07/12/2011 : Ze Show !! n°35 est disponible !!      05/11/2011 : ChallengeVD: Winter quiz 2011-2012      06/10/2011 : Ze Show 111 en ligne !      28/09/2011 : Ze Show !! n°110 en ligne !!      23/09/2011 : Ze Show !! n°109 disponible !!!     




1956

 

Le Grand National et la Convertible Division font ménage à deux pour le plus grand bonheur des fans.

 

(Partie n°1/2 : La saison des Convertibles.)

Partie n°2/2 : La saison du Grand National.

 

 

Nous avons pu suivre en 1955 l’arrivée tonitruante de Carl Kiekhaefer dans le petit monde de la NASCAR. Sa façon de voir la course aussi bien le côté technique du sport en vue d’atteindre le plus haut niveau de performances que son côté business puisqu’il estimait que promouvoir sa société de moteurs de bateaux via la course donc auprès d’un large public lui permettrait d’augmenter ses ventes. En tous les cas il n’a pas eu faux.

 

Mais en cette année 1956 sa mégalomanie va devenir exaspérante au point de faire fuir ses propres pilotes… pour harcèlement moral ! La perfection selon Kiekhaefer et sa façon d’y parvenir ne s’accordaient pas avec le tempérament des fortes têtes qui roulaient pour lui. On le verra plus tard.

Un exemple du « total control » exercé par Kiekhaefer était son habitude de réserver sur les lieux des courses un hôtel pour son unique besoin. Il réservait entre 40 et 50 chambres pour lui, ses pilotes et mécaniciens et leurs conjointes. Mais la répartition était la suivante : les hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Il n’autorisait pas « les activités physiques » entre hommes et femmes la nuit précédant une course. Kiekhaefer se chargeant lui-même de faire des « raids nocturnes » pour s’assurer que l’on respectait ses règles. Pour lui un pilote (aussi valable pour les mécaniciens) ayant bien dormi était un pilote plus prompt à faire un bon résultat en course. Sa discipline militaire en excédait plus d’un mais les faramineux salaires, pour l’époque, qu’il versait à ses employés lui assuraient leur obéissance. Un pilote gagnant un salaire fixe par an de $40,000 minimum et cela sans compter les primes des courses.

 

Si tout allait marcher comme sur des roulettes pendant la première moitié de la saison en écrasant la concurrence, la machine allait cependant s’enrayer par la suite. La faute à la rébellion de certains de ses pilotes mais surtout à l’irritabilité de Bill France pour qui une telle domination n’était pas la bien vue. Big Bill avait peur que le public qui payait de plus en plus cher ses places ne délaisse les tribunes car lassé d’assister à une bataille pour la victoire ne concernant que les voitures blanches de Kiekhaefer. Bill France va donc ordonner à ses commissaires d’analyser le plus minutieusement les voitures de Kiekhaefer pour essayer de les prendre en flagrant délit de tricherie. Malgré un véritable acharnement jamais les commissaires techniques de la NASCAR ne trouveront la moindre pièce illégale sur les voitures du team. France déclara bien après sa retraite : « Nous avons tout fait pour tenter de prouver l’illégalité de voitures de Carl Kiekhaefer mais sans succès. Et pourtant on a essayé ! ». France admettant que l’excellente préparation des voitures et ce dans le respect du règlement combiné à l’excellence de ses pilotes étaient les seules raisons de cette domination.

 

La zone « presse » à Daytona Beach. Bien loin des standards actuels !!

 

Cependant la mauvaise presse faite autour de la possible illégalité de ses voitures accentuée par les déclarations assassines de Bill France firent du mal à Kiekhaefer. Il eut soudain peur que cela ait des retombées négatives sur son entreprise de moteurs de bateaux. Du coup il décida d’arrêter la course automobile. Il prit la décision d’aller au bout de la saison 1956 car il avait des contrats envers ses pilotes et en homme de parole il tiendrait ses engagements. Cela dit il ne mit plus autant de moyens dans la course automobiles et les résultats s’en ressentirent directement avec un recul dans la hiérarchie de ses voitures.

Mais son envie de remporter le titre était toujours présente et il allait réussir à redresser la situation en sa faveur.

 

Pour ce qui est de la course en elle-même il n’y a pas de grands changements dans les règles cette année. Un peu de stabilité ne faisant pas de mal après tout ses changements depuis 1949. Cela dit la saison va être un véritable marathon puisque 56 courses sont programmées soit 11 de plus qu’en 1955. Mais l’une d’entre elles sera annulée (voir plus loin le 4 août). Notons que Carl Kiekhaefer parviendra à faire insérer une course supplémentaire en fin de saison portant le total à 56. La raison est décrite à la fin de l’histoire de cette saison.

 

Harley Earl (à gauche) le créateur de la Corvette et Bill France à bord de cette même voiture faisant office de pace car à Daytona Beach.

 

Course n°1 : « Tim Flock en champion »

 

Le dimanche 13 novembre 1955 a lieu la première course du championnat 1956. La NASCAR produit vraiment un calendrier dont elle seule à le secret ! Deux courses le même jour à deux endroits différents, début d’année en fin d’année précédente… Bref difficile de répartir 56 courses.

Nous sommes donc sur le Hickory Speedway dans la ville du même nom en Caroline du Nord. C’est la 2ème course de NASCAR depuis que la piste est passée de 0.5 à 0.4 mile dans le courant 1955. Piste en terre battue qui accueillera 3 fois la discipline cette saison. Ici c’est pas moins de 31 pilotes qui sont engagés dont le champion en titre Tim Flock (Chrysler) et de son propriétaire Carl Kiekhaefer.

La pole position revient à Tim Flock mais c’est Jim Paschal qui établira le meilleur chrono dans la 2ème séance qualificative du samedi.

 

Ned Jarrett #89 (le X), Dave Terrell #97 (le S) et Herb Thomas #92 (le C). Dans certaines courses les officiels associaient une lettre à chaque voiture pour faciliter le travail des scoreurs. En effet les numéros pouvaient parfois prêter à confusion.

 

La course à lieu le lendemain et une triste ambiance règnera parmi les pilotes, organisateurs, officiels et spectateurs (7500 ici) avec l’annonce peu avant le départ, du décès de Buddy Shuman. Ce dernier, ex pilote de NASCAR, depuis peu à la tête de la Ford Motor Company avait été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel tôt le matin, victime d’inhalation de fumée dans l’incendie de celle-ci.

Après une minute de silence la course est lancée et Tim Flock profite immédiatement de sa pole pour prendre le commandement et le large. Malgré un drapeau jaune suite à la sortie de route de son frère Bob (Chevrolet) puis un autre suite à l’accrochage entre Jim Reed (Chevrolet) et Blackie Pitt (Buick) rien ne semblait perturber la marche triomphale de Tim Flock. Mais trop de facilité nuit à la concentration et au 121ème tour il part en tête-à-queue dans le virage n°3 et le temps de repartir Lee Petty (Dodge) et Curtis « Pops » Turner (Ford) sont passés. Flock est déchaîné et ne va mettre que 18 tours pour reprendre le commandement à Petty. Tim Flock ne se déconcentrera plus et remporte une somptueuse victoire avec 7 secondes d’avance sur Turner qui a finalement eu le dernier mot face à Petty. Il aura fallu à Flock une heure 24 minutes et 16 secondes pour boucler les 200 tours (80 miles) et ce à cause de 4 drapeaux jaunes.

 

Tom Pistone 6ème sur sa Chevrolet sera disqualifié et rétrogradé 31ème et dernier car lors de l’inspection d’après course son moteur contenait des pièces modifiées illégalement.

 

Tim Flock débute bien la saison.

 

Course n°2 : « Un Flock peut en cacher un autre »

 

Dimanche 20 novembre direction le Charlotte Speedway, Charlotte, NC pour une course de 100 miles sur cette piste en terre de 0.75 mile. C’est ici que les « gros bras » du championnat ont décidé de venir s’affronter car de l’autre côté du pays en Californie a lieu la 3ème course de l’année. Il fallait choisir. Il y a 27 engagés. Le promoteur de la course est le futur « requin » Bruton Smith. Il a bien fait la promotion de la course car c’est 10500 spectateurs qui se pressent pour assister à l’évènement. Essai le samedi mais qualification et course le dimanche.

 

Fonty Flock réalise la pole sur sa Chrysler de chez… Kiekhaefer bien sur ! Il devance son frère Tim.

La course va être une promenade de santé pour Fonty qui va mener de bout en bout creusant un bel avantage sur son frère avant que la tendance ne s’inverse et finalement c’est pour une demi longueur d’avance qu’il parvient à maintenir son champion de frère derrière lui sur le ligne d’arrivée !

 

Un incident peu banal a perturbé la course. Don Oldenberg perdant le réservoir d’essence de sa Buick au 24ème tour. Bob Welborn (Chevrolet) qui le suivait de près ne vit pas le réservoir se décrocher et en le percutant décolla et parti en tonneau dans une immense gerbe d’essence. Par chance celle-ci ne prit pas feu et personne ne fut blessé.

 

Course n°3 : « La 2ème est la bonne »

 

Même jour donc, dimanche 20 novembre 1955, à lieu à Lancaster, CA, sur la piste routière du Willow Springs Speedway la 3ème manche officielle du championnat. 37 engagés dont une majorité de pilotes « locaux ». La piste fait 2.5 miles et est en terre ce qui pour une course routière restera unique dans l’histoire. Ce n’est que la seconde course routière de l’histoire après celle de Linden en 1954.

 

La pole est réalisée par Jim Reed sur sa Chevrolet. C’est sa 1ère pole en carrière. Il devance Chuck Stevenson (Ford) qui prend part ici à sa 2ème course en carrière. Bon nombre des pilotes engagés sont largués en vitesse pure car on retrouve ici des « ancêtres » avec des voitures remontant à 1951 !

 

La course ne sera pas interrompue pas des drapeaux jaunes malgré quelques incursions hors pistes de pilotes qui, en plus d’être lents n’avaient pas vraiment le niveau (en pilotage et/ou en matériel) pour s’aligner dans une course de NASCAR. Chose surprenante pas moins de 32 pilotes rallieront la ligne d’arrivée mais devant la lutte pour la première place se résumera vite à un quatuor composé de Chuck Stevenson, Marvin Panch (Ford), Johnny Mantz (Mercury) et Jim Reed. Les deux derniers cités perdant un tour suite à une mauvaise stratégie en ne changeant pas leur pneus. C’est donc à un duel que les 17000 spectateurs assistèrent. Au final Stevenson qui avait mené le plus de tours (53 sur 80) passera la ligne d’arrivée avec une avance estimée à 500 pieds  sur Panch.

 

En empochant son chèque Stevenson savait-il déjà qu’il ne piloterait plus jamais en NASCAR ? Lui le pilote AAA retourna à ses premières amours, les courses de midget.

Finalement Stevenson n’aura participé qu’à 2 courses en NASCAR et en aura remporté une.

 

Au championnat Tim Flock est leader devant Lee Petty et son frère Fonty Flock.

 

Billy Myers s’engage sur la nationale A-1-A (photo de Daytona).

 

Course n°4 : « Pas bien de tricher ! »

 

Le dimanche 11 décembre à lieu la dernière course en 1955 du championnat 1956… vous suivez ? C’est le bien connu ½ mile de West Palm Beach, FL, qui accueille 23 pilotes mais la nouveauté et qu’il est désormais asphalté. Point de Tim Flock dans la liste des engagés.

 

La pole pour le seul Flock présent c’est-à-dire Fonty (Chrysler).

La course sera dominée par deux hommes mais c’est sur tapis vert que le vainqueur sera déclaré et ce deux jours plus tard. Car tout comme le temps couvert en ce dimanche une sombre affaire de tricherie sera mise à jour.

Joe Weatherly (Ford) et Jim Reed (Chevrolet) avaient vraiment dominés les débats en terminant 1er et 2ème avec un tour d’avance sur le 3ème Herb Thomas. Seulement voilà les inspections d’après courses démontrèrent que La Ford de Weatherly avait un arbre à cames modifié illégalement tout comme sa tubulure d’admission ce qui augmentait le rendement du moteur et que la Chevrolet de Reed présentait des pièces (soupapes et têtes de cylindres) polies. Après deux jours de démontage et de réflexion Bill France et son équipe d’officiels décidèrent de disqualifier les deux contrevenants et de permettre ainsi à la 1ère voiture « légale » de l’emporter. C’est donc Herb Thomas (Chevrolet) qui par ce coup de pouce remporte donc sa 44ème victoire en carrière. Il devance Al Keller et Bill Myers tous deux sur Chevrolet. Lee Petty 5ème prend le commandement au championnat.

 

De l’action dans le virage 1.

 

Le mercredi 14 la NASCAR publiera un communiqué stipulant qu’à l’avenir en cas de triche les pilotes se verront en plus de la perte des gains de course pénalisés par la perte de tous les points acquis au championnat avant la découverte de la tricherie. Exemple un pilote se fait prendre à la 10ème course pour triche et bien il perd tous les points acquis lors des 9 courses précédentes ! Bill France rappelant qu’il y a un règlement et qu’il se doit d’être respecté. Notons que les deux fraudeurs durent rembourser la NASCAR de leur gain empoché au terme de la course.

 

Course n°5 : « Triplé Kiekhaefer ! »

 

Nous voici enfin en 1956, le dimanche 22 janvier dans l’Arizona à Phoenix sur l’Arizona State Fairgrounds. Un ovale d’un mile en terre dont le promoteur est l’omniprésent Bruton Smith. 150 miles de course pour les 30 pilotes inscrits.

La pole revient à Joe Weatherly sur une Ford conforme au règlement. Notons le retour de Frank Mundy qui avait quitté la NASCAR en 1952 pour s’en aller vers les courses de l’AAA. Pour pouvoir récupérer sa licence il du s’astreindre à payer une amende de $1,000 !

 

Buck Baker au volant de sa Chrysler (photo de Daytona).

 

La course sera émaillée par 5 gros crashs heureusement aucun pilote ne sera blessé. Le pire incident fut celui de Jim Stapley qui pour son unique départ en NASCAR détruira sa Ford en passant à travers la barrière en bois ceinturant la piste, en partant en tonneau et en terminant en contrebas du banking sur le toit dans les buissons !

Devant il n’y en avait que pour 3 pilotes, les 3 de l’écurie Kiekhaefer. Mundy de retour on l’a vu se classera 2ème devant le leader du team Tim Flock. Quant au 3ème pilote, le vainqueur, il s’agit de Buck Baker qui faisait son 1er départ pour l’écurie. Carl avait rêvé d’avoir Baker dans son team et lui avait d’ailleurs fait plusieurs propositions l’année précédente. Il était déjà tout content qu’il ait signé mais en plus qu’il remporte la victoire dès sa 1ère course lui fit sauter de joie dans la pit lane ! C’est donc par un triplé Chrysler que l’année 1956 démarre.

 

Herb Thomas se fraye un passage dans les débris suite au crash de Sherman Clark au 33ème tour.

 

Course n°6 : « Tim Flock contre vent et marée »

 

Il faut patienter plus d’un mois pour retrouver le chemin des circuits. Pas n’importe lequel car le dimanche 26 février c’est la course de l’année, celle que tout le monde attend, j’ai nommé Daytona Beach, FL. Très grosse affluence en spectateurs (29000) et en pilotes avec 76 et ce malgré l’hiver et le vent glacé en provenance de l’Atlantique.

La pole déterminée par le mile départ arrêté est pour Tim Flock avec 6 mph (135.747 mph) de mieux en vitesse sur Speedy Thompson de retour chez Kiekhaefer qui engage pas moins de 6 Chrysler dont une pour un pilote afro américain Charlie Scott. Ce dernier fera d’ailleurs ici sa seule course en carrière. Il avait pourtant un bon coup de volant pour preuve sa bonne qualification (14ème) et sa bonne course (19ème mais devant Buck Baker sur la même voiture !).

 

La course se déroule en milieu d’après midi et ce ne fut pas une bonne idée. En effet le début fut largement dominé par Tim Flock. Et ce n’est pas le gros crash du départ impliquant une quinzaine de voiture dont 4 resteront sur le carreau ni même l’incroyable série de tonneau de Russ Truelove (Mercury #226), dont la femme n’est autre que la Miss America 1956 ou encore peu après les tonneaux de Junior Johnson (qui sortira de l’épave de sa Pontiac par la vitre arrière) qui semblait lui poser problème. C’est bien simple Tim ne perdra la tête de la course face à Jim Paschal (Mercury) que lors de son ravitaillement. Paschal n’était d’ailleurs pas un candidat sérieux pour la victoire et de plus il terminera 33ème suite à des problèmes mécaniques. Les deux seuls qui pouvaient rivaliser et de loin avec Tim Flock se nommaient Billy Myers (Mercury) et Ralph Moody (Ford) qui pourtant était lui aussi parti en tonneau en début de course sans le moindre dégât. Mais Myers naviguait à 57 secondes de Flock lorsque les officiels prirent la décision de stopper la course au 37ème des 39 tours en raison de la brusque montée de la marée. Faut dire qu’avec un vent pareil, les vagues hautes et une bande de sable relativement étroite à Daytona les conditions n’étaient pas favorables.

 

Les sans grades en action. Ed Kretz #285 et son coéquipier Cotton Owens #286 sur Pontiac dans le virage Nord. En arrière plan on aperçoit l’armada de Kiekhaefer se démenant dans le trafic des retardataires.

 

Avec cette victoire Tim Flock reprend la tête du classement face à Lee Petty (12ème).

 

Notons encore que le mafioso Pat Zocano (de Detroit) participa à sa seule course en carrière. La légende veut qu’il était dans la région pour « affaire » et qu’il décida de s’inscrire au dernier moment avec sa Chevrolet personnelle.

 

Course n°7 : « Myers sur tapis vert »

 

Dimanche 4 mars on retourne pour la 2ème fois du championnat à West Palm Beach. C’est d’ailleurs la dernière fois de l’histoire que cet ovale d’un demi mile asphalté sera utilisé pour la 1ère division. 30 pilotes inscrits et 200 tours à faire.

La pole est pour Buck Baker sur sa Dodge. Il devance Billy Myers sur sa Mercury.

 

La course sera monotone pour les 5200 spectateurs hormis le crash de John Dodd Sr qui part en tonneau au 28ème tour et ce sans bobo. En effet les leaders vont se succéder sans qu’il y ait pour autant de bagarres. Au 142ème tour quand Jim Reed ravitaille il laisse le commandement à Al Keller sur sa Chevrolet. Ce dernier va s’en aller cueillir une victoire facile avec un tour d’avance sur Billy Myers, sa 3ème en carrière. Mais voilà tout comme lors de la venue précédente de la NASCAR ici même le vainqueur va se voir disqualifié après les inspections techniques. Les pistons et cylindres ayant été modifiés. Keller est donc rétrogradé dernier et c’est Billy Myers qui hérite de la victoire devant Buck Baker et Herb Thomas (Chevrolet). Pour Myers il s’agit de la 1ère victoire en carrière tout comme son propriétaire Bill Stroppe associé à Guy Wilson.

 

Tim Flock (Dodge) reste leader du championnat malgré une modeste 7ème place à 8 tours du vainqueur. Il profite des problèmes de Lee Petty (Dodge) seulement 12ème.

 

A gauche Al Keller tout sourire avant sa disqualification et à droite Billy Myers après sa victoire acquise sur tapis vert.

 

Course n°8 : « Thomas en maître »

 

Le dimanche 18 mars c’est en Caroline du Nord sur le Wilson Speedway que 32 pilotes se sont donnés rendez-vous. Il s’agit d’une piste classique d’un demi mile en terre. 200 tours seront à faire.

La pole pour Herb Thomas sur sa Chevrolet, sa 38ème en carrière, grâce à l’aide de Smokey Yunick pour la préparation.

 

Le jour de la course la météo est exécrable et les 5000 spectateurs ont été bien courageux de venir voir une… procession de ce bon vieux Herb Thomas. Il va profiter de sa pole pour s’emparer du commandement et ne jamais le laisser à quiconque jusqu’au 106ème tour quand les officiels stoppent la course au drapeau rouge à cause de la pluie. Les tribunes s’étant vidées rapidement les officiels décident de ne pas attendre une éclaircie et entérinent le résultat permettant ainsi à Thomas d’engranger sa 45ème victoire à son palmarès. Il devance le duo de chez Kiekhaefer, Buck Baker et Tim Flock. Le seul truc marrant aura été l’œuvre de Ted Cannady qui défonça une palissade en bois avec sa Chevrolet au 46ème tour. Personne ne fut blessé. Notons encore que Johnny Zeke (Chrysler) participait à sa 4ème et dernière course en carrière lui qui allait devenir cascadeur pour Hollywood.

 

Au championnat Thomas prend la 2ème place à Lee Petty (seulement 13ème) derrière l’inamovible leader Tim Flock.

 

Course n°9 : « La promenade au bord du lac de Buck Baker»

 

Le dimanche suivant, 25 mars, 28 pilotes sont inscrits pour la course d’Atlanta, GA, sur le fameux Lakewood Speedway (1 mile en terre).

La pole pour Tim Flock qui retrouve sa Chrysler habituelle.

 

Peu avant le départ de la course Lou Moore, le chef du département course de chez Pontiac, est frappé par une soudaine hémorragie cérébrale suite à la rupture d’un anévrisme. Il est transporté à l’hôpital où il décédera peu avant le baissé du drapeau à damier. Il avait 52 ans et était depuis 1949 le fer de lance de l’implication régulière de Pontiac en NASCAR. Il était surtout connu pour avoir mené 5 fois une de ses voitures sur la Victory Lane des 500 miles d’Indianapolis.

Cela dit la course allait se dérouler par un temps radieux pour la saison devant 17812 spectateurs qui ne se doutaient de rien tout comme les pilotes. Tim Flock allait profiter de sa pole pour mener mais sans jamais réussir à creuser le moindre écart sur son coéquipier Baker. D’ailleurs ce dernier trouvant le rythme de Tim trop lent le dépasse au 51ème tour. 4 tours après le moteur de Tim rendait l’âme. Du coup Baker n’avait plus d’adversaires à son niveau et sans forcer sa monture il remportait sa 2ème victoire de l’année avec presque un tour d’avance sur un autre de ses coéquipiers Speedy Thompson. Le reste du top5 étant complété par Herb Thomas, Jimmy Massey et Lee Petty.

 

Notons que le chiffre 3 ne portait pas chance en ce jour. En effet Lou Moore supervisait 3 Pontiac, Ralph Liguori (Dodge) se crasha au 3ème tour et que le seul autre pilote a subir un accident fut Paul Goldsmith (Chevrolet) au 36ème tour… sa voiture portait le #3 !

Au championnat Baker prend la 2ème place à 56 points de Tim Flock.

 

Les 6 pilotes Kiekhaefer à Daytona avec de g. à d.:

Charlie Scott, Tim et Fonty Flock, Frank Mundy, Buck Baker et Speedy Thompson.

 

Course n°10 : « Tim Flock gagne et s’en va ! »

 

North Wilkesboro accueille le dimanche 8 avril 29 pilotes pour une course de 100 miles sur sa piste atypique de 0.625 mile en terre.

La pole est signée Junior Johnson sur une Pontiac. Ce dernier n’oubliera pas de rendre hommage à Lou Moore en lui dédiant celle-ci.

 

La course sera une fois n’est pas coutume en ce début de saison particulièrement animée. En effet si pour la première place il n’y aura que 3 leaders (Junior Johnson, Speedy Thompson et Tim Flock) la bagarre pour les places d’honneurs va faire rage entre une dizaine de pilotes. Les ravitaillements et autre soucis mécaniques vont peu à peu décimer le peloton mais dans le dernier tour ils seront encore 4 à prétendre à la victoire. Tim Flock (Chrysler) va cependant gagner pour la 3ème fois de sa carrière suivi comme son ombre par Billy Myers (Mercury), Jim Paschal (Mercury) et Herb Thomas (Chevrolet).

 

Mais la grosse surprise viendra lors de la cérémonie sur la Victory Lane. Tim Flock prend le micro du speaker et annonce aux 7500 spectateurs ainsi qu’à son propriétaire Carl Kiekhaefer qu’il quitte son écurie pour rejoindre le clan Chevrolet. La raison est qu’il ne supporte plus le régime militaire imposé par Kiekhaefer et qu’il juge cet homme, mégalomane il est vrai, responsable de ses ulcères à l’estomac pour lesquels il suit un traitement astreignant depuis quelques mois. Kiekhaefer tentera bien de faire revenir Tim Flock sur sa décision en lui proposant plus d’argent et de liberté mais la décision de Tim était irrévocable. Flock aura quand même connu ses plus beaux succès avec cet infâme patron en remportant 21 de ses 38 victoires et son 2ème et il ne le sait pas encore dernier titre dans la discipline en 1955. D’ailleurs il ne connaîtra plus le même succès par la suite et sa carrière en pâtira.

 

Course n°11 : « Course endeuillée »

 

Le samedi 21 avril lors des qualifications John McVitty part en tonneau avec sa Chevrolet qui se désintègre et décède quelques instant après des suites d’hémorragies interne. McVitty, originaire de Raleigh, NC, est le 4ème pilote à perdre la vie en NASCAR Grand National.

La pole position est remportée par Buck Baker sur sa Chrysler (19ème en carrière). Notons que Herb Thomas nouvellement engagé chez Kiekhaefer en remplacement de Tim Flock signe le 5ème temps. Tim Flock lui signe le 6ème chrono au volant de sa Chevrolet engagée par Smokey Yunick.

 

Dimanche 22 avril c’est donc 41 pilotes qui prennent part à la course. La piste de Langhorne, PA (ovale d’un mile en terre), est à parcourir 150 fois. 24000 spectateurs sont présents et respectent avec les pilotes, mécaniciens,… une minute de silence juste avant le départ en mémoire à McVitty.

 

Lee Petty en action. Vous remarquerez le déflecteur sur le capot moteur visant à empêcher la terre de venir se coller sur le pare brise.

 

La course démarre prudemment, comme si les pilotes avaient pris conscience du danger de leur sport. Mais lors du premier ravitaillement au 53ème tour du leader Buck Baker c’est Tim Flock qui prend le commandement grâce à un meilleur arrêt. Au 59ème tour Fireball Roberts (Ford) percute une barrière de sécurité sans gravité fort heureusement. Il percute la nouvelle barrière construite à l’endroit de l’accident de McVitty. Carl Kiekhaefer va alors faire passer un message très clair au panneautage de Baker : « Push ». Il est évident que Kiekhaefer n’aime pas perdre mais voir son ancien pilote Tim Flock mener la course l’irrite au plus haut point ! Baker s’exécute et va augmenter la cadence. Lors de son 2ème arrêt ravitaillement au 94ème tour Flock perd la tête au profit de Baker qui lui réussit un arrêt parfait. Baker en tête il va pouvoir gérer son avance. Avec la panique engendrée au 116ème tour par le crash de Jim Reed (Chevrolet) Baker va même en profiter pour mettre à un tour le duo Tim Flock / Herb Thomas. C’est donc Baker qui franchit la ligne d’arrivée en tête avec un tour d’avance sur son coéquipier Thomas. Flock, Lee Petty (Dodge) et Jimmy Massey (Chevrolet) complètent le top5. C’est la 3ème victoire de l’année pour Baker (15ème en carrière).

 

Au championnat Tim Flock mène toujours devant Buck Baker.

 

John McVitty 26/12/1926 – 21/04/1956 (11 courses avec 3 top10)

 

l’accident de Ralph Moody #12 à Daytona. Lee Petty passe dans le nuage de sable (une autre vue du crash, voir course n°27).

 

Course n°12 : « Baker 1er en course et au championnat »

 

Le dimanche suivant, 29 avril, C’est à Richmond en Virginie sur l’Atlantic Rural Exposition Fairgrounds que 24 pilotes ont rendez-vous. 200 tours à faire de ce demi mile en terre. C’est un de ses nombreux noms qu’a connu l’actuel Richmond International Raceway au cours de son histoire.

 

Pole pour Buck Baker (Dodge), la 20ème en carrière) devant Speedy Thompson (Chrysler) et Herb Thomas (Dodge), soit un triplé pour les voitures de Kiekhaefer.

La course sera une formalité pour Baker qui ne perdra la tête qu’au 165ème tour au profit de Thomas lorsqu’il opère son unique ravitaillement en course. Au 167ème tour après l’arrêt de Thomas, Baker retrouve la première position avec un tour d’avance. Il déroule gentiment jusqu’à la ligne d’arrivée et remporte sa 4ème victoire de l’année (16ème en carrière) avec un tour d’avance sur ses coéquipiers Thomas, qui termine de justesse avec sa boîte de vitesse cassée) et Thompson. Baker qui en profite pour prendre le leadership au championnat face à Tim Flock qui termine 24ème et dernier sur sa Chevrolet engagée par Mauri Rose suite à son abandon volontaire.

 

Notons que les seuls crashs de la course sont à mettre à l’actif des pilotes Ford de chez Pete DePaolo. Fireball Roberts, encore lui, au 95ème tour et Ralph Moody au 162ème tour.

 

Marvin Panch percute l’arrière de Buck Baker (phot de Daytona).

 

Course n°13 : « Thompson sans rival »

 

Le samedi 5 mai c’est en Caroline du Sud sur le Columbia Speedway (ovale d’un demi mile en terre) que 26 pilotes ont décidé d’en découdre pour la course nommée les Arclite 100.

Et c’est la passe de trois pour Buck Baker (Dodge) en qualification (21ème pole en carrière). Il devance son coéquipier Speedy Thompson (Dodge).

 

La course va être surprenante. En effet Lee Petty (Dodge) pourtant qualifié 7ème va faire un départ digne d’une course d’accélération de dragster et à la fin du premier tour il mène la course ! Il va rester ainsi jusqu’au 59ème tour avant de connaître des problèmes de direction. Il abandonnera d’ailleurs au 111ème tour et sera classé 19ème. Curtis Turner (Ford) le relaye en tête et semble tout droit se diriger vers la victoire car il mène avec facilité. Mais un élément de suspension va casser et son avance va fondre comme neige au soleil. Au 120ème tour Speedy Thompson lui fait l’extérieur et s’empare du commandement. Turner abandonnera peu après et sera classé 17ème. Pour Thompson c’est une superbe journée car il compte après les ravitaillements 2 tours d’avance sur son coéquipier Buck Baker (Dodge). Il remporte sa 1ère course de l’année (5ème en carrière) avec 2 tours et 25 secondes d’avance, soit presque 3 tours. Notons que Tiny Lund termine 4ème (à 8 tours) après avoir subi un accrochage avec Bobby Johns (Chevrolet) au 40ème tour. Ses mécaniciens réussiront à réparer la voiture, ou plutôt l’épave, permettant à Lund de montrer toute l’étendue de son talent. Car une fois revenu en piste il ne fut jamais dépassé par Thompson. Sans cet accident il aurait été un candidat sérieux pour la victoire.

 

Tim Flock perd sa 2ème place au championnat face à Herb Thomas. Flock ayant encore connu une course difficile (15ème) sur sa Chevrolet de Mauri Rose, son coéquipier et frère Bob Flock sur la même voiture réussissant à accrocher un top5. Baker est plus que jamais leader au général.

 

Jim Wilson #576 sur le toit à Daytona. Son coéquipier Buddy Krebs faisant de même.

 

Course n°14 : « back to back pour Thompson »

 

Dimanche 6 mai direction le Concord International Speedway à Concord, NC. Piste d’un demi mile en terre qu’il faudra parcourir à 200 reprises. 30 pilotes inscrits. Il s’agit de la première course de NASCAR sur ce speedway dont la construction s’est achevée fin 1955.

Sur son élan Speedy Thompson, de son vrai prénom Alfred (Chrysler) réalise la pole en 65.241 mph, sa première en carrière. Il devance l’étonnant Billy Myers sur Mercury.

 

La course va se résumer à un cavalier seul de Speedy Thompson. Dès le départ il prend le commandement qu’il ne perd qu’au 5ème tour sur une petite erreur de trajectoire au profit de Billy Myers. Speedy reprend son bien dès le tour suivant et ne va plus le lâcher jusqu’à l’arrivée qu’il franchit avec 18 secondes d’avance sur son coéquipier Buck Baker. Carl Kiekhaefer réalisant même un nouveau triplé puisque Herb Thomas prend la 3ème position mais à 2 tours du duo de tête.

Thompson remporte sa 6ème course en carrière et pour la 2ème fois après 1955 il réalise un back to back in victory lane (deux victoires consécutives).

Le rookie Rex White qui fait ici sa 8ème course en carrière engrange son 1er top5 sur sa Chevrolet engagée par Max Welborn (aucun lien de parenté avec Bob Welborn). Tim Flock lui s’empare de la 4ème place sur une Pontiac engagée par Jim Stephens.

Billy Myers lui termine bon dernier après une casse moteur au 17ème tour du à un sur régime assassin. Le seul yellow (3 tours) de la journée est à mettre au crédit de Bobby Johns qui crashe sa Chevrolet au 23ème tour. De ce fait avec les ravitaillements et cet unique yellow la vitesse moyenne de la course est excellente pour ce type de piste puisqu’elle atteint 61.633 mph.

 

Notons encore que c’est 3 voitures portant le #300 (dans l’ordre : 300C, 300 et 300B) qui terminent sur le podium.

Au championnat c’est toujours Baker qui mène devant Thomas et Flock.

 

Course n°15 : « Baker sème le doute mais gagne quand même »

 

Le jeudi 10 mai, 23 pilotes ont pris rendez-vous à Greenville, SC, sur le Greenville-Pickens Speedway. Encore un demi mile en terre et de nouveau 200 tours à faire. C’est la 3ème fois que la NASCAR vient rouler ici.

La pole est signée par Rex White sur sa Chevrolet. Il s’agit de sa première en carrière. Il devance Buck Baker et le vainqueur de la course précédente Speedy Thompson tous les deux sur Dodge.

La course sera belle et se résumera vite en une bagarre entre Buck Baker et Curtis Turner (Ford). Turner et Baker s’échangeant plusieurs fois le commandement. Au 181ème tour Turner opère son unique ravitaillement en essence de la course. Baker prend la tête et… s’en va vers la victoire avec un tour d’avance sur Turner qui comptait bien sur l’arrêt aux pits de Baker pour reprendre la 1ère position. Illico après la course Charlie Schwam, le propriétaire de Turner, pose une réclamation aux officiels de la NASCAR. En effet il estime que la voiture de Baker (écurie Kiekhaefer) roule avec un réservoir d’essence plus grand que ce que le règlement autorise car il trouve étonnant que Baker ai pu faire les 200 tours sans devoir ravitailler. Une première d’ailleurs sur une piste de ce type et sur cette distance de 100 miles. Kiekhaefer ne tarde pas à réagir et soupçonne les voitures de Schwam Motors d’utiliser un pont arrière modifié. Les officiels de la NASCAR demandent à leurs inspecteurs techniques d’analyser attentivement les voitures des deux teams et après quelques heures elles seront toutes déclarées conformes.

 

Pour ce qui est du côté sportif. Il s’agit de la 7ème victoire consécutive pour une voiture de l’écurie Kiekhaefer. Joe Eubanks (Ford), Gwyn Staley (Chevrolet) et Joe Weatherly (Ford) complètent le top5. Herb Thomas ayant du abandonner il laisse le champ libre au championnat à Baker qui compte désormais 100 points d’avance. Quant au poleman Rex White il n’a pu faire mieux que 7ème.

 

La seule apparition de Charlie Scott en carrière se déroula à Daytona.

 

Course n°16 : « Vert-jaune-vert-jaune-vert… »

 

Deux jours après, le samedi 12 mai, il y a de nouveau une course. D’ailleurs le rythme va être incroyable d’ici la fin du mois de mai. 24 pilotes inscrits pour la course de Hickory, NC, sur le speedway éponyme. Une piste atypique puisqu’elle fait .400 mile en terre. 200 tours à faire soit 80 miles de course. Attention car ici la course est logiquement faisable sans faire de ravitaillement en essence.

 

Speedy Thompson (Chrysler) décide de mettre le paquet après sa déconvenue de la course précédente (abandon, classé 15ème) et il commence par faire la pole, sa 2ème en carrière. Il devance Gwyn Staley (Chevrolet) et Junior Johnson (Pontiac).

 

La course va être… disons… hachée ! Si le départ se passe bien pour Thompson tout va s’enrayer pour ses adversaires dès le 9ème tour. Junior Johnson abandonne sur casse de piston. Puis au 24ème tour Bobby Waddell (Chevrolet) et Dink Widenhouse (Ford) s’accrochent, provoquant un beau foutoir sur la piste. C’est le début du « yellow flag derby ». A peine la course est-elle relancée et que Thompson reprend de l’avance qu’un nouveau drapeau jaune est brandi. Crash de Fred Lorenzen (Chevrolet), de Jimmie Lewallen (Chevrolet),… bref au total il y en aura 6 dont le dernier si long que l’arrivée se fera sous l’agitation commune des drapeaux jaune et à damier. Thompson gagne devant Billy Myers (Mercury), Buck Baker et Herb Thomas (Dodge pour les deux) et Gwyn Staley qui complète le top5.

 

Il est rassurant de voir que les 4500 spectateurs de l’époque n’aient pas jeté des débris sur la piste face à ce « show »… Des années après le civisme étant une notion/valeur en perte de vitesse ce genre d’incident arrivera (cf. Talladega I 2004 par exemple).

Au championnat on prend les mêmes dans le même ordre.

 

Herb Thomas (à droite) en début de saison quand il roulait pour Smokey Yunick.

 

Course n°17 : « Bumper Vs bumper* »

 

C’est bien connu, pas de répit pour les braves, et dès le lendemain soit le dimanche 13 mai, jour de la fête des mères aux USA, 31 courageux sont présents pour la course d’Hillsboro sur l’ovale en terre de 0.9 mile. 100 tours à faire.

La pole est une bataille interne aux pilotes Chrysler Kiekhaefer puisque Thompson vient à peine de réaliser le meilleur temps que Buck Baker lui subtilise la pole.

 

La course va être exceptionnelle puisque dès le départ Thompson, vexé du résultat des qualifications, s’empare du commandement au prix d’une attaque de folie sur Baker. Baker va rester collé au pare choc de son coéquipier pendant les 58 tours suivants. Puis profitant du trafic il va réussir une manœuvre de dépassement par l’extérieur. Une fois en tête il va devoir contrer les assauts incessants de Thompson. L’écart entre les deux ne dépasse que rarement les 2 longueurs de voiture. Sur 90 miles de course Une telle lutte permet aux poursuivants de rester au contact car les trajectoires ne sont pas propres en tête. Du coup Lee Petty (Dodge) et Fireball Roberts (Ford) ne se font pas beaucoup distancer. Mieux ils reviennent sur la fin surtout Petty qui à l’entame du dernier tour tente un dépassement sur Baker et Thompson en même temps dans le virage 1 mais sort trop large dans le virage 2 et se fait repasser par le duo enragé. Dans le dernier virage Thompson prend l’intérieur sur Baker et le remonte petit à petit dans la ligne droite pour finalement échouer à une demi longueur sur la ligne d’arrivée. Baker peut exulter sur la victory lane. C’est sa 6ème victoire de l’année mais la plus belle assurément. Victoire qu’il dédie à sa maman bien sûr. Les 7500 spectateurs en ont eu pour leur argent cette fois-ci !

C’est la 9ème victoire consécutive pour l’écurie Kiekhaefer, un record qu’elle ne cesse d’augmenter.

 

Herb Thomas n’étant que 11ème il concède encore des points face à Baker qui en a maintenant 186 d’avance. Thompson remonte 6ème à 1576 points de Baker mais il faut dire qu’il a fait 4 courses en moins.

* = pare choc contre pare choc

 

Course n°18 : « Et de 10 pour Kiekhaefer ! »

 

Dimanche 20 mai c’est le rendez-vous de ce début d’année après Daytona en terme de course à forte rémunération. Martinsville accueille sur son demi mile en terre pas moins de 35 pilotes. Le vainqueur ici empochera $3,100 soit près de 3 fois plus que sur une course classique. Car même si la piste est un short track, la distance est longue avec 250 miles (500 tours). La course se nomme : Virginia 500.

 

Buck Baker (Dodge) réalise la pole devant Speedy Thompson (Dodge) comme la semaine précédente. Le 3ème est Herb Thomas mais qui roule ici sur une Chevrolet qu’il a lui-même engagée. Notons la présence d’une Rambler (moteur Nash) avec Bill O’Dell au volant et aussi d’une Packard avec Jim Rhoades. Deux marques peu représentées en NASCAR.

 

Bill O’Dell a une drôle de façon d’engager sa Nash Rambler dans le virage. Sherman Utsman #418 profite du spectacle.

 

La course sera suivie par 20000 spectateurs. Le départ est donné par le propriétaire des lieux, Clay Earles. Malgré le nombre de tours à faire il y aura peu d’incidents durant la course (7 drapeaux jaunes pour 20 tours sur 500). Du coup les écarts seront importants entre les différents protagonistes. Si pour la victoire la bagarre sera rude entre les duettistes de chez Kiekhaefer puisque Baker et Thompson vont s’échanger quelques fois le leadership, derrière c’est l’hécatombe. Lee Petty sur Dodge terminant 3ème à 3 tours, Paul Goldsmith (Chevrolet) 4ème à 4 tours et Gwyn Staley (Chevrolet) qui complète le top5 est pointé à 9 tours.

Devant Baker remporte finalement la course avec un demi tour d’avance sur Thompson. Il aura parfaitement profité du dernier pit stop un peu plus long de Speedy pour faire l’écart. Près d’un tour mais Thompson ne parviendra à combler que la moitié de son retard.

 

Après l’arrivée Bill Stroppe et Guy Wilson, les copropriétaires de la voiture pilotée par Billy Myers (Mercury) portent réclamation à la NASCAR car ils ont remarqué que les voitures de Kiekhaefer n’utilisaient pas 4 pneus de taille identique sur les 4 roues de leurs voitures. Ce que le règlement NASCAR impose. Johnny Bruner, le chef inspecteur de la NASCAR ne sachant pas quoi décider s’en remettra à la décision de la commission nationale de Stock Car Racing (NSCRC) qui jugera l’affaire en acquittant Kiekhaefer. Le règlement NASCAR parlant de la taille des jantes et non des pneus. Une faille parfaitement exploitée par le fantasque Carl !

 

Au championnat l’écart augmente entre Baker et Thomas (20ème), Petty (3ème) Flock (30ème sur crash) et Thompson dorénavant 5ème.

Il faut noter que l’écurie Kiekhaefer remporte ici sa 10ème victoire consécutive (dont 5 doublés et 2 triplés).

 

Un gros crash, monnaie courante en NASCAR (photo de Darlington).

 

Course n°19 : « Baker d’un souffle »

 

Le vendredi 25 mai c’est à Abbottstown* non loin de New Oxford sur le Lincoln Speedway que seulement 17 pilotes ont rendez-vous. Cet ovale est un classique demi mile en terre.

Speedy Thompson réalise « enfin » sa 3ème pole en carrière devant Herb Thomas de retour chez Kiekhaefer. Buck Baker, le 3ème pilote Dodge du team n’étant que 5ème.

 

La course démarre prudemment pour Thompson car Billy Myers (Mercury) s’empare illico de la tête. En fait Thompson connaît dès le départ un souci de surchauffe, son radiateur ne fonctionnant pas. Il abandonnera d’ailleurs peu avant la mi course et sera classé 11ème. Myers lui va devoir se rendre à l’évidence, sa voiture ne fonctionne pas bien. En effet alors qu’il menait facilement il va soudain subir des secousses synonymes d’une mauvaise alimentation en essence. Il perd la tête au 44ème tour face à Herb Thomas et abandonnera sur casse de sa pompe à essence au 86ème tour. (classé 12ème).

Devant Thomas perd la tête au 181ème tour lors de son ravitaillement qui est tout bonnement… catastrophique puisqu’il perd 5 tours dans l’affaire, sa voiture ne voulant pas redémarrer. Il sera classé 4ème. Pour la gagne cela va être fantastique. Car si Baker a relayé Thomas en tête il n’est pas le plus rapide en piste et doit bouchonner Jim Paschal (Mercury) et Lee Petty (Dodge). L’arrivée sera quasiment jugée à la photo finish car Baker ne devance Paschal que d’une longueur alors que Petty échoue à la 3ème place pour un pare choc !

Notons que Nace Mattingly (Ford) termine 5ème comme l’année passé ici même. Ce sera d’ailleurs ses deux seuls top5 en carrière, lui qui ne faisait que de rares apparitions en NASCAR !

Notons aussi la réapparition d’une bonne vieille Hudson Hornet grâce à Hank Trice qui fait d’ailleurs ici sa seule course en carrière. Trice termine 13ème mais qu’il est loin le temps ou Hudson régnait en maître sur les pistes de la NASCAR.

 

Pour Baker c’est la 3ème victoire consécutive, 8ème de l’année déjà. L’ancien chauffeur de bus semble avoir définitivement trouvé sa vocation ! Il compte désormais 672 points d’avance sur Thomas.

 

La petite histoire de la course est l’œuvre de Lee Petty. Ce dernier part en tête-à-queue au 21ème tour et perd un tour dans la manœuvre. Mais il était définitivement le plus rapide en piste et il parviendra à refaire son retard en profitant d’un drapeau jaune. Sans cette erreur en début de course il y a fort à parier qu’il aurait remporter la course.

 

* Abbottstown est aujourd’hui dans les statistiques de la NASCAR écartée au profit de New Oxford, la grande ville située à moins de 3 miles d’Abbottstown. A l’époque c’est bien d’Abbottstown dont il était question.

 

Course n°20 : « les 3 mousquetaires »

 

Le dimanche 27 mai, il faut choisir car la NASCAR a décidé de programmer deux courses le même jour. Une dans l’Oregon et une en Caroline du Nord. C’est celle là qui est officiellement considérée comme la 20ème de la saison. C’est le Charlotte Speedway (ovale de .75 mile en terre) qui accueille 25 pilotes pour une course de 100 miles (133 tours ce qui fait 99.75 miles pour les puristes !) Kiekhaefer engage 3 voitures ici pour Baker, Thompson et Junior Johnson sur une Dodge alors que les deux autres sont sur Chrysler. Quid de Herb Thomas ? Kiekhaefer l’a envoyé dans l’Oregon pour y disputer la 21ème course.

 

La pole pour Speedy Thompson qui décidément porte bien son prénom ces derniers temps ! La surprise, mauvaise, vient de Buck Baker, seulement 25ème et dernier.

 

La course sera une passe d’armes entre les 3 pilotes Kiekhaefer. Car si Speedy s’empare de la tête dès le départ il se fait dépasser au 47ème tour par… Baker ! Ce dernier n’aura mis que 47 tours pour revenir de la 25ème à la 1ère position. Ensuite les deux pilotes vont s’échanger par 6 fois cette 1ère position. A 4 tours du but Baker qui a beaucoup forcé pour revenir en tête doit opérer un pit stop pour remettre de l’essence ce que Thompson et Johnson ne doivent pas faire. Baker perd un tour mais terminera quand même 3ème derrière ses coéquipiers Johnson (2ème) et Speedy Thompson, le grand vainqueur. C’est sa 4ème victoire de l’année, sa 8ème en carrière. Notons que l’écurie Kiekhaefer remporte sa 12ème victoire consécutive (dont 5 doublés et 3 triplés).

 

Le moment fort de la course en terme de spectacle aura eu lieu dès le premier tour dans le virage 3 quand un carambolage va impliquer 4 pilotes. Curtis “Pop” Turner (Ford), Bobby Johns (Chevrolet), Rex White (Chevrolet) et Blackie Pitt (Buick). Seul Johns sera blessé à l’épaule. Il sera transféré à l’hôpital pour recevoir les soins adéquats.

 

Au championnat c’est la même chose. Baker est inlassable leader.

 

Course n°21 : « Thomas bien sur ! »

 

Le même jour donc, dimanche 27, se dispute dans l’Oregon sur le Portland Speedway (ovale d’un demi mile asphalté) la course n°21. 21 pilotes engagés justement dont Don Hamilton sur une Studebaker. La course ne fait que 150 tours soit 75 miles.

La pole et c’est une grosse surprise n’est pas signée par Herb Thomas (4ème sans forcer son talent sur sa Chrysler). Cependant il devra s’élancer 18ème car pour pimenter les choses les promoteurs de la course décident d’inverser la grille de départ, le dernier partira premier… Sauf ceux et ils sont deux n’ayant pas fait de chrono et qui eux partiront de derrière. Il s’agit d’Hamilton (20ème) et Ted Sweeney (Oldsmobile, 21ème).

Et la pole me direz-vous ? Et bien elle est signée par John Kieper (Oldsmobile). Il partira 19ème. Il s’agit de sa 1ère pole en carrière.

Notons que la NASCAR n’apprécia guère cette décision d’inverser la grille de départ sans en avoir été avertie et mettra en garde les promoteurs. Portland accueille cette saison 3 courses et il n’est pas question de revoir cela sous peine de ne plus figurer au calendrier.

 

La course donc, et bien elle démarre avec Lyle Matlock (Mercury, 19ème temps) en tête mais il n’a pas le niveau et ne fera que quelques dizaines de mètres en tête. A l’issue du premier tour c’est Royce Haggerty (Dodge) qui mène mais il sera dépassé par Billy Hyde (Oldsmobile) au 4ème tour puis le tour suivant c’est Gordon Haines (Dodge) qui prendra la tête jusqu’au 70ème. Bref toutes des « stars » locales. Au 71ème tour après une remontée méthodique et sans précipitation Herb Thomas prend le commandement. Il n’y a pas photo il est largement au dessus du lot. Il va mener tous les tours restant jusqu’à l’arrivée pour remporter sa 3ème victoire de la saison, sa 46ème en carrière.

Il devance John Kieper et Clyde Palmer (Dodge) qui ont le mérite de terminer dans le tour du leader. Ed Negre termine 4ème ce qui sera son meilleur résultat en carrière. Il est surtout célèbre pour avoir fait débuter Dale Earnhardt en 1975 au volant d’une de ses voitures.

 

Avec cette victoire l’écurie Kiekhaefer continue à augmenter le record, son record (13).

 

Tim Flock en tête à Daytona.

 

Course n°22 : « Le drapeau rouge est brandi histoire d’apercevoir le vainqueur ! »

 

Le mercredi 30 mai rebelotte puiqu’il y a de nouveau 2 courses au programme. Ah ce calendrier NASCAR, unique en son genre ! C’est la première fois que la NASCAR vient sur le Reedwood Acres Speedway à Eureka en Californie. Cette piste sera d’ailleurs renommée Eureka Speedway en 1957. Il s’agit d’un ovale en terre de .625 mile. 25 pilotes inscrits. La piste est affreusement bosselée avec de véritables « tranchées » en plein dans les lignes droites. La raison ? Le circuit possède 2 configurations dont une de .375 miles donc les virages 1 et 2 de la petite piste ce situent dans les lignes droites de la grande piste. Comme c’est de la terre les courses régionales utilisant la petite piste ont creusé de véritables tranchées quand les voitures en appui tournaient… Les pilotes devront faire avec.

 

La pole est pour John Kieper (Oldsmobile) et cette fois il pourra bien s’élancer à cette position pour la course ! Herb Thomas est le seul représentant « Kiekhaefer » et il partira 6ème sur sa Chrysler.

 

La course est prévue sur 160 tours soit 100 miles. Il fait beau et chaud et cela va causer de sérieux problèmes. La course démarre bien pour Kieper et Thomas très vite revenu 2ème mais les ennuis vont commencer. Il fait si chaud et à cause des bosses les autos arrachent la terre en rebondissant ce qui soulève une terrible poussière épaisse rendant délicate la vision des pilotes mais aussi des officiels. A 4 reprises la course sera interrompue pour permettre d’évacuer des voitures accidentées en toute sécurité et d’attendre que le nuage de poussière s’estompe. Thomas lui a pris la tête depuis peu quand la course est interrompue au 125ème tour car on n’y voit plus rien. D’ailleurs les gradins sont vides à 90%, les spectateurs empoussiérés en ayant eu marre de ne rien voir.

Il a déjà fallu 2 heures et 46 minutes pour faire 78.1 miles… Les officiels prennent la sage décision d’arrêter là cette mascarade et entérinent les résultats. Herb Thomas remporte donc sa 4ème vitoire de l’année (47ème en carrière). Il devance Gordon Haines (Dodge) de plus d’un tour et Lloyd Dane (Mercury). Le poleman n’est que 6ème.

Plusieurs pilotes ont abandonné sur surchauffe. Pas étonnant avec cette poussière obstruant les radiateurs.

 

Au championnat avec l’absence de Buck Baker sur les deux dernières courses Thomas a réduit l’écart à 976 points.

 

Junior Johnson s’extirpe de sa voiture (photo de Daytona).

 

Course n°23 : « Baker assure ! »

 

Le mercredi 30 mai toujours c’est à Syracuse, NY, sur le New York State Fairgrounds, un ovale d’un mile en terre aux virages plats que 24 autres pilotes se sont inscrits. 150 tours à faire.

Parmi eux Buck Baker qui réalise la pole, la 7ème de l’année et la 24ème en carrière. Il devance Jim Reed sur Chevrolet. Speedy Thompson et Russ Truelove étant arrivé en retard pour les qualifications, ils n’ont pas de temps et s’élanceront aux deux dernières places.

 

La course démarre fort pour Baker. Au 2ème tour le seul drapeau jaune de la course est brandi suite à l’accrochage entre Blackie Pitt (Buick) et Bob Duell (Ford). Une fois la course relancée Baker s’échappe. Derrière Thompson fait le forcing et remonte tout le peloton jusqu’à la 2ème position. Quand Baker opère son unique ravitaillement au 102ème tour Thompson prend le commandement. Mais lors de son pit au 111ème tour il se passe un problème dans le ravitaillement en essence. Le plein n’ayant pas été fait. Baker est en tête et quand Thompson retourne au pit pour compléter le plein il perd des places. L’embout de son réservoir est obstrué. Finalement il terminera 7ème de la course. Devant une fois débarrassé de Thompson, Baker n’a plus qu’à dérouler tranquillement car il passera la ligne d’arrivée avec 3 tours d’avance sur Jim Paschal (Mercury) et 4 sur Reed.

 

C’est la 9ème victoire de la saison pour Baker, la 15ème consécutive pour son écurie.

Chose rare en course, la moyenne en course est plus rapide que la pole position. 86.179 mph contre 83.975 mph pour la pole.

 

Buck Baker, suivi de Speedy Thompson, en route vers la victoire.

 

Course n°24 : « La dernière de Thomas »

 

Dimanche 3 juin direction Merced en Californie sur le demi mile en terre du Merced Fairgrounds. Ce sera la seule visite de cette piste dans l’histoire de la NASCAR. Comme pour les courses précédentes dans cette tournée californienne seul Herb Thomas est une star nationale. Les autres pilotes sont quasi tous des locaux. Ils sont 28 inscrits.

La pole est pour le pilote Chrysler justement. Thomas réussissant ici sa 39ème et dernière pole en carrière. Notons la présence du célèbre pilote de monoplace Parnelli Jones (Ford) qui fait ici sa 1ère course en NASCAR.

 

La course sera une formalité pour Herb Thomas. Il ne forcera ni son talent ni sa machine pour l’emporter finalement au terme des 200 tours devant Harold Hardesty (Chevrolet) qui signe ici son meilleur résultat en carrière et Jim Graham (Plymouth) qui fait de même. Tous deux sont les seuls autres pilotes dans le tour du leader. Parnelli Jones est classé 13ème (abandon sur perte d’une roue).

Notons que la course fut par deux fois ralentie suite à des crashs au 122ème tour avec Al Pombo (Dodge) et au 185ème tour avec Lucky Long (Chevrolet qui naviguait à 5 tours du leader) qui partira en tonneau sans gravité.

 

Pour Herb Thomas il s’agit de la 48ème victoire en carrière mais il ne le sait pas encore de sa dernière.

Pour l’écurie de Carl Kiekhaefer c’est le 16ème succès consécutif ce qui reste à ce jour le record absolu et qui n’est a fortiori pas près d’être égalé.

 

Jim Reed termina 3ème à Syracuse (photo de la course n°23).

 

Course n°25 : « Un week-end noir… »

 

La course suivante va être un véritable cauchemar pour la NASCAR. C’est à LeHi dans l’Arkansas sur le terrible Memphis-Arkansas Speedway qu’à lieu une course de 250 miles (167 tours de cette piste en terre de 1.5 mile aux virages très relevés). 30 pilotes engagés. Le samedi 9 juin lors des qualifications le débutant Clint McHugh qui participe ici à sa première course part en travers dans le 3ème virage à bord de son Oldsmobile #78 engagée par Ernest Woods et traverse une barrière de sécurité en bois, part en tonneau et le malheureux pilote de 28 ans est éjecté de la voiture. Il meurt sur le coup quant à la voiture elle dévale un talus pour terminer sa course dans le lac jouxtant la piste.

La pole fut signée pour l’anecdote par Buck Baker. Ils seront 29 au départ et Banjo Matthews, le coéquipier de McHugh fera repeindre son Oldsmobile en noir durant la nuit pour lui rendre hommage le lendemain pour la course.

 

Le dimanche 10 juin justement les 15000 spectateurs présents ainsi que les pilotes et officiels observent une minute de silence pour la 2ème fois de l’année.

La course démarre bien et la bagarre entre Speedy Thompson et Buck Baker est somptueuse jusqu’à l’accident de Don Carr au 35ème tour. Il crashe sa Pontiac lourdement mais s’en sort bien. La course est relancée au 39ème tour et dès le 1er virage c’est le drame. Un des drames les plus horribles de l’histoire de la NASCAR. Thomas « Cotton » Priddy qui prend part ici à sa 3ème course en carrière perd le contrôle de sa Chevrolet alors que le peloton est compact. Il est percuté par d’autres voitures et part en tonneau. Sa ceinture de sécurité se déchire et le malheureux est éjecté de sa voiture. Dans le nuage de poussière soulevé par l’accident c’est l’apothéose du drame. Les pilotes qui traversent le nuage de poussière sont impuissants et le malheureux Priddy se fait écraser par plusieurs voitures. Les secours se précipitent et découvrent avec horreur que Cotton Priddy est toujours en vie mais dans quel état. Il est transporté à l’hôpital où il décède 14 minutes après son arrivée.

 

Peter DePaolo (à gauche) avec son pilote Ralph Moody.

 

La course se poursuit car « the show must go on » et fort heureusement hormis des casses mécaniques il n’y aura plus d’accidents. Speedy Thompson en sera victime. Baker lui aussi mais il pourra terminer 9ème. Devant c’est Jim Paschal sur Mercury qui passe la ligne d’arrivée en tête avec 54 secondes d’avance sur Ralph Moody (Ford). Cependant Pete DePaolo le propriétaire de la voiture de Moody demande aux officiels de recompter les tours car pour lui c’est son pilote qui a passé la ligne d’arrivée en tête. Après 5 heures de calcul les officiels se rendent comptent qu’ils ont oublié de comptabiliser un tour à Moody. Moody est donc déclaré officiellement vainqueur de la course avec 4 secondes d’avance sur Paschal. Moody n’est plus là et c’est par téléphone qu’il sera averti de sa victoire. Il recevra son trophée 5 jours après lors de la course suivante. C’est d’ailleurs sa 1ère victoire en carrière et la 3ème pour son propriétaire Pete DePaolo. Cela met fin à l’incroyable série de 16 succès consécutifs du team de Carl Kiekhaefer.

 

Ralph Moody

 

Notons enfin que Fonty Flock, le 2ème des frères Flock annonce qu’il prend définitivement sa retraite. Il avait fait les qualifications mais suite à la mort de McHugh il rappela qu’il avait déclaré que quand il ne piloterait plus une voiture de Kiekhaefer il arrêterait de courir. La Chevrolet #4 engagée par Mauri Rose sera pilotée en course au pied levé par son frère aîné Bob Flock qui terminera 11ème. Comme c’est souvent le cas en NASCAR il ne parviendra pas à tenir sa « parole » et reviendra en fin d’année en NASCAR !

 

Signalons enfin une anecdote étonnante. Cotton Priddy et sa femme étaient logés dans le même hôtel que Clint McHugh et son épouse. Il signala dans une interview juste avant le départ que McHugh occupait la chambre n°13 et que cela ne lui avait probablement pas porté chance, que lui-même n’aurait jamais accepté d’occuper une chambre portant ce numéro. La triste fin de Priddy démontre que les superstitions sont bien une chose à laquelle l’homme prête une attention qui n’en vaut pas la peine. Le destin ne se maîtrise pas et rien ne peut l’influencer.

 

Course n°26 : « Tragédie mécanique »

 

Le vendredi 15 juin a lieu une nouvelle course à Charlotte, NC, mais sur le Southern States Fairgrounds. Encore un énième demi mile en terre. 19 pilotes engagés.

Fireball Roberts réalise la pole, sa 3ème en carrière, sur sa Ford de Pete DePaolo. Il devance Speedy Thompson (Chrysler) et son coéquipier Ralph Moody (Ford).

 

Le drapeau vert est à peine agité que Thompson, plus prompt à se mettre en route, prend le commandement face à Roberts. Ce dernier réplique le tour suivant. La piste est en si mauvais état qu’elle va être assassine envers les mécaniques. Thompson profite de la perte de motricité de Roberts au sortir d’une bosse pour reprendre le commandement au 28ème tour. Il ne quittera plus cette position et va remporter la course avec une grande facilité. Il devance de 5 tours son dauphin Curtis Turner (Ford) et Lee Petty (Dodge). Le 4ème Fireball Roberts est classé à 7 tours mais il n’a pas franchi la ligne d’arrivée. En fait ils ne sont que 4 à passer sous le drapeau à damier sur les 19 au départ. Le trio de tête ainsi que Richard Riley, 10ème sur son Oldsmobile, mais à 59 tours du leader !

 

Baker 5ème reste en tête du championnat devant Thomas (6ème), Petty, Tim Flock (7ème) et Thompson.

 

Russ Truelove en plein tonneau. Il sort par la porte ! (photo de Daytona)

 

Course n°27 : « Thompson facile »

 

Le vendredi 22 juin c’est à Rochester, NY, sur le Monroe County Fairgrounds que 21 pilotes ont rendez-vous. Une course par an depuis 1950 sur cette piste d’un demi mile en terre. Je me répète, non ? Bah aujourd’hui la norme c’est les 1.5 miles asphalté avec banking moyen. Dans les années 50 la NASCAR c’était short track en puissance.

 

La pole est signée Jim Paschal sur Mercury, sa 7ème en carrière. Bob Duell sur Ford est la surprise des qualifications puisqu’il signe le 2ème temps.

La course sera un duel entre Jim Paschal et Speedy Thompson (Chrysler). La course n’est interrompue qu’une seule fois pour permettre à la dépanneuse d’aller remonter la Ford de Ken Johnson. Ce dernier n’ayant rien trouvé de mieux que de sortir de la piste dans un virage, d’embarquer la barrière de sécurité et de rester coincer dans le talus. Une fois remorqué sur la piste il repartira et terminera 14ème.

Devant Thompson prendra définitivement l’avantage lorsque Paschal ravitaillera. Les mécaniciens dirigés par Frank Hayworth se montrant moins rapides que ceux de Carl Kiekhaefer. Thompson remporte donc avec un peu plus d’un tour d’avance la course sur Paschal. C’est la 2ème victoire consécutive de Speedy, sa 10ème en carrière et son 3ème « back to back in victory lane ».

 

Notons que Herb Thomas et Buck baker terminent aux 3ème et 4ème place. Sans Paschal c’était encore un triplé pour l’écurie sponsorisée par les moteurs de bateaux !

 

Lee Petty #42 passe à côté de l’acrobatique Ralph Moody (photo de Daytona).

 

Course n°28 : « Un local bien inspiré »

 

Le dimanche 24 juin on retourne sur le Portland Speedway dans l’Oregon. 20 pilotes isncrits. La pole est signée par Herb Thomas vainqueur ici même il y a moins d’un mois.

Cette fois encore l’ordre des qualifications ne sera pas respecté et la grille sera inversée. Mais contrairement à la première fois la NASCAR fut consultée et elle a approuvé la demande. Thomas (Chrysler) partira donc 20ème et c’est Don porter le 20ème qui partira 1er sur sa Studebaker.

 

Au départ de la course Porter se fait surprendre par Ed Negre (Oldsmobile). Porter va d’ailleurs être le premier à abandonner sur casse mécanique. Negre ne fait qu’assurer l’intérim avant la remontée des pilotes de pointes enfin des deux pilotes de pointes car c’est un duo John Kieper (Oldsmobile) Herb Thomas qui mène la charge. Kieper prend le commandement au 23ème tour. Il décide à ce moment là d’observer son unique ravitaillement en anticipant sur ses adversaires. Bien lui en prend car si Clyde Palmer (Dodge) assure l’intérim en tête jusqu’à son propre ravitaillement au 174ème tour c’est pour mieux rendre la 1ère place à Kieper. Herb Thomas perd lui pas mal de temps aux pits et 4 tours dans l’affaire. Il sera classé à une modeste 11ème position. Devant Kieper profite pleinement du trafic pour conserver son avantage sur Palmer et c’est dans cet ordre que les deux pilotes coupent la ligne d’arrivée. Lou Sherman sur Mercury étant 3ème à 1 tour signant ici son seul top5 en carrière. John Kieper remporte lui sa seule victoire en carrière à son 7ème départ. C’est la première victoire d’une Oldsmobile en 1956 et la première depuis le 5 août 1955 à Charlotte avec Jim Paschal.

 

Course n°29 : « 250ème course de l’histoire »

 

Jour important dans l’histoire de la jeune NASCAR car le dimanche 1 juillet c’est la 250ème course de la discipline !! Quoi de mieux qu’un ovale d’un demi mile en terre pour fêter l’évènement. C’est à Weaverville, NC, sur le Asheville-Weaverville Speedway. 29 pilotes inscrits. Curieusement pour une course de 100 miles et pour la 250ème la NASCAR n’a prévu qu’une faible dotation pour le vainqueur : $850 contre $1.100 habituellement pour ce type de course. La raison ? Une fête trop arrosée au champagne et caviar dans les bureaux de Bill France ?

 

Blackie Pitt s’envole dans le talus. Fireball Roberts par en travers alors que le #58 Bill Bowman parvient à éviter l’accrochage.

 

La pole pour Fireball Roberts, sa 5ème en carrière et 3ème de la saison sur sa Ford.

La course sera disputée jusqu’au passage de la ligne d’arrivée. Pas mal de soucis mécaniques décimeront le peloton dont les favoris Speedy Thompson (Chrysler, 26ème), Buck Baker (Chrysler, 21ème), le poleman Roberts (18ème)…

Pour finir et avec 3 tours d’avance sur le futur 3ème Joe Eubanks (Ford), le duo Lee Petty (Dodge) et Jim Paschal (Mercury) se disputera la victoire. Petty réussissant à contrer une dernière attaque de Paschal dans le dernier tour pour remporter sa 1ère victoire de l’année avec une longueur d’avance. Pour Petty il s’agit de la 25ème victoire en carrière. Il porte son record à 8 saisons victorieuses (depuis 1949) en étant le seul pilote à remporter au moins une course par année. Il est aussi le 10ème vainqueur différent en 1956.

 

Lee Petty #42 l’emporte de justesse devant Jim Paschal #75.

 

Course n°30 : « Une victoire sentant le poisson ! »

 

Le mercredi 4 juillet, jour de fête nationale aux USA (Independence Day) c’est la fameuse piste du Raleigh Speedway, Raleigh, NC, qui a l’honneur d’accueillir la course. Grosse affluence du coup dans les tribunes avec 13600 spectateurs. 36 pilotes inscrits pour les « Raleigh 250 ». Il s’agit d’une piste d’un mile asphaltée où l’on vient depuis 1953.

La pole est signée par Lee Petty (Dodge) sur sa lancée de Weaverville. Ce n’est que sa 5ème pole en carrière. Herb Thomas est engagé avec sa propre voiture (Chevrolet) et les rumeurs veulent que Thomas, comme Tim Flock, n’étant pas d’accord avec la politique de Kiekhaefer ait décidé de quitter le team. Kiekhaefer répondant que ce n’est pas la première fois que Thomas s’engage avec une de ses propres voitures et que cela lui est autorisé dans son contrat car il n’a pas été engagé par le team pour l’ensemble des courses. D’ailleurs Kiekhaefer assure que Thomas sera à bord d’une de ses voitures lors de la course suivante.

 

Fireball Roberts #22 et Lee Petty à Asheville-Weaverville (course n°29).

 

En course Petty va manquer de chance car après un bon départ ou il conserve l’avantage de la première position il connaît soudainement un problème de pression d’huile. Il dégringole dans le classement et doit renoncer au 9ème tour sous peine de casser son moteur or avec seulement $50 de gain pour sa pole (rien pour sa 36ème place) il n’aurait pas les moyens d’acheter un nouveau moteur. Une réparation coûte déjà cher. Petty vit en effet avec sa famille d’hôtel en hôtel et ce mode de vie est cher.

 

Edward Glenn « Fireball » Roberts.

 

Devant il y aura différents leaders mais le plus constant aux avants postes est Fireball Roberts qui va mener par 3 fois pour un total de 201 des 250 tours. Il remporte facilement et avec deux tours d’avance la course sur Speedy Thompson. Roberts était pourtant parti 32ème sur la grille. C’est sa 2ème victoire en carrière après celle obtenue en 1950 à Hillsboro. Il était temps !

Cela dit Kiekhaefer va protester en disant que les jantes de la voiture de Roberts sont trop légères car elles ont été polies, pour gagner du poids d’après Carl. Sur le speedway il n’y a pas de balance. Alors les officiels décident d’emporter les jantes incriminées chez le poissonnier local pour les faire peser ! Elles sont certes polies mais leur poids est correct et est compatible avec des jantes acceptées en NASCAR. Roberts et DePaolo sont rassurés et la victoire est bien attribuée à Roberts ainsi que les $3.000 de gain.

 

Buck Baker a encore connu une course difficile (11ème) et ne possède plus que 396 points d’avance sur Thomas (4ème) au championnat.

 

Herb Thomas devant Arden Mounts #18.

 

Course n°31 : « Petty en grande forme »

 

Le samedi 7 juillet c’est sur le Piedmont Interstate Fairgrounds à Spartanburg, SC, que l’on retrouve 18 pilotes pour une course de 100 miles sur ce demi mile en terre.

La pole pour Fireball Roberts, sa 6ème en carrière. Herb Thomas est bien présent sur une Chrysler de Kiekhaefer contrairement aux rumeurs de ces derniers jours.

 

La course sera un duel entre Lee Petty (Dodge) et Fireball Roberts (Ford). C’est Petty qui aura le dernier mot et remportera sa 2ème victoire de la saison. Il a mis du temps pour retrouver la victory lane mais ne semble pas décidé à la lâcher ! Les autres pilotes à l’image du 3ème Marvin Panch (Ford) à 2 tours furent tous très vite hors course pour la gagne. Buck Baker (Chrysler) malgré sa 13ème position conserve la tête du championnat car Herb Thomas (Dodge) s’est crashé avec Gwyn Staley (Chevrolet) au 18ème tour et termine avant dernier. D’ailleurs juste après l’arrivée Herb Thomas annoncera par voie de presse qu’il quitte l’écurie de Carl Kiekhaefer et ce pour les mêmes raisons que celles évoquées par Tim Flock en avril dernier. Il continuera la saison dans sa propre écurie.

Kiekhaefer réplique rapidement que ce n’est pas grave et qu’il engage Frank Mundy pour remplacer Thomas.

 

Mr. K (Carl Kiekhaefer) à gauche et ses pilotes Herb Thomas, Buck Baker et Speedy Thompson.

 

 

Course n°32 : « Première pour Dane »

 

La course suivante a lieu le lendemain, dimanche 8 juillet, sur une nouvelle piste pour la NASCAR à Sacramento en Californie. Le Sacramento Fairgrounds (également connu sous le nom California State Fairgrounds) est un ovale de 1 mile en terre construit en 1946. C’est une transformation d’un ancien hippodrome construit en 1906. Pour la première fois de l’année Kiekhaefer n’engage aucune voiture. Ce sont donc 21 pilotes du coin qui vont se disputer les honneurs.

 

Les qualifications sont remportées par Eddie Pagan qui signe ici sa première pole en carrière.

La course est à peine lancée que dans le 4ème virage Jim Graham détruit sa Plymouth et se blesse au genou. Il sera transporté à l’hôpital Merritt où on diagnostiquera une fracture. La bagarre a beau concerner des « inconnus » elle n’en est pas moins intense. Chuck Meekins (Chevrolet) menant les débats jusqu’au 74ème tour quand Lloyd Dane (Mercury) passe à l’attaque et lui subtilise le commandement. Dane remporte la course de justesse face à Meekins. Pour Dane il s’agit de la première victoire en carrière. Meekins lui égalisant son meilleur résultat en carrière (Gardena 1951). John Kieper termine 3ème sur son Oldsmobile.

Le poleman Pagan ayant du renoncer au 31ème tour sur surchauffe moteur.

 

Course n°33 : « Fire « ball » roi du stade ! »

 

Le samedi 21 juillet c’est le fameux Soldier Field de Chicago, IL, qui accueille la manche suivante. 25 pilotes avec toutes les stars sur ce demi mile asphalté aux virages plats ceinturé de gradin, après tout c’est un stade. Frank Mundy est bien présent en remplacement de Herb Thomas qui lui a engagé sa propre voiture.

La pole est signée par Billy Myers (Mercury). Ce sera sa seule en carrière.

 

La course va être perturbée par une pluie fine intermittente. Billy Myers va être victime comme beaucoup d’autres de problèmes de freins, le contraignant à l’abandon. Devant il y a 5 pilotes en lice pour la victoire jusque dans le dernier tour (200ème). Mais pour la 5ème fois consécutive ce n’est pas un pilote Kiekhaefer qui l’emporte. Il s’agit de Fireball Roberts (Ford) qui remporte sa 2ème victoire de l’année, 3ème en carrière. Il devance Jim Paschal (Mercury) et Ralph Moody (Ford). Ensuite viennent les 3 pilotes Kiekhaefer avec dans l’ordre Speedy Thompson, Frank Mundy et Buck Baker (tous sur Dodge). Herb Thomas est 18ème suite à un crash.

 

Course n°34 : « Thompson lève le bras deux fois ! »

 

Le vendredi 27 juillet, le Clevenland County Fairgrounds de Shelby, NC, accueille pour la première fois une course NASCAR. Cet ovale d’un demi mile en terre voit la liste des engagés s’arrêter à 17. La course fera 100 miles soit 200 tours. Il faut noter le retour à la compétition d’Harold Kite (Ford) qui n’avait plus roulé depuis septembre 1955 à Darlington.

La pole est signée Ralph Moody sur sa Ford DePaolo, sa 1ère en carrière.

 

La course va être étonnante, pas sur la piste mais dans la tour de contrôle ou siège les officiels et les scorers. En effet si Speedy Thompson (Dodge) prend le leadership à Moody peu avant la mi course il passe la ligne d’arrivée en vainqueur mais le drapeau à damier n’est pas abaissé. Pourquoi ? Les officiels viennent de décider de rajouter un tour à la course car ils ne sont pas sûrs de leur total. Ils pensent avoir oublié de comptabiliser un tour à la mi course à Moody et Thompson. Du coup Thompson poursuit sa route et franchit de nouveau la ligne au 201ème tour cette fois sous le drapeau à damier. Il précède de peu Ralph Moody. Billy Myers, le 3ème, sur Mercury étant à 1 tour. Fireball Roberts (Ford) et Buck Baker (Dodge) complètent le top5.

 

Pour cette histoire de tour supplémentaire, les officiels se justifieront en disant que s’ils n’avaient pas rajouté de tour pour être sûrs on aurait pu le leur reprocher par des réclamations d’après course. Après recompte il s’avère que ce tour n’était pas nécessaire vu que le comptage avait été bien fait.

 

Pour Thompson il s’agit de sa 11ème victoire en carrière et il passe 4ème au championnat toujours dominé par Baker.

 

Course n°35 : « Panch en maître des lieux »

 

Le dimanche 29 juillet c’est en Alabama que l’on retrouve 14 pilotes pour une course de 100 miles à Montgomery sur le speedway éponyme. Il s’agit d’un demi mile asphalté.

La pole est signée par Marvin Panch sur sa Ford engagée par Tom Harbison. Si pour Panch il s’agit de la 2ème en carrière pour son propriétaire c’est la première.

 

La course va être un festival Panch. Si Fireball Roberts parvient à le suivre sur sa Ford il va à 27 tours de la fin crever un pneu et devoir abandonner, sa voiture étant trop endommagée. Il est classé 10ème. Buck Baker (Chrysler) ayant perdu un tour peu après les ravitaillements, Panch peut dérouler tranquillement et remporter sa 1ère victoire en carrière.

 

Marvin Panch ne remporta que cette course en 1956.

 

Il faut noter qu’au mois d’avril ici même Marvin Panch avait remporté sa première victoire en division Convertible. C’est donc une piste qui lui réussit bien. C’était déjà pour le compte de Tom Harbison avec le #98 mais sur une Dodge.

Herb Thomas (Chevrolet) en terminant 6ème perd des points sur Baker qui a maintenant une avance de 280 points.

 

Course n°36 : « Paschal dans l’histoire »

 

Le vendredi 3 août ils ne sont que 12 pilotes inscrits soit la plus petite liste depuis les 12 pilotes ayant participé à une course à Hickory en 1953. Nous sommes à Oklahoma City sur l’Oklahoma State Fairgrounds dans l’état d’Oklahoma. Voilà comme dire 3 fois le même nom dans une seule phrase ! C’est un demi mile en terre. C’est néanmoins une date historique car c’est la première et dernière fois à ce jour (écrit en 2008) que la NASCAR dispute une course dans l’état d’Oklahoma.

 

La pole est pour un habitué cette année : Speedy Thompson, sa 5ème de la saison et en carrière.

La course sera un calvaire pour les leaders. En effet Thompson profite de sa pole et mène les 25 premiers tours avant d’abandonner sur casse moteur de sa Dodge. Lee Petty sur Dodge lui aussi le relaye en tête et n’a pas vraiment de rival mais alors qu’il entame le 193ème des 200 tours son différentiel casse et c’est l’abandon. Jim Paschal sur Mercury hérite donc de la première place et passe la ligne en vainqueur avec ¼ de tour d’avance sur Ralph Moody (Ford). Fireball Roberts (Ford) est à 2 tours.

 

Notons que le pilote du coin, Augie Howerton, pour sa seule course en carrière fait un magnifique top10 avec sa 8ème place sur sa Chevrolet. Il faut dire qu’avec 12 pilotes au départ cela était réalisable.

Les 7500 spectateurs ont pu néanmoins assisté à une belle course car elle ne fut pas interrompue par la moindre neutralisation.

 

Herb Thomas mène la danse à Raleigh le 4 juillet.

 

Course n°37 : annulée

 

Le samedi 4 août se déroule une drôle d’histoire, une comme la NASCAR aime à ne pas s’en souvenir car pas très glorieuse. En effet à Tulsa sur le Tulsa Fairgrounds dans l’Oklahoma à lieu la 37ème course de la saison, une course de 100 miles. C’est un ovale d’un demi mile en terre qu’il faudra parcourir à 200 reprises. C’est la première venue de la NASCAR ici. Il y a 13 pilotes, les 12 mêmes que la veille plus un pilote de la catégorie Convertible John Schipper. La pole est signée Par Speedy Thompson sur sa Dodge équipée d’un moteur remis à neuf.

La course démarre sous un ciel bleu sans le moindre nuage et un soleil de plomb. La terre est sèche et cela va soulever une poussière terrible. A un point tel que les pilotes ne voient plus à un mètre devant eux et les spectateurs toussent tant ils avalent de la poussière et de plus ils ne voient plus la piste. Lee Petty (Dodge), parti 4ème, prend la décision de s’arrêter aux pits au 32ème tour (il en avait déjà un de retard sur le leader Thompson), il sort de sa voiture et traverse la piste en courant vers la guérite du flagman. Il s’empare du drapeau rouge et agite lui-même ce dernier pour mettre un terme à cette mascarade ou la catastrophe fut évitée de justesse à plusieurs reprises. Les officiels stoppent la course au 34ème tour. Les spectateurs sont fâchés mais comme leur ticket d’entrée est remboursé ils s’en vont sans rouspéter. La course ne sera jamais réintégrée dans le calendrier et la NASCAR ne reviendra jamais sur cet ovale de son histoire.

La course ne sera jamais comptabilisée dans les statistiques de la NASCAR. Elle est tout simplement effacée telle une tâche ! Thompson ne sera ni crédité de la pole ni de la victoire. Aucun gain n’est distribué aux pilotes.

 

Voici le classement de la course au terme du 34ème tour telle qu’il est lors de l’arrêt définitif de celle-ci.

 

1956-37 (cancelled)

 

Grand National race number 37 of 56
August 4, 1956 at Tulsa Fairgrounds, Tulsa, OK
*200 laps on a .500 mile dirt track (100.0 miles)

Time of race: n/a
Average Speed: n/a
Pole Speed: 60.512 mph

Cautions: 1 for 0 lap
Margin of Victory: under caution: Red flag
Attendance: 6,200

 

Fin

St

#

Driver

Sponsor / Owner

Car

Laps

Money

Status

Led

1

1

500

Speedy Thompson

Carl Kiekhaefer

'56 Dodge

34

0

Running

34

2

3

22

Fireball Roberts

Pete DePaolo

'56 Ford

34

0

Running

0

3

5

300

Buck Baker

Carl Kiekhaefer

'56 Chrysler

34

0

Running

0

4

7

75

Jim Paschal

C U Later Alligator   (Frank Hayworth)

'56 Mercury

34

0

Running

0

5

2

12

Ralph Moody

Pete DePaolo

'56 Ford

33

0

Running

0

6

6

92

Herb Thomas

Herb Thomas

'56 Chevrolet

33

0

Running

0

7

9

59

Blackie Pitt

Brownie Pitt

'56 Ford

33

0

Running

0

8

4

42

Lee Petty

Petty Enterprises

'56 Dodge

32

0

Quit

0

9

12

264

Johnny Allen

Spook Crawford

'56 Ford

30

0

Overheating

0

10

11

7

Augie Howerton

Augie Howerton

'56 Chevrolet

28

0

Engine

0

11

8

88

Jack Zink

John Zink

'56 Pontiac

17

0

Crash

0

12

13

11

John Schipper

John Schipper

'56 Mercury

11

0

Crash

0

13

10

551

Bill Moore

Bill Moore

'56 Pontiac

9

0

Overheating

0

* Race shortened to 34 laps due to unbearable dust condition.

Lap leaders: S. Thompson 1-34

 

Notons qu’il s’agissait du premier et seul départ en carrière pour John Schipper. Il y a eu deux crashs sans gravité.

 

Course n°37 : « Un doublé et un triplé SVP »

 

Le dimanche 12 août la NASCAR dépose ses valises pour la seule fois de son histoire sur la piste routière de Road America à Elkart Lake dans le Wisconsin. Il s’agit de la seule venue dans cet état de l’histoire de la NASCAR (écrit en 2008). C’est un routier dans la forêt de 4.1 mile asphalté. Il y aura 63 tours à faire soit 258.3 miles pour une superbe prime au vainqueur de $2,950. Du coup cela attire les pilotes et ils sont 26 engagés dont Ansel Rakestraw sur une Jaguar XK120 Coupé.

Il y a pas mal de règles spécifiques pour cette course. Tout d’abord le système de qualification. Il s’agit de faire 3 tours chronométrés. A ce petit jeu Frank Mundy (Chrysler) semble le plus à l’aise et réalise le meilleur. Mais son boss Carl Kiekhaefer lui demande de qualifier la voiture de son coéquipier Buck Baker (Dodge) qui n’est pas à l’aise ici même. Mundy s’exécute et il réalise un meilleur chrono qu’avec sa propre voiture. Du coup avec un temps de 9 minutes 27 secondes et 58 centièmes soit 78.000 mph de moyenne c’est Baker qui partira 1er. Mundy lui devra se contenter du 23ème temps suite à une pénalité.

Notons que Rakestraw enregistre le 26ème et dernier chrono avec sa vieille Jaguar. Entre Linden 1954 et Elkart Lake 1956 les voitures américaines sont devenues si rapides que la Jaguar ne peut plus rivaliser, elle qui les avait dominées si facilement deux ans auparavant.

 

La grande montée d’Elkart Lake avec la pitlane non séparée de la piste.

 

Pour la course c’est particulier aussi. En effet le règlement impose à tous les pilotes de partir avec seulement 10 gallons d’essence dans leur réservoir. Cela aura pour but d’obliger tous les concurrents à faire un minimum de 2 arrêts ravitaillements durant la course donc d’augmenter le spectacle pour les 10000 spectateurs présents.

 

Joe Weatherly #9 et Curtis Turner sur la piste détrempée d’Elkart Lake.

 

Il pleut depuis le matin et la météo ne semble pas vouloir s’améliorer dans la journée. Décision est prise de courir sous la pluie. Après tout c’est un routier. Il s’agit donc de la première (et unique à ce jour) course de NASCAR disputée entièrement sous la pluie.

 

Le désastreux triplé de l’écurie de Pete DePaolo. En effet la course commence on ne peu plus mal pour les Ford du team. Dès le 1er tour alors que Baker profite de sa pole pour mener, Junior Johnson casse son embrayage sur sa Ford. Au 5ème tour Baker ravitaille et Tim Flock prend la 1ère place sur sa Mercury. Au 10ème tour une 2ème Ford de DePaolo rend l’âme, il s’agit de celle de Bill Amick qui a lui aussi cassé son embrayage. Au 13ème tour Marvin Panch dépasse Tim Flock. Peu après Curtis Turner, pilote Ford de chez DePaolo, sort de la piste et reste coincé dans les ballots de paille faisant office de barrières. Enervé il crie aux commissaires d’aller lui chercher une fourche pour qu’il se dégage de là ! Quel humour. Cela dit il repartira pour mieux abandonner au 21ème tour sur un autre crash. Voilà que DePaolo réalise un triplé aux 3 dernières places !

 

Tim Flock utilise à fond son essuie glace.

 

Pour la victoire c’est à celui qui utilisera au mieux ses essuies glaces. A ce petit jeu c’est Tim Flock qui s’empare définitivement du commandement au 54ème des 63 tours. Il devance de 17 secondes Billy Myers sur l’autre Mercury du team de Bill Stroppe associé à Guy Wilson pour celle de Myers. Fireball Roberts est 3ème sur sa Ford. C’est la 39ème victoire en carrière pour le plus jeune des frères Flock mais aussi sa dernière. Tim Flock déclara après la course que c’était sûrement sa plus belle victoire en carrière et celle qu’il attendait le moins, qu’il redoutait le plus vu les conditions et la nature du tracé.

 

Au championnat Herb Thomas (6ème) et Buck Baker (8ème) reste aux mêmes positions.

 

Buck Baker en action.

 

Course n°38 : « Qui marche sur mon pont ? »

 

Le vendredi 17 août direction le New Jersey à Old Bridge sur le stadium éponyme. Un demi mile asphalté. 200 tours à faire sur cet ovale que le Grand National visite pour la 1ère fois et ce malgré sa construction en 1953 justement en vue de recevoir la NASCAR. 25 pilotes engagés. Mais à la grande surprise de tous les acteurs de la NASCAR l’écurie de Carl Kiekhaefer est absente. Les rumeurs vont bon train voulant qu’il ait décidé d’abandonner la NASCAR. Kiekhafer répondra qu’une course aussi mal dotée avec seulement $650 pour le vainqueur ne valait pas le déplacement.

La pole est signée Jim Reed sur sa Chevrolet, c’est sa 2ème pole de la saison et en carrière.

 

La course sera pliée en à peine une heure et demi. Reed menant dès le départ mais se faisant déborder au 177ème tour par Ralph Moody qui au volant de sa Ford de chez DePaolo s’envole vers la victoire. C’est sa 2ème victoire de l’année et en carrière. Reed termine 2ème égalisant son meilleur résultat en carrière pour la 3ème fois.

Buck Baker absent cela permet à Herb Thomas (7ème sur Chevrolet) de réduire son écart au championnat à 48 points.

 

Course n°39 : « Pagan dans la tristesse »

 

Le dimanche 19 août pas de repos pour les braves car il y avait un long trajet à faire pour rejoindre la Californie et la ville de San Mateo. L’ovale d’un mile en terre de Bay Meadows Race Course. C’est la 3ème et dernière fois que la NASCAR viendra se produire ici. Cet ancien hippodrome étant de plus en plus mal en point. 250 tours à faire pour les 37 pilotes engagés. Parmis eux beaucoup de pilotes du coin hormis les grandes stars jouant le titre qui ont fait le déplacement.

La pole est signée Eddie Pagan, sa 2ème de l’année et en carrière lui qui n’en est qu’à sa 10ème course depuis ses débuts en 1954. Sa Ford devance le surprenant Bill Hyde sur sa Dodge. Le 3ème est Buck Baker de retour sur sa Chrysler Kiekhaefer.

 

La course sera meurtrière dans tous les sens du terme. Buck Baker, Ralph Moody, Herb Thomas abandonnant rapidement sur casse moteur. Il faut dire qu’il y avait énormément de poussière soulevée par les voitures par cette chaude journée d’été. Au 172ème tour Royce Hagerty crashe violement sa Dodge dans les barrières mais sans bobos. Pendant ce temps et depuis le début de la course un duo est au dessus du lot. Il s’agit de Pagan suivi comme son ombre par Parnelli Jones (Ford) qui pour sa 2ème course en carrière se montre très performant lui qui vient de la monoplace type Indy.

 

Mais voilà au 241ème tour (pour le leader), Al Pombo, sur Dodge, qui lui en est seulement à son 212ème tour part en tête-à-queue et s’immobilise sur la piste. A ce moment là un officier de police officiant comme commissaire de course se précipité pour aider Pombo. En traversant la piste il est percuté et littéralement écrasé par la Ford de Scotty Cain. Steve Clark, le malheureux policier, décède sur le coup. Le drapeau rouge est brandi et la course ne reprendra pas par respect pour le défunt. C’est la 4ème personne qui perd la vie sur une piste NASCAR cette saison.

 

Eddie Pagan remporte donc la course devant Jones. Chuck Meekins (Chevrolet), 3ème, est à plus de deux tours. Scotty Cain étant classé 5ème.

Pour Pagan il s’agit de la 1ère victoire en carrière.

Baker et Thomas marquant exactement le même nombre de points (20) l’écart au championnat reste le même.

 

Course n°40 : « Myers au top de sa carrière »

 

Le grand marathon de la NASCAR ne prend pas de vacances en ce mois de juillet et trois jours plus tard, le mercredi 22 août, c’est en Virginie à Norfolk sur un speedway de 0.4 mile en terre que seulement 14 courageux se donnent rendez-vous. 250 tours à faire de ce tourniquet. Notons que la piste a été refaite et agrandie depuis le passage de la division Convertible en juin. La longueur passant de 0.333 à 0.4 mile.

La pole est signée Ralph Moody (Ford), 2ème en carrière et de l’année. Il devance son coéquipier chez DePaolo Engineering Fireball Roberts.

 

La course sera très courte pour le poleman puisqu’il va très vite connaître de gros problème de suspension. Il est déjà à 10 tours du leader quand il abandonne bras de suspension cassé au 104ème passage. 50 tours plus tard c’est Herb Thomas qui jette l’éponge suite à la casse de son pont arrière. Il perd encore de précieux points au championnat face à Buck Baker qui lui terminera 4ème sans toutefois n’avoir jamais été en mesure de l’emporter. L’écart en faveur de Baker au championnat est maintenant de 96 unités.

Devant sans le moindre rival car possèdant plus d’un tour d’avance c’est Billy Myers sur Mercury qui l’emporte et empoche le chèque de $850 promis au vainqueur. Pour Myers c’est sa 2ème victoire de l’année et de sa carrière. Il ne le sait pas encore mais ce sera aussi sa dernière. Jim Paschall termine 2ème pour la 7ème fois de la saison. Un vrai Poulidor !

Notons enfin l’abandon au 7ème tour pour une raison inhabituelle de Joe Bill Mcgraw qui voit sa Ford prendre feu sans raison au 7ème tour ! Seulement 7 voitures sur 14 passant la ligne d’arrivée.

 

Le triomphe de Curtis Turner (photo de Darlington).

 

Course n°41 : « Speedyfen  pour la douleur* »

 

Dès le lendemain, jeudi 23 août, Les pilotes se retrouvent en Caroline du Sud à Spartanburg sur le Piedmont Interstate Fairgrounds. Un demi mile en terre qui sera à parcourir 200 fois. 18 pilotes inscrits.

La pole pour Ralph Moody, décidément très en forme en ce mois de juillet. Il devance Billy Myers qui continue sur sa lancée victorieuse de la veille.

 

La course va permettre à Myers de remporter la catégorie « abandon » puisqu’il sera le 1er à rendre les armes au bout de 10 tours. Joe Bill McGraw évite l’incendie de justesse car sa pompe à essence se rompt dans le compartiment moteur au 18ème tour. Le pilote ayant juste le temps de s’arrêter !

Pour le leadership pas de problème pour Moody jusqu’à son ravitaillement, le seul de la course, au 126ème tour. La il laisse la première place à Speedy Thompson qui en stratégie décalée, il a ravitaillé plus tôt, et en tant que pilote le plus rapide en piste semble avoir bien joué le coup. Moody devra se cracher dans les mains s’il veut revenir sur lui. Mais voilà le bon vieux dicton qui veut que pour gagner il faut finir 1er refait surface dans les mémoires car le pauvre Thompson casse son moteur à 7 tours de l’arrivée. Il a beau se taper la tête contre le volant rien à faire… Du coup Moody récupère la 1ère position et il peut assurer car il possède plus de deux tours d’avance sur « l’éternel second » Jim Paschall.

 

Pour Moody cette 3ème victoire au championnat est chanceuse mais méritée à la fois.

Herb Thomas en terminant 4ème réduit son écart à 18 points au général sur Buck Baker qui n’a pu faire mieux que 7ème.

 

* Spidifen® est un médicament anti douleur. Ok le jeu de mot ne vole pas haut mais bon…

 

Course n°42 : « Roberts qui rit, Thomas qui pleure »

 

 Le samedi 25 août nous restons en Caroline du Sud pour se diriger à Myrtle Beach sur le Coastal Speedway. Il s’agit d’un demi mile en terre qu’il faudra parcourir 200 fois et dont l’origine remonte à 1940 en tant qu’hippodrome. Ce n’est qu’en 1950 qu’il est modifié pour recevoir des courses de voitures. Il accueille pour la 1ère fois la NASCAR. Il y aura encore une course ici en 1957 puis le circuit sera détruit courant des années 60 (date exacte ?) pour la construction d’une rue « Convention Center Street » et voir à l’emplacement du circuit s’édifier une banque ! Voilà pour la petite histoire. Revenons à la course avec 20 pilotes inscrits.

 

Fireball Roberts file vers la victoire.

 

La pole est pour Ralph Moody (Ford), la 4ème de la saison et en carrière. Il devance Herb Thomas (Chevrolet). Mais la course ne va pas lui sourire car il se crashe au 61ème tour en voulant suivre le groupe de tête composé de Thomas et Fireball Roberts (Ford). Une fois Moody en moins il ne reste plus que deux pilotes pour prétendre à la victoire mais voilà qu’au 76ème tour lors d’un drapeau jaune provoqué par Joe Bill McGraw qui pour sa dernière course de l’année a répandu de l’huile et une sacrée fumée sur la piste Herb Thomas décide d’opérer son unique ravitaillement de la course. Ses mécaniciens changent les 4 pneus et… remettent de l’essence… Thomas est immédiatement disqualifié. En effet en 1956 pour rappel la règle veut que le ravitaillement en essence ne se fasse que sous drapeau vert et ce dans le but de donner un maximum de spectacle aux spectateurs. Les mécanos ont fait une erreur qui coûte cher à Thomas puisqu’il ne sera classé que 13ème et perd 90 points supplémentaires face à Buck Baker (Chrsyler), tranquille 4ème ici.

 

Finalement la victoire revient à Fireball Roberts qui permet à Pete DePaolo de faire un week-end parfait avec la pole (Moody) et la victoire de Fireball. Pour Roberts il s’agit de la 3ème de la saison et de la 4ème en carrière. Billy Myers termine 2ème mais à presque un tour alors que Jim Paschal n’est pour une fois pas 2ème mais 3ème !

 

Course n°43 : « Haggerty ne s’y attendait pas ! »

 

Portland dans l’Oregon accueille en ce dimanche 26 août sa 3ème course de l’année sur son speedway éponyme. Les deux premières courses (les 21ème et 28ème de l’année) furent « bizarres » il en sera de même pour celle-ci. 19 pilotes engagés pour une course plus longue que les deux premières puisqu’il faudra parcourir la piste 250 fois soit 125 miles.

 

La pole pour John Kieper sur son Oldsmobile comme lors de la 21ème course mais il est près de 2 miles moins rapide. A noter que cette fois il s’élancera bien de la 1ère position. Il n’y a plus d’inversion de la grille de départ.

Lors du départ Clyde Palmer (Ford) qui s’élance 2ème est plus prompt à se mettre en action et prend le commandement. Il va ainsi mener jusqu’au 167ème tour quand il fait son premier ravitaillement. La piste asphaltée permet aux voitures de consommer moins d’essence. Chuck Meekins (Chevrolet) le relaye au premier rang mais au 178ème tour il est dépassé par Royce Haggerty sur sa Dodge. Meekins ne peut plus suivre le rythme et perd un tour. Devant c’est une bataille portière contre portière que les 4026 spectateurs ayant payé leur ticket d’entrée peuvent savourer entre trois pilotes : Haggerty, Palmer et Curley Barker (Chevrolet). Mais voilà qu’au 246ème tour le drapeau à damier est abaissé devant le trio par erreur avec 4 tours d’avance ! Haggerty n’en demandait pas tant et cela lui permet de remporter sa seule victoire en carrière tout comme son propriétaire Curly Weida. Barker lui réussit son meilleur résultat en carrière 3ème à sa 3ème course.

Herb Thomas était venu pour faire le plein de points face à ses « amateurs » locaux mais dès les qualifications il du se rendre à l’évidence il n’était pas dans le coup (11ème). Il parvint à remonter 7ème en course mais à 3 tours du vainqueur. Cela dit Buck Baker n’étant pas présent il fait quand même une bonne opération au championnat.

 

Dink Widenhouse se laisse glisser par la fenêtre après son crash aux Southern 500 (photo de Darlington).

Les secours autour de Widenhouse choqué mais indemne.

 

Course n°44 : « Turner domine le sanglier »

 

Le lundi 3 septembre c’est le Labor Day (fête du travail aux USA) et comme de coutume depuis 1950 c’est le jour des « Southern 500 » à Darlington, les 7ème du nom. 70 engagés pour une course richement dotée.

La pole est signée Buck Baker sur sa Chrysler mais vu qu’il a fait son chrono le 2ème jour des qualification il ne partira que 6ème… pour une raison inconnue… Celui qui hérite de la pole « officiellement créditée par la NASCAR » est son coéquipier Speedy Thompson.

 

Speedy Thompson termine sa qualification en passant à quelques centimètres du courageux flagman.

 

Cela dit la course va être folle. Dès le départ Marvin Panch (Ford) surprend Thomspon en forçant le passage. Il y a pourtant le temps vu qu’il faudra faire 364 boucles aujourd’hui. Thompson une fois remis de ses émotions reprend la position qu’il n’aurait pas du perdre, la 1ère, dès le 2ème tour après lui aussi un bon coup de pare choc sur Panch. Panch qui pas content fera de même 2 boucles plus tard. Quand au 8ème tour Thompson reprend la 1ère place il s’agit enfin du 1er dépassement propre pour le leadership de la journée ! Mais la piste demande beaucoup aux mécaniques et aux pneus. De plus il fait chaud et donc les positions changent beaucoup en fonction des stratégies mais aussi du dépassement des pilotes retardataires. Les 70000 spectateurs apprécient le spectacle. Il y aura beaucoup de casse mécanique mais aussi quelques accidents. Le premier qui retiendra l’attention des spectateurs est celui impliquant Gwyn Staley (Chevrolet) et Doug Yates (Chevrolet) au 57ème tour. C’est Yates qui en se faisant prendre un tour par Staley est à l’origine du crash.

 

Gwyn Staley #2 se prend le rail au 57ème tour alors que Joe Weatherly #9 et Ralph Moody #12 parviennent à échapper à l’accident.

 

Un autre crash impliquera Fireball Roberts (Ford), Roy Bentley (Ford) et Dink Widenhouse (Ford). Ce dernier sera transporté à l’hôpital pour panser des blessures sans gravité. Mais le crash spectaculaire est celui impliquant Bill Brown (Buick) et Larry Flynn (Buick). Après le contact Flynn part en tonneau et en redescendant le banking va s’encastrer dans le rail de sécurité intérieur et en arrache une quinzaine de mètres. Il faudra pas mal de temps pour tout dégager et faire repartir les pilotes… avec ce morceau de rail en moins. Impensable de nos jours !

 

Herb Thomas terminera 49ème avec sa Chevrolet bien mal en point.

 

Finalement Curtis Turner qui a déjà mené plusieurs fois l’épreuve aujourd’hui produit son effort après un nouveau pit stop. Il s’empare du commandement au 202ème tour face à Panch dont les mécaniciens furent plutôt lent sur ce coup là. Avec 2 tours d’avance Turner va contrôler Thompson jusqu’au baisser du drapeau à damier après 5 h 15 m 33 s de course. Pour Turner qui a mené 225 tours il s’agit de la 1ère victoire de l’année tout comme pour Charlie Schwam à la différence près que pour son propriétaire ce sera aussi la seule en carrière. La #99 mauve et blanche avec le furieux sanglier « Purple Hog » peint sur la carrosserie gagne enfin après trois 2ème place.

 

Au championnat l’écart entre Buck Baker et Herb Thomas est de 90 points. Les deux pilotes ont connu une mauvaise journée surtout Thomas (49ème) impliqué dans trois accrochages. Cela dit le système de points pour une course comme Darlington donne le même nombre de points (60) à tous les pilotes hors top25. Baker ayant terminé 26ème il marque donc le même nombre de points que son rival.

 

Curtis Turner

 

Une anecdote particulière. Elle ne concerne pas directement la compétition mais le circuit. En effet en 1956 Darlington voit la construction d’un tunnel d’accès sous la ligne droite arrière pour permette aux voitures et camions d’entrer dans l’infield et ce même pendant la course. Sinon il fallait attendre pour traverser la piste et rejoindre la route locale. Mais lors de sa construction il y eu une tragédie. Pour ce faire on coupa une bande d’asphalte de près de 6 mètres de large. On creusa le tunnel et la construction fut faite en béton. Mais u1ne nuit, avant que le tunnel ne soit recouvert, trois personnes décident d’aller sur la piste et se lance comme pari de rouler à fond la caisse avec leur voiture personnelle et de réussir sur leur élan à passer en sautant la tranchée pour atterrir de l’autre côté. Le premier essaye et y parvient mais détruit sa voiture et se blesse en tapant sa tête dans le pare brise. Le 2ème décide au dernier moment de freiner à mort et parvient à s’immobiliser juste avant la tranchée. Le 3ème décide d’y aller aussi mais ne prend pas assez de vitesse et sa voiture s’écrase dans la tranchée et fait une chute de plus de 3 mètres. Il sera sérieusement blessé mais s’en sortira. A noter que les 3 hommes seront interdit à vie d’accès au circuit.

 

Curtis Turner pose avec sa voiture.

 

Photo aérienne des travaux de Darlington où l’on voit les voitures des « cascadeurs du dimanche ».

 

Une des voitures dans la tranchée.

 

Course n°45 : « Baker soulagé »

 

Le dimanche 9 septembre seulement 21 pilotes participent à la course de Montgomery en Alabama. C’est l’ovale en terre d’un demi mile du Chisholm Speedway qui a la lourde de charge de succéder à Darlington. A Darlington justement le vainqueur empochait la modique somme de $11,750 tandis qu’ici ce ne sera que $950 ! Cette piste à été construite en 1951 mais la situation géographique en a fait un véritable gouffre financier. Cette première épreuve de NASCAR doit permette aux promoteurs de se refaire une santé. Avec à peine 2000 spectateurs ce ne sera pas le cas. Pire au lieu de rentrer dans leur frais ils perdent beaucoup d’argent. La piste sera fermée quelques semaines après la course et ne sera jamais réouverte.

 

La pole est signée Tim Flock au volant de la Ford #86 engagée par John Foster. Pour ce dernier il s’agit de la 1ère pole alors que pour Tim c’est déjà la 37ème en carrière.

La course sera une succession de changements de leader mais sans réelle bagarre. Tim Flock mène les 50 premiers tours mais va ensuite rentrer dans le rang pour finalement abandonner au 139ème tour suite à la défaillance de ses freins. Les autres vont faire illusion car après son ravitaillement Buck Baker (qui est parti seulement 14ème) roule si vite qu’il va sans dire que quand Marvin Panch (Ford) aura ravitaillé il sera seul leader. En effet Panch ravitaille au 140ème tour et Baker s’empare du commandement avec un tour d’avance sur ce dernier à la 3ème place. Seul Ralph Moody (Ford) reste dans le tour de Baker (Chrysler) mais à bonne distance. Il allait se faire prendre un tour quand le drapeau à damier fut brandi au passage de la Chrysler #87 immaculée. Baker qui n’avait plus gagné depuis 17 courses remporte sa 10ème victoire de l’année. Pour Kiekhaefer il s’agit aussi d’une des rares victoires (la 2ème) depuis le fameux « 16 à la suite » que même Julien Lepers n’arrivera jamais à faire ! LOL

 

Buck Baker et son « réfrigérateur ».

 

Herb Thomas ne terminant que 6ème il perd 40 points et l’écart en faveur de Baker est maintenant de 130 unités alors qu’il reste 10 courses à disputer.

 

Notons qu’une fois encore les « scoreurs » de la NASCAR se sont copieusement plantés pendant la course. Car après un recompte des tours Fireball Roberts qui avait terminé la course en 8ème position sera reclassé 4ème obligeant Johnny Allen, Herb Thomas et Jim Paschal à perdre chacun une position. Bill Amick étant finalement le vrai 8ème.

 

Course n°46 : « Moody fait le forcing »

 

Ah Charlotte, NC, quelle bonne idée en ce mercredi 12 septembre. Cela dit c’est le Southern States Fairgrounds qui accueille les 26 pilotes inscrits. Il s’agit de la 2ème course de l’année ici (la 1ère était la course n°26).

Le poleman du jour est Joe Eubanks sur sa Ford. Pour Eubanks c’est la 1ère pole depuis 1953 ! Pour son propriétaire James Satcher c’est une première.

 

La course va se dérouler devant 7300 spectateurs. Eubanks ne profitera jamais de sa pole et ne mènera aucun tour dans cette course. Mais il restera jusqu’au bout un sérieux candidat à la victoire. Fireball Roberts, 2ème sur la grille, lui grille la politesse dès l’agitation du drapeau vert. Il va mener les 78 premiers tours mais soudainement il connaît une baisse de régime. La raison est une défaillance de son moteur. Cette défaillance se transformera en casse dûe à une vilaine surchauffe au 96ème tour l’obligeant à abandonner. Il sera classé 19ème. Ralph Moody (Ford), parti 11ème, qui suivait son coéquipier Roberts comme son ombre s’empare donc du commandement au 79ème passage. Sur ses talons Joe Eubanks et Billy Myers (Mercury). Notons qu’au 51ème tour Buck Baker, le leader du championnat, abandonne sur casse de son carburateur. Avec Herb Thomas qui termine 5ème il perd de nouveau 40 points au général où il n’en possède plus que 90 d’avance. Décidément c’est toujours 90 points d’écart !!

 

La victoire revient pour 10 secondes à Ralph Moody, c’est sa 4ème de l’année et en carrière. Il devance Myers qui a pris le meilleur sur Eubanks à quelques encablures de l’arrivée.

 

Course n°47 : « La balade de Paul Goldsmith »

 

Le dimanche 23 septembre la NASCAR revient pour la 2ème fois de l’année sur la terrible piste de Langhorne en Pennsylvanie. Cette piste considérée comme le « plus grand virage à gauche du monde » en raison de sa forme parfaitement circulaire reçu en cette année 1956 un 2ème surnom « Track that ate the heroes » (que l’on peut traduire par « la piste ne faisant qu’une bouchée des héros », autrement dit des pilotes). Elle sera fermée en 1992 et détruite pour laisser place aujourd’hui à un immense shopping center.

Notons qu’il y a aussi la 48ème course de l’année qui se déroule le même jour à Portland.

 

Grosse affluence avec 31000 spectateurs mais aussi 44 pilotes engagés. 300 tours à faire et ce sans vomir !

C’est Buck Baker qui réalise la pole sur sa Chrysler.

 

La course sera désastreuse pour Baker. Il démarre bien et profite de l’avantage généré par sa pole pour filer en tête mais il ne parvient pas pour autant à distancer Paul Goldsmith qui avait fait le 2ème temps en qualification sur sa Chevrolet engagée par Smokey Yunick. Au 3ème tour un accident implique le vainqueur de la course précédente Ralph Moody ainsi que Harvey Henderson (Ford) et Francis Dionne qui avait déjà un tour de retard vu qu’il avait loupé le départ en partant des stands. Aucun ne sera blessé.

A la fin du 1er des 9 drapeaux jaunes qui émailleront la course Goldsmith s’empare du commandement au 10ème tour mais pas pour longtemps car Fireball Roberts (Ford) est très en forme. Baker quant à lui a perdu pied et c’est une rupture du son circuit d’huile qui sera la cause de son abandon au 51ème tour. C’est la 2ème course d’affilée ou il abandonne au 51ème tour ! L’histoire ne dit pas s’il a pris un petit remontant pour atténuer sa déception et si ce dernier était un Pastis…51 !

Roberts très en forme oui mais pas sa mécanique car alors qu’il n’a jamais quitté le top3 de la course, menant à plusieurs reprises, il doit ralentir la cadence en raison du même problème que Baker. Jim Paschal reprend le commandement au 222ème tour mais il va connaître lui aussi des soucis mécaniques l’obligeant à passer plusieurs fois à son stand. Cela dit vu les écarts creusés il parviendra à terminer 4ème à 8 tours du vainqueur. Car le vainqueur et c’est une surprise est Paul Goldsmith. Il a mené 182 tours dont les 48 derniers et remporte une victoire éclatante avec 7 tours d’avance sur Lee Petty (Dodge). Goldsmith est le seul qui n’a connu aucun problème durant la totalité de l’épreuve. Pour l’ancien pilote de moto il s’agit de la 1ère victoire en carrière et ce à sa 8ème tentative. Avec sa 5ème place Herb Thomas profite de l’abandon de Baker (38ème) pour s’emparer du commandement au championnat.

 

Paul Goldsmith

 

Deux choses marquantes encore dans cette course. Tout d’abord l’accident peu banal de Jim Reed qui voit sa Chevrolet au 169ème tour prendre feu pour une raison inconnue. Le temps de s’arrêter et de sortir des flammes le pauvre Reed sera emmené au Lower Bucks Memorial Hospital pour soigner ses brûlures fort heureusement de faible gravité. Cela dit il ne reviendra à la course que l’année suivante.

La deuxième anecdote est l’œuvre de Harvey Eakins qui crashe sa Nash au 173ème tour en partant en tonneau. Cette Nash il la faisait courir depuis 1954. Avec 3 saisons dans les roues elle fut bien rentabilisée.

 

Paul Goldsmith au pit.

 

Course n°48 : « Dane sans faire exprès »

 

Portland Speedway vous connaissez ? Bien sur car c’est la 4ème fois et dernière que l’on y vient en cette saison 1956. Le dimanche 23 septembre donc est un jour ou il y avait deux courses de NASCAR GN. Il n’y a donc que des pilotes du coin au départ. Ils sont 19 inscrits. La pole revient au dernier vainqueur ici même c'est-à-dire Royce Haggerty sur sa Dodge. Il aura donc réussi une pole et une victoire en carrière et toute deux acquises ici.

 

La course sera peu passionnante et surtout frustrante pour les leaders successifs. Haggerty connaîtra des problèmes de tenue de route dès le départ. Ed Negre (Oldsmobile) qui aura mené 185 des 250 tours sera victime d’une crevaison alors qu’il menait avec un tour d’avance. Chuck Meekins (Chevrolet) ratera son seul pit stop de la course… Bref le rapide en début de course (il a mené les 14 premiers tours) Lloyd Dane (Ford) qui était rentré dans le rang se retrouve bien malgré lui en tête à 51 tours de l’arrivée. Avec un tour d’avance sur Eddie Pagan (Ford). C’est donc la 2ème fois de l’année que Lloyd Dane remporte une course.

 

La mésaventure du jour arrive à Curley Barker qui alors qu’il venait de revenir dans le tour du leader tombait en panne d’essence à moins de 2 tours de l’arrivée. Il était finalement classé 3ème égalant sa meilleure performance en carrière. Ce pilote local n’aura fait que 4 courses en NASCAR dans sa carrière, toutes les 4 en 1956 et toutes les 4 sur le Portland Speedway qu’il connaissait comme sa poche. Il réussit l’exploit de faire 4 top10 dont 3 top5. Un exploit jamais refait depuis. L’histoire n’a pourtant pas retenu son nom.

Au classement général du championnat cette course n’a eu aucune influence.

 

Course n°49 : « Baker en fin stratège »

 

Le samedi 29 septembre on retourne pour la 2ème fois de l’année sur le Columbia Speedway dans la ville du même nom en Caroline du Sud. 18 pilotes inscrits.

La pole pour Tim Flock qui roule pour John Foster sur une Ford rachetée à Pete de Paolo. Pour Flock il s’agit de la 5ème pole de la saison et aussi mais il ne le sait pas encore de sa 38ème et dernière en carrière. Il devance Billy Garden (Mercury) qui réalise sa meilleure performance en qualification depuis sa pole en 1951 à Charlotte.

 

La course sera décevante pour Tim Flock qui après avoir mené les 7 premiers tours rentre dans le rang et pire en voulant suivre le rythme va se crasher au 68ème tour. Devant c’est un duel entre les pilotes Kiekhaefer Speedy Thompson et Buck Baker qui fait rage. Les deux pilotes Dodge ne se lâchent pas d’une semelle et Baker trouve l’ouverture au 89ème passage. Il perdra son avantage aux pits car il ravitaille plus tôt. Le choix est finalement bon car quand Thompson ravitaille à son tour au 167ème tour Baker reprend le commandement de façon définitive. Il remporte donc sa 11ème victoire de l’année devant Ralph Moody (Ford) et Thompson. Fireball Roberts (Ford) termine 4ème. Il y a donc un pilote Kiekhaefer aux 1ère et 3ème places et un pilote DePaolo aux 2ème et 4ème positions. Les deux écuries dominantes de la saison mettent 2 tours au 5ème Billy Myers qui pilote une Mercury pour le compte de l’écurie managée par Bill Stroppe et Guy Wilson.

 

Herb Thomas ne termine que 8ème sur sa Chevrolet mais conserve 318 points d’avance au championnat sur Baker. Il en avait 374 avant la course.

 

Course n°50 : « C’est votre dernier mot monsieur Roberts ? »

 

Dès le lendemain, le dimanche 30 septembre, La NASCAR visite pour la 2ème fois de l’année l’Orange Speedway de Hillsboro situé en Caroline du Nord. 23 pilotes engagés.

Speedy Thompson réalise la pole, sa 7ème de l’année et en carrière sur sa Chrysler. Cela dit il roule moins vite sur ce 0.9 mile que son coéquipier Buck Baker plus tôt dans l’année.

 

La course sera une nouvelle fois disputée entre les pilotes Kiekhaefer revenus en grande forme et ceux de DePaolo. Une succession de changements de leader sur la piste entre 3 pilotes. Billy Myers met de l’animation dans le reste du peloton en sortant de la piste. Il roule sur une roue, habituellement ancrée dans la terre et dépassant de moitié servant de démarcation de la ligne intérieure de la piste. Elle s’était arrachée du sol et gisait au milieu de la trajectoire. Il rebondit et traverse une barrière de sécurité en bois. Ses mécaniciens vont à son secours pour remettre la Mercury sur la piste et Myers poursuit en 6ème position quand soudain sa voiture prend feu. Il a juste le temps de s’arrêter et de sortir laissant la Mercury passer de vie à trépas. Le pilote n’est pas blessé. La raison de l’incendie évoquée par Myers serait peut-être un morceau de bois de la barrière coincée dans le compartiment moteur et qui avec la chaleur aurait prit feu mais cela reste de la supputation.

 

Buck Baker terminera 2ème malgré une belle attaque !

 

Peu après la relance Brownie Pitt (fréquent propriétaire et frère de Blackie Pitt), qui fait ici sa première course en carrière, part en tonneau avec sa Chevrolet managée par lui-même et un autre Brownie mais King celui-là, il sort de l’épave en rampant, sans blessures juste un peu commotionné, mais ne fera plus jamais d’autre course par la suite en NASCAR.

Devant Fireball Roberts aura le dernier mot dans la lutte pour la victoire en s’emparant de la tête face à Baker à 26 tours de l’arrivée et remporte ainsi sa 4ème victoire de l’année, sa 5ème en carrière. Baker 2ème grappille 24 points sur Herb Thomas (4ème) et ne compte plus que 294 points de retard au classement.

 

Course n°51 : « Roberts dit merci à ses mécaniciens »

 

Le dimanche 7 octobre la NASCAR a rendez-vous pour la première fois de son histoire sur le Tennessee-Carolina Speedway à Newport dans le Tennessee. Il s’agit d’un demi mile en terre qui vient d’ouvrir ses portes cette année. La piste sera rebaptisée Newport Speedway peu de temps après la course mais sera définitivement fermée en 1967. Il y a 22 engagés.

La pole pour Joe Eubanks sur sa Ford pour la 2ème fois de l’année et 4ème en carrière. Le dernier est Brownie King dont la voiture est encore partiellement cabossée depuis la course précédente quand l’autre Brownie l’avait fait partir en tonneau.

 

Le départ de la course, sous une froide journée d’automne, va être une fois encore un duel entre les deux écuries de pointe. Eubanks est dès le départ débordé par la « fameuse troupe » emmenée par Buck Baker. Ce dernier va mener sans trop de difficulté jusqu’à son ravitaillement au 149ème tour peu de temps après l’abandon de son coéquipier Speedy Thompson (141ème tour). A ce moment Fireball Roberts prend le commandement puis ravitaille mais beaucoup plus vite que Baker et conserve le leadership. Pour Roberts il s’agit de la 5ème victoire de l’année (6ème en carrière). Il devance Baker qui reprend encore des points au général à Herb Thomas (5ème). Aucun accident pendant la course ce qui est assez rare pour être signalé. Notons enfin que pour Herb Thomas il s’agit en fait de son dernier top5 en carrière.

 

Johnny Allen #264 et Blackie Pitt.

 

Course n°52 : « Tournée d’adieux à Charlotte »

 

Le mercredi 17 octobre est un jour inhabituel pour une course aujourd’hui mais dans les années 50 c’était relativement courant. C’est aussi un jour particulier et un peu triste pour le petit monde de la NASCAR. En effet l’ovale de 0.75 mile en terre du Charlotte Speedway, Charlotte, NC, créé en juin 1948 par Harvey et Pat Charles et cadre de la première course officielle de NASCAR en 1949 connaît ses dernières heures. Il doit être fermé définitivement peu de temps après la course en vue d’un plan d’aménagement du territoire urbain.

C’est donc avec émotion que 27 pilotes prennent part à la course. Seulement 4 pilotes ayant disputé la 1ère course de l’histoire roulent encore aujourd’hui : Buck Baker, Lee Petty, Jim Paschal et Herb Thomas.

 

La pole pour Ralph Moody pour la 5ème fois de l’année et en carrière. Les 4 premières places étant occupées en alternance par les pilotes des deux tops teams. Les ogres de 1956 !

 

La course sera exempte de toute neutralisation et va donc se dérouler sur les chapeaux de roues. La moyenne de la victoire étant de moins de 3 miles inférieures à celle de la pole (72.268 contre 75.041 mph). Si Thompson et Moody font illusion en tête durant les 29 premiers tours quand Buck Baker prend le commandement au 30ème tour c’est pour ne plus lâcher cette position jusqu’à l’arrivée. Seul Moody est resté dans le tour du leader. Pour Baker cette 12ème victoire de la saison (24ème en carrière) lui permet de réduire encore son retard sur Herb Thomas à 246 points au classement. Thomas justement qui acquiert ici le tout dernier top10 de sa carrière en finissant 7ème.

 

Course n°53 : « Baker dans la tourmente, Thomas entre la vie et la mort »

 

Le mardi 23 octobre est une date particulière. En effet Carl Kiekhaefer dans l’espoir de faire gagner son pilote Buck Baker au championnat a réussit à convaincre Bill France le 14 octobre dernier d’insérer une course supplémentaire au calendrier. Grâce à cela Baker a plus de chance de revenir sur Thomas et donc d’être sacré champion.

C’est sur le Cleveland County Fairgrounds à Shelby en Caroline du Nord, un demi mile en terre que cette course a lieu. C’est la 2ème fois de l’année que l’on vient courir ici. Il y a 26 pilotes qui s’engagent malgré l’annonce tardive de l’organisation de l’épreuve.

Doug Cox surprend tout le monde en signant la pole position sur sa Ford pour sa 1ère course de l’année (3ème en carrière) au volant de la #86 de John Foster que Tim Flock a récemment pilotée. Pour Cox il s’agira de la seule pole en carrière.

 

La course va être sujette à polémique. Si le poleman abandonne très vite pour incendie au 70ème des 200 tours c’est surtout le 109ème tour qui retiendra l’attention. En effet Speedy Thompson, pilote de Kiekhaefer, percute l’arrière droit de la Chevrolet d’Herb Thomas ce qui envoie le malheureux dans la barrière en bois bordant la piste. Il rebondit et se retrouve au milieu de la piste quand un paquet de voitures arrive. Le choc est d’une violence inouïe avec Jack Smith, Billy Myers, Ralph Moody, Billy Garden, George Green, Lee Petty et Tiny Lund. Un vrai “big one”! La course est stoppée au drapeau rouge pour permettre l’évacuation des carcasses et aider le pauvre Thomas à s’extraire de sa voiture. Il est emmené au Charlotte Memorial Hospital avec un scalp du cuir chevelu qui révèlera une grosse fracture du crâne, d’un tympan perforé et de blessures internes à l’abdomen et au thorax. Il est dans un coma avancé quand le Dr John Hamrick indique qu’une opération de neurochirurgie est indispensable.

La course reprendra jusqu’au nouveau crash (2ème rouge) suite au crash de Tiny Lund au 132ème tour mais sans gravité. Devant Bill Amick est en tête à 3 tours de l’arrivée sur sa Ford mais Baker parvient à le déborder et remporte la course pour 2 longueurs d’avance, sa 13ème de l’année. Thompson termine 4ème.

 

Jack Smith debout regarde les voitures s’empiler autour sa voiture qui est sur le toit. C’est dans ce crash que le malheureux Herb Thomas failli perdre la vie.

 

Au championnat Thomas étant classé 17ème il ne possède plus que 118 points d’avance sur Buck Baker mais il ne reviendra pas à la compétition cette année. Avec 900 points à distribuer vu qu’il reste 3 courses de même importance Baker n’a qu’à assurer pour devenir le champion 1956. Si Baker fut vite « innocenté » par les spectateurs il n’en ira pas de même de Carl Kiekhaefer et de Speedy Thompson que les fans hueront pendant des semaines à leur moindre apparition. Pour beaucoup Kiekhaefer avait chargé Thompson de « mettre dehors » Thomas. Si Thompson s’en remettra il n’en ira pas de même pour Kiekhaefer et ce dernier ne reviendra pas sur sa décision d’arrêter la course à la fin de l’année.

 

Course n°54 : « Smith étonnant et Baker presque champion »

 

Le dimanche 28 octobre c’est une course particulière car il s’agit de la première course mixte entre des Grand National et des Convertible. Ce qui sera dès l’année suivante nommé les « Sweepstakes races ». Martinsville accueille sur son célèbre speedway les « Old Dominion Mixed 400 ». 40 pilotes engagés dont 21 pilotes GN et 19 de Convertible. Thomas est toujours à l’hôpital dans un état grave.

La pole revient à Buck Baker qui roule avec le #00. Certains diront qu’il avait choisi ce numéro pour montrer son mépris envers la manœuvre supposée de Kiekhaefer et de Thompson, d’où le double zéro. C’est la seule fois de l’année qu’il utilisera ce numéro. Joe Eubanks est le meilleur des pilotes de décapotable et partira 2ème sur sa Ford.

 

La course sera prudente pour Baker qui veut assurer le titre dès aujourd’hui. Il se laisse déborder au baisser du drapeau à damier par un Eubanks déchaîné. Ce dernier va mener les 103 premiers tours mais les écrous de sa jante avant droite cassent l’obligeant à rentrer aux pits. Les dégâts sont importants et ses mécaniciens n’arrivent pas à enlever le reste de sa jante le contraignant à l’abandon. Ensuite c’est Speedy Thompson sous les sifflements du public qui prend la tête suivi de près par Jack Smith qui fait ici sa première course au sein de l’écurie de Kiekhaefer. Smith parviendra en fin de course à se débarrasser de Fireball Roberts, Bill Amick ou encore de Marvin Panch au 226ème tour pour s’en aller cueillir au terme des 400 tours sa première victoire en carrière ! Baker assure la 7ème place ce qui le propulse en tête du classement avec 282 points d’avance sur Thomas. Autrement dit il est virtuellement champion 1956.

 

Jack Smith remporte la course.

 

Les GN occupent les 5 premières places devant Joe Weatherly (Ford) le meilleur des « casque à l’air ». D’ailleurs dans le top10 il y a 8 pilotes GN car seul Gwyn Staley (Chevrolet) parvient lui aussi à insérer sa convertible dans le haut du tableau.

 

Voir la partie ½ pour plus de détails sur le championnat Convertible.

 

la première course officielle mélangeant les GN et les Convertibles.

 

Course n°55 : « Thompson hué, Baker couronné »

 

Le dimanche 11 novembre c’est à Hickory, NC, sur le speedway éponyme que 22 pilotes se sont inscrits pour les « Buddy Shuman Memorial ». C’est une course « normale » uniquement destinée au GN. C’est d’ailleurs la 3ème fois de l’année que l’on vient courir ici. La particularité étant que cette course est de 100 miles contre 80 pour les deux autres. Il y aura donc 250 tours à faire.

La pole est signée Ralph Earnhardt qui fait ici son tout premier départ en carrière. Lui qui est une star dans la série « Sportman Modified ». Il pilote une Ford #22 pour Pete DePaolo en remplacement de Fireball Roberts. Il devance le mathématiquement presque couronné Buck Baker sur sa Chrysler.

 

les voitures en rang en vue du départ.

 

La course sera très belle entre Baker tout d’abord et le duo Speedy Thompson / Ralph Earnhardt. Si Earnhardt offre une belle résistance en début de course il perd pied après son premier ravitaillement alors qu’il menait les débats. Thompson s’empare de la tête mais à 4 tours du but il est contraint de retourner aux pits pour faire un splash de carburant. Il avait un tour d’avance le voilà avec quelques secondes à peine maintenant sur Earnhardt. La foule crie et hurle même au scandale quand Thompson franchit victorieusement la ligne d’arrivée avec 4 secondes d’avance sur Raplh. Thompson est hué par la foule des 3500 spectateurs quand il soulève le trophée sur la Victory Lane. Les officiels décident de procéder à un recompte des tours pensant que le mécontentement des fans vient de là vu que le pilote local n’est que second. Il n’en est rien Thompson est bel et bien le vainqueur pour la 8ème fois de l’année. Bill France et ses acolytes savent pourtant très bien que les huées ne sont que le résultat de l’accident que Thompson a provoqué à Shelby sur Thomas.

 

Buck Baker

 

Baker est maintenant officiellement champion avec cette 3ème place.

 

Notons qu’en ce 11 novembre il y a une autre course à Lancaster et Marvin Panch l’emporte. Mais bizarrerie du calendrier celle-ci est officiellement la 1ère course du championnat… 1957 !!! Alors qu’il reste une course à disputer en 1956 et que la 2ème du championnat 1957 n’aura lieu qu’en décembre ! La NASCAR est parfois surprenante voir déroutante !

 

Course n°56 : « Et une dernière controverse, une ! »

 

Voici la dernière course de cette longue saison en ce dimanche 18 novembre. C’est à Wilson, NC, sur le speedway éponyme que 24 pilotes vont tenter d’arracher la dernière victoire. La pole pour Buck Baker. Ironiquement lors de la première venue ici même en début de saison c’est Herb Thomas qui avait fait la pole et gagné.

 

La course va être une fois de plus sujette à caution à cause du scoring. En effet pour faire court il était évident que Joe Weatherly avait passé la ligne d’arrivée en tête devant Buck Baker en panne d’essence sur sa lancée avec 2 longueurs d’avance sur Baker qui lui a fait un ravitaillement pour un splash à trois tours de la fin contre aucun ravitaillement pour Weatherly.

 

Mais voilà jusqu’au bout la soif de victoire de Carl Kiekhaefer le fera plonger au plus bas dans le cœur des fans. Kiekhaefer rouspète auprès des officiels arguant que Baker est passé avec une infime avance (de 1 pied) devant le stand d’enregistrement du scoring qui se situe juste avant le virage 1 en bout de ligne droite. Pour Kiekhaefer comme c’est là que se situe l’horloge officielle et que c’est là que le scoring est compté il est logique que ce soit là et pas ailleurs que soit prise en compte la victoire. D’habitude cela se situe sur la ligne d’arrivée mais à Wilson la disposition des lieux empêchait la NASCAR d’installer le stand du scoring là où ce situe la guérite du flagman. Après plus de 4 heures de délibérations et vu que le règlement à un flou à ce sujet la NASCAR décide finalement de suivre les arguments de Kiekhaefer et c’est ainsi que Buck Baker remporte sa 14ème victoire de l’année.

 

La remise des coupes lors du banquet de fin d’année de la NASCAR.

De gauche à droite : Charles « Red » Farmer (Modified), Buck Baker (Grand National), Bill France (le président), Jim Reed (Short Track) et Bob Welborn (Convertible).

 

Voilà la saison est terminée avec la victoire au championnat de Buck Baker avec 586 points d’avance sur Herb Thomas qui de son lit d’hôpital n’aura pu défendre ses chances.

Buck Baker en 1956 c’est

48 courses

14 victoires

31 top5

39 top10

12 poles

$34,076.35 de gain

Son premier titre de champion.

 

Pour Elmer Carl Kiekhaefer, alias « Mr K » qui arrête là sa participation à la NASCAR, tout son matériel étant revendu très vite (janvier 1957 après une dernière réunion avec Bill France), c’est 30 victoires dont 16 consécutivement ce qui reste deux records jamais égalé depuis. Il faut préciser qu’il avait en janvier 1957 envisagé de revenir à la NASCAR et avait d’ailleurs acheté 3 nouvelles Chrylser 300C année 1957. Mais le changement de politique de Bill France en terme de compétition et la rancœur des fans le feront définitivement renoncer. Il gardera une voiture noire à titre privé. A noter que malgré le professionnalisme de son team il n’était absolument pas aider financièrement par le manufacturier (Dodge / Chrysler) contrairement au team de Pete DePaolo avec Ford par exemple.

Rendons un dernier hommage à Kiekhaefer né en 1906 (date ?) et décédé le 5 octobre 1983 à 77 ans. Il aura donné à la NASCAR son côté hyper professionnel qui distinguera toujours la NASCAR des autres fédérations de stock car aux USA.

 

En 190 courses où il a engagé au moins une voiture Kiekhaefer remporte :

51 victoires

116 top5

138 top10

51 poles

 

Pour les marques c’est Chrysler (Dodge) qui remporte le trophée. Notons encore que les voitures blanches de Kiekhaefer furent surnommées les « Refrigerator white Chrysler ».

 

La notion d’essai privé déjà bien ancrée en 1956. Ici Buck Baker lors d’une séance privée à Darlington en août après avoir détruit sa Chrysler.

 

Allez une dernière anecdote sur cette fabuleuse saison signée Tim Flock / Carl Kiekahefer. En effet Tim Flock on la vu quitte le team de Carl Kiekhaefer après sa victoire le 8 avril. La raison ? Ses ulcères. La cause ? Kiekhaefer ! Pourqoui car ce dernier ne laisse pas ses pilotes tranquilles la moindre seconde même en dehors des courses. Il leur téléphone, bref il aime tout diriger et contrôler. Un jour il téléphone à Flock et lui demande de le rejoindre à l’atelier. Pour cela il a dépêché un avion privé pour amener Tim Flock. Une fois arriver il lui dit que tout est ok et qu’il peut retourner chez lui !!! En fait Kiekhaefer voulait juste savoir où il était exactement et ce qu’il faisait de son temps libre !

 

La suite avec la saison 1957 des Grand National et des Convertible.

 

La première partie avec la partie n°1/2 : La saison des Convertibles.

 

 

 

© 2008



Connexion
Se connecter :
Pseudo :
Mot de passe :


Prochaines courses