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1957

Le grand dilemme : les manufacturiers, leur image et les performances grandissantes des voitures, face à l’envie d’améliorer la sécurité, tout en assurant le spectacle sur la piste.*

 

Partie n°1/2 : La saison des Convertibles.

(Partie n°2/2 : La saison du Grand National.)

 

*Un bien grand titre mais une réalité qui de nos jours est toujours le leitmotiv de tous les règlements régissant la NASCAR et les sports automobiles dans le monde entier.

 

On le sait depuis sa création la NASCAR a comme principe de faire courir des voitures de série. Le nom Strictly Stock utilisé en 1949 témoigne de cette idée même s’il fut abandonné dès l’année suivante. L’implication des manufacturiers dans la course auto et plus particulièrement en NASCAR démarre réellement en 1956. Les composants des voitures ne sont plus modifiés par les pilotes eux-mêmes, ils sont officiellement développés par les usines et mis à disposition via des catalogues de pièces détachées « courses » ou « haute performance ». L’arrivée de la division Convertible n’y est pas étrangère car cela donnait deux fois plus d’expositions médiatiques au niveau national aux manufacturiers y participant (avec le Grand National).

 

Pour résumer entre novembre et décembre 1955 une délégation de la NASCAR emmenée par Bill France Sr (président) et composée de Ed Otto (vice président), d’E.G. « Cannonball » Baker (commissaire en chef), de Louis Ossinsky, Tom McCahill, Bill France Jr, Don O’Reilly et Bob Barkheimer rencontrent les représentants des grandes manufactures automobiles qui viennent de créer l’AMA (Automobile Manufacturers Association) dont font partie Ford Motor Company, General Motors, Chrysler, Studebaker-Packard Corporation et American Motors Corporation.

Cette succession de réunions aboutira à la création des fameux catalogues de pièces hautes performances que les écuries vont pouvoir à loisir choisir pour améliorer leurs voitures de courses. Cela permet de satisfaire les manufacturiers qui eux veulent utiliser la course automobile pour développer leurs technologies et augmenter leurs ventes via leurs succès sur la piste. La seule contrainte imposée par Bill France Sr sera l’obligation pour les manufacturiers de proposer leurs « pièces » à l’ensemble des clients, compétiteurs ou non, au niveau national via leurs concessions.

On va le voir mais ce point sera largement bafoué par les manufacturiers qui n’arriveront quasi jamais, (volontairement ?) à proposer des pièces « musclées » en quantités suffisantes. Souvent les pièces sont fabriquées en quelques unités à peine voire même sur mesure pour les écuries de courses ! Bill France n’avait pas obtenu lors des négociations que le prix des pièces reste abordable mais il n’arrive pas à lutter contre ce phénomène. Les voitures en NASCAR ressemblent aux voitures de monsieur tout le monde mais la comparaison s’arrête là. Suspension, mécanique, matériaux utilisés, rien n’est semblable à la voiture « civile ». L’esprit même de la NASCAR disparaît petit à petit.

 

L’autre point est la sécurité. Bill France Sr veut que ses voitures, toujours plus rapides, soient encore plus sûres pour les pilotes. La sécurité routière n’est par contre pas encore un crédo indispensable pour les manufacturiers. Les client veulent plus de vitesse et plus de puissance. Ils ne demandent pas en premier à ce que leur voiture soit sûre mais qu’elle soit plus performante que celle de leur voisin.

Le 5 décembre Bill France écrit une lettre destinée à tous les manufacturiers mais aussi au gouvernement. Pour lui une partie des millions de dollars injectés dans le sport auto par les constructeurs devraient être utilisée en vue d’améliorer la sécurité des voitures donc de ses occupants. Il décide d’ailleurs de renommer pour 1956 (cela durera jusqu’en 1958) les Daytona Speedweek en « International Safety and Performance Trials and Races ». Le slogan étant d’ailleurs « sécurité d’abord, puis performance ». La sécurité visant aussi à protéger les spectateurs et pas seulement les pilotes.

 

Bill France Sr (à gauche) et E.G. « Cannonball » Baker.

 

La paranoïa de la sécurité de Bill France Sr ira jusqu’à approuver l’idée de E.G. Baker voulant que tout employé de la NASCAR violant les lois de la sécurité routière sont susceptibles d’amendes, de suspensions voire même d’être licencié. Pour les pilotes c’est pareil avec en plus le risque de perdre tous les points acquis au championnat précédant l’infraction.

Par contre pour 1957 la NASCAR impose de nouvelles règles en terme d’arceau de sécurité et c’est toujours cette « cage » de base qui sert de modèle aux arceaux d’aujourd’hui. Les inspections techniques seront d’ailleurs renforcées sur les courses.

 

On va le voir durant le développement de la saison mais les problèmes ne font que commencer et pas plus tard que la 2ème course de la saison. Les mois de mai et juin seront aussi déterminants pour l’avenir de la NASCAR.

 

Notez que pour avoir une vue d’ensemble de la situation il faudra tenir compte des développements évoqués aussi bien dans cette première partie sur les Convertibles que dans la deuxième partie racontant la saison du Grand National.

 

C Course n° 1: « Larson met le feu, Weatherly gagne »

 

Le dimanche 11 novembre 1956 soit moins d’un mois après la fin de la saison 1956 débute déjà la saison 1957. Et oui dans les années 50 la NASCAR pond des calendriers qui n’ont ni queue ni tête… C’est à Jacksonville, NC, sur le speedway éponyme que les hostilités vont débuter. Il s’agit d’un demi mile en terre que la NASCAR visite pour la première fois. En ce qui concerne la division Convertible ce sera même la seule visite. Cette piste construite en 1952 est aussi connue sous le nom de Onslow Speedway pour les courses de monoplaces. Il sera détruit début 1965. A noter qu’il y a déjà eu un Jacksonville Speedway utilisé en NASCAR (et qui le sera encore) mais qui lui se situe en Floride.

 

19 pilotes engagés. La pole revenant à Joe Weatherly sur sa Ford, sa 12ème en carrière. Il devance son coéquipier Curtis Turner.

 

La course sera bizarre dans le sens ou il y aura plusieurs faits de course inhabituels. Tout d’abord l’incident au 73ème tour de Mel Larson qui voit son réservoir d’essence se détacher de sa Ford et aller percuter la palissade en bois ceinturant le circuit. Sous le choc il s’éventre et le carburant enflamme la palissade. Les pompiers mettront plusieurs minutes pour venir à bout de l’incendie. Une fois la course relancée Weatherly part dans un premier tête-à-queue. Curtis Turner va alors connaître des soucis de pneumatique. Devant Weatherly reprend le commandement au prix d’une belle attaque mais repart aussi vite en tête-à-queue. Après les ravitaillements Joe est cependant largement en tête devant Glen Wood qui est le dernier à être encore dans le tour du leader. Un nouveau tête-à-queue de Weatherly lui fait perdre toute son avance et il franchit de justesse en tête la ligne d’arrivée. Il s’agit de sa 5ème victoire en carrière.

 

Il prend donc le commandement du championnat. Bob Welborn le champion en titre termine 7ème. Ils ne sont d’ailleurs que 9 sur 19 à rallier la ligne d’arrivée.

 

Joe Weatherly remporte cette 1ère course comptant pour le championnat 1957 sur le Jacksonville Speedway.

 

C Course n° 2: « Tim Flock, le singe est lâché ! »

 

Le samedi 16 fevrier 1957 soit près de 3 mois après la manche d’ouverture à lieu la 2ème course du championnat. C’est à Daytona Beach sur le célèbre circuit bordant l’océan Atlantique que 28 pilotes se retrouvent. Pas mal de changement au niveau du matériel car l’essentiel des teams à préparé des nouvelles voitures millésimées 1957.

La pole pour Tim Flock qui fait ici sa toute première apparition dans une course de Convertible. Il fait plaisir à Bill Stroppe son propriétaire qui pour l’occasion a préparé une Mercury dont le moteur développe 335 chevaux. Le mile départ arrêté est bouclé à la vitesse de 128.570 mph soit presque 6 miles moins vite que celle établie en GN.

 

La course aurait pu être disputée mais elle ne le sera pas. Tout commence bien car si Tim Flock profite de sa pole pour mener les premières boucles il est suivi puis dépassé par son coéquipier Billy Myers. Flock ne lâche pas prise et au 16ème tour il parvient au prix d’un freinage plus que tardif à reprendre le leadership au virage Nord. Cela dit Joe Weatherly est lui aussi en embuscade et va dès le tour suivant prendre le commandement. Au 20ème tour Flock et Myers opèrent en même temps leur unique ravitaillement de la course. C’est là que la course va se jouer. Les mécanos de Flock changent les 4 pneus et font le plein en 50 secondes alors que ceux de Myers mettent 2 minutes et 10 secondes pour faire la même chose !!! Myers voit là tous ses espoirs s’envoler… le pire c’est que ses mécaniciens n’ont pas rencontré de réelles difficultés du style un boulon récalcitrant…

 

Larry Frank #76 tente d’éviter Marvin Panch #98 à contre sens dans le virage Nord.

 

Weatherly fait son ravitaillement au 21ème tour et ce en 49 secondes laissant la tête à Tim Flock qui le tour suivant repasse par son stand pour faire un splash de 14 secondes car Stroppe n’est pas sur qu’il pourra aller au bout. Flock ressort des pits en tête devant Weatherly qui revient aux stands alors qu’en principe il aurait du se retrouver en tête. Mais que se passe-t-il ? Une surchauffe moteur pour le pilote DePaolo Engineering qui va perdre 76 secondes le temps que ses mécaniciens remettent de l’eau dans son radiateur. Il reste 17 tours à faire et Flock possède une incroyable avance sur le pilote Ford. Au passage de la ligne d’arrivée il aura même porté son avance à 53 secondes sur Weatherly.

 

Curtis Turner et sa Mercury à Daytona. A l’époque déjà les sponsors extra sportif étaient légion en NASCAR. En comparaison il faudra attendre 1968 pour voir se phénomène débarquer en F1.

 

Les 8 premières positions sont occupées par des pilotes de 3 écuries supportées officiellement par les constructeurs Mercury (Bill Stroppe), Ford (Peter DePaolo) et Chevrolet (Hugh Babb). Le premier indépendant est Glen Wood (9ème) sur sa Ford 1956 de l’écurie familiale.

 

Notons que le feu s’est encore invité lors de cette course. C’est Bob Pronger cette fois ci qui en est victime quand sa Buick s’embrase. Il parvient à rallier son pit avec tout l’arrière en feu. C’est l’abandon.

 

La grosse polémique va survenir 15 jours après quand Ford va perdre tous les points au classement des marques acquis depuis le début de la saison. En effet Bill France avait prévenu que l’implication officielle des constructeurs serait autorisée à condition qu’ils respectent les règles de la NASCAR dont une règle visant à ne pas exploiter de façon mensongère les résultats obtenus en course dans la publicité. « Une vérité publicitaire » bafouée par Ford qui va dans les magazines et à la télévision transformer la victoire d’une de ses filiales Mercury en victoire Ford. Mais ce n’est pas là le plus grave. Ford dans ses pubs va omettre volontairement de parler des pièces spécifiquement construites pour ses voitures de courses et n’étant pas montées sur ses voitures vendues en concession. C’est un mensonge selon Bill France car prétexter que la Mercury que vous pouvez acheter est aussi performante que celle de Tim Flock est impossible sans y apporter de grosses modifications techniques ce que la Ford Motor Company ne précise pas bien sur. La seule obligation des constructeurs étant de mettre toutes ses pièces « courses » dans leur catalogue. Mais s’ils le font volontiers c’est car ils n’ont pas d’obligation sur les prix (souvent les pièces sont très chères) et de plus ils n’ont pas d’obligation sur la quantité. Les « séries limitées » fleurissent. Pour un pays comme les USA mettre un nouveau carburateur haute performance à disposition avec un stock de moins de 10 pièces c’est clairement se moquer des gens. Malgré la pression exercée par l’AMA (Automobile Manufacturers Association) Bill France ne cédera pas et Ford sera pénalisé. Notons que Bill France agira de la même façon avec General Motor concernant Chevrolet lors d’une course du Grand National quelques semaines plus tard.

 

Tim Flock reçoit le trophée des mains de Bill France Sr.

 

C Course n° 3: « Victoire d’un indépendant »

 

Il faut encore attendre près d’un mois pour disputer le dimanche 10 mars la 3ème course. Maintenant le rythme effréné d’une course par semaine en moyenne est lancé. Il n’y a que 21 pilotes à Fayetteville, NC, sur le Champion Raceway, un short track de 0.333 mile asphalté au banking relevé aussi bien dans les virages que dans les lignes droites. 150 tours a boucler pour une petite distance de 50 miles.

 

La pole est signée par Bob Welborn sur sa Chevrolet. Il devance Glen Wood sur sa Ford alors que la 2ème ligne est occupée par Marvin Panch (Ford) et Don Oldenberg (Plymouth).

 

La course démarre bien pour Welborn suivi comme son ombre par Wood et Lee Petty qui s’empare même du commandement au 5ème tour alors qu’il était parti 7ème. Cela dit Welborn et Wood reste accroché au pare choc arrière de l’Oldsmobile de Petty. Après le premier ravitaillement très tôt dans la course du leader Petty, Welborn reprend le commandement et semble se diriger vers la victoire quand à 5 tours de l’arrivée il crève son pneu arrière droit. Il rentre au stand mais le mal est fait. Il sera classé 10ème sans avoir pu repartir car le temps de rentrer au stand et d’effectuer le changement de pneu que déjà la course est terminée sur la victoire de Glen Wood. Pour Wood c’est la 1ère victoire en carrière. Il devance Joe Weatherly (Ford) qui en profite pour creuser l’écart au championnat sur Welborn avec 152 points d’avance. Lee Petty termine 3ème devant Bobby Myers (Mercury) et Marvin Panch (Ford).

 

La course fut émaillée de crevaison et d’ailleurs 4 pilotes abandonneront des suites de dégâts provoqués par ce phénomène.

Notons l’abandon de Tony Calvo (Ford) qui déclare forfait au bout de 7 tours. La raison est particulière. Il n’avait pas l’envie d’en faire plus. Qualifié dernier il se faisait déjà rattraper par les leaders. Il fera d’ailleurs ici sa 2ème et dernière course en carrière.

 

Lee Petty mène la danse devant Bobby Myers #4, Bob Welborn #49 à l’extérieur et Marvin Panch

sur le banking de Fayetteville.

 

C Course n° 4: « Les DePaolo boys font le doublé »

 

Le dimanche suivant, soit le 17 mars, on reste en Caroline du Nord et c’est sur le Greensboro Speedway dans la localité du même nom que 22 pilotes ont rendez-vous. Il s’agit de nouveau d’un short track de 0.333 mile mais en terre cette fois-ci. Une course ayant le même barème de points vu que la distance est la même (50 miles pour 150 tours).

 

La pole est signée Curtis Turner sur sa Ford. C’est sa 1ère de l’année mais déjà la 17ème en carrière. Bob Welborn est second devant son coéquipier Possum Jones chez Hugh Babb alors que Joe Weatherly, le coéquipier de Turner, occupe le 4ème rang.

Notons qu’une petite course de 10 tours hors championnat fut organisée juste après les qualifications par le promoteur du circuit et que Turner la remporta et que Bill Amick qui faisait sa 1ère apparition de l’année y détruira sa Ford 57 en partant en tonneau. Sans blessures fort heureusement. Cela dit sa Ford est trop endommagée et il doit déclarer forfait. Mais filou il parviendra à convaincre un autre débutant, Roger Baldwin, de lui prêter sa Ford 56 pour la course.

 

Pour la course, ils ne sont donc plus que 21 au départ vu l’arrangement entre Baldwin et Amick. Au départ Turner est dès le virage 1 du premier tour un peu trop rapide et entraîne Welborn près des palissades en bois sans conséquences si ce n’est la perte de plusieurs positions pour les deux pilotes. Weatherly en profite pour s’emparer du commandement mais Turner revient comme un boulet de canon sur lui et au 3ème tour il reprend son du, la 1ère position. C’en est terminé des espoirs de ses rivaux. Turner est vraiment au dessus du lot et va l’emporter avec 2 tours d’avance sur son coéquipier. Offrant ainsi le 1er doublé de l’année à Peter DePaolo ce qui était monnaie courante en 1956. Possum Jones, Bill Amick et Glen Wood (tous les deux sur Ford) complètent le top5.

L’ancien pilote moto Dick Beaty qui fait ici son 2ème départ en carrière va animer la course en percutant par deux fois la palissade en bois. La 1ère fois au départ et la 2ème fois sera la bonne au 54ème tour alors qu’il en comptait déjà 9 de retard !

Notons que Welborn abandonne en vue de l’arrivée suite à la crevaison de son pneu arrière droit. Les courses se suivent et se ressemblent pour le champion 1956. Du coup avec sa 6ème place il perd encore des points face à Weatherly et la facture s’élève maintenant à 184 unités de retard.

 

Le départ de Fayetteville (course n°3) avec en 1ère ligne Bob Welborn

à droite sur l’intérieur et Glen Wood.

 

C Course n° 5: « Weatherly engrange son 5ème top2! »

 

Changement d’état puisque l’on se retrouve en Virginie en ce dimanche 24 mars sur le Old Dominion Speedway situé à Manassas. Il s’agit d’un short track de 0.375 mile asphalté. 150 boucles à faire pour un total de 56.25 miles. Ce sera la seule visite de la courte histoire des Convertibles sur ce circuit qui accueillera par la suite à 7 reprises les Grand National. Il y a 18 engagés.

 

Possum Jones y signe sa 1ère pole en carrière devant Glen Wood le meilleur des pilotes totalement privé. Trois pilotes n’ont pas fait les qualifications. Il s’agit de Joe Weahterly dont la voiture n’est pas prête, de Shep Langdon (Chevrolet) et de Bill Poor (Chevrolet).

 

Jones ne profitera pas longtemps de sa pole car dès le 3ème tour Glen Wood lui chipe le leadership. Mais si le public s’attendait à une nouvelle démonstration de Curtis Turner c’est son coéquipier Weatherly qui va assurer le spectacle. Parti 16ème il pointe dans le top5 au bout de 20 tours et se retrouve bien vite derrière Wood. Il va l’attaquer et le passer avec facilité au 90ème passage pour creuser l’écart jusqu’à ce que la tendance s’inverse. Alors qu’il reste une vingtaine de tours Wood réduit tour après tour l’avance que Weatherly s’était construite. Mais cela sera trop juste et Weatherly remporte sa 2ème victoire de l’année avec juste 2 secondes d’avance sur Wood. Pour Weatherly s’est le soulagement car ses pneus qu’il n’a pas changés durant la course sont totalement morts et menaçaient d’éclater. En 5 courses il a terminé 2 fois 1er et 3 fois 2ème.

 

Curtis Turner termine 3ème et malgré une « autopsie » méthodique du moteur de sa Ford par les officiels que certaines affirmeront être disproportionnée genre chasse aux sorcières rien d’anormal ou plutôt d’illégal ne sera trouvé.

Jim Reed, le quadruple champion NASCAR dans la série Short Track, faisait ici sa seule apparition de l’année en Convertible sur une Ford engagée par DePaolo. Il fut contraint de changer un pneu crevé sous drapeau vert et perdra 5 tours dans l’affaire. Lui qui avait été engagé pour sa connaissance de la piste il ne peut la mettre à profit et ne terminera que 11ème.

Don Oldenberg sera le seul à se crasher et ce dans le 91ème tour. Avec 15 voitures sur 18 à l’arrivée c’est la première fois que plus de 80% des concurrents au départ d’une course de Convertible rallient l’arrivée. Cette série ayant un fort taux de casse mécanique depuis sa création.

 

Notons que cette course était retransmise en direct et en intégralité à la radio par Ford Racing Network dont le présentateur était Sammy Bland. Une première dans le genre.

 

Au championnat c’est tout bon pour Weatherly vu que Bob Welborn termine 5ème.

 

C Course n° 6: « Turner qui pleure, Weatherly qui rit »

 

En 1956 la Convertible s’était produite par deux fois sur le Orange Speedway à Hillsboro, NC, mais ce dimanche 31 mars 1957 sera la seule représentation de la saison sur cette piste en terre de 0.9 mile. Notons que ce circuit est également connu sous le nom de Occoneechee Speedway. Il y a 21 engagés.

 

Comme lors deux deux courses de 1956 c’est Curtis Turner qui réalise le pole position. L’année précédente cela s’était chaque fois soldé par la victoire. L’histoire se répétera-t-elle ?

 

La course démarre fort pour Turner qui s’échappe directement. Au 20ème tour Bob Welborn casse son moteur ce qui n’arrange en rien ses affaires au championnat on le verra. Les 6500 spectateurs n’auront pas l’occasion d’exprimer leur enthousiasme tant la course est monotone voir même soporifique. Les abandons se succèdent, il n’y aura d’ailleurs que 10 voitures, éparpillées, à l’arrivée soit plus de 50% de casse mécanique vu qu’il n’y aura pas le moindre accident. Turner compte même un tour d’avance sur son coéquipier Joe Weatherly quand il rentre de façon inattendue aux stands au 95ème des 110 tours. Sa Ford souffre d’un problème de différentiel et c’est l’abandon. Il ne réussira pas le hat trick sur cette piste. Il sera tout de même classé 14ème.

Devant le leadership hérite à Weatherly qui avec 2 tours d’avance sur son plus proche poursuivant à savoir Glen Wood peut se permettre de ralentir la cadence pour préserver sa mécanique. Il passe sous le drapeau à damier agité par l’officiel Alvin Hawkins en premier remportant donc sa 3ème victoire de la saison et accentue l’écart au championnat face à son nouveau dauphin Glen Wood avec 200 points et il en compte désormais 368 de plus que Welborn classé 20ème ici.

 

A Hillsboro la bagarre se situe à tous les étages. Ici George Bumgardner #400

se fait prendre un tour par Curtis Turner #26 et Bobby Myers.

 

C Course n° 7: « Turner qui pleure… encore ! »

 

Le dimanche 7 avril c’est la première fois que la division des décapotables se produit sur le short track de Richmond en Virginie sur le Richmond Fairgrounds Raceway. Ce demi mile en terre utilisé depuis 1953 par le GN. 23 pilotes sont inscrits et 200 tours soit 100 miles seront à parcourir pour empocher un chèque de $500 pour le vainqueur.

 

La pole est pour Possum Jones et ce pour la 2ème fois de l’année sur sa Chevrolet. Il devance l’étonnant Ken Rush sur sa Mercury et Darel Dieringer sur sa Ford. Weatherly n’est que 10ème.

La course ne va pas sourire au poleman qui après avoir mené le 1er tour va rentrer dans le rang il sera finalement classé 11ème à 25 tours du vainqueur suite à la casse de son moteur préparé par Hugh Babb. Devant Curtis Turner qui s’est élancé 5ème retrouve vite la seule place qu’il affectionne c’est-à-dire la 1ère position. Le 1er accident du jour est signé par Dieringer au 36ème tour. Il tentait de suivre le rythme mais ce dernier était trop rapide pour lui et à force de forcer il a perdu le contrôle de sa Ford. Au 82ème tour Bob Welborn peut aller se rhabiller suite à la casse de son moteur. Cette nouvelle contre performance (20ème) le fera chuter à la 5ème place au classement général avec 472 de retard sur le leader.

Leader du général qui va lui aussi connaître une déconvenue car alors qu’il roule en 5ème position il se crashe à 16 tours de l’arrivée… il est classé 7ème.

Devant Curtis Turner semble bien parti pour se faire vengeance de son abandon de la course précédente mais en sport automobile dominer n’est pas gagner. En effet alors qu’il lui reste 1 tour et demi à parcourir il crève son pneu avant droit. Sur un ovale en terre ce type de crevaison est une catastrophe car le pare choc racle fortement la terre. La voiture se traîne mais il tente de continuer. Glen Wood le dépasse juste avant l’entame du dernier tour. Turner frustré plonge dans l’allée des stands et s’arrête. Il sera étonnement classé 2ème alors qu’il n’a pas franchit la ligne d’arrivée au contraire de Bobby Myers 3ème à un tour aussi mais qui lui passera sous le drapeau à damier.

 

Quant à Glen Wood il s’empare du chèque du vainqueur et ce pour la 2ème fois de l’année. Au championnat il réduit de 48 unités son retard sur Weatherly mais ce dernier en compte toujours 152 d’avance.

 

Joe Weatherly passe sous le drapeau à damier brandit par Alvin Hawkins.

Photo de Hillsboro (course n°6)

 

C Course n° 8: « Turner qui… rit !! »

 

On se dirige vers la Caroline du Sud pour disputer le samedi 13 avril une nouvelle course sur un demi mile en terre. Il s’agit cette fois de celui du Greenville-Pickens Speedway situé à proximité de Greenville. 20 pilotes engagés. Faible affluence dans les tribunes puisqu’il n’y aura que 4300 spectateurs.

La pole est signée, cela en deviendrait presque une habitude, par le pilote Chevrolet Possum Jones. C’est sa 3ème en 4 courses. Il devance le leader du championnat Joe Weatherly.

 

La course sera belle avec une lutte à trois entre Jones, Weatherly et Curtis Turner. Ils ne se lâcheront pas d’une semelle de toute la course se passant et se repassant sans cesse. Le 107ème tour sera fatal à Glen Wood qui casse son moteur, enfume la piste en poursuivant un tour encore pour rejoindre son pit box. Classé 17ème va perdre de gros points au championnat. Cette fumée n’est peut-être pas étrangère au crash au 108ème tour de Ken Rush qui détruit sa Mercury contre le mur protégeant la tribune principale. Il ne sera fort heureusement pas blessé.

Cela ne va en rien rendre plus prudent les trois fous furieux se disputant la victoire mais après avoir connu deux désillusions consécutives c’est Turner qui cette fois passe en premier mais de justesse sous le drapeau à damier. Il devance Possum Jones et Weatherly. Bob Welborn termine enfin une course à la 4ème place mais à un tour de l’intouchable trio. Darel Dieringer a bien roulé en restant sur la piste cette fois-ci et est récompensé par la 5ème place.

Turner qui remporte sa 2ème victoire de l’année ce qui lui en fait 24 en carrière. Turner à qui la piste de Greenville réussit bien puisqu’il s’y était déjà imposé l’année précédente.

 

Pour Weatherly cette 2ème place combinée aux malheurs de Wood lui permet de reprendre 264 points d’avance au championnat ou figure maintenant Turner à la 3ème position mais à 436 unités.

 

C Course n° 9: « Weatherly se promène »

 

Nous voici déjà à la fin du 1er quart du championnat en ce dimanche 14 avril. C’est à Wilson, NC sur le speedway éponyme que 19 pilotes vont se disputer la victoire. Encore un demi mile en terre.

Joe Weatherly réalise la pole pour la 2ème fois de la saison (13ème en carrière). Il devance Bob Welborn et son coéquipier Curtis Turner. Larry Frank 4ème sur sa Chevrolet réalise quant à lui sa meilleure performance de l’année.

 

Weahterly qui mène les 8 premiers tours avant de laisser passer la fusée Turner. Ce dernier a mangé du lion car il est franchement plus rapide que tous les autres. Il va d’ailleurs mener l’essentiel des tours. Possum Jones excellent 2ème à Greenville se crashe au 38ème tour. Welborn doit se retenir de ne pas s’arracher les cheveux car il abandonne encore une fois, la 5ème fois en 9 courses pour être précis ! Seule différence il s’agit de sa pompe à essence qui a rendu l’âme et non pas son moteur ou une crevaison. Classé 15ème il perd encore de gros points au championnat. Tout comme va en perdre Turner. Alors qu’il mène avec plus d’un tour d’avance une rotule de direction casse sur sa Ford l’envoyant dans la palissade au virage suivant. C’est l’abandon. Du coup le rapide mais prudent Weatherly hérite du leadership et s’en va cueillir sa 4ème victoire de l’année avec 4 tours d’avance sur Gwyn Staley (Plymouth) et 5 sur Glen Wood.

 

Au championnat Wood compte désormais 280 points de retard sur Weatherly.

Notons la belle performance de Al Tasnady qui sur sa propre Plymouth termine 4ème. Cela sera son seul top5 dans sa courte carrière.

 

C Course n° 10: « Doublé DePaolo, la machine est en route »

 

Le samedi 20 avril c’est sur le Hickory Speedway à Hickory, NC que 24 pilotes se retrouvent pour entamer le 2ème quart de la saison. Comme plusieurs circuits que l’on avait visité à 2 reprises en 1956 lors de la saison inaugurale Hickory ne s’est vu attribuer qu’une date cette année.

 

Bob Welborn signe la pole sur cet ovale de 0.4 mile en terre. Notons que Ralph Earnhardt fait ici sa 1ère apparition en carrière en Convertible. Il n’en fera plus qu’une autre en 1959. Sur son Oldsmobile engagée par Petty Engineering (Enterprises de nos jours) il réalise le 5ème chrono. Earnhardt qui est un pilote de NASCAR Sportman et de NASCAR Modified Short Track habituellement a mis à profit sa connaissance de la piste pour s’immiscer dans le groupe de tête.

 

La course démarre fort bien pour Glen Wood qui s’empare illico du commandement. Pour le poleman c’est le début d’un calvaire qui prendra fin au 89ème tour quand son moteur rendra les armes définitivement. Al Tasnady très en verve lors de la course précédente se met en évidence mais pas de la façon qu’il aurait souhaité. Il est en effet le seul pilote à abandonner sur accident et ce au 15ème tour. Il avait déjà signé le dernier temps aux essais.

Curtis Turner qui était parti 7ème se retrouve peu après le 1er tiers de la course dans les roues de Wood. Au 60ème tour il le dépasse en profitant que Wood se retrouve bloqué derrière un groupe de retardataires. Mais Wood contre attaque aussi vite et reprend la 1ère place le tour suivant. C’est à ce moment là que Turner décide de passer la surmultipliée et va au 62ème passage reprendre la position de tête et s’en aller cueillir un victoire supplémentaire, sa 3ème de l’année (25ème en carrière) avec plus d’un tour d’avance sur son coéquipier Joe Weatherly qui précède de justesse Jack Smith (Chevrolet). Glen Wood terminant 4ème de justesse face à Lee Petty (Oldsmobile). Ralph Earnhardt a longtemps roulé avec le groupe de tête et il était 4ème quand à 10 tours de la fin sa roue avant gauche commençant à prendre feu. Il terminera 7ème à 2 tours.

 

Bob Welborn #49 en action fait l’intérieur à Joe Weatherly.

 

Mais l’évènement de la course est l’accident de Whitey Norman au 62ème tour. Quand alors qu’il compte déjà trois tours de retard il perd une roue. Celle-ci rebondit en direction de la pit lane et percute Bill Stewart. Le seul drapeau jaune de la course est brandit pour permettre à l’ambulance transportant Stewart de quitter l’enceinte du circuit en direction de l’hôpital pour des radios et fort heureusement s’en sortira qu’avec des contusions. Ironie du sort Stewart n’était autre que le crew chief de Norman !

 

Au Championnat Weatherly prend 16 de plus que Wood et porte son avance à 296 unités.

Pour information le promoteur de l’épreuve organisa après les qualifications deux petites courses de 10 tours ne comptant pas pour le championnat. Dans la premières les pilotes ayant obtenu des positions impaires sur la grille de départ (1, 3, 5,…) remportée par Curtis Turner et dans la 2ème (position paires : 2, 4, 6,…) c’est Glen Wood qui s’imposa. Il faut savoir que les pilotes profitaient à l’époque de ce type de course pour faire une séance d’essai supplémentaire car un week-end classique à l’époque en NASCAR c’était une séance d’essai libre puis qualification et enfin course. Le principe de l’Happy Hour n’existait pas encore. Tous n’y participaient pas chaque fois. Aucun point et souvent aucun gain n’étant distribué.

 

C Course n° 11: « Turner revient du diable Vauvert »

 

Le lundi 22 avril c’est le minuscule short track asphalté de 0.250 mile du Bowman-Gray Stadium de Winston-Salem, NC qui accueille 24 concurrents. 150 tours à faire pour la distance de 37.5 miles.

La pole est réalisée par Curtis Turner comme lors de l’édition 1956. Glen Wood est 2ème. Mais dans la 1ère course hors championnat de 25 tours organisée après les qualifications Dick Beaty et Whitey Norman (tous les deux sur Ford) s’accrochent et vu les dégâts importants doivent déclarer forfait pour la course. C’est pour l’anecdote Larry Frank sur une Chevrolet engagée par Lonnie Fish qui l’emporte. Dans la 2ème course c’est Johnny Dodson sur une Oldsmobile de chez Petty qui s’impose.

 

Une course hors championnat aux lourdes conséquences pour Dick Beaty #39 et Whitey Norman #1-A.

 

La course qui ne comprend plus que 22 pilotes démarre très bien pour Turner qui profite pleinement de sa position de tête et du fait qu’il semble si facile par rapport aux autres pilotes qui doivent se battre avec leur machine. Bob Welborn continue sa descente aux enfers car il perd rapidement 2 tours suite à un manque de puissance dans les relances en sortie des virages si serrés de l’ovale. Mais son calvaire n’est pas encore terminé.

Au 39ème tour alors qu’il va prendre un tour à l’Oldsmobile de Lee Petty, Turner ne comprend pas la manœuvre de Petty et les deux voitures s’accrochent. C’est l’empilage avec 5 voitures dont la pire victime sera Welborn qui abandonne (classé 22ème et dernier). Turner a quelques dégâts mais après un passage au stand pour réparer il repart bon dernier mais dans le tour. L’intérim en tête est assuré par Billy Myers sur sa Mercury mais Turner va mettre la gomme et au 120ème tour il retrouve le leadership. Bien lui en a prit de forcer la cadence car le ciel s’assombrit fortement et il commence à pleuviner. Finalement au 140ème tour c’est le déluge et les officiels stoppent la course de façon définitive. Turner remporte donc sa 4ème victoire de l’année. Course qu’il avait déjà remportée en 1956. Notons que pour son écurie DePaolo Engineering il s’agit de la 8ème en 11 courses ! Cette écurie cannibalise la discipline un peu comme l’avait fait l’année précédente en GN celle de Carl Kiekhaefer.

 

Les vainqueurs surprises des deux minis courses hors championnat réitèrent presque leur exploit en s’emparant respectivement des 3ème position pour Larry Frank et 4ème position pour Johnny Dodson.

Au championnat Weatherly (9ème) ne perd que 8 points sur Wood (8ème). Welborn le champion 1956 navigue à 840 points à la fin du top5.

 

C Course n° 12: « Le chat noir est bien gros pour Welborn »

 

Norfolk en Virginie organise le dimanche 28 avril sur le speedway du même nom une course de 80 miles soit 200 tours de cet ovale en terre de 0.4 mile. 23 pilotes engagés.

Bob Welborn claque le meilleur temps en qualification juste devant l’étonnant Charlie Cregar et sa Plymouth. Il n’y a pas de petites courses hors championnat organisées cette fois-ci.

 

Welborn profite de sa pole pour mener le début de course. Course qui va être particulièrement hachée suite à de nombreux accidents. Le premier intervient au 19ème tour et concerne un homme fort du championnat puisqu’il s’agit ni plus ni moins du second au classement général Glen Wood. Classé 23ème il va perdre très gros face à Joe Weatherly. Alors qu’il semble être le seul à pouvoir suivre Welborn, Possum Jones doit renoncer au 29ème tour suite à un problème mécanique.

 

Au 102ème tour, pour Welborn, c’est l’incident. En effet un groupe de retardataires en pleine bagarre composé de Darel Dieringer, Johnny Dodson et Ewell Weddle qui compte déjà 3 tours de retard et à qui il va mettre un 4ème tour dans la vue s’apprête à prendre lui-même un tour supplémentaire à Charlie Cregar (il en compte 10 de retard sur Welborn) et c’est l’accrochage. Les 4 pilotes s’empilent et le malheureux Welborn est une fois encore pris au piège… Bob doit décidément se dire que ce n’est pas son année. Lui qui semblait bien parti pour enfin en gagner une cette année se voit contraint de réparer longuement au stand. Il pourra repartir et terminera 4ème à 13 tours du vainqueur. Profitant pleinement des autres accidents ou problèmes mécaniques de ses adversaires pour remonter dans le classement.

 

Il y en a un qui ne s’est pas posé de questions c’est Curtis Turner. Il se retrouve en tête bien malgré lui au 103ème tour et va contenir jusqu’au bout son coéquipier Joe Weatherly. Turner remporte donc sa 5ème victoire de la saison. Encore un doublé pour Pete DePaolo.

Au championnat Weatherly compte maintenant 456 points d’avance sur Wood. Welborn gagne une place, il est 4ème mais à 856 points…

 

Curtis Turner #26 et Glen Wood #21 mènent le peloton sur le Bowman-Gray Stadium (course n°11).

 

C Course n° 13: « Turner se balade »

 

Le dimanche 5 mai on quitte enfin les shorts tracks pour aller sur le terrible mile en terre de Langhorne en Pennsylvanie. 150 tours et une course valant plus de points et plus d’argent. Pas question de s’y louper et les 21 pilotes inscrits n’en ont pas l’intention. C’est la 2ème et dernière fois que la division des Convertibles se produit ici.

 

Les qualifications ont lieu le samedi et la pole revient à l’un des maîtres en la matière j’ai nommé Curtis Turner. C’est sa 4ème de l’année et 20ème en carrière. Son second n’est autre que son coéquipier Joe Weatherly. Glen Wood et Bob Welborn sont en 2ème ligne. Fantastique donc de voir les 4 premiers au championnat occuper les 4 premières places sur la grille. Le journal local en fait son titre pour le dimanche. Le public vient nombreux (8800 entrées payantes) dans l’espoir de voir un beau spectacle.

 

Si on regarde le résultat final on peut penser que du spectacle il y en a eu. Turner vainqueur avec 3 secondes d’avance sur Weatherly. Mais c’est loin d’être le cas. En effet Turner va mener de bout en bout la course et si l’écart semble faible sous le drapeau à damier c’est parce qu’il a relâché son effort sur la fin. En fait à mi course Turner comptait un tour d’avance sur Weatherly son second. Il profite d’un drapeau jaune provoqué par Neil Castles au 115ème tour pour ravitailler une fois de plus par sécurité ce qui permet à Weatherly de se dédoubler.

 

Visiblement le fait que J.H. Petty, le frère de Lee, qui officiait comme crew chief chez DePaolo depuis le début de la saison s’en soit allé n’a rien changé à la marche victorieuse du team. J.H. Petty qui a rejoint l’écurie de Hugh Babb qui fait courir Bob Welborn et Possum Jones. Un meilleur salaire et un rôle déterminant offert par GoodYear pour aider au développement de ses pneus avec Welborn l’a convaincu de passer à l’ennemi. Les résultats sont là dès la première course puisque Jones et Welborn terminent la course 3ème et 4ème.

Turner qui remporte sa 4ème victoire consécutive. Sur le même laps de temps l’écurie DePaolo réalise son 3ème doublé !

Au championnat Weatherly compte 448 points d’avance sur Turner qui s’empare de la 2ème place face à Glen Wood qui a connu une casse moteur et ne termine que 16ème.

 

Pour info turner en français signifie tourneur et qui d’autre qu’un tourneur pouvait remporter la course sur cet ovale en forme de cercle parfait où forcément on ne fait que tourner !

 

C Course n°14

 

Darlington Samedi 11 mai. Course annulée et reportée au dimanche 12 mai à cause de la pluie. Une loi de Caroline du Sud interdit tout évènement sportif le dimanche. Bob Colvin, le président du circuit de Darlington, décide de ne pas respecter la loi et s’acquitte d’une ridicule amende de $50. La course aura donc lieu le dimanche. C’est d’ailleurs pour cette raison que les Southern 500 se déroule le lundi férié du Labor Day (fête du travail).

 

C Course n° 14: « Fireball mate la dame en noir »

 

Darlington dimanche 12 mai. C’est la course de la saison, la première édition des « Rebel 300 ». L’ovale en forme d’œuf de 1.375 miles asphalté accueille 27 pilotes. Cette course a tout simplement le plus fort coefficient de la saison. Il y aura 219 tours à faire. Les grosses écuries engagent encore plus de voitures qu’habituellement pour être sur de remporter la course. DePaolo passe ainsi de 2 à 5 voitures. Bill Stroppe en amène une 3ème, pareil pour Hugh Babb.

 

La pole revient à Paul Goldsmith sur sa Ford engagée par Slim Rominger. C’est sa 1ère pole de l’année et 2ème en carrière pour ce pilote qui ne fait que quelques piges dans cette division. Comme il est de coutume à Darlington, chaque ligne sur la grille de départ est composée de 3 voitures.

 

Paul Goldsmith #3 partira en pole. A Darlington chaque ligne de la grille de départ

est constituée de 3 voitures.

 

La course démarre devant une large foule de 17000 spectateurs et très vite ils vont avoir l’occasion de se lever et d’ouvrir la bouche de stupeur. En effet le rookie Ken Rush décide de s’arrêter en début de course car il ne se sent pas en forme. Il laisse le volant à Jim Paschal. Ce dernier repart avec 3 tours de retard et alors qu’il termine son 26ème tour en plein milieu du peloton il éclate un pneu dans le virage 4 percute le rail et revient vers le milieu de la piste. A ce moment là Buck Baker sur sa Chevrolet ne peut éviter la Mercury et s’encastre dedans. Les deux voitures terminent leur course en début de ligne droite. Le temps de reprendre ses esprits Baker décide de quitter sa voiture et traverse la piste sans réfléchir vers l’infield. Quelques secondes après sa Chevrolet se fait pratiquement couper en deux quand Jimmy Massey la percute. La Plymouth de Massey qui est très résistante car il pourra continuer sa course !! Mais les multiples débris vont entraîner une réaction en chaîne qui va impliquer Curtis Turner alors leader de la course mais aussi Marvin Panch, Bill Amick, Dick Beaty et Possum Jones. Tous devront abandonner et fort heureusement personne ne sera blessé. La course est interrompue au drapeau rouge pendant 50 minutes le temps aux commissaires de déblayer la piste et de remettre la barrière extérieure de sécurité en état. Baker qui déclara par la suite que s’il n’avait pas pris la décision de quitter sa voiture il serait mort maintenant.

 

La course est à peine relancée que la bagarre reprend de plus belle avec 3 changements de leader en 5 tours. Fireball Roberts vient de s’emparer du commandement face à Weatherly quand ce dernier s’accroche avec Billy Myers provoquant un nouveau drapeau jaune. Pour les deux pilotes c’est l’abandon.

Hormis un petit intermède assuré par Bobby Myers lorsqu’il fera son dernier ravitaillement Fireball Roberts va s’en aller cueillir sa 1ère victoire de la saison et en carrière. C’est d’ailleurs seulement son 3ème départ de l’année. Il remporte la course pour DePaolo dont il est le dernier représentant en piste avec 2 tours d’avance sur Tim Flock et 3 tours sur Bobby Myers, tous les deux sur des Mercury de Bill Stroppe. Tim Flock qui n’aura fait que 2 courses en 1957 en Convertible avec à la clef une victoire à Daytona et une 2ème place. Difficile de faire mieux question efficacité.

 

Fireball Roberts lève le bras en franchissant en 1er la ligne d’arrivée.

 

Fireball Roberts qui remporte ici sa 1ère victoire en carrière en Convertible et ce à son 3ème essai et ce en 2 heures 47 minutes et 23 secondes. De loin la plus longue course de la série depuis sa création. Il déclara à l’interview sur la Victory Lane qu’il était heureux d’avoir gagné surtout car il n’était pas parmi les favoris. Il rappela que lors de ses trois dernières apparitions à Darlington en GN il faisait chaque fois figure de favori et que les 3 fois il s’était crashé ! Comme quoi pour vivre heureux vivons caché. Pour Pete DePaolo cela fait maintenant 8 victoires consécutives.

 

Bob Welborn termine 4ème (relayé en fin de course par Buck Baker) et marque enfin plus de points que ses rivaux au championnat. Vu le coefficient de la course il reprend 480 points d’un coup à Weatherly et s’empare de la 2ème place (il était 4ème avant le départ) à 400 points du leader. Notons que Glen Wood a connu une course difficile, relayé par Fonty Flock il voyait sa Ford s’immobiliser au 121ème tour suite à la casse de son moteur.

 

C Course n° 15: « 7ème ciel pour Turner »

 

Changement de décors le vendredi 17 mai sur le demi mile en terre du Charlotte Fairgrounds en Caroline du Nord. C’est la première fois que l’on court sur la piste nouvellement refaite et qui a vu sa longueur passer de 0.750 à 0.500 mile. Seulement 19 engagés pour une course classique de 100 miles soit 200 tours.

Glen Wood réalise la pole position pour la 1ère fois de l’année et 3ème en carrière. Il devance Weatherly, Turner et Lee Petty.

 

Mais Glen Wood ne sera pas un candidat à la victoire car très vite il est évident que les duettistes de chez DePaolo, Weatherly et Turner, sont au dessus du lot. Weatherly menait d’ailleurs quand au 109ème tour sa roue avant droite (système de freinage) va prendre feu. Obligé d’observer un long pit stop pour réparer il perd plusieurs tours. Il repartira mais abandonnera sur casse d’un moyeu de direction agissant sur la roue avant droite. Classé 12ème il voit son coéquipier Turner en profiter pour remporter sa 7ème course de la saison. Il devance Lee Petty de plus de 2 tours. Bob Welborn fait une bonne opération également en terminant 3ème.

Au championnat Welborn revient à 328 points de Weatherly.

 

Notons que la vitesse moyenne en course fut de 61.172 mph contre 58.689 mph pour la pole. L’explication tient au fait que la piste avait été arrosée juste avant les qualifications pour éviter la poussière.

 

La Ford de Jimmy Thompson #20 impliquée dans le drapeau rouge. Remarquez sur le capot moteur l’inscription « Terrizasoff » qu’il faut prononcer « Tear his ass off » dont je vous laisse faire la traduction !

Photo de Darlington (course n°14).

 

C Course n° 16: « Monsieur 50% »

 

Le samedi 18 mai c’est le McCormick Field situé à Asheville, NC, qui accueille les 16 pilotes engagés. C’est la 2ème et dernière fois que l’on visite ce circuit dans la courte histoire des Convertibles. Il s’agit d’un short track de 0.250 mile asphalté qu’il faudra parcourir 150 fois et dont la particularité est qu’il entoure un terrain de baseball et donc que sa forme ressemble vu du ciel à un diamant (sorte de triangle) dont un des virages est relativement serré, celui de la pointe du diamant.

 

Comme ce fut souvent le cas en 1956 cette course va se révéler être une « Turner Special ». Curtis réalise la pole, c’est mieux qu’en 1956 ou il n’était parti que 2ème et va mener la course de bout en bout reléguant son coéquipier Joe Weatherly à plus d’un tour au terme de la course. Pour Turner il s’agit de la 30ème victoire en carrière et accessoirement la 8ème cette saison (6ème en 7 courses !). Pour Pete DePaolo c’est la 39ème en carrière en 16 mois.

 

Il faut cependant signaler que Bob Welborn aurait du être 2ème de la course mais il sera classé 6ème suite à la crevaison de son pneu avant gauche à deux tours de la fin.

La course ne fut pas interrompue par le moindre drapeau jaune et ce malgré 3 accidents. Dont la particularité est d’avoir à chaque fois vu la victime se retrouver en dehors de la piste et donc ne présentant aucune gène au bon déroulement de l’épreuve ! Cela dit un des accidents est un peu particulier. En effet au 3ème tour Neil Castles fait un tout droit et détruit sa Ford en plongeant dans un abri semi-enterré des joueurs.

 

Au championnat Weatherly compte 360 points d’avance sur Welborn et 382 sur Turner. Turner qui malgré le fait qu’il a remporté la moitié des courses déjà disputées compte aussi à sa décharge 6 abandons et contrairement aux abandons de Welborn qui arrive encore à faire des top10 quand Turner abandonne il ne fait pas les choses à moitié !

 

Face à face entre Billy Myers #14 et Joe Weatherly #12. Photo de Darlington (course n°14).

 

C Course n° 17: « Turner encore et toujours »

 

On se dirige un peu plus bas en Caroline du Sud le samedi 25 mai à Spartanburg pour être précis sur le Hub City Speedway. Il s’agit d’un demi mile en terre dont ce sera la seule visite dans l’histoire. 18 engagés.

La pole est décrochée par Darel Dieringer sur sa Ford engagée par John Whitford. C’est sa 2ème et dernière pole en carrière.

 

Cela dit être poleman n’est pas toujours un avantage… encore faut-il que la mécanique tienne le coup. Et pour le malheureux Darel ce ne fut pas le cas. Dès l’agitation du drapeau vert il provoque un surrégime en ratant une vitesse. Possum Jones, 2ème sur la grille, en profite pour faire pointer sa Chevrolet en tête de la meute. Dieringer dont le moteur va rendre l’âme au 3ème tour alors qu’il pointait déjà dernier. Au 25ème tour Curtis Turner s’empare du commandement et comme à son habitude quand la mécanique tient et qu’il est en tête en 1957 cela signifie qu’on ne le reverra que sur la Victory Lane. Au terme des 200 tours il remporte sa 9ème victoire de la saison devant Bob Welborn qui navigue à 3 tours !!! Glen Wood, Joe Weatherly et Possum Jones complètent le top5.

 

Mais la révolution, la menace, les tractations vont bon train en coulisses et les constructeurs* annoncent qu’ils vont se réunir le 6 juin pour décider si oui ou non ils continuent leur implication en sport automobile et plus particulièrement en NASCAR. En effet ils subissent des pressions de la part des politiques suite à l’accident en Grand National de Billy Myers à Martinsville et qui blessa de nombreux spectateurs dont un enfant de 8 ans très grièvement. Pour faire court il faut savoir que le National Safety Council de Washington met la pression sur l’AMA dans le but qu’elle arrête tout support officiel dans les courses automobiles. Le NSC refuse d’être associé au boum de la course auto dans le pays et donc être associé aux dommages collatéraux qu’elle peut engendrer comme les accidents dont sont victimes des innocents spectateurs par exemple mais aussi être à l’origine du comportement et des accidents sur les routes américaines. Une étude du NSC démontre qu’il y a plus d’accidents de la circulation dans la semaine qui suit une épreuve automobile dans la région concernée que durant le reste de l’année. Pour la NSC qui s’occupe aussi bien de la sécurité passive que de l’active cela démontre que la course automobile échauffe les esprits des spectateurs qui veulent par la suite imiter et transposer ce qu’ils ont vu sur la piste sur les routes américaines.

Un représentant de la Ford Motor Company qui s’est procuré une copie des résolutions de bannissement des courses autos que la NSC va proposer à la chambre du congrès en vue d’en faire une loi interdisant toutes formes de courses autos aux USA estime quant à lui que cela est ridicule. Pour lui le public qui s’intéresse à la course auto bénéficiera des développements effectués sur les voitures de courses en terme de performances mais aussi et surtout en terme de sécurité sur les voitures familiales. C’est justement un des points que la NSC réfute. La NSC va même plus loin en menaçant de faire fermer toutes les usines des constructeurs continuant leur implication dans le sport automobile !

 

Le porte parole de la division course de la Ford Motor Company qui elle souhaite continuer à supporter la course auto déclara : « non seulement nous ne pouvons pas vendre la sécurité, nous ne pouvons même pas l’offrir ou la garantir, nous ne sommes pas responsables du comportement des gens » pour lui course auto ou pas le comportement des gens n’est pas maîtrisable.

 

* Les constructeurs sont représentés par l’AMA (Automobile Manufacturers Association)

 

Joe Weahterly, grand bonhomme de cette saison.

Photo de Darlington (course n°14).

 

C Course n° 18: « Chevrolet enfin !! »

 

En attendant cette grande réunion sur l’avenir du sport auto la NASCAR poursuit son championnat comme si de rien n’était et le jeudi 30 mai 21 pilotes se retrouvent sur le New York State Fairgrounds à Syracuse, NY. Il s’agit d’un ovale en terre de 1 mile qu’il faudra parcourir à 100 reprises. C’est la dernière fois que la série Convertible visite cet ovale qui à l’origine était un hippodrome.

 

Lewis « Possum » Jones réalise la pole, c’est sa 4ème en carrière. Il devance les duettistes de chez DePaolo, Weatherly et Turner.

Au départ Jones parvient à résister un peu mais la « machine de guerre » DePaolo une fois à température devient irrésistible et s’empare du commandement au 4ème tour. C’est tout d’abord Turner qui roule en tête mais au 28ème passage Weatherly prend la course en main. Il se dirige vers le drapeau à damier quand à 3 tours de l’arrivée un pneu éclate et l’envoie terminer sa course contre la barrière de sécurité. Sans bobo pour le pilote mais c’est l’abandon. Il sera néanmoins classé 4ème. Devant c’est Possum Jones qui hérite de la tête et va ainsi remporter sa 1ère victoire en carrière devant Curtis Turner et Bob Welborn.

 

C’est d’ailleurs la 1ère victoire d’une Chevrolet cette année et elle intervient pile à mi saison. Il était temps doit-on se dire chez General Motor !

Au championnat Welborn reprend quelques points mais est toujours distancé de 336 unités par Weatherly.

 

Les discussions concernant la réunion du 6 juin vont bon train. Il est cette fois question de l’implication financière des manufacturiers dans le sport auto. A cette époque il faut savoir que l’état octroyait des aides aux manufacturiers automobiles sous forme de diminution de charge sociale, prime,… Cela est maintenant menacé car la NSC voit d’un mauvais œil qu’une partie des aides financières puisse être utilisée dans le sport auto. Ford annonce que pour l’ensemble des saisons 1956 et 1957 son budget total course (stock car, monoplace) s’élève à $2,5 millions. Chevrolet elle avoue que son budget 1957 est sans commune mesure avec celui de l’année précédente ($2,6 millions contre $365.000). Mais un pilote déclara que ses sommes dépensées par les manufacturiers étaient minimes par rapport aux retombées qu’ils pouvaient en tirer. La course auto est un formidable vecteur de publicité. La preuve les « hospitalities » commencent à fleurir sur les grandes courses. Les manufacturiers organisent d’immenses réceptions pour chouchouter au maximum les potentiels clients.

 

C Course n° 19: « Welborn enfin !! »

 

Vendredi 31 mai c’est dans le New Jersey que l’on se dirige sur le Old Bridge Speedway situé à proximité d’Old Bridge. C’est un short track d’un demi mile en asphalte qu’il faudra parcourir 200 fois pour les 16 pilotes inscrits.

Bob Welborn réalise la pole devant son coéquipier Possum Jones chez Hugh Babb. Les Chevrolet semblent en forme ses derniers jours.

 

Et cette forme va se confirmer lors de la course car Chevrolet va réaliser le doublé avec le même ordre qu’en qualification. Bob Welborn, le champion sortant, remporte enfin sa première victoire de l’année. Ce n’est que sa 4ème victoire en carrière mais il l’obtient avec la manière puisqu’il va mener tous les tours. Le seul autre qui parvient à boucler les 200 tours est Possum Jones. Curtis Turner 3ème est à un tour. Il précède Glen Wood et Joe Weatherly. D’ailleurs hormis quelques variations de positions les 10 premiers en qualification occupent le top10 à l’arrivée.

 

Enfin une victoire pour le champion en titre Bob Welborn.

 

Notons une initiative intéressante du promoteur qui avait proposé des billets à tarif avantageux combinant à la fois l’épreuve de jeudi du Grand National et celle du lendemain des Convertibles. Pratique innovante à l’époque mais qui de nos jours est monnaie courante.

Au championnat Welborn réduit l’écart à 304 points face à Weatherly. Il est parvenu à réduire une bonne partie de son retard qui s’élevait à 888 points il y a 6 courses de cela.

 

C Course n° 20: « Une catastrophe est évitée de justesse ce qui n’empêche pas Welborn de faire la fête ! »

 

Retour en Caroline du Nord le dimanche 2 juin à Weaverville sur le Asheville-Weaverville Speedway. Un ovale fort utilisé par les différentes catégories de la NASCAR depuis 1951. il n’y a que 15 engagés sur ce demi mile asphalté dont il faudra faire 200 révolutions.

La pole est de nouveau signée par Bob Welborn sur sa Chevrolet. Il précède Curtis Turner dont le patron Pete DePaolo vient de perdre le soutien financier de Ford.

 

La course démarre mal pour Welborn car il ne profite pas de sa pole bien longtemps. Dès la fin du premier tour Turner mène les débats avec sa maestria habituelle. Mais au 85ème tour dans le virage 4 il éclate son pneu avant droit et tire droit sur la clôture ceinturant le circuit. Sa voiture l’arrache et décolle sur le remblai de terre, passe par-dessus la barrière pour atterrir à quelques centimètres à peine au pied de la première rangée de spectateurs de la tribune principale. Par miracle personne ne sera blessé !

 

Mais cet incident combiné à celui de Billy Myers à Martinsville le 19 mai qui avait blessé 8 spectateurs est un nouvel élément à charge du sport automobile que l’AMA va utiliser pour argumenter au congrès en vue d’interdire ce type de sport dangereux. La sécurité avant tout…

 

Bon cela dit la course a continué et Bob Welborn, une fois débarrassé de Turner, a pu se diriger vers la victoire tout en contenant les assauts de Glen Wood et de Possum Jones dont les pneus sont en lambeaux. Welborn remporte sa 2ème victoire d’affilée et pour Chevrolet c’est le hat trick ! Le coéquipier d’un jour de Glen Wood chez les Wood Brothers, la star locale Banjo Matthews termine à une flatteuse 4ème position pour son 1er départ en carrière.

Au championnat Weatherly qui n’est classé que 8ème ici après son abandon sur casse de sa roue avant droite au 179ème tour perd encore des points et il ne devance plus Welborn que de 248 unités.

Notons que ce sera la dernière victoire de Hugh Babb mais que l’intéressé lui-même ne le sait pas encore.

 

Le 6 juin a lieu la fameuse réunion de l’AMA (Automobil Manufacturers Association). C’est là que la décision d’abandonner tout support financier aux courses automobiles sera prise. En fait il s’agira d’une « recommandation » mais sous entendu une obligation sinon des sanctions pouvaient être prises à l’encontre des récalcitrants.

Le congrès américain comme mentionné plus tôt est parvenu à ses fins et cerise sur le gâteau s’en sort blanc comme neige car seul le communiqué des manufacturiers sera publié faisant acte de « leur » décision d’arrêter tout support au profit du développement des voitures civiles en terme de confort, de sécurité et non plus dans l’optique d’en faire les voitures les plus puissantes ou les plus rapides. Décision est aussi faite de ne plus utiliser les victoires obtenues par les « privés » en course comme support publicitaire. En se basant sur une « étude médicale » stipulant que le nombre d’accident était proportionnel aux nombres de chevaux sous le capot et qu’au-delà de 300 CV cela devenait irresponsable pour les manufacturiers de proposer de telles machines ! Pire il fut également recommandé aux concessionnaires locaux de ne plus apporter leur aide dans la préparation ou le financement des écuries de courses. Fort heureusement aucune menace de sanction ne vint asseoir ses stupides décisions.

 

Grâce aux soutiens et à l’aide de sponsors extérieurs mais surtout des concessionnaires locaux la course automobile va perdurer et même se développer. Les sorciers de la mécanique tel Smokey Yunick ou Hugh Nab vont avec les moyens du bord faire des miracles.

La course à la puissance et à la vitesse va continuer de plus belle. Les manufacturiers ont le verra dans les mois qui suivirent vont revenir sur leurs décisions.

Je me demande quelle tête ont du faire les personnes à l’origine de cette histoire, les membres du National Safety Council de Washington, à la fin des années 60 quand la folie des « Muscle Car » débuta. Les voitures très hautes performances de 500 CV et plus parfois destinées au grand public.

 

Curtis Turner évite Larry Frank #76 en perdition. Photo de Daytona (course n°2).

 

C Course n° 21: « Le coup du chapeau pour l’ami Bob malgré une ambiance pesante »

 

Le vendredi 7 juin il y a de nouveau 15 engagés en course. Les manufacturiers on vient de le voir ont cessé leur soutien financier et malgré tout les écuries ont trouvés des astuces pour pouvoir participer. Nous sommes à Atlanta en Georgie sur le Peach Bowl, un petit ovale en asphalte d’un quart de mile. 200 tours à faire pour une distance de 50 miles.

La pole pour le nouveau pilote propriétaire Bob Welborn depuis qu’il a récupéré tout le matériel de feu l’écurie dirigée par Hugh Babb, triste victime du boycott des manufacturiers. Welborn qui n’hésite pas à engager une 3ème voiture pour le pilote local Jack Smith, un habitué du Grand National, dont c’est le 3ème départ en carrière. Il réalise le 3ème chrono en qualif.

 

La course débute bien pour Welborn et ce n’est pas le crash de Fred Wilson au 12ème tour qui va venir enrayer sa marche victorieuse ni même son erreur au 175ème tour quand il brosse violement le mur extérieur devant les stands. Il continue avec une voiture endommagée mais comme il compte deux tours d’avance à ce moment là il est tranquille. Il remporte sa 3ème victoire consécutive, le coup du chapeau (hat trick). Et c’est même la consécration pour son écurie car il réalise le triplé avec Jack Smith 2ème et Possum Jones 3ème.

 

Autre conséquence du boycott des manufacturiers la déroute du DePaolo Engineering. Pete engage une voiture à son nom pour Joe Weatherly mais il s’agit en réalité d’une voiture louée à Roger Baldwin. Curtis Turner lui trouve refuge chez le privé Neil Castles qui lui prête sa Ford. Turner prend le départ en 7ème position mais vu la façon dont il ne la ménage pas pour se maintenir dans le groupe de tête, Castles lui passe un panneau lui intimant l’ordre de rentrer aux stands. Turner doit sortir de la voiture et Castles continue la course à son rythme franchissant la ligne d’arrivée en 11ème position. Castles qui déclara à l’arrivée : « Je n’aimais pas voir ma voiture malmenée de la sorte. J’étais effrayé à l’idée qu’il casse mon moteur » justifiant ainsi le changement de pilote.

Avec cette nouvelle victoire combinée à la 5ème place de Weatherly, Welborn pointe désormais à 217 points de la première place au classement général.

 

Pete DePaolo devra se résoudre à jeter l’éponge faute d’argent et aurait aimé revendre ses voitures à John Holman de Holman & Moody qui travaille pour DePaolo dans la préparation des voitures. Mais ce dernier n’a pas les fonds nécessaires. DePaolo va donc offrir à ses pilotes les voitures et les pièces détachées. A eux de trouver le budget pour les entretenir et les faire rouler. John Holman va alors proposer aux pilotes moyennant financement d’engager les voitures pour eux. Mais l’implication dans le reste de la saison de Holman & Moody sera sporadique obligeant Weatherly et Turner à trouver d’autres propriétaires en maintes occasions pour pouvoir poursuivre leur championnat.

Southern Engineering and Development, la société dirigée par Chuck Daigh pour le compte de Chevrolet, en fait sa branche sportive pour le stock car doit elle aussi stopper son activité. Daigh dira qu’il est maintenant à la recherche d’un emploi et que les voitures et autres pièces de compétitions en stock dans son entreprise seront distribuées aux différents pilotes de la marque. Welborn en sera le principal bénéficaire.

 

C Course n° 22: « Quatre a la suite pour Bob »

 

Vendredi 14 juin dans l’état de New York, à Rochester sur le Monroe County Fairgrounds, un demi mile en terre, quelques 16 courageux sont inscrits pour la course. Sans aide de la part des manufacturiers les temps sont durs. Holman & Moody engage les deux ex Ford DePaolo pour Turner et Weatherly en utilisant les fonds de tiroirs. Bob Welborn n’a quant à lui pas pu remettre à temps toutes ses voitures en état faute de pièces détachées. Il se présente donc comme le seul représentant de son team.

La pole est signée par le leader du championnat Joe Weatherly. Il précède son coéquipier Curtis Turner.

 

Malheureusement les deux Ford blanche et bleu ne vont pas tenir la distance. Est-ce une conséquence du manque d’argent ? Sans doute que leur entretien depuis la course précédente a été fait au minimum. Turner abandonne au 33ème tour sur casse de son différentiel et Weatherly va perdre peu avant la mi course un cylindre. A vitesse réduite il va poursuivre mais en perdant tout espoir de remporter la course. Il terminera 4ème à 20 tours du leader en remerciant au passage l’hécatombe chez ses concurrents. En effet seulement 7 voitures passeront sous le drapeau à damier  dont le 7ème à 34 tours du vainqueur !

En parlant de vainqueur il faut bien le nommer et il ne s’agit ni plus ni moins de Bob Welborn et ce pour la 4ème fois consécutive ! Il avait remporté le titre en 1956 avec seulement 3 victoires. Il reste 16 courses cette saison à disputer et il a déjà fait mieux. Les 4300 spectateurs n’ont pas eu beaucoup de spectacle à admirer. Glen Wood 2ème est à plus d’un tour, Larry Frank 3ème à 9 tours,…

 

4ème photos sur la Victory Lane pour Bob Welborn. Il reçoit le drapeau à damier des

mains de Red Carter, le flagman officiel de la NASCAR sur cette course.

 

Au championnat Weatherly ne compte plus que 192 points d’avance sur Welborn.

Notons également le geste de Bill France Sr. Vu l’arrêt du support financier des manufacturiers et le début des difficultés des « nouveaux indépendants » il a décidé d’augmenter les primes de courses. La victoire pour une course de 100 miles sur un demi mile étant normalement dotée de $500 pour le vainqueur, la prime passe à $800, la 2ème place passe de $425 à $525.

 

C Course n° 23: « Reçu 5 sur 5 »

 

Pour la 2ème fois de la saison les Convertibles vont se produire Sur le Bowman-Gray Stadium à Winston-Salem, NC, en ce samedi 22 juin en soirée. 21 pilotes engagés. Holman & Moody n’ayant pu faire le déplacement ses pilotes ont du trouver une solution de rechange. Joe Weatherly roulera pour Roger Baldwin et Curtis Turner pilotera la seconde voiture des Wood Brothers. Avec sa prime de la course précédente Bob Welborn a pu faire réviser ses autres voitures et du coup il engage son habituel coéquipier Possum Jones ainsi que Gwyn Staley pour la 1ère fois à ses côtés.

 

La pole sera signée par Staley justement et il va devancer Jones et Welborn. Les Chevrolet de Bob semblent en grande forme. Weatherly sur une voiture vieille de plus d’un an n’est que 9ème.

Deux courses hors championnat de 25 tours (appelées à tort « manche qualificative ») seront disputées et Curtis Turner remportera la 1ère (celle des pilotes ayant des positions pairs sur la grille de départ) alors que Dick Beaty fera de même dans la seconde (positions impairs). Notons que Frankie Schneider va détruire sa Plymouth dans cette 2ème course. Il ne sera pas blessé et tentera de prendre le départ de la course. Il amènera sa voiture sur la grille de départ en la poussant mais ne pourra bien évidement pas la faire démarrer. Il se voit ainsi attribuer la dernière place (20ème) et empoche les 48 points allant avec. Notons que les officiels vont lui attribuer un « crash » comme raison d’abandon vu l’état de sa voiture alors que ce crash n’est pas survenu dans cette course !

Dave Terrell ayant cassé le moteur de sa Chevrolet durant sa course ne pourra prendre le départ de la vraie course.

 

La course justement ils ne sont plus que 19 à en prendre physiquement le départ. Staley ne profite pas de sa pole car il se fait déborder dès les premiers mètres par Possum Jones et Bob Welborn. Au 14ème tour Welborn s’empare du commandement. Au 25ème tour, alors qu’il en compte déjà deux de retard, Cannonball Brown met un peu d’ambiance pour les 5200 spectateurs en détruisant sa Chrysler au bout de la ligne droite des stands. La course est relancée et alors qu’il remonte sur le leader Billy Myers perd le contrôle de sa Mercury dans le 3ème virage du 58ème tour. Welborn peut souffler.

Au 84ème tour, Curtis Turner en compte déjà deux de retard sur son coéquipier Glen Wood qui lui parvient encore à suivre le rythme de Welborn et de Lee Petty. Mais les deux hommes ne se comprennent dans une manœuvre de dépassement et c’est l’accrochage. Turner abandonne et Wood poursuit la course après réparation mais il terminera 6ème à deux tours.

 

Pour la victoire il ne faut pas chercher plus loin. L’homme en forme en cette partie de saison est Bob Welborn et il le prouve une fois encore en remportant sa 5ème victoire consécutive. Il devance d’un demi tour Lee Petty. Joe Weatherly termine à 1 tour mais en 3ème position limitant ainsi les dégâts au championnat ou il ne possède plus que 176 points d’avance. Quant au poleman Gwyn Staley il ne termine qu’à la 7ème position sans jamais avoir été un prétendant à la victoire.

 

 

C Course n° 24: « Ford trouve l’antidote pour contrer Chevrolet »

 

Le dimanche 23 juin ce sera la seule visite de l’histoire de la série sur le Concord Speedway situé à Concord en Caroline du Nord. Il s’agit d’un énième ovale d’un demi mile en terre. 23 pilotes ont fait le déplacement. Holman & Moody est présent avec ses deux pilotes Weatherly et Turner.

La pole sera pour Joe Weatherly. Il précède Curtis Turner et Glen Wood. Rien que des Ford, cela change des courses précédentes où Chevrolet faisait sa loi aussi bien en qualif qu’en course.

 

La course pour la victoire va se résumer à un trio mais pas n’importe lequel, le trio magique de l’année. Weatherly mène les 11 premiers tours puis cède face aux assauts de Turner. Lors de son pit stop au 99ème passage il perd le leadership face à Welborn. Le ravitaillement de ce dernier fut plus rapide et lui permet de revenir en piste juste devant Turner. Mais Curtis veut renouer avec la victoire et il va mettre la pression sur Bob. Voyant une telle agressivité Welborn ne va pas trop insister, il joue le championnat et Weatherly navigue en 3ème position à distance raisonnable. Turner passe donc au 133ème tour et vamener jusqu’au 200ème et dernier. Il gagne sa 10ème victoire de la saison avec… 10 secondes d’avance, cela ne s’invente pas. Weatherly termine 3ème et perd donc encore quelques points face à Welborn. Au championnat il n’en possède plus que 168 d’avance.

 

Notons que Johnny Dodson terminera 4ème à 1 tour mais sera disqualifié et classé 23ème et bon dernier, sa voiture ayant été jugée non conforme à l’inspection technique d’après course. Signalons aussi que pour la 2ème fois consécutive Cannonball Brown détruit sa Chrysler (au 52ème tour) qu’il avait à peine eu le temps de remettre plus ou moins en état depuis la course précédente disputée la veille.

 

C Course n° 25: « Welborn taille patron »

 

Philadelphia, la ville, pas le fromage, accueille le mercredi 26 juin une course de 150 tours soit 37.5 miles de son ovale asphalté de 0.250 mile du Municipal Stadium. C’est un circuit utilisant la piste d’athlétisme reconvertie pour l’occasion en circuit automobile. Ce sera la seule et unique visite d’une série nationale de la NASCAR de toute l’histoire. Il y a seulement 13 engagés. Les temps sont durs et Curtis Turner le 3ème du championnat est absent faute de volant. En effet Holman & Moody ayant décidé de ne pas effectuer le coûteux déplacement en Pennsylvanie. Il en sera de même pour la course suivante dans l’Illinois. Joe Weatherly devra se contenter d’une Ford de plus d’un an d’âge engagée par Roger Baldwin.

 

Bob Welborn réalise sa 7ème pole de la saison.

La course démarre par un crash de Bob Beck (Chevrolet) avant même que celui-ci ne passe sous le drapeau vert. Welborn prend le commandement et lors du 50ème tour évitera, ce qu’il ne savait pas faire en début de saison, les épaves de Don Gray et de Shep Langdon (tous les deux sur Chevrolet et coéquipiers chez Lonnie Fish) qui se sont encastrées dans le mur au pied des tribunes. Welborn qui va mener tous les tours et remporter sa 6ème victoire de l’année et ce en 7 courses ! Il devance Joe Weatherly d’un peu plus d’un tour ce qui réduit encore l’avance de ce dernier au classement général.

 

Bill France Sr déclara à la presse qu’il n’était pas inquiet de la désaffection des manufacturiers. En stoppant leur aide financières aux grosses écuries cela va diminuer leur domination et ainsi permettre de nouveau aux « petits » indépendants de pouvoir viser la victoire.

 

C Course n° 26: « Wood l’emporte, la NASCAR se ridiculise »

 

Le samedi 29 juin à Chicago, IL, sur le Soldier Field, la NASCAR va produire une des pires prestations de son histoire. C’est d’ailleurs la dernière fois que l’on viendra ici pour une série nationale de la NASCAR. La piste n’y est pour rien, il s’agit d’un demi mile asphalté construit dans le stade de l’équipe de football de la ville. 50 miles de course soit 100 tours.

Après lecture de la liste des engagés les officiels ne sont pas très heureux ni fiers. En effet il n’y a que 8 pilotes réguliers engagés ! Art Binkley est le 9ème engagé qui pourra marquer des points. Devant cette faible participation les promoteurs décident de faire appel et ainsi autoriser de nombreux pilotes locaux à prendre part à la course. Seul hic hormis quelques uns qui ont déjà participés à l’une ou l’autre course par le passé en Grand National ou en Convertibles pour la NASCAR, les pilotes appelés à la rescousse ne possèdent pas ou plus de licence NASCAR. Ils sont affiliés à la MARC (Midwest Association for Race Cars).

De peur de subir des reproches de la part de la MARC vu qu’ils participent à une épreuve de NASCAR plusieurs d’entre eux vont s’inscrire sous des pseudonymes. Ainsi Clyde Swick était engagé sous le pseudo de « Swacky », Harold Otto sous celui de « Mr. Otto ». Parmi eux il y a 8 pilotes qui n’ont jamais et ne feront jamais plus de course en NASCAR par la suite comme Chuck Hancock, Harold Otto ou encore Mr. Clutteham dont l’histoire n’a pas retenu le prénom. Au final il y aura 24 pilotes au départ.

 

Devant une telle mascarade les officiels ne vont pas officiellement enregistrer les qualifications que plusieurs « invités » de dernières minutes n’ont même pas faites. D’après le journal local c’est Joe Weatherly qui s’est élancé en tête sans toutefois être sur que c’est bien lui qui a fait la pole position.

De nombreux pilotes dans les statistiques n’ont pas de status (Running, Crash,…) et / ou de marque automobile. D’ailleurs les officiels n’ont pas enregistré le déroulement de la course. La durée, la vitesse moyenne, qui a mené,… autant de questions sans réponses.

C’est déjà bien de posséder l’ordre d’arrivée. C’est ainsi que l’on sait que Glen Wood remporte la course, sa 3ème de la saison, devant Possum Jones. Joe Weatherly termine 4ème alors que Bob Welborn est classé 7ème suite à son abandon en fin de courses, ses freins ayant lâché. Les 8 premières places sont d’ailleurs occupées par les 8 pilotes réguliers du championnat.

 

Dudley Stacy et Chuck Hancock sont classés aux deux dernières positions suite à leur disqualification. Raison inconnue ainsi que leur position avant disqualification.

Au final la NASCAR se ridiculise pleinement sur cette mascarade. Des officiels mandatés incompétents, un déplacement lointain et coûteux pour des gains médiocres ($600 au vainqueur par exemple). Il est des états aux USA où elle n’est pas la bienvenue. L’Illinois en fait partie. Il faudra attendre 2001 pour revoir une série nationale de la NASCAR s’y produire.

 

Course commune avec le Grand National : « Weatherly marque des points »

 

Le jeudi 4 juillet le Raleigh Speedway accueille une course dite « sweepstakes » c'est-à-dire que les voitures du Grand National et de la Convertible sont mélangées dans la même course. La course est la 28ème du championnat Grand National. Elle sera donc évoquée dans cette partie là. Cependant un classement interne propre aux Convertibles est comptabilisé. Joe Weatherly est le meilleur des 22 pilotes de Convertibles engagés (sur les 53 au départ) en terminant 3ème au général. Dans le classement propre aux décapotables Welborn termine 2ème, Glen Wood 3ème,…

 

Pour information les résultats obtenu dans les courses « sweepstakes » sont comptabilisés dans les statistiques du Grand National qui est considérée comme division principale et donc recevant les Convertibles comme « invitées ». Seuls les points du classement propre des Convertibles sont comptabilisés dans les stats de la division via le classement des pilotes. Le calendrier 1957 de la série Convertible compte 36 courses mais avec les « sweepstakes » c’est un maximum de 40 résultats qui peut être pris en compte pour l’attribution du titre.

 

Course commune avec le Grand National : « Welborn fait la bonne opération »

 

De nouveau une course dite « sweepstakes ». La 30ème du championnat Grand National. C’est le dimanche 14 juillet et cela se passe sur le Memphis-Arkansas Speedway à LeHi, AR. Bob Welborn termine 5ème au général mais surtout il marque les points de la victoire dans la catégorie Convertible. Il devance son coéquipier Possum Jones alors que Joe Weatherly n’est classé que 26ème (9ème sur les 10 Convertibles) et perd de gros points et la 1ère place au championnat des pilotes au profit de Bob Welborn pour 4 points.

 

Lee Petty en action à Winston-Salem (course n°23).

 

C Course n° 27: « Holman & Moody en haut de l’affiche »

 

Retour en Caroline du Sud le vendredi 19 juillet pour une « vraie » course de NASCAR sur le Columbia Speedway. C’est la 1ère des deux visites que la série fera sur cette piste en 1957. C’est un demi mile en terre et il y a 15 engagés dont les deux Ford de Holman & Moody.

La pole est signée et c’est une surprise par Whitey Norman sur sa Ford. Ce sera d’ailleurs sa seule en carrière. Il devance le pilote en forme du moment Bob Welborn.

 

Comme souvent le poleman surprise ne concrétise pas en course et cette course vient augmenter la statistique. Whitey va vite perdre pied et va même être classé dernier car au 34ème tour il s’accroche avec Dick Beaty à qui il tentait de résister.

La piste va être meurtrière pour les mécaniques car seulement 6 voitures franchiront la ligne d’arrivée. Le dernier classé étant Bob Welborn. Il n’aura pas profité longtemps de sa 1ère place au classement général car Joe Weatherly va terminer 2ème à un tour d’une course remportée par Curtis Turner. C’est le premier doublé dans la série pour Holman & Moody. Pour Turner c’est la 11ème victoire ce qui porte son total en carrière à 33 comme son âge. Il ne le sait pas encore mais ce sera sa dernière cette saison. Saison qu’il n’aura pas l’occasion de faire dans son intégralité faute de budget, un comble pour le pilote le plus victorieux depuis la création de la série.

 

Au championnat Weatherly reprend une petite avance de 28 points face à Welborn.

 

Darel Dieringer est le 1er à abandonner. Photo de Raleigh (course n°28).

 

C Course n° 28: « Amick à la surprise générale »

 

Le vendredi 2 août les pilotes de la série Convertible retournent à Raleigh, NC, mais entre-eux cette fois-ci. L’ovale d’un mile asphalté accueille 33 pilotes ce qui constitue un record pour la division. Il faut dire que c’est une course richement dotée pour l’époque. 150 tours seront à accomplir. C’est la dernière fois que la série se produira ici vu que la course ne sera plus au calendrier les années suivantes. Curtis Turner est absent et remplacé chez Holman & Moody par Marvin Panch. La raison est que Turner a décidé de quitter la NASCAR pour rejoindre les rangs de l’USAC en vue de participer en 1958 à cette série et de remporter les 500 miles d’Indianapolis. En fait la vraie raison est son amende de $50 que la NASCAR lui a infligé suite à son altercation musclée avec Speedy Thompson le 20 juillet lors de la course de Hickory en Grand National. Turner qui dans une interview annoncera qu’il compte avec 4 autres investisseur dont le pilote Paul Goldsmith créer un super ovale de 2,5 miles en ciment près de Detroit en vue d’y accueillir les monoplaces de l’USAC.

La pole va être signée par Bill Amick sur sa Ford privée. Amick dont ce n’est que la 3ème apparition en carrière dans la série et la première fois en tant que pilote propriétaire.

 

La course va être très disputée entre le poleman Amick, Tiny Lund (Pontiac), Paul Goldsmsith (Ford) et Billy Myers (Mercury) du moins dans les premières boucles. Les quatre homme vont s’échanger à plusieurs reprises le leadership jusqu’au 54ème tour. A ce moment là Amick prend la première position et malgré une belle résistance de la part de 4 autres pilotes (les 3 précédemment cités auxquels il faut rajouter Joe Weatherly) pendant une partie de la course.

Une épreuve qui va réjouir les 6500 spectateurs car il y a aura des dépassements à gogo, des crashs (Darel Dieringer au 17ème tour, Jack Smith au 44ème, Whitey Norman au 136ème et d’autres encore mais il n’y aura que deux neutralisations) et un beau final entre les 4 poursuivants de Bill Amick. Car Amick après son ravitaillement va creuser petit à petit l’écart jusqu’à posséder 1/3 de tour d’avance sous le drapeau à damier. Derrière par contre c’est un peloton groupé qui passe la ligne emmené par Goldsmith devant Lee Petty, Lund, Myers et Weatherly.

 

Bill Amick tout sourire.

 

Immédiatement Tiny Lund porte réclamation car pour lui Petty les accompagnait mais il était à un tour voire même deux d’après Lund. Les officiels vont alors recompter la fiche de scoring de Petty et vont en effet s’apercevoir qu’il n’a fait que 149 tours sur les 150. Il est donc reclassé à la 8ème position.

Bill Amick remporte donc sa 1ère victoire en carrière et ce à sa 3ème tentative. Cela dit il ne marque aucun point au championnat car sa voiture est une « Zipper ». En fait il s’agit d’une voiture du Grand National (une hardtop) et la NASCAR n’attribue pas de points aux fausses décapotables (voiture dont on a enlevé le toit de façon à ce qu’elle ressemble à une décapotable) en 1957. Notons que Jim Paschal (16ème) lui aussi conduisait une Mercury « Zipper » lors de cette épreuve.

 

Et Bob Welborn me direz-vous ? Il termine 7ème à 1 tour. Au championnat Weahterly possède maintenant 52 points de plus que Welborn.

 

C Course n° 29: « Bis repetita pour Amick »

 

Le mardi 6 août la Virginie accueille à Virginia Beach sur le Norfolk Speedway 24 pilotes prêts à en découdre. La piste en terre fait 0.4 mile est visitée pour la 2ème fois de l’année par la Convertible. Il faudra en faire 250 fois le tour. Curieusement Curtis Turner semble avoir finalement payé son amende à Pat Purcell, l’executive manager de la NASCAR car il est autorisé à participer à l’épreuve. Pour la petite anecdote il faut savoir que la piste fut appelée entre 1954 et 1955 le Joe Weahterly Speedway. En effet ce dernier en a été le promoteur durant cette période.

La pole pour Bill Amick, décidément ce pilote est surprenant car il pulvérise le record de Curtis Turner de plus de 7 miles à l’heure !! 59.259 mph contre 52.023 mph. C’est même plus vite que les Grand National ce qui n’arrive pratiquement jamais sur les autres pistes !

 

Lee Petty sera le premier à abandonner au 87ème tour suite au dysfonctionnement de ses freins sur son Oldsmobile. Curtis Turner lui pour son « retour » cassera son moteur au 221ème passage. En fait il s’agit du moteur que Weatherly a utilisé lors de la course précédente et qui n’a pas eu le temps d’être révisé.

 

Bill Amick avec sa « Zipper » va pour la 2ème fois remporter une course sans marquer de points. Il devance Bob Welborn qui profite de la 4ème place de Weatherly pour lui reprendre quelques points au classement général.

 

Pit stop pour Lee Petty. Photo de Martinsville (course n°30).

 

C Course n° 30: « Hat trick pour Amick et sa « Ford Zipper Spécial » »

 

Dimanche 11 août, on reste en Virginie mais direction Martinsville et son demi mile asphalté. 35 pilotes engagés, nouveau record de la série. Il fait une chaleur torride sur la région.

La pole est pour la 3ème fois consécutive l’œuvre de Bill Amick et sa fameuse « Zipper » qui commence à énerver les autres pilotes qui eux utilisent de vraies décapotables. Seul Jim Paschal ne dit rien vu que lui aussi utilise une « Zipper ». Notons que la voiture de Amick est préparée par l’excellent mécanicien Herb Nab.

 

Le jour de la course en plus de faire très chaud il fait très lourd. Physiquement cela va être dur pour les pilotes. La direction assistée est encore un rêve à cette époque. De plus sans toit le soleil tape fort sur le casque ! Et pour gagner il faut garder l’esprit clair et son sang froid.

Au départ Amick se fait surprendre par Glen Wood et ce pour les 17 premières boucles jusqu’à ce que son moteur explose dans un joli panache de fumée synonyme d’abandon. Mathématiquement avec cette dernière place qui ne lui rapporte rien il est éliminé de la course au titre.

Joe Weatherly assure l’intérim en tête jusqu’à ce qu’il cède face à un Jimmy Massey en grande forme sur sa Ford engagée par les Wood Brothers. Son moteur va-t-il tenir ? Amick lui reste paisiblement dans le top5 en ce début de course. Il se ménage lui et sa mécanique.

Après son ravitaillement, plutôt lent, Massey redonne la première position à Weatherly. Mais Amick ne le lâche pas d’une semelle. Au 226ème tour il ose une attaque et passe en tête. Weatherly tente de garder le contact mais son moteur surchauffe et finalement rend l’âme au 284ème tour. En étant classé 27ème Weatherly ne marque pas de points et doit espérer que Welborn ne terminera pas trop haut dans le classement.

Welborn justement souffre beaucoup de la chaleur et va se résoudre à se faire relayer aux trois quarts de la distance par Pee Wee Jones dont c’est la 1ère apparition dans une course de Convertibles. Une apparition qui ne sera pas comptabilisée vu qu’il n’a pas pris le départ. Il va tenir son rôle et terminera 13ème. Suffisant pour permettre à Welborn de quitter Martinsville avec 244 points d’avance sur Weatherly.

 

La meute en action emmenée par Glen Wood devant Bill Amick…

 

Devant Amick compte presque 2 tours d’avance mais il ralentit la cadence à cause de la fatigue. Jimmy Massey se dédouble à moins de 100 tours de l’arrivée. Weatherly propose lors du dernier ravitaillement d’Amick de le relayer mais ce dernier refuse. Il va boire un litre d’eau et repartir pour finalement remporter sa 3ème victoire d’affilée et le chèque mirobolant de $3,150. Il devance Massey, Dick Beaty (relayé par Billy Myers), Lee Petty (relayé par Bobby Myers) et Jack Smith pour le top5. Curtis Turner termine 6ème après avoir été lui aussi relayé par Paul Goldsmith. Enfin signalons encore un autre pilote qui à cause de la chaleur à du se résoudre à se faire relayer, il s’agit de Fireball Roberts qui sera classé 25ème (abandon) et qui avait été relayé par Paul Goldsmith.

Goldsmith qui aura donc relayé deux pilotes différents durant la même course. Chose unique dans l’histoire de la série des Convertibles.

 

C Course n° 31: « Le public cria : « Oh Possum wins the race ! *» »

 

Le samedi 17 août c’est la 2ème fois de la saison que l’on visite le Champion Speedway de Fayetteville, NC. 21 pilotes engagés.

La pole est de nouveau signée par Bob Welborn, c’est sa 8ème de la saison. Il devance son coéquipier Possum Jones. La 3ème voiture du team conduite par Jimmy Massey n’est que 14ème.

 

La course va être largement dominée par Welborn et Jones. Bob menant les 124 premiers tours mais il doit rentrer aux stands pour changer un pneu crevé. Il va perdre deux tours dans la manœuvre mais sera tout de même classé 6ème malgré une nouvelle crevaison à l’arrière droit dans le dernier tour de la course. Il continuera et terminera juste devant Joe Weatherly faisant ainsi passer son avance de 244 à 252 points au championnat. Il ne reste que 26 tours et Possum Jones se retrouve leader mais son avance va fondre comme neige au soleil face à un Curtis Turner qui vient de se réveiller.

Finalement Jones remporte la course pour 2 longueurs face à Turner. C’est sa 2ème et dernière victoire en carrière.

 

Notons que comme lors de la 3ème course de l’année ici même les pneus ont eu du mal à résister aux contraintes de ce short track de 0.333 mile asphalté. 6 abandons dont 2 crashs seront à mettre sur le compte d’éclatement de pneus.

Signalons aussi que pour une fois qu’il pilote une « vraie » décapotable, engagée par Fireball Roberts, Bill Amick abandonne !

 

Possum Jones le vainqueur, une cigarette à la main.

Une image que l’on ne risque pas de revoir de nos jours !

 

* L’opossum étant un petit mammifère de la famille des marsupiaux.

 

C Course n° 32: « La 4ème de Wood grâce à Turner »

 

Deuxième visite de l’année en ce vendredi 23 août sur le Charlotte Fairgrounds. 26 pilotes engagés.

Bill Amick réalise sa 4ème pole de l’année en 7 départs. Il s’agit d’ailleurs de sa dernière course en carrière dans cette division. Joe Weatherly est 2ème alors que le leader du classement pilote Bob Welborn n’a signé que le 8ème chrono.

 

Amick se loupe au départ et c’est toute sa course qu’il va louper puisqu’il finira par abandonner dans l’anonymat le plus complet au 163ème tour sur problème d’injection.

Joe Weatherly doit gagner pour revenir au championnat et il semble vraiment dominer son sujet en menant les 179 premiers tours sur les 200 que compte la course. Mais sa mécanique va le trahir et c’est à la 11ème place que l’on trouvera son nom dans le classement.

A ce moment là Gwyn Staley récupère le leadership juste devant Curtis Turner. Il faut signaler que Turner a abandonné au 90ème tour, radiateur cassé suite à un accident mais qu’il a pris le relais de Glen Wood à la mi course. Wood ne se sentant pas bien. Mais à 7 tours de l’arrivée en tentant de dépasser Staley il part en tête-à-queue. Il va à ce moment là produire un effort quasi surréaliste et revenir sur le leader pour déboîter en sortie du dernier virage et franchir la ligne d’arrivée avec à peine 3 feet (un peu plus de 90 cm).

Curtis « Pops » Turner conduit la voiture jusqu’à la Victory Lane et s’efface au profit du véritable vainqueur Glen Wood. Wood ayant pris le départ il est donc officiellement le vainqueur de la course.

C’était la 3ème et dernière fois que la division des Convertibles se produira sur cette piste et à chaque fois c’est Curtis Turner qui est passé « physiquement » en premier sous le drapeau à damier mais pour deux victoires. Notons que Glen Wood avait fait la pole lors de l’autre course disputée ici même plus tôt dans l’année.

 

Bob Welborn qui souffre du ventre a du se faire relayer par son coéquipier Possum Jones qui avait abandonné plus tôt dans la course et est classé 3ème. Suffisant pour creuser encore un peu plus l’écart au championnat avec 316 points sur Weatherly.

 

Course commune avec le Grand National : « Une Convertible mate les GN ! »

 

Dimanche 15 septembre à Langhorne, 45ème manche du championnat Grand National. Une course qui sera bien sur détaillée dans la partie n°2 de 1957 consacrée à cette division 1. Il faut savoir que ce fut un grand jour pour les décapotables. Paul Goldsmith réalise la pole mais devra abandonner en course et c’est un autre pilote « le casque au vent » qui l’emportera. Il s’agit de Gwyn Staley et de sa Chevrolet. C’est la première fois qu’une Convertible remporte une course « Sweepstakes ». Joe Weatherly termine 7ème de la course mais surtout 3ème des Convertibles. Bob Welborn lui est 12ème au général et seulement 7ème de sa classe. Weatherly comble ainsi 72 points d’un coup au championnat mais reste à 244 points de Welborn. Il y avait 22 Convertibles sur les 48 partants.

 

C Course n° 33: « Goldsmith remporte la médaille d’or »

 

Le dimanche 22 septembre c’est le superbe ovale de 0.625 mile de North Wilkesboro qui accueille la grande caravane de la NASCAR Convertible et ce pour la 1ère fois. 22 pilotes engagés pour une course de 160 tours.

La pole est signée par Ken Rush qui pilote une Mercury préparée par Frank Hayworth. Il s’agit de sa 1ère en carrière lui qui en est à son 19ème départs. Il devance E.J. Brewer ce qui constitue une autre surprise.

 

Il va d’ailleurs mettre à profit pour mener ses premiers tours en carrière, les 21 premiers pour être exact. Glen Wood qui s’est élancé 3ème va cependant lui ravir le commandement au 22ème passage. Au 23ème tour Rush perd sa 2ème place au profit de Paul Goldsmith. C’est le début de la lente dégringolade au classement pour le rookie. Il terminera néanmoins à la 8ème position mais à 9 tours du futur vainqueur.

Devant Goldsmith suit comme son ombre Wood et au 63ème tour il lui met un bon gros coup dans le pare choc arrière. Wood est déstabilisé et perd la première position. Mais visiblement sa voiture a un peu souffert et il va perdre d’ici la fin de course encore 2 positions au profit de Lee Petty tout d’abord puis de Possum Jones.

Au 150ème tour coup de théâtre avec l’abandon de Bob Welborn sur crevaison ayant entraîné des dommages sur sa Chevrolet. Il sera classé 11ème. Excellente affaire pour Weatherly qui est 5ème à ce moment là mais toujours dans le tour du leader. Mais à 5 tours de la fin il va lui aussi crever un pneu et abandonner. Il sera classé 6ème à 5 tours. Mais il reprend 96 points à Welborn et réduit donc l’écart au classement à 148 unités.

Devant Paul Goldsmith remporte sa 1ère et unique victoire en carrière et ce pour le compte de Slim Rominger. La raison est qu’il ne disputera encore plus qu’une seule autre course dans cette division à Wilson le mois suivant.

 

Paul Goldsmith remporte la course.

Cette photo date de Darlington (course n°14) quand Goldsmith

reçoit le trophée des mains de Bob Colvin pour avoir signé la pole position.

 

Dans la semaine précédant la course Bob Welborn qui se plaint depuis plus d’un mois de douleur au ventre se fait diagnostiquer une appendicite. Mais il décide contre l’avis de son chirurgien de repousser l’opération après la finale du championnat. Il préfère mettre sa vie en danger et remporter un nouveau titre. En effet un appendice qui se rompt peut entraîner une péritonite potentiellement mortelle.

 

Course commune avec le Grand National : « Welborn au dessus du lot ! »

 

Dimanche 6 octobre à Martinsville, c’est la 49ème course du calendrier du Grand National. Il s’agit aussi de la 4ème et dernière course « Sweepstakes » de l’année. La course sera évidemment détaillée dans la partie concernée. Pour ce qui est du classement propre à la division des Convertibles il faut savoir que Bob Welborn allait marquer un grand coup. En effet il va tout simplement remporter la course au classement général (sa 1ère en GN) et en faisant 7 tours de plus que Joe Weatherly, 5ème au général et 3ème de sa classe derrière Jimmy Massey (2ème au général), il va engranger 40 points de plus que Weatherly portant ainsi son avance à 188 points. Sur les 40 pilotes au départ 16 pilotaient des Convertibles.

 

C Course n° 34: « Staley gagne, Welborn aux anges et Weatherly qui pleure »

 

Pour la 3ème fois de la saison la division se produit à Virginia Beach sur le Norfolk Speedway en ce dimanche 13 octobre. Seulement 14 engagés pour cette course de 250 tours soit 100 miles.

Glen Wood obtient pour la 2ème fois de l’année la pole position. Il devance Gwyn Staley et Bob Welborn. Notons les débuts d’un pilote fort populaire dans les années qui suivirent en Grand National Emanuel Zervakis qui conduit la Chevrolet #90 du fameux Junie Donlavey. Signalons l’absence de Lee Petty ou encore de Dick Beaty ou Bill Amick qui ont comme d’autres préféré participer à la course de GN disputée le même jour à Concord.

 

La course ne sera guère passionnante sauf les derniers tours pour les 2300 spectateurs. Glen Wood abandonnera au 211ème tour sur casse de son moteur. 10 tours après c’est Joe Weatherly qui doit renoncer sur casse de sa chaîne de distribution, il sera classé 9ème. Devant c’est Gwyn Staley qui mène devant Bob Welborn et une fois averti de l’abandon de son rival Welborn va intelligemment arrêter de prendre des risques et se contentera de la 2ème place juste derrière Gwyn Staley qui remporte ainsi sa 1ère victoire de l’année et 2ème et dernière en carrière. Il pilotait une Chevrolet engagée par Julian Petty.

 

Ironie du sort Julian Petty qui voit son pilote pavoiser sur la Victory Lane a lui aussi participé à la course au sein de l’autre écurie de la famille, la Petty Engineering dont son frère Lee est le dirigeant, mais sera classé bon dernier en n’ayant parcouru que 55 tours. Seul point positif sur sa course il est passé sous le drapeau à damier après avoir longuement réparé l’arbre de transmission de son Oldsmobile.

 

Au championnat Welborn compte à 2 courses de la fin de saison 260 points d’avance. Autant dire qu’il est virtuellement champion car le simple fait de prendre le départ dans les deux dernières courses lui assurera le titre même si Weatherly remporte les deux épreuves. Deux courses de 100 miles donc attribuant un maximum de 400 points pour le vainqueur (2 x 200 points).

 

Une photo de Daytona (course n°2) où l’on voit Curtis Turner en action.

 

C Course n° 35: « Billy Myers sur la Victory Lane, Welborn champion »

 

Le mercredi 30 octobre c’est l’avant dernière course de la saison et pour la 2ème fois de l’année on se retrouve sur le Wilson Speedway en Caroline du Nord. Sur la liste des inscrits on peut voir apparaître le chiffre 19.

Bob Welborn veut montrer d’entrée que c’est lui le patron et signe la pole position, sa 9ème de la saison. Il devance son coéquipier Possum Jones. Joe Weatherly est 9ème et regrette de ne pas avoir à ses côtés Curtis Turner pour contrer la marche victorieuse de Welborn. Il doit marquer au moins 61 points de plus que Welborn pour conserver ses chances au championnat.

 

Surtout que lors de la course Weatherly va connaître des petits soucis, rien de bien grave mais suffisamment pour le ralentir. Il va terminer 6ème à 8 tours du vainqueur sur sa Ford de chez Holman & Moody. Le manque d’argent du team se répercutant sur la préparation et la fiabilité de sa machine. D’autant que pendant ce temps là Bob Welborn conduit prudemment et va terminer 4ème. En marquant 16 points de plus au championnat son avance est de 276 points à une course de la fin. Il est donc mathématiquement champion.

Alors pour la victoire et bien ce fut une belle bagarre entre Possum Jones et Billy Myers. Finalement c’est ce dernier qui remporte la course. C’est sa 1ère en carrière et pour la 2ème fois en 2 courses c’est une écurie ayant un des frères Petty qui l’emporte. Ce coup-ci c’est la Petty Engineering de Lee alors que lors de la course précédente cela avait été la Petty Performance de Julian.

 

Billy Myers le vainqueur (debout) et son frère Bobby. Il n’aura malheureusement pas pu fêter sa victoire avec son frère car ce dernier trouva la mort le lendemain de cette photo à Darlington dans la course du GN. Photo de Darlington en Convertible où Bobby #4 termina 3ème.

 

C Course n° 36: « Weatherly pour la beauté du sport »

 

Le jeudi 31 octobre c’est jour de course en NASCAR et c’est même la finale de la saison 1957 des Convertibles. C’est à Columbia, SC, sur le speedway éponyme que cela ce passe. 16 pilotes engagés. Welborn est présent alors que tout le monde pensait qu’une fois le titre acquis il serait enfin allé se faire opérer de l’appendice. Weahterly est là aussi pour la beauté du sport.

Possum Jones réalise la pole, sa 5ème et dernière en carrière. Banjo Matthews qui remplace Paul Goldsmith ne signe que le 15ème temps.

 

La course à lieu en soirée en ce jour d’Halloween. Billy Myers est bien décidé à faire le doublé mais il va tomber sur un seul autre adversaire à son niveau et pas de chance pour lui il s’agit de Joe Weatherly. Frustré d’avoir loupé le titre il met un point d’honneur à remporter la course, sa 5ème de l’année. Welborn lui termine 4ème. C’est donc avec 252 points d’avance que Welborn est titré. Glen Wood le 3ème et dernier pilote à avoir fait l’entièreté du championnat termine 15ème.

 

Il fallait partir 5ème ici en 1957 car lors de la 1ère course de la saison sur cette piste Curtis Turner s’était imposé en partant de la 5ème position.

 

Consolation pour Joe Weatherly qui remporte la finale.

 

Bob Welborn conserve donc son titre de champion obtenu en 1956. Il aura fait une superbe saison et aura su profiter de l’arrêt du support financier des manufacturiers pour battre Curtis Turner, le favori et Joe Weahterly. La faillite de DePaolo Engineering est un des facteurs déterminant dans sa campagne victorieuse. Une fois l’écurie De Pete hors jeu il enchaîner les victoires.

Bob Welborn en 1957 c’est :

36 courses (plus les 4 « sweepstakes » ne comptant que pour l’attribution de points)

6 victoires (Seul Turner fait mieux avec 11)

21 top5 (Weahterly avec 25 et Wood avec 22 font mieux)

29 top10 (seul Weatherly fait mieux avec 32)

9 poles (voilà un domaine ou il est le meilleur)

$17,558.20 de gain.

Sa régularité à la porte du top10 en cas de problèmes et ses superbes performances lors des courses « Sweepstakes dont une victoire font de lui le champion et ce malgré 11 abandons.

 

Ken Rush.

 

Ken Rush reçoit l’award du meilleur rookie de l’année. Distinction officieuse car l’attribution du titre du titre officiel de Rookie of the Year n’apparaîtra que l’année suivante. Il faut savoir qu’en 1957 l’attribution fut particulière car c’était en tenant compte des performances à la fois en Grand National et en Convertible. En somme il s’agissait de récompenser le meilleur débutant en NASCAR au niveau national sans tenir compte d’un classement spécifique propre à chaque série.

 

Notons que Bob Welborn se fera enfin opérer de son appendicite début novembre.

 

Dernier hommage au titre de champion 1957 de Bob Welborn dont on peut

apprécier le style de conduite.

 

Qui sera champion en 1958 ? Vous le saurez bientôt.

 

La suite avec la partie n°2/2 : La saison du Grand National.

 

 

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