et c’est Paul Goldsmith qui s’en est chargé en 119.291 mph. Il n’aura droit qu’à la 6ème place sur la grille. En fait le top25 est assuré de ses positions lors de la première séance et Goldsmith y avait signé le 6ème temps.

 

Bill France à gauche organise avant le départ une rencontre entre Speedy Thompson (avec la casquette) et Curtis Turner. Il leur demande de se serrer la main et d’enterrer la hache de guerre. Les deux hommes ne se parlant plus de façon « courtoise » depuis leur passe d’armes pour le moins virile qui avait eu lieu à Hickory le 20 juin. La légende dit qu’à un moment donné Turner a survolé en avion une piste où Thompson disputait une course (pas de NASCAR) et qu’il avait largué sur la piste un carton remplis de punaise pour lui crever les pneus. Cela n’a jamais été confirmé ni même infirmé !

 

La bataille pour la victoire va être dantesque car la course est richement dotée. Le seul vainqueur empochant $13,590 ce qui est parfois plus que l’intégralité de la bourse sur certaines courses !

Cela dit la fête va être gâchée suite un accident mortel.

 

Le départ est donné à midi et Cotton Owens prend le commandement sous un ciel nuageux malgré la température estivale. Très vite Curtis Turner lui colle au train et va prendre l’avantage au 7ème tour. Ensuite c’est l’autre revenant Goldsmith qui prend le commandement au 11ème tour. A croire qu’ils n’ont jamais fait de pause car ils n’ont rien perdu de leur coup de volant diabolique. Bobby Myers mène de façon éphémère le 14ème tour. Les changements de leader sont incessants.

Au 27ème tour c’est le tragique accident impliquant trois pilotes dont Fonty Flock qui remplaçait au pied levé Herb Thomas. Flock qui comptait déjà presque 10 tours de retard part en tête-à-queue dans la ligne droite arrière et reste immobilisé en pleine trajectoire le long du rail de sécurité en entrée de virage n°3. Bobby Myers arrivant à pleine vitesse ne peut éviter la voiture et percute de plein fouet le compartiment moteur de la Pontiac de Flock. Paul Goldsmith va lui aussi percuter mais plus légèrement les deux voitures. Fonty Flock sera transporté sérieusement blessé à l’hôpital et de son lit il annoncera quelques jours plus tard qu’il arrête définitivement la course automobile. Il tiendra parole et plus jamais on ne le reverra au volant. Il est le deuxième représentant de la famille Flock à stopper sa carrière après Bob. Ne reste plus que Tim qui se fait de plus en plus rare. Goldsmith n’est pas blessé. Par contre pour Bobby Myers il n’en est pas de même. Son Oldsmobile engagée par Petty Engineering est littéralement détruite, son moteur arraché termine sa course près de 100 mètres plus loin. C’est autour d’une carcasse blanche gisant au milieu de la piste que les secouristes s’affairent. Ils vont avoir très dur pour l’extraire et l’emmener le plus vite possible vers le Florence McLeod Hospital. Il était malheureusement déjà trop tard et son décès est officiellement prononcé à son arrivée à l’hôpital. Son décès ne sera pas annoncé aux spectateurs durant la course mais peu avant la barre des 400 miles de course le drapeau confédéré sera mis en berne par les officiels qui eux connaissaient déjà la triste nouvelle.

 

C’est tout ce qu’il reste de la Pontiac de Fonty Flock.

 

Alors que dire de celle du malheureux Bobby Myers…

 

Mais “The show must go on” (le spectale doit continuer) comme on dit et la course est relancée avec Lee Petty en tête. Mais la fatalité n’a pas dit son dernier mot et au 67ème tour le débutant Joe Caspolich dont c’est le premier départ en carrière percute la voiture de Bill Blair qui venait de partir en tête-à-queue devant lui. La Ford de Caspolich va ensuite s’écraser contre la barrière de sécurité à l’intérieur du circuit. Caspolich parvient à s’extraire seul de sa voiture mais à peine sortit qu’il s’effondre au sol. Il souffre de multiples fractures et d’une compression sérieuse de son médiastin suite à ses côtes cassées. Son cœur ne parvient plus à travailler de façon efficace. Il est emmené au même hôpital que Flock et Myers dans un état critique. Fort heureusement il s’en sortira et reviendra à la compétition en 1959. Il est décédé le 20 janvier 2009. Quant à l’ancien vainqueur de courses Bill Blair dont c’était le retour pour une unique apparition en 1957 il s’en sortira sans blessure.

 

Fireball Roberts #22 part à la faute après un contact avec Tiny Lund #55. Roberts devra abandonner dans son 101ème tour car il va se faire dans quelques secondes se faire percuter par Bill Amick (qui avait un tour d’avance sur lui) et par Parnelli Jones (qui lui en comptait deux de retard). Les trois pilotes abandonneront.

 

La course repart de nouveau de plus belle et un autre accident au 260ème tour va impliquer Lee Petty et Curtis Turner qui se battent pour les premières positions. Petty pousse un peu fort Turner dans le virage 2 et ce dernier part taper le mur intérieur. Il devra rentrer à son stand pour faire réparer son radiateur d’eau endommagé dans le choc. Joe Weatherly qui avait pourtant abandonné depuis belle lurette au 35ème tour va alors reprendre la piste pour aller venger son coéquipier non pas ici mais en Convertibles Curtis Turner. Il se place devant Petty et quand ce dernier le dépasse il lui donne un coup de pare-choc sur l’arrière droit. Petty part en travers et détruit son Oldsmobile au 281ème tour contre le mur. Cette vengeance reste un mystère. Quelle raison ayant poussé Weatherly à avoir ce geste ? La réponse n’a jamais été dévoilée.

 

Un autre accident aurait pu avoir de lourdes conséquences quand Brownie King parti en tonneau a la mi course. Mais il pu repartir après réparation et terminera 21ème à 57 tours du vainqueur.

 

Speedy Thompson remporte les Southern 500.

 

La victoire s’était déjà jouée depuis une quarantaine de tours quand Speedy Thompson avait dépassé Turner pour la première place au 216ème tour. Il ne quittera plus la première position et Thompson remporte donc sa deuxième victoire de l’année, sa 14ème en carrière. Il devance le poleman Cotton Owens de 3 tours et Marvin Panch de 4 tours. Buck Baker limite les frais en se classant 5ème.

 

Signalons que Bobby Myers était le père de Danny « Chocolate » Myers qui fut le plus célèbre gasman de l’histoire de la NASCAR au service de la Richard Childress Racing et de son illustre pilote Dale Earnhardt Sr durant la période 1984-2001.

Notons aussi que Runt Harris fit son retour à la compétition après sept ans d’absence. De plus il pilotait pour Junie Donlavey la #90 qui était pour la première fois une Chevrolet. Chose rare chez Donlavey qui allait très vite passer de façon définitive chez Ford. Il abandonna au 50ème tour sur problème d’embrayage. Il y avait aussi George Parrish sur une Studebaker ce qui est très rare en NASCAR.

 

Le jeune Cale Yarborough.

 

Enfin l’histoire amusante du jour est à mettre au crédit du jeune Cale Yarborough. Ce dernier n’à encore que 17 ans quand il s’inscrit pour la course. Sa première en carrière. Pourtant le règlement de l’époque imposait d’avoir un minimum de 21 ans. Pour Cale ce ne fut pas un problème. Il demanda à un ami travaillant dans l’administration adéquate de lui falsifier son acte de naissance. Une fois fait il envoya une copie à la NASCAR et reçut sa licence. Cela dit le jour suivant les qualifications les doutes des officiels sont confirmés. Sa tête juvénile l’a trahi. Du coup les officiels lui interdisent de prendre le départ. C’est le propriétaire de la voiture, Bob Weatherly, qui devra prendre le départ. Lui qui n’avait plus roulé depuis 1953 en GN. Yarborough perd sa licence et est sommé de quitter l’infield du circuit. Le jour de la course il revient est accède à l’infield en passant par un trou dans le grillage. Trou qu’il connaissait bien pour l’avoir déjà emprunté l’année précédente pour aller voir les voitures de plus près. Il se dirige vers la Pontiac #30 et demande à Bob de sortir de la voiture et de lui laisser le volant. Il monte à l’intérieur juste avant l’annonce du traditionnel « Gentleman, start your engines ». Du coup il prend le départ. Cela ce passe sans problème sauf qu’un officiel reconnaît peu après le départ Bob qui déambule dans les stands alors que sa voiture est toujours en piste !!! Il lui demande qui pilote sa voiture et sa réponse n’est autre que Cale Yarborough. Les officiels se réunissent pour décider de la sanction. Le drapeau noir va lui être brandi quand Cale rentre aux stands pour abandonner lors de son 31ème tour suite à la casse de son moyeu de roue avant droit après un contact trop appuyé avec le rail de sécurité. Les officiels lui sautent dessus à la sortie de sa voiture et lui disent de ne jamais plus revenir et qu’il lui sera interdit à vie pour lui de courir en NASCAR. On verra qu’il n’en sera rien car une fois l’âge légal atteint Yarborough reviendra et obtiendra de nouveau sa licence. Le défaut de mémoire des officiels sera profitable à tout le monde car Cale deviendra un des plus grands champions que la NASCAR ait connu.

Encore une chose marrante à propos de cette histoire c’est que Cale recevra tout de même les points de sa course et son gain de $100.

 

GN Course n° 41: « La deuxième de Staley »

 

Trois jours plus tard le jeudi 5 septembre 1957 ils sont 24 à s’être engagés pour la course de 100 miles disputée sur le New York State Fairgrounds à Syracuse dans l’état de New York. La piste fait un mile de long et est en terre. C’est une vieille piste construite en 1880. Au départ il s’agissait uniquement d’un hippodrome mais depuis 1909 elle accueille aussi des courses automobiles. La piste fut détruite durant l’année 1960 et depuis accueille l’équipe de NBA les Syracuse Nationals devenu fin 1963 les Philadelphia 76ers qui sont encore aujourd’hui une des plus vieilles franchises de la NBA.

 

Pour revenir à la course tout commença par les essais avec l’annonce du forfait des deux leaders du championnat Buck Baker et Marvin Panch. La pole sera signée par Gwyn Staley, sa 2ème de la saison et dernière en carrière. Une pole importante ici car en 1955 Tim Flock puis en 1956 Buck Baker l’emportèrent tous les deux depuis cette position de la grille de départ. Mais en sera-t-il de même pour Staley ?

 

La début de course semble l’indiquer puisque Staley va mener les 63 premiers tours même s’il ne parvient jamais à décrocher Jim Reed même lors de leur ravitaillement à la mi-course. Cela dit Reed va mettre de plus en plus de pression sur Staley au fur et à mesure des tours et il trouve l’ouverture au 64ème passage. Reed va cependant commettre une bête erreur lorsqu’il prend une trajectoire trop haute au 72ème tour. Si haute qu’il va brosser violement le rail de sécurité bordant la piste. Il devra passer par les stands pour réparer et malgré les efforts de ses mécaniciens il ne pourra faire mieux que 12ème à 26 tours du vainqueur. Vainqueur qui n’est autre que Gwyn Staley qui une fois Reed hors course n’eut plus qu’à dérouler jusqu’à l’arrivée qu’il franchit avec 1 tour ¾ d’avance sur Lee Petty. Le nom Petty est à L’honneur puisque Staley roule pour Julian Petty même si ce dernier n’est pas apparenté à l’autre famille Petty.

Pour Staley il s’agit de la deuxième victoire en trois courses. Une victoire depuis la pole position. Les trois courses de l’histoire de la série GN sur cette piste auront donc toutes les trois été remportée depuis la pole. Une curiosité dans les statistiques. Plusieurs pilotes non habitués des top10 profiteront de l’absence de quelques stars pour y figurer comme Dean Layfield qui pour sa première course en carrière réussira aussi son meilleur classement avec une belle 4ème place.

 

La préparation des voitures est très importante. On voit ici au premier plan la Chevrolet

de Runt Harris et celle de Jack Smith #47 (photo de Darlington).

 

GN Course n° 42: « Petty hypnotise Baker »

 

Le dimanche 8 septembre 1957 marque le retour sur la piste d’Asheville-Weaverville à Weaverville en Caroline du Nord. Cette piste ayant été le cadre de la huitième manche de la saison. Cela dit il y a un changement de taille. En effet la piste est maintenant asphaltée mais reste inchangée dans sa taille de un demi mile. Il y a 20 pilotes inscrits dont Buck Baker et Marvin Panch et Cotton Owens qui n’à pour habitude que de rouler sur les grandes pistes. Le fait qu’elle ait été asphaltée n’y étant pas étranger. Une bonne chose pour la billetterie.

 

La pole sera réalisée par Bill Amick, c’est sa 2ème de la saison et 4ème en carrière. Il devance Lee Petty et le reste de la meute.

Dès le départ Amick prend le commandement mais Owens, parti 4ème, lui ravit la première place au 10ème tour. Il va ainsi conserver le leadership jusqu’à la 140ème boucle quand son pneu avant droit éclate ce qui provoque sa sortie de piste. Le crash est fatal pour sa mécanique et il doit abandonner. Bill Amick récupère le commandement pendant la neutralisation. En fait il va y avoir une succession de leader car chacun à leur tour ils ravitaillent. Baker mène lors du restart au 151ème tour mais alors qu’il ne reste que douze tours Lee Petty passe de façon surprenante un Baker semble-t-il dans les nuages. Il va réagir mais trop tard et échouera derrière le pilote Oldsmobile pour 10 feet (10 pieds) ce qui correspond approximativement à trois mètres. Soit moins d’une longueur de voiture !

 

Pour Petty c’est la troisième victoire de la saison, sa 29ème en carrière. Baker est second mais il fait une bonne opération au niveau du classement général car Panch n’a pu faire mieux que 7ème. Notons que les quatre premiers terminent dans le tour ce qui ces dernières courses n’est pas arrivé souvent.

 

GN Course n° 43: « Danny Graves son nom au panthéon de la NASCAR »

 

Toujours le dimanche 8 septembre 1957 mais de l’autre côté des USA se déroulait la 43ème course de la saison en Californie à Sacramento sur le California State Fairgrounds. Il s’agit d’une piste en terre d’un mile de long et que l’on avait visité pour la première fois en 1956. Ce sera la seule course de l’année ici. Une piste qui se nommait Sacramento Fairgrounds en 1956. Pour rappel c’est un ancien hippodrome construit en 1906 qui fut transformé en 1946 en piste de course. Fermée en 1970 pour faire place à un centre commercial.

Il y a 27 pilotes inscrits avec pour têtes d’affiches principales Eddie Pagan et Parnelli Jones.

La pole sera signée par Danny Graves qui bat facilement le record détenu depuis l’année précédente par Eddie Pagan.

 

La course va pour l’essentiel se résumer à un duel opposant Danny Graves à Eddie Pagan. Graves gardant presque continuellement le commandement. Mais au 65ème tour l’accident de Danny Letner, pilote ayant déjà remporté deux courses par le passé et qui fait ici son cinquième départ de la saison va resserrer les positions. La meute repart groupée et c’est pour cette raison que l’on pourra voir sept voitures terminer dans le tour du leader. Et qui est le vainqueur ? Danny Graves bien sur et il ne l’a pas volé. C’est sa première mais aussi dernière victoire en carrière et ce à son sixième départ. Il devance Marvin Porter qui réalise là son meilleur résultat en carrière. Eddie Pagan est finalement troisième. Parnelli Jones a une fois de plus abandonné très tôt tout comme huit autres pilotes. Notons qu’un autre Porter termine dans le top10 en la personne de Don mais ce dernier n’a aucun lien de parenté avec Marvin.

 

Bien entendu au championnat rien ne bouge pour les premières positions. Seul Pagan pointe désormais à la 13ème place.

 

Moins rapide que de nos jours mais tout aussi important, les pit stops ! (photo de Darlington)

 

GN Course n° 44: « Nous partîmes vingt-deux mais nous arrivâmes cinq ! »

 

Retour en Californie le dimanche 15 septembre 1957 pour une course de 200 tours (100 miles) à San Jose sur le Santa Clara Fairgrounds énième dirt track (circuit en terre) d’un demi mile. Ce sera la seule fois de l’histoire que la NASCAR y posera les roues d’une de ses séries nationales. Cette piste fut construite en 1948 et garda cette configuration jusqu’à sa fermeture en 1990. Elle sera refaite et lors de sa ré-ouverture en 1991 elle fera 0.333 mile. Il y a 22 pilotes engagés mais les principaux acteurs du championnat comme Baker, Panch, Thompson,… sont absents vu qu’ils sont à Langhorne.

 

Les problèmes de chronométrage vont débuter dès les essais qualificatifs et si la grille de départ est connue dans son intégralité avec Lloyd Dane comme poleman aucuns temps ne seront dévoilés. Pour Dane il s’agira d’ailleurs de sa seule pole position en carrière.

 

La course va être un véritable crashfest que l’on pourra traduire par carnage en français. Tout débute avec un carambolage dès le départ. A faible vitesse donc tous les concurrents impliqués pourront repartir sans trop de dommages. Parnelli Jones abandonnera une fois de plus au 34ème tour. Son moteur a surchauffé, conséquence d’un choc lors du départ. Ensuite au 59ème tour Earl Mosbach qui est particulièrement lent se fait éjecter de la piste par Eddie Pagan qui lui prenait un 4ème tour. Puis la course connaît un répit jusqu’au 94ème passage quand Jim Cook, en mal de reconnaissance décide d’attirer l’attention des spectateurs en se prenant tout seul comme un grand la barrière en bois ceinturant la piste. Il ne faudra pas attendre longtemps pour voir l’accident suivant au 107ème tour deux pilotes attardés s’accrochent. Il s’agit d’Howard Phillippi et de Bob Rose.

 

La course à peine relancée de quelques secondes au 116ème tour que le pilote Chevrolet Eddie Gray part en tête-à-queue en plein milieu du peloton et se fait emboutir par pas moins de huit autres pilotes dont cinq resteront définitivement sur le carreau. Allez hop un troisième drapeau rouge ! Ce qui est définitivement perdu aussi c’est la patience des officiels qui devant leurs yeux ne voient plus que cinq malheureuses voitures encore en l’état de rouler ! Ils prennent alors la décision de stopper définitivement la course. Au vu des nombreux arrêts de courses avec pas moins de trois drapeaux rouges aucunes mesures ne seront calculées. Il n’y a donc pas de durée, de vitesse moyenne ou d’écart connu pour cette course.

 

Et le vainqueur dans tout ça ? Il s’agit de Marvin Porter qui remporte sa première victoire en carrière battant ainsi son précédent meilleur résultat en carrière de second datant de la course précédente. Il devance Eddie Pagan et… les premiers pilotes ayant abandonné ! Lloyd Dane, Ernie Young, Jim Blomgren occupent certes le top5 mais ils ne roulaient plus. Pour faire plus court les trois autres pilotes encore en course étant Gene Long (6ème), Mike McGreevey (12ème) et Clyde Palmer (17ème).

Notons le premier top10 pour un futur pilote de renom de la NASCAR Jim Hurtubise qui prenait part ici à sa deuxième course en carrière.

 

La somptueuse Mercury de Billy Myers (photo de Daytona).

 

GN Course n° 45: « Staley les cheveux au vent* »

 

*Même si le port du casque est bien évidemment obligatoire !

 

Le même jour, dimanche 15 septembre 1957, il y avait aussi une autre course de Grand National. C’est d’ailleurs la dernière fois de la saison qu’il y a deux épreuves le même jour. Il faut bien le dire cela ne donner rien de plus à l’intérêt du championnat. Mais il faudra encore attendre une décennie avant que cette façon stupide de procéder soit abandonnée par la NASCAR. Comme toujours le plus grand virage à gauche du monde, le cercle parfait de Langhorne, attire du monde aussi bien chez les concurrents avec 48 engagés que chez les spectateurs où l’on en recense 20,000. Cette course est une « sweepstake » mélangeant les GN (26) aux Convertibles (22). Ce qui est triste c’est que ce sera la dernière visite de l’histoire de la NASCAR sur la piste du Langhorne Speedway en Pennsylvanie. Ce fameux cercle en terre d’un mile de circonférence surnommé « Track that ate the heroes » (la piste qui mangeait les héros). Asphalté en 1965 pour continuer à recevoir les courses de types Indy il sera fermé le 17 octobre 1971. Aujourd’hui c’est le site d’un centre commercial.

 

La course qui fera 300 miles soit 300 tours débute par les essais dont les qualifications ou surprise c’est un pilote de Convertibles qui réalise la pole. Cet honneur revient à Paul Goldsmith sur sa Ford engagée par Smokey Yunick. Il devance Fireball Roberts sur sa Ford mais de Grand National.

 

La course va être très dure pour les mécaniques, pour les pilotes mais pour les officiels aussi qui vont commettre quelques petites erreurs de scoring. Tout d’abord les mécaniques avec pas moins de vingt abandons pour causes diverses (transmission, moteur, surchauffe,…). Ensuite les pilotes avec les accidents de Al White (99ème tour), Tiny Lund (167ème tour) et de Speedy Thompson (180ème tour). En fait il y aura à peine plus de la moitié des concurrents à l’arrivée (25 pilotes) dont Chuck Hansen mais avec la « bagatelle » de 207 tours de retard !! Il a le mérite d’avoir terminé la course coûte que coûte car sa 43ème position finale ne lui rapporte aucun gain. Il fallait être classé parmi les 40 premiers pour recevoir de l’argent.

 

Pour le devant de la course Paul Goldsmith était très rapide mais sa mécanique lui a joué des tours avec une rupture de son tuyau d’essence reliant le réservoir au moteur au 162ème tour. Il sera classé 33ème. Après les nombreux ravitaillements en pneus et essence il va vite s’avérer que Gwyn Staley semble dans une forme olympique avec sa Chevrolet décapotable. Lui et Whitey Norman (GN) comptant à quelques tours de l’arrivée cinq boucles d’avance sur un trio de poursuivants composé de Johnny Allen, Rex White et Buck Baker dont son crew chief Bud Moore lui recommande la prudence en cette fin de course vu que Marvin Panch a abandonné depuis belle lurette (classé 34ème). En effet être cinquième ou troisième ne changera rien au fait qu’il va creuser un bel écart au championnat. Le risque d’abandonner sur accident ou casse mécanique pour quelques points serait vraiment stupide.

 

Bob Welborn en action.

 

Finalement les spectateurs retiennent leur souffle dans les derniers tours car Whitey Norman revient fort sur Staley. Ce dernier coupe la ligne d’arrivée avec 753 millièmes d’avance. Cela dit Staley et son propriétaire remettent en doute le scoring des officiels. Pour eux Staley a dépassé au moins une fois Norman sur la piste. Après recompte il s’avère en effet que Norman comptait deux tours de retard sur Staley. Il garde cependant la deuxième position mais avec un écart final de 2 tours et 753 millièmes.

 

Chose remarquable c’est la première fois depuis l’instauration des courses « sweepstakes » qu’une voiture de la division des Convertibles l’emporte. Cela arrive lors de la 4ème course de ce type (Martinsville #54 en 1956, Raleigh #28 en 1957 et Memphis-Arkansas #30 en 1957). Notons que la course de Daytona-Beach en 1956 dans la série Convertibles avait vu la présence exceptionnelle d’une Hardtop (voir la saison 1956 des Convertibles) mais que cette course n’était pas pour autant considérée comme étant une « Sweepstakes ».

Si dans le top5 seul Staley a su placer une décapotable, elles seront six dans le top10. Leur poids inférieur donnant visiblement un peu moins de contrainte sur la mécanique et rendant la tâche du pilote un peu moins physique. Lui qui tourne sans cesse le volant sur la gauche.

 

Pour Gwyn Staley cette troisième victoire sera aussi sa dernière en carrière. Il aura connu les vingt jours les plus fructueux de sa carrière en remportant dans cet intervalle ses trois victoires. Il n’en aura plus vraiment l’occasion car il ne participera pas à beaucoup d’autres courses avant de décéder le 23 mars 1958 lors d’une course des Convertibles à Richmond. Quant à Whitey Norman, le n°0, ce sera son premier top5 et meilleur résultat en carrière. Le pilote Ken Marriott va faire son seul top10 en carrière (8ème). Il faut dire qu’il n’a fait que cinq courses dans sa carrière entre 1949 et 1959 (Langhorne en 1949, 50, 53 et 57 et Daytona en 1959).

 

Au championnat Buck Baker compte maintenant 700 points d’avance sur Marvin Panch. Un deuxième titre consécutif est en vue pour le pilote originaire de Charlotte, NC.

 

GN Course n° 46: « Baker puissance 8 »

 

Le jeudi 19 septembre 1957 le Columbia Raceway accueille pour la seconde fois de la saison le Grand National. On y était venu pour la 24ème course et c’est Jack Smith qui l’avait emporté. La piste n’a pas changé de configuration et ils seront 19 à viser la victoire.

Comme au mois de juin c’est Buck Baker qui signe la pole position mais presque un mile moins vite en moyenne. La raison ? La piste a beaucoup servi durant l’été et sa surface est moins plane. Cela dit aucun pilote ne va s’en plaindre.

 

La course démarre mal pour l’ancien coéquipier de Baker chez Hugh Babb Speedy Thompson car dès le septième tour son moteur casse en pleine accélération répandant un tas de petites pièces sur la piste. Une fois la course relancée il s’avère très vite que Gwyn Staley et Jack Smith seront les deux plus coriaces adversaires du jour pour Baker. Mais l’équipe de mécaniciens du leader du championnat dirigée par Bud Moore est si efficace lors de son unique ravitaillement juste après la mi course qu’il se retrouve avec un tour d’avance sur Staley et Smith. Pire encore pour Smith qui au 134ème tour abandonne suite à la casse d’un joint de culasse.

Derrière Baker et Staley la meute s’étire inlassablement et les victimes se nomment ni plus ni moins que Lee Petty, dont le moteur ratatouille mais qui tiendra jusqu’au bout, et Marvin Panch qui est dans un jour sans. Il n’y a pas d’autre explication à sa relative lenteur. Car en terminant 6ème à 10 tours il va encore perdre pas mal de points sur le grand vainqueur du jour qui n’est autre que Buck Baker. C’est sa 8ème victoire de l’année, 34ème en carrière, portant ainsi son avance au championnat à 760 points sur Panch.

 

Finalement Gwyn Staley sur le point de perdre un second tour tout à la fin conservera sa seconde position vu qu’il en possédait lui-même un sur son plus proche poursuivant. Le top5 sera complété par Bill Amick, Billy Myers qui égalise pour la quatrième fois son meilleur résultat de l’année mais qui ne fera pas mieux d’ici la fin de saison et Brownie King qui roulant pour le propriétaire Jess Potter obtient son premier top5 en carrière.

 

George Parrish fera un tête-à-queue avec sa Studebaker mais pourra repartir.

 

GN Course n° 47: « Baker récidive ! »

 

Samedi 21 septembre 1957, 21 pilotes sont inscrits pour tenter de remporter la victoire à Shelby. C’est la deuxième fois de l’année que l’on vient sur le Cleveland County Fairgrounds. La course n°15 ayant été remportée par Fireball Roberts du temps des écuries « d’usines ».

Buck Baker sur sa lancée de Columbia réalise la pole position, battant le record du début de saison détenu par Tiny Lund. Ce dernier est d’ailleurs absent de la liste des engagés. Par contre il y a un débutant ici en la personne de Gene Glover sur sa propre Chevrolet modèle 56. Il faut signaler que ce pilote aura une drôle de carrière en NASCAR car c’est ici la seule fois qu’il prendra part à une course de Grand National (actuelle Sprint) et que la seule autre fois ou l’on reverra Glover ce sera en 1982 soit 25 ans plus tard pour son unique départ en Nationwide à Bristol. Il avait alors 47 ans. Il est décédé le 18 mai 2008.

Notons encore qu’Herb Thomas était présent pour annoncer sa retraite définitive en tant que pilote du sport automobile. Cela onze mois après avoir été très grièvement blessé ici même à Shelby. Il ne se sera jamais vraiment remis physiquement de cet accident.

 

La course va être très belle à suivre pour les 5000 spectateurs présents. Baker profite bien de sa pole pour mener les 65 premiers tours mais jamais il ne parvient à distancer de plus de quelques longueurs ses plus proches rivaux dont Lee Petty qui le dépasse au 66ème tour. Mais Baker ne lâche rien et reprend le commandement au 83ème tour.

Au 103ème tour Ken Rush plante sa Mercury dans les barrières et provoque le premier drapeau jaune de la course. En voulant l’éviter Gene Glover sort de la piste et s’embourbe. Dans l’impossibilité de dégager sa voiture il doit abandonner. Les positions déjà serrées en tête le sont encore plus lors du restart et cela va permettre à Fireball Roberts de porter une attaque concluante au 116ème tour. Baker va d’ailleurs en profiter pour procéder à son unique ravitaillement accompagné par Marvin Panch. Panch qui est dans un bon jour.

Au 144ème Speedy Thompson provoque le second drapeau jaune sur les quatre que comptera la course quand il s’immobilise en pleine trajectoire moteur cassé. Décidément quand ça ne veut pas ça ne veut pas que ce soit avec sa propre voiture ou comme ici avec celle de Dick Beaty. Le chat noir l’accompagne partout !

Roberts vu qu’il était obligé d’attendre la fin du drapeau jaune pour mettre de l’essence comme l’y oblige le règlement va perdre son sang froid sentant la chance lui tourner le dos. En effet la meute lui a recollé aux basques et dès le restart son pneu avant droit explose et il va encastrer sa Ford dans la barrière en bois. C’est l’abandon.

Baker n’en demandait pas tant et récupère la première position pour le restart suivant mais dans l’ombre de sa voiture il y a celle ce Panch qui se fait si pressant qu’il va faire faire une faute au champion en titre. Nous sommes au 165ème tour et tout le monde ce dit. Ok c’est bon Panch va gagner…. Et bien non car soudainement alors qu’il ne reste que douzaine de tour sa Ford toussotte. Il lui manque de l’essence ! Il doit rentrer dare-dare au stand pour faire un splash and dash, un ravitaillement éclair. Baker peut exulter car à 12 tours de la fin il récupère la première position. Il remporte sa neuvième victoire de la saison avec 0,33 tour d’avance sur Panch qui déchaîné revenait comme un boulet de canon ! Rouler en automne sur cette piste lui convient bien car il l’avait déjà emporté en octobre 1956.

 

Au championnat Baker accentue son avance de 8 points ce qui lui permet d’avoir un solide matelas de 768 unités de plus que Panch. Le deuxième titre se profile de plus en plus à l’horizon.

 

Le regretté Bobby Myers à gauche pose avec le poleman Cotton Owens sur la ligne de départ de Darlington. Notons que pour la photo la Petty Enterprises avait amené sur la piste la voiture #42 de Lee Petty au lieu de la #4 que Myers utilisait. (Photo de Darlington)

 

GN Course n° 48: « Panch se loupe, Baker assure et Petty l’emporte »

 

Après deux visites plus tôt dans la saison (11ème et 29ème course), le Southern States Fairgrounds de Charlotte, NC, accueille en ce samedi 5 octobre 1957 sa troisième et dernière course de l’année. Belle affluence en ce qui concerne la liste des engagés puisque l’on dénombre 28 pilotes. Il s’agira bien sur d’une course de 200 tours soit 100 miles. Signalons une de rares apparitions de Pete Stewart derrière le volant, lui qui fera par la suite une belle et longue carrière de commissaire sportif de la NASCAR. Que Bill Poor (pauvre) viendra gagner un peu d’argent à défaut de gloire.

 

La pole est signée pour la troisième fois de la saison par Lee Petty, sa huitième en carrière. Ce sera aussi la dernière fois de l’année qu’il obtiendra cette position qui ne sert à rien sur le plan comptable, juste à flatter l’égo du pilote en lui signifiant qu’il est le plus rapide. Et un pilote adore être brossé dans le sens du poil ! Le deuxième est Speedy Thompson mais ce dernier se demande déjà de quelle façon il va devoir abandonner…

 

La course va être cruelle pour bon nombre de favoris soit de façon définitive avec abandon à la clef soit en les retardant suffisamment pour leur ôter très vite tout espoir de victoire.

Parmi les pilotes ayant abandonné on peut citer Joe Weatherly au 28ème tour sur casse de la transmission de sa Ford préparée par Holman-Moody, Johnny Allen qui aura vraiment connu une saison pourrie avec cette fois-ci la casse du pont arrière de sa Plymouth pourtant engagée par Spook Crawford, un autre mécanicien de génie à la Smokey Yunick. Il y aura aussi Speedy Thompson qui reçoit une pierre dans son radiateur, le perçant au 138ème tour alors qu’il occupait une probante troisième place. Il y aura aussi Billy Myers dont le moteur rendra l’âme au 172ème tour alors qu’il était bien parti pour engranger une nouvelle quatrième position. Mais surtout il y aura l’abandon de Marvin Panch qui sans doute énervé d’avoir déjà perdu deux tours suite à des problèmes de suspension va partir à la faute dans son 130ème tour et percuter la palissade en bois. Ce nouvel abandon alors qu’il ne restera plus que cinq courses à disputer lui ôtant quasi tout espoir de devenir champion.

 

Car pendant ce temps Buck Baker qui lui aussi connaît des problèmes de suspension va parvenir à rallier l’arrivée en quatrième position. A cinq tours du leader certes mais avec dorénavant plus de 820 points d’avance au championnat il peut voir venir.

 

Pour la victoire cela se jouera finalement entre Lee Petty et Fireball Roberts. Petty gagnant de justesse sa quatrième victoire de la saison, sa 30ème en carrière. Il s’agit aussi de sa seconde victoire ici après celle obtenue en 1954 lors de la course inaugurale sur cette piste. Notons que Lee Petty, Fireball Roberts et Buck Baker auront tous les trois réussi trois top5 lors des trois courses disputées ici cette saison.

 

Jack Smith #47 tente d’éviter la Ford de Marvin Panch en perdition.

 

GN Course n° 49: « Welborn l’emporte mais c’est Jones qui coupe la ligne en premier »

 

Le dimanche 6 octobre 1957 on retourne à Martinsville en Virginie où l’on était venu au mois de mai avec la victoire de Buck Baker. La grande différence c’est que cette fois-ci il s’agit d’une « sweepstake » donc d’une course mélangeant les Grand National (24) et les Convertibles (16). D’ailleurs la course se nomme les « Sweepstakes 500 ». Il y aura 250 miles soit 500 tours à faire pour les 40 pilotes engagés.

 

La pole revient à Eddie Pagan sur sa Ford GN. Il devance Bob Welborn sur sa Chevrolet Convertibles.

La course sera une nouvelle démonstration des capacités des Convertibles sur les short tracks face aux surpuissantes mais aussi plus lourdes voitures du Grand National. En effet dès le départ Bob Welborn s’empare de la position de tête qu’il ne quittera qu’au 183ème tour lors de son premier ravitaillement. A ce moment là c’est Lee Petty qui prend le commandement sur son Oldsmobile GN car comme tous les pilotes de GN il avait déjà du ravitailler. Les GN consommant plus. Petty qui très vite va se faire rattraper par Jimmy Massey, lui aussi à bord d’une décapotable, une Ford engagée par les Wood Brothers. Il est marrant de voir les fortunes diverses pour les deux Massey de la course. Bill Massey ayant été le premier à abandonner au 86ème tour sur casse de sa transmission. Il faut aussi préciser que les deux pilotes n’ont aucun lien de parenté. Signalons au passage la très mauvaise prestation du poleman Pagan qui n’aura jamais durant la course la vitesse suffisante pour briguer un bon résultat. Il faut dire que Welborn et plusieurs autres pilotes roulent plus vite en course que lors des qualifications. C’est d’ailleurs pour cela que malgré quatre drapeaux jaunes la moyenne de la course sera seulement inférieure de moins de 3 mph par rapport à la pole.

La course se poursuit et Rex White puis Lee Petty vont chacun à leur tour prendre le commandement jusqu’à leur arrêt ravitaillement respectif. A ce moment là Bob Welborn récupère le leadership au 249ème tour mais au 260ème alors qu’il a plus de deux tours d’avance il procède à son deuxième ravitaillement de façon anticipée. En fait Welborn ne se sent pas très bien et il fait rappeler à son stand son coéuipier Lewis « Possum » Jones qui compte six tours de retard. Ce dernier reprend la piste au volant de la Chevrolet de Welborn tout en conservant la première place. Bill Massey sera appelé en renfort pour reprendre la piste avec la voiture de Possum Jones.

Quelques favoris quittent la course comme Paul Goldsmith au 334ème tour suite à une sortie de route et Speedy Thompson au 416ème tour lui aussi sur accident. Pour Thompson il s’agit du sixième abandon consécutif depuis sa victoire aux Southern 500 à Darlington. Le chat noir est tenace !

 

Possum Jones ne va plus lâcher la première position même si sur la fin Jimmy Massey ne concèdera que 14 secondes sur la ligne d’arrivée. Jones remporte la victoire mais celle-ci sera bien évidemment créditée à Bob Welborn puisque c’est toujours le pilote qui a pris le départ qui enregistre les stats. Jones est officiellement classé à la 8ème place grâce aux efforts de Bill Massey.

Pour Welborn cette victoire est la première en carrière. Lui qui domine tant la série des Convertibles remporte donc en duo avec Jones sa première victoire en Grand National au volant d’une Convertibles !

 

Signalons que Marvin Panch connaît encore une course difficile car il passe la ligne en 16ème position à 27 tours du leader. C’est toujours mieux que la 23ème place de Buck Baker (à 71 tours) mais insuffisant pour renverser la tendance qui veut que Baker se rapproche inexorablement de son deuxième titre consécutif. Il faut noter que c’est seulement aussi la deuxième et dernière fois de la saison que Baker ne termine pas une course dans le top10.

 

Cette victoire d’une Convertibles met le compteur à 2 victoires contre 3 pour les Grand National dans les cinq courses « Sweepstakes » déjà disputées en NASCAR.

 

Welborn hormis son forfait à Columbia n’aura pris part qu’à quatre courses en 1957 en Grand National, toutes des « Sweepstakes ».

 

Eddie Pagan #45mène la meute lors du départ avec à ses côtés Bob Welborn qui sera relayé par Lewis « Possum » Jones durant la course.

 

GN Course n° 50: « Roberts joue à saute mouton par-dessus les trous »

 

Le samedi 12 octobre 1957 c’est à Newberry sur le speedway éponyme que l’on va disputer la 50ème course de la saison. Cet ovale en terre d’un demi mile est situé en Caroline du Sud. Cette piste ouverte en 1952 accueille ici sa seule course de l’histoire d’une division nationale de la NASCAR. Elle sera transformée en 1961 en quart de mile et fermée définitivement en 1979. Elle détient le record officiel de la course de Grand National ayant vu le moins de spectateurs payants avec 900. Il faut savoir que lorsque l’on n’a pas le nombre exact de spectateurs pour de nombreuses courses dans l’histoire ce nombre était minimum estimé entre 1000 et 1500. C’est entre autre pour cette raison que la NASCAR ne reviendra plus ici. L’autre raison est l’état de la piste qui ressemble plus à un champ de bataille qu’à une piste de course tant il y a des trous, des ornières et des bosses !

 

Les pilotes vont s’en plaindre ouvertement. Même Jack Smith le poleman n’est pas content car avec 56,514 mph de moyenne sa pole est très lente par rapport aux possibilités offertes par cette piste si sa surface était de meilleure qualité. En effet avec ses virages relevés elle autoriserait facilement 10 à 15 mph de plus en moyenne. Mel Larson dira : « C’est la chose la plus éloignée d’un circuit de course que je n’ai jamais vu. Et pourtant j’en ai vu des ratés époustouflants ! ».

 

La course va être un cauchemar pour les pilotes mais au final sur les 23 engagés ils seront quand même 17 à terminer la course. Ils ont roulé prudemment. D’ailleurs aucun abandon n’aura pour origine un accident ou une casse de suspension. Le premier à quitter la course sera Lee Petty sur rupture de sa conduite d’huile reliant le réservoir au moteur. C’était au 74ème tour.

En ce qui concerne la première place après l’intérim de Smith lors des 18 premiers tours puis celui de Speedy Thompson lors des 47 suivants les choses sérieuses vont débuter avec un beau duel, entre les trous, entre Fireball Roberts et Buck Baker. Baker mène entre les 66 et 82ème tour avant de se faire dépasser par Roberts. Ce dernier ne parvient pas à décrocher le leader du championnat même après le passage par les pits pour ravitailler. Alors qu’il ne reste que 30 tours Baker ralentit soudainement sa cadence. Sa suspension avant droite est affaissée et il va concéder un tour face à Roberts qui remporte donc ici une nouvelle victoire cette saison, sa 7ème et 12ème en carrière.

Signalons que Thompson coupe la ligne d’arrivée en sixième position. Il n’avait plus vu le drapeau à damier depuis Darlington.

 

Et Marvin Panch dans tout ça ? Il termine à la quatrième place à 3 tours, derrière le poleman Smith. Si quatrième dans l’absolu c’est un beau résultat pour Panch cela met quasi définitivement un terme à ses espoirs de titre.

 

George Parrish débute son run de qualification (Photo de Darlington).

 

GN Course n° 51: « Roberts remporte la course et Baker le titre »

 

Le lendemain, dimanche 13 octobre 1957, c’est à Concord en Caroline du Nord que l’on retourne pour la troisième fois de l’année. On y avait déjà disputé les courses n°2 et n°5. Il y a 26 engagés pour cette courses de 100 miles soit 200 tours.

La pole va être réalisée par Jack Smith pour la deuxième fois consécutivement. Ce sont aussi ses deux seules poles de la saison portant son total en carrière à trois. Sa première pole ayant été acquise en 1952.

 

Le départ est donné que déjà Smith perd le commandement au profit de Speedy Thompson qui va le garder jusqu’au 31ème tour quand Smith parvient à reprendre ce qu’il n’aurait jamais du perdre.

A ce moment là la course va être très disputée avec un chassé croisé en tête entre plusieurs pilotes. Smith va rentrer aux stands et se fait relayer au 68ème tour par Tiny Lund qui n’avait pas de volant pour cette course. Smith s’est fait mal au poignet gauche suite à un retour de volant dans une ornière. Tiny Lund va réussir à reprendre la tête, pour le compte des stats de Smith, entre le 87ème et le 92ème tour avant de se faire dépasser par un Fireball Roberts qui venait de passer la surmultipliée.

Roberts est au dessus du lot et seul Lee Petty parviendra à le suivre à distance et à ne pas perdre de tour. Petty terminera finalement second à 15 secondes de Roberts qui remporte sa 8ème course de la saison, 16ème en carrière. Ken Rush réalise son premier top5 en carrière (3ème) lui qui visiblement a bien fait de quitter Frank Hayworth pour Sam Rice depuis deux courses. En effet il vient par deux fois de terminer dans le top10 ce qui ne lui était arrivé que quatre fois depuis le début de sa saison. Une saison partielle mais ce qui sera suffisant pour lui offrir le titre officieux de rookie of the year, le meilleur débutant de l’année. Ce titre décerné par les médias en 1957 et qui ne sera officiellement attribué par la NASCAR qu’à partir de 1958.

 

La course fut ralentie à cinq reprises par les drapeaux jaunes pour des accrochages minimes dans trois des cas, pour un moteur explosé et donc une voiture à dégager (Mel Larson au 41ème tour) et pour une autre voiture à dégager au 21ème tour lorsque Bill Benson perdit sa roue avant gauche. 21 pilotes sur 26 terminant la course.

 

Marvin Panch termine une nouvelle fois à la quatrième position mais Buck Baker en terminant à la neuvième position s’adjuge le titre de champion 1957. Avec 664 points d’avance il ne peut plus être rejoint même s’il ne participe pas aux deux dernières courses et que Panch les remporte toutes les deux. Leur coefficient n’étant que de 250 points par victoire.

Pourtant Baker n’a pas eu une course de tout repos. En effet il fut poussé en tête-à-queue par Lee Petty au 120ème tour. Baker s’est fait mal aux côtes en effectuant son 360°. Il rentre aux stands au 122ème tour et se fait relayer par Jimmy Thompson qui est un de ses mécaniciens mais aussi un pilote occasionnel. Il a fait par exemple deux courses en 1957 sans grand résultat. Ce « top10 » officieux étant son 7ème. En fait entre 1949 et 1962 il sera classé 10 fois dans le top10. Ce 11ème ne lui étant pas attribué puisqu’il n’avait pas pris le départ de la course.

C’est aussi le seul top10 en carrière lors de son deuxième départ pour Jack Marsh qui avait fait la course précédente et qui fera encore la suivante avant de disparaître du paysage de la NASCAR.

 

Jack Smith

 

GN Course n° 52: « Smith remporte une course endeuillée par la mort d’un spectateur »

 

L’avant dernière course de la saison a lieu le dimanche 20 octobre 1957 sur le superbe North Wilkesboro Speedway dans la ville du même nom en Caroline du Nord. La piste de 0.625 mile est en plein chantier par rapport à la course n°9 de la saison car les travaux d’asphaltage ont pris du retard. Il n’y a donc que la partie extérieure qui est complètement recouverte d’asphalte. La partie intérieure des virages et de la ligne des stands est encore en terre. Le processus de transformation sera totalement terminé pour 1958. Cette configuration mi asphalte / mi terre est un vrai casse tête pour les 26 engagés aux « Wilkes 160 ». En effet soit ils restent à l’extérieur de la piste ce qui est moins rapide soit ils coupent à l’intérieur des virages mais ce passage asphalte / terre / asphalte abîme fort les suspensions et les pneus.

 

Fireball Roberts réalise la pole, il fait donc le sweep ici cette saison. Son chrono est à peine meilleur que celui du début de saison à savoir 81.640 contre 81.500 mph. Banjo Matthews est deuxième pour une de ses rares apparitions de l’année.

 

La course aurait pu être belle mais elle sera ternie par un terrible accident. Tout commence mal car au baiser du drapeau vert la fin du peloton éclate suite à un carambolage impliquant cinq voitures. Trois pilotes, Roy Tyner, George Parrish et Max Berrier, restant sur le carreau. Parrish étant un des rares en 1957 à s’être aventuré en Grand National avec une Studebaker. Max Berrier dont c’est le retour cette saison vu qu’il ne pouvait plus courir depuis deux ans car il n’avait pas les 21 ans réglementaire venait de trouver un volant chez Frank Hayworth à la place de Ken Rush sur la Mercury qui venait de récupérer son toit. En effet la dernière fois qu’elle avait été utilisée c’était en version décapotable à Martinsville.

 

Un nouveau départ est donné avec les 23 pilotes restant mais pour le pilote originaire de North Wilkesboro R.L. Combs cela ne servira à rien car il casse sa transmission à la fin du premier tour.

Fireball Roberts qui mène depuis le départ va faire une grosse erreur au 61ème tour quand il loupe l’entrée du virage Nord (nom donné jusqu’en 1960 aux virages 1 et 2 à la façon de Daytona-Beach). Il escalade la barrière en bois et sa voiture tombe en contrebas du talus. Il est plus secoué que réellement blessé. C’est le premier drapeau jaune. Jack Smith va reprendre le commandement devant Lee Petty, Buck Baker et Banjo Matthews. Ce dernier va passer ses adversaires un à un pour s’emparer du leadership au 94ème passage.

Au 118ème tour c’est la catastrophe. Tiny Lund qui coupe allégrement les virages depuis le début de la course casse son train arrière gauche et sa roue se détache. Elle rebondit contre la barrière et passe de l’autre côté du grillage pour retomber dans la tribune principale tuant sur le coup le malheureux spectateur W.R. Thomason. Ce deuxième drapeau jaune sera le dernier de la course. Matthews ravitaille au 111ème tour laissant Smith prendre la première place pour deux petits tours avant que ce dernier ne lui rende la position de tête lors de son propre arrêt aux stands.

 

Speedy Thompson s’engouffre dans la pitlane au 68ème tour suite à une crevaison. Au fond de l’image on voit Johnny Allen sortir du virage 4 à fond de balle avec sa Plymouth.

 

Jack Smith en sortant des stands va alors combler petit à petit son retard sur ses adversaires dont le leader Banjo Matthews et lui chiper la première place à 10 tours de la fin. Smith remporte ainsi sa quatrième victoire de la saison, sa cinquième en carrière. Il devance finalement Lee Petty de 4 secondes car Matthews a encore perdu une place dans la bataille mais conserve de justesse sa troisième place face à un groupe de fous furieux emmené par Speedy Thompson, qui a pourtant fait un pit stop imprévu en plus que les autres suite à une crevaison à l’avant droit au 68ème tour, et composé de Cotton Owens, Buck Baker et de Marvin Panch. Les sept premiers terminent dans le tour du leader, un record en 1957.

 

Signalons aussi que cette course marquait le retour de Junior Johnson après avoir passé presque 12 mois à la prison de Chillicothe dans l’Ohio suite à une condamnation pour « moonshine activites » autrement dit pour activité illégale de trafic d’alcool.

 

GN Course n° 53: « Dix de der pour Baker »

 

Une semaine plus tard, le dimanche 27 octobre 1957, le Grand National arrive enfin au terme de son marathon de 53 courses débuté fin 1956 ! Nous sommes à Greensboro, NC, sur le Central Carolina Fairgrounds. On y était venu en début de saison pour la 13ème course mais la piste se prénommait à ce moment là Greensboro Agricultural Fairgrounds. Cela dit elle n’a pas changé, elle est toujours en terre et fait 0.333 mile. Il y a 31 pilotes inscrits pour cette course de 250 tours soit 83.25 miles.

 

La pole est réalisée par Ken Rush dont c’est la première en carrière. Le rookie 1957 clôture sa saison sur une note positive. Il a cependant roulé près de deux mph en moyenne moins vite que Buck Baker en début d’année.

 

Ken Rush (en photo avec sa Convertibles) réalise sa première pole en carrière.

 

La course ne sera pas du même acabit pour Rush qui faisait un beau début de run puisqu’il figurait encore dans le top5 quand au 34ème tour il partait en tête-à-queue et se faisait percuter par Possum Jones, Gwyn Staley, Speedy Thompson et Marvin Panch. Ce dernier faisait un tonneau avant de retomber sur ses roues et de continuer vaille que vaille sa course.

 

Malgré les crash Lee Petty mène la danse depuis le premier tour et des crashs il y en a déjà eu et il y en aura encore un fameux quand Roy Tyner se loupe dans son 62ème tour et va encastrer sa Ford dans la tour des officiels de la NASCAR. Fort heureusement personne ne sera blessé mais il faudra tout de même évacuer la tour par sécurité.

Dans son 130ème tour Curtis Turner abandonne sur casse de son essieu arrière. Son objectif est atteint c’est-à-dire ramener la voiture en entier à son propriétaire Bob Welborn. Ce dernier avait été contacté par Turner, en manque de volant, pour lui prêter sa voiture en vue de la finale ou Welborn comptait engager deux voitures, la sienne (#49) et la #48 pour Possum Jones. Welborn va d’abord refuser puis dira ok mais à la condition qu’il ramène la voiture en entier. Turner ayant un peu la réputation de froisser de la tôle quand il ne gagne pas.

 

Buck Baker prend le commandement furtivement du 155 au 160ème tour quand Petty ravitaille mais il doit lui aussi passer par les stands. Cependant Baker va se montrer le plus rapide et constant dans le dernier quart de la course et au 191ème tour il reprendra de façon définitive la première place.

Il passe sous le drapeau à damier avec plus d’un tour d’avance sur Speedy Thompson et le reste de la meute dont Lee Petty finalement cinquième.

Baker remporte sa dixième victoire de la saison, sa 36ème en carrière, clôturant de la plus belle des façons cette saison qui la vu remporter son deuxième titre de champion consécutivement. Il est le troisième double champion de l’histoire depuis 1949 après Herb Thomas (1951 et 53) et Tim Flock (1952 et 55) mais il est le premier à le faire deux fois de suite.

 

Notons les débuts d’Herman Beam que l’on surnommera plus tard « The Turtle » (la tortue) déjà avec son numéro 19 qu’il conservera durant les 194 courses de sa carrière. Il détient le record de 84 courses consécutives sans abandon.

 

Buck Baker pose avec une show car à la décoration spéciale évoquant son double titre de champion

(voir le toit).

 

 

CONCLUSION

 

 

Voilà la saison 1957 est terminée, il faudra attendre 1962 pour retrouver un calendrier aussi long de 53 courses. Cela dit ce record sera battu en 1963 et 1965 avec 55 courses mais surtout en 1964 avec 62 courses !!! Une saison qui aura tout connu, des larmes de joie aux larmes de tristesse, de l’implication grandissante des constructeurs jusqu’à leur départ à cause de l’AMA, des courses mémorables à celles plus soporifiques,…

Il n’y a pas vraiment de conclusion à écrire sur cette saison car elle n’est qu’une année parmi tant d’autres de la grande histoire de la NASCAR.

En attendant un petit récapitulatif des statistiques de la saison 1957 s’impose.

Tout d’abord le champion Buck Baker qui remporte à 38 ans son deuxième titre de champion. Une saison ou il a participé à 40 courses sur les 53 possibles. Plusieurs tombant aux mêmes dates mais aussi les courses de l’Ouest qu’il « boycotta » trouvant les déplacements trop long et trop risqué.

Voici ses chiffres :

40 départs

10 victoires

30 top5

38 top10

6 poles

Position moyenne de départ : 5,7

Position moyenne à l’arrivée : 4,7

8068 tours parcourus sur les 8439 possible soit 95,6% dont 858 en tête.

4 abandons

Points : 10,716 soit 760 de plus que son dauphin Marvin Panch.

Gain : $24,715 en course et au total en incluant sa prime de champion : $30,763.40

Il est également champion des propriétaires même si sur ses 40 courses il en a fait 15 pour l’écurie de Hugh Babb.

Son crew chief était Bud Moore.

 jj

 

Buck Baker champion 1957

 

Notons aussi que Ford remporta le titre de champion des marques, que Fireball Roberts obtint le titre de pilote le plus populaire et Ken Rush celui officieux de Rookie. Il faut préciser que ce titre officieux décerné par les médias combinait les efforts de Rush dans les deux divisions nationales (16 courses en Grand National et 21 courses en Convertibles).

Au total il y aura 201 pilotes classés au championnat.

Il faut encore signaler que Baker remporte le titre alors qu’il a fait moins de courses que Marvin Panch, Fireball Roberts et Johnny Allen (tous ayant fait 42 courses) ou encore Lee Petty (41 courses).

 

Pour des statistiques détaillées sur les courses, classements de la saison des pilotes,… Je vous invite à surfer sur http://www.racing-reference.info/ et sur http://www.stockcar-world.com pour les résumés des autres saisons de la NASCAR depuis 1949.

 

Bon ce n’est pas tout ça mais dans une semaine, le 3 novembre 1957, ce sera déjà la première course du calendrier de la saison 1958. Pilote de NASCAR c’est plus qu’un métier ou une passion c’est un sacerdoce !

 

A bientôt pour 1958.

 

Voir la première partie n°1/2 : La saison des Convertibles.

 

Article écrit par Vincent Delforge alias nascar_vd entre juin et décembre 2009. Pour une bibliographie complète je vous renvoie aux sujets précédents car l’essentiel des sources sont identiques (hormis les annuaires, les journaux d’époques). Aucune information ne provient d’articles publiés sur le net. Pour un détail complet vous pouvez me contacter. Cela dit la bibliographie complète sera mise à disposition sur le site WWW.stockcar-world.com au fur et à mesure du processus d’écriture. Elle l’y est déjà en partie via les autres articles que j’ai écris pour le site. Pour toute question relative aux sources ou informations complémentaires sur les courses je suis à votre disposition.

 

L’essentiel des photos sont des scans provenant de ma collection (photos, livres, revues, journaux,…) et sont souvent sans copyright. Quelques photos (identiques à celles de ma documentation) pour un meilleur rendu visuel (car meilleure qualité, moins jaunies,..) proviennent du net. Il est évident que ces photos ne sont là que pour illustrer l’article et que si leurs auteurs se font connaître elles peuvent à leur guise être soit retirées de l’article soit accompagnées d’un copyright.

 

Je tiens à remercier plus particulièrement Greg Fielden, Bob Latford, Alan Boodman, John Lehmann pour m’avoir donner l’inspiration pour certains, mais aussi de l’aide pour certains d’entre eux car rassembler une telle documentation au fil des ans n’est pas chose facile. J’en oublie beaucoup (journalistes, pilotes, chef d’écurie, mécaniciens… y compris Bill France Jr) qui ont gentiment répondu à mes sollicitations, à mes questions, au cours de ces dernières années mais les citer tous prendrait trop de place ! Alors pour n’oublier personne et faire court je dirai simplement merci à tous les passionnés qui ont fait, font et feront l’histoire de la NASCAR.

 

Un petit mot aussi à l’égard des membres du site NASCAR-WORLD. Merci à Kevin (VWM), Jean-Philippe (Kiwideux), Emmanuel (BadgerManu), Thomas (Xoco), John (John24) et à tous les autres visiteurs du site et membres du forum !

 

Enfin je remercie ma famille pour sa compréhension envers moi et ma passion débordante pour la NASCAR même si j’en suis sur ils pensent que je suis un extraterrestre !

 

 

© jj 2009 jj

 



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