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1955

La NASCAR traverse les crises.

 

Drôle d’année que 1955 car la NASCAR va devoir faire face durant l’été à une volonté politique de supprimer les courses automobiles. Pourquoi ? Suite aux tragédies que vont connaître les courses les plus célèbres de part le monde. La mort de plusieurs pilotes dans les courses fédérées par l’AAA dont les fameux 500 miles d’Indianapolis mais aussi par la plus grande catastrophe de l’histoire du sport automobile : la tragédie des 24 heures du Mans. Cet accident en plus d’entraîner la mort du pilote Pierre Levegh allait faire sombrer la course dans le deuil de 82 spectateurs. Suite à cela certaines nations comme la Suisse vont aller au bout de leur politique en interdisant toutes formes de sport auto sur leur territoire. Aux USA la situation va aussi s’enflammer sous l’impulsion du sénateur démocrate Richard Neuberger. Ce dernier, le 12 juillet, va directement s’adresser au président Eisenhower en arguant qu’il était temps pour un pays civilisé comme les USA de bannir les courses autos, joute moderne et sanguinaire autant pour ses gladiateurs que pour ses spectateurs, femmes et enfants compris. Chaque fédération automobile va avoir sa propre vision du présent et de l’avenir des courses autos. Bill France, quant à lui, va contrairement à ses habitudes rester calme et faire profil bas. Au contraire il va subtilement retourner la situation en sa faveur en avançant que grâce à la course automobile et à la NASCAR puisque concernant directement les voitures issues de la série la sécurité avait fait un bon en avant plus important sur les 5 dernières années que depuis la création de l’automobile. Bill France précisant que les constructeurs impliqués en NASCAR pouvaient développer leurs modèles de façon optimale. Car la recherche de la performance sur la piste améliore les qualités routières de la voiture de monsieur tout le monde. Si la voiture est de meilleure conception elle en devient forcément plus sure. Une des avancées significative sur la sécurité sera dès 1956 la généralisation des serrures sur les portes des voitures. On peut maintenant les verrouiller. Donc en cas d’accident si la porte est bien fermée à clef elle ne s’ouvre plus (du moins aussi facilement) et le conducteur a moins de risque d’être éjecté. Les manufacturiers se sont inspirés directement du règlement NASCAR qui oblige maintenant que les portes des voitures soient bloquées sur la carrosserie. Au début il s’agissait de ceintures de cuir enroulées autour des montant de fenêtres, puis de plaques métalliques soudées sur les portes et enfin de plus en plus souvent c’est toute la porte qui est soudée à la carrosserie. Le temps des voitures personnelles utilisées en course par les pilotes est presque totalement révolu, seuls subsistent encore quelques privés.

 

L’année 1955 sera celle des records.

 

Bill France va être indirectement appuyé dans ses propos grâce à l’implication grandissante dans la NASCAR des grandes marques américaines dont Chevrolet qui jusque là était en peu à la traîne comparé à Ford, Hudson,… L’argent investit en NASCAR par ces marques ne cesse de croître et tout le monde en tire des bénéfices, les pilotes, les écuries, les spectateurs et bien sur les constructeurs d’auto dont les exploits sportifs améliorent les ventes.

 

Cette année voit aussi l’arrivée de super écuries tel que celles de Carl Kiekhaefer et dans une moindre mesure Pete DePaolo, ce dernier ne sera vraiment opérationnel qu’en 1956. Pour revenir à Kiekhaefer, il va apporter une réelle touche de professionnalisme à la NASCAR. Chacune de ses voitures arrivant à bord d’un camion transporteur superbement décoré. Ses pilotes et mécanos portant tous les mêmes uniformes d’un blanc immaculé. Il va aussi développer la technique en NASCAR. Comment ? En faisant tout noter par ses mécaniciens et pilotes. Il crée le rôle de crew chief, jusque là c’était un chief mecanic. Ce dernier gère une voiture de A à Z. L’ancien pilote Bob Flock s’occupera d’ailleurs de la voiture de son jeune frère Tim. Les pilotes doivent donner des informations sur les sensations en piste, quel rapport de boîte utilise-t-il, quelle est la vitesse de pointe, le nombre de tours minutes,… Le crew chief doit aussi analyser chaque type de terre sur chaque piste,… Il engage un météorologue qui va déterminer les températures, degré d’humidité,… Le tout sera analysé lors de briefing d’après course. Le but est de faire des corrélations entre les différentes pistes et établir ainsi des pré réglages pour être plus compétitif. Cette méthode ne va cesser de se développer au fur et à mesure des années. Il apporte un réel élan au niveau de l’utilisation de la course auto pour promouvoir sa société de bateau hors-bord. Il amène donc pour la première fois dans l’histoire du sport auto le sponsoring extra sportif au sommet de l’échelle d’importance. Maintenant voir des voitures entièrement peintes aux couleurs des sponsors va être monnaie courante. En Formule 1 il faudra attendre 1968 (13 ans plus tard !) et les Lotus aux couleurs de Gold Leaf pour que ce principe soit mis en application. Bref la NASCAR continue son expansion quels que soient les obstacles rencontrés sur son chemin et demeure un précurseur dans bien des domaines dans le sport automobile.

 

L’armada de Carl Kiekhaefer.

 

Chevrolet va introduire le moteur type « small-block », un V8 de 265 C.I. pour 225 CV. Ce type de moteur deviendra d’ici peu la référence.

 

Notons enfin que la SAFE, dont on a parlé dans le sujet 1954 a créé son championnat de « convertible » (de décapotable). S’il est relativement oublié par les médias il n’en reçoit pas moins un très bon accueil de la part du public. Grâce au toit découvrable les spectateurs peuvent voir tout le travail du pilote. Bill France ne semble pas porter d’intérêt à cette série mais c’est tout le contraire, il observe et saura retourner la situation en sa faveur dès l’année suivante. Décidément le grand Bill a le nez fin et tout ce qu’il touche ou presque se transforme en or.

 

La saison va être un marathon de 45 épreuves. Le plus long jusqu’ici mais encore raisonnable par rapport aux futurs calendriers ! Il va démarrer en 1954 à peine deux semaines après la finale ayant vu Lee Petty devenir champion. Le succès de la NASCAR est tel que les promoteurs se bousculent pour pouvoir bénéficier des grâces de Bill France et ainsi avoir leur course au calendrier. Il faut noter aussi un boom dans le prix des places allant de $2,5 à $10 pour les tribunes couvertes de Darlington. Cela est cher pour l’époque mais les spectateurs se pressent et hormis quelques rares courses (du parfois à la météo capricieuse) le succès sera au rendez-vous.

 

Course n°1 : «Petty en champion »

 

La saison 1955 commence en… 1954, le dimanche 7 novembre sur le demi mile en terre du Tri-City Speedway à High Point en Caroline du Nord. 21 pilotes estimant que l’intersaison est trop courte répondent à l’appel des organisateurs, Oscar et Vernon Ellington. Ces derniers qui débutent à cette fonction vont dans l’avenir avoir beaucoup d’influence dans l’organisation de course en NASCAR. C’est la 2ème et dernière fois que l’on vient sur cette piste. En plein hiver il fait très froid et 2000 courageux spectateurs ont fait le déplacement.

Herb Thomas (Hudson) réalise la pole comme il l’avait déjà fait en 1953. Cela dit entre temps la piste à été aplanie, terminé les ornières. Le champion sortant Lee Petty (Chrysler) est 3ème.  

 

La course démarre et dès le 1er tour Dick Rathmann (Hudson) qui s’est élancé 2ème s’empare du commandement. Cela dit Lee Petty le dépasse au 7ème tour et va mener les 193 tours restant pour aller cueillir une nouvelle victoire, sa 19ème en carrière. Avec cette victoire il améliore sa propre statistique faisant de lui le seul pilote à avoir remporté au moins une course chaque saison depuis la création du championnat en 1949. Cela dit il n’a pas eu la vie facile. Rathmann le suivant comme son ombre jusqu’à ce qu’il rencontre un problème mécanique au 110ème tour. Buck Baker (Oldsmobile) termine second à ½ tour de Petty. Thomas lui prend la 3ème place à 1 tour.

 

Lee Petty

 

Les deux seuls accidents de la course sont à mettre au crédit de Bill Blair (Hudson) au 43ème tour et de Ken Pace (Hudson) qui part en tonneau dans son 151ème tour. Aucun ne sera réellement blessé.

 

Course n°2 : «Thomas de justesse »

 

Nous voilà vraiment en 1955 pour cette 2ème épreuve, disputée le dimanche 6 février à West Palm Beach en Floride sur le speedway éponyme. Le temps est plus doux en cette période de l’année. Ils sont 18 inscrits.

La pole revient à Dick Rathmann (Hudson). Les essais sont marqués par les crashs de Bill Lamont (Ford) et de Hooker Hood (Oldsmobile). Pour Lamont ce sera d’ailleurs sa seule et unique tentative en NASCAR. Ils seront donc 16 au départ.

 

La course va être très disputée, ce qui ces derniers temps était rarement le cas. Pas moins de 11 changements en tête entre Buck Baker (Oldsmobile) et Herb Thomas (Hudson). Rathmann n’ayant pas su profiter de sa pole terminera 4ème. Cela dit c’est le héros local, le pilote de Modified Jack Choquette (Hudson) qui va enthousiasmer le public en remontant comme un fou en fin de course. Il dépasse Baker à deux tours du but et échoue pour 3 longueurs sur la ligne d’arrivée derrière Thomas. Pour Thomas c’est la 41ème victoire. Choquette lui réalise son meilleur résultat en carrière. On ne le verra que 6 fois en NASCAR.

Petty 5ème, c’est Thomas qui prend la tête du championnat.

 

Jack Choquette termine 2ème.

 

Course n°3 : « Le coup de la panne »

 

Le dimanche suivant 13 février, on reste en Floride pour aller à Jacksonville sur le Speedway Park. 19 pilotes inscrits.

Dick Rathmann (Hudson) signe sa 2ème pole consécutive, sa 12ème en carrière.

 

La course va être une fois encore très disputée entre Rathmann et Lee Petty (Chrysler). Ils vont s’échanger plusieurs fois le leadership. En début de course le « héros local » Woody Richmond (Hudson) va au 33ème tour abandonner sur rupture mécanique. Il va relayer Lloyd Chick (Buick) mais quand ce n’est pas le jour, ce n’est pas le jour. En effet il abandonne pour la 2ème fois au 56ème tour…

Devant la bagarre se poursuit et Rathmann s’achemine vers la victoire quand à 10 tours de la fin son moteur toussote. Il est en panne d’essence. Il doit ravitailler illico. Il ressort 3ème derrière Herb Thomas (Hudson) mais va très vite lui prendre la 2ème place. Lee Petty n’a plus qu’à dérouler et remporte sa 2ème victoire de l’année (20ème en carrière). La course fut si disputée que les pilotes ont vraiment pris tous les risques. Du coup la moyenne de la course est largement supérieure à la moyenne de la pole ! 69.031 mph contre 63.514 mph. Il faut dire que plus les voitures tournaient et plus la terre était lissée ce qui augmentait la vitesse. Avec cette victoire et la 3ème position de Thomas, Petty se retrouve ex-eaquo en tête du championnat.

 

Jack Choquette et Herb Thomas se serrant la main (photo de West Palm Beach).

 

Course n°4 : « Les années se suivent mais ne se ressemblent pas ! »

 

15 jours plus tard, le dimanche 27 février, c’est la fameuse course de Daytona Beach, FL. Selon les plans initiaux de Bill France la course n’aurait pas du avoir lieu vu qu’il avait prévu que son immense projet de superspeedway serait terminé. Les gens rigolent dans son dos. Ce n’est que partie remise et dans 4 ans le rêve serait une réalité.

Voilà le vrai départ de la saison en fait car plusieurs gros bras avaient fait l’impasse sur une ou plusieurs courses mineures du début de saison. C’est le cas entre autre de Tim Flock. Il y a 48 pilotes et 27000 spectateurs. Fonty Flock est lui aussi de retour (il était allé rejoindre la SAFE en 1954). Mais il Faut savoir que Bill France lui a réclamé de payer une caution de $1,000 pour revenir en NASCAR. Caution appelée « garantie de bonne foi ».

 

La pole revient à Tim Flock (Chrysler) à la vitesse de 130.293 mph sur le départ arrêté.

La course va être dominée par un seul homme, Fireball Roberts qui sur sa Buick engagée par Bob Fish va mener de bout en bout permettant à son propriétaire de remporter sa 1ère victoire en NASCAR. Roberts compte 20 secondes d’avance sur Tim Flock. Mais lors de l’inspection d’après cours, le commissaire technique en chef E.G. « Cannonball » Baker va observer une anomalie au niveau du moteur de la Buick. En fait les soupapes ne sont pas celles d’origine et de surcroît elles sont 16 millièmes de pouce (0,04 cm) trop petite dans leur diamètre. Le lendemain, la décision tombe et Roberts est disqualifié. C’est la déconvenue pour Bob Fish, l’inventeur du fameux Fish carburateur qui pourtant était tout ce qu’il y avait de plus légal dans l’autre division, celle des Modified-Sportsman. C’est donc Tim Flock qui hérite de la victoire sur tapis vert. Lui-même qui avait été disqualifié l’an passé joue un véritable pied de nez aux officiels en retournant la situation en sa faveur. Il remporte la course avec 9 secondes sur Lee Petty (Chrysler) qui du coup augmente son avance au championnat vu que Herb Thomas (Packard) a abandonné. Roberts est rétrogradé 48ème et dernier. En plus de perdre le trophée, il doit rendre le chèque de $2,350.

 

Fireball Roberts précède Tim Flock dans le virage Nord.

 

La victoire de Flock est aussi la 1ère pour l’écurie de Carl Kiekhaefer et ce ne sera pas la dernière !

 

Après la course un autre pilote décide d’annoncer qu’il quitte la NASCAR. Il s’agit de Ray Duhigg (Buick) qui a pourtant terminé 3ème de la course. Il va s’en aller rouler pour des séries indépendantes de la NASCAR dans le midwest. Il décédera le 9 octobre lors d’un crash sur le circuit de Salem.

Le lendemain de l’annonce de sa disqualification Roberts décide lui aussi de quitter la NASCAR mais il changera d’avis par la suite.

 

Le crew chief de Roberts, Red Vogt, pourtant à l’origine de la création de la NASCAR va crier son mécontentement en arguant que la NASCAR disqualifie parfois pour un rien et ferme les yeux sur des fraudes bien plus évidentes. La NASCAR ne réagira pas à ses propos.

 

L’action dans le virage Nord. Dick Rathmann précède Fireball Roberts.

 

Une histoire particulière précède la victoire de Tim Flock. En effet ce dernier est au chômage en tant que pilote et il s’ennuie dans sa station service Pure Oil d’Atlanta. De plus il a 5 enfants à nourrir et il manque d’argent. Il laisse sous entendre à sa famille et à ses amis que la compétition lui manque. Fred Wilson, un ami de Tim va le persuader de l’accompagner voir la course de Daytona Beach. Tim accepte volontiers. Une fois arrivé à Daytona les deux amis vont arpenter les garages (situé sur la plage) et vont se poster sur une dune pour pouvoir assister à l’épreuve du « Measured Mile » (la qualification se faisant sur la distance de 1 mile à parcourir le plus vite possible départ arrêté). Soudain son regard est attiré sur sa droite par une « masse blanche » avec les inscriptions « Hagood Bros. Mercury Outboards ». Il s’agit d’une Chrysler 300 arborant un gros #300 sur sa portière. Il est impressionné par sa gueule et par la puissance qu’elle dégage. Tim tourne autour et demande à jeter un œil dans le compartiment moteur. Il est émerveillé et déclare : « Si j’avais cette voiture, je gagnerais encore la course cette année ». Un mécanicien lui demande alors qui il est pour dire ça. Il répond Tim Flock. Le mécanicien se souvient très bien de ce nom et va le conduire directement voir Tommy Hagood. Les deux hommes discutent et Hagood explique que la voiture appartient au millionnaire Carl Kiekhaefer. Hagood est un des dealers de hors bord de Kiekhaefer. Hagood va conduire Flock vers la concession récemment construite à Daytona par Kiekhaefer histoire de le rencontrer. Arrivé sur place Flock n’en croit pas ses yeux. Il voit une multitude de mécaniciens tout de blanc vêtus s’affairer autour de plusieurs Chrysler. La rencontre entre les deux hommes va s’avérer cruciale. Kiekhaefer va expliquer que la #300 était au départ destinée à Herschel McGriff mais que ce dernier a préféré renoncer à la piloter car il estimait que ce nouveau team ne serait pas d’emblée compétitif. Flock va alors remarquer que la Chrysler possède une transmission automatique et va signaler à Kiekhaefer qu’avec cela il lui sera impossible de gagner la course de Daytona. Car vu la puissance de la Chrysler quand il faudra s’extraire des virages fait de sable cela va tourner à la catastrophe. Il lui conseille de faire monter des transmissions manuelles. Kiekhaefer est à l’écoute de Tim et lui propose de s’installer à bord de la voiture. Une fois dedans l’impression « cela va le faire » prend tout son sens et Kiekhaefer fait signer Tim Flock pour devenir son pilote pour cette course. Tim va directement téléphoner à sa femme pour qu’elle lui envoie par la poste son casque et ses lunettes.

Kiekhaefer est un perfectionniste et il va organiser pour Tim une séance d’essai privé en louant un petit aéroport abandonné dans la région de Daytona. Tim et les mécaniciens vont tester toute la journée des rapports de boîte, des pneus et leurs pressions, des suspensions, et même différents modèles de carburateurs faisant partie du catalogue Chrysler. A la fin de la journée Kiekhaefer est maintenant persuadé que son nouveau pilote va lui gagner la course. Pour cette course cependant Tim devra faire avec la transmission automatique faute de temps, Chrysler demandant un délai de 6 semaines.

En course si Tim peut facilement suivre voir dépasser la Buick de Roberts il perd trop de temps à la relance en sortie de virage avec la « Slush box » (surnom de sa boîte auto) et sur un tour il est impuissant. On a vu plus haut que le destin allait changer la donne.

 

Après la course Kiekhaefer va faire signer un contrat à Tim portant sur toute la saison. Son salaire sera de $40,000 et ce sans compter les gains de courses ! Tim ne gagnera même pas cette somme avec son titre de champion. La démesure de « Mr K. » ne va pas s’arrêter en si bon chemin.

 

Dick Joslin #47 embarque Dick Rathmann en loupant le virage Nord.

 

Course n°5 : «Et de trois pour Petty » 

 

Le dimanche 6 mars direction la Georgie à Savannah sur le demi mile en terre du Oglethorpe Speedway. C’est la 2ème et dernière venue de la NASCAR ici. 19 pilotes engagés. Tim Flock n’est pas présent.

La pole revient à Dick Rathmann, c’est sa 13ème en carrière et aussi sa dernière. Il est marrant de voir qu’il avait déjà bloqué son compteur de victoire sur le chiffre 13 durant l’année 1954 et qu’il n’en gagnera plus jusqu’à la fin de sa courte carrière. Carrière qui verra son terme cette année.

La NASCAR insiste sur la sécurité et au terme des inspections précédant les essais va recaler la Dodge de Glenn Blackwell. Cette dernière ne répondant pas au standard de la NASCAR question sécurité. Ils seront donc 18 au départ.

 

La course va d’abord être dominée par Rathmann mais ce dernier va petit à petit baisser le rythme et au 65ème tour Lee Petty propulse sa Chrysler New Yorker en tête. L’histoire du jour concerne Don White qui fait ici sa 2ème course en carrière. Il va devoir au 100ème tour faire un long arrêt pour réparer son Oldsmobile. Il perd 4 tours dans l’affaire. Il revient en piste et va se montrer aussi rapide que le leader Lee Petty. Il termine ainsi 2ème à 4 tours de Petty qui remporte ici sa 3ème victoire de l’année (21ème en carrière). White n’aura rien perdu de plus sur Petty. Rathmann termine péniblement 3ème mais à 6 tours du leader.

 

Herb Thomas termine 4ème mais à 8 tours. Du coup Petty accentue son avance à 234 points au championnat. Il est bien décidé à remporter deux titres à la suite.

 

Course n°6 : «Chevrolet enfin ! »

 

Le samedi 26 mars, le Columbia Speedway à Columbia en Caroline du Sud accueille 22 pilotes pour la 5ème course de 100 miles sur un demi mile en terre de l’année !

Tim Flock réalise la pole sur sa Chrysler.

 

La course va être surprenante. Tout d’abord Tim Flock va mener les débats et ce facilement. Mais voilà au 132ème tour un accident impliquant 4 voitures va se produire. Les pilotes sont Joel Million (Oldsmobile), Jim McLain (Oldsmobile), Billy Myers (Plymouth) et Gober Sosebee (Oldsmobile). Ce dernier est propulsé hors de la piste et détruit le stand des officiels. L’horloge officielle fait partie des objets détruits… Du coup il n’y a pas de relevé officiel sur la moyenne de la course, les écarts… La course va se poursuivre cependant mais lors du restart la mécanique de Tim s’enraye et il va devoir laisser le commandement à son frère aîné Fonty. Ce dernier pilote pour Frank Christian comme par le passé à la différence près que maintenant ce team engage des Chevrolet. Fonty va résister au surprenant Don White et va permettre à Chevrolet de remporter sa 1ère victoire en NASCAR. Le futur manufacturier le plus victorieux (série en cours) de la NASCAR aura du attendre 7 ans avant d’en gagner une. Cela dit c’est seulement depuis cette année que Chevrolet s’implique réellement dans la NASCAR en proposant des pièces « sports », soutien financier d’écuries…

 

Lee Petty termine 6ème mais une fois encore devant Herb Thomas 10ème. Don White réalise sa 2ème seconde place consécutive.

 

Bob Welborn

 

Course n°7 : « Paschal déroule »

 

Le lendemain, dimanche 27 mars c’est 21 pilotes qui sont engagés pour la course de Hillsboro en Caroline du Nord. Le Orange Speedway est un ovale d’un mile en terre. Il faut noter que cet ovale anciennement appelé Occoneechee Speedway (Orange Speedway depuis 1954) est situé non loin de la réserve indienne dénommée Occoneechee. Hillsboro s’écrivant d’ailleurs parfois Hillsborough. Bref tout cela pour dire que les dirigeants (blanc) locaux ne voient pas d’un très bon œil la venue des indiens dans les tribunes. Leur accès est même totalement interdit cette année. Le Speedway n’ayant pas changé de nom par hasard. On est loin de l’esprit actuel voulant « Drive for minority » comme leitmotiv.

 

La pole est pour Tim Flock (Chrysler).

La course va bien démarrer pour le plus jeune des Flock puisqu’il mène facilement. Malgré un drapeau jaune au 21ème tour suite à l’accident de John Capps, naviguant à 4 tours déjà, qui part en tonneau avec sa vieille Lincoln de 1950 sans gravité fort heureusement. Ce sera le seul incident de la course.

 

Cependant Jim Paschal (Oldsmobile) en a profité pour revenir au contact de Tim Flock et dès le restart va lui mener la vie dure. Tim doit forcer sa machine pour rester devant et au 49ème doit abandonner sur casse mécanique laissant le champ libre à Paschal. Ce dernier va dérouler jusqu’à l’arrivée pour remporter sa 3ème victoire en carrière. Il devance Buck Baker (Oldsmobile) d’un demi tour et c’est Don White (Oldsmobile) qui s’empare de la 3ème place. Pour White, 29 ans, il s’agit de son 3ème podium consécutif en 3 courses. Bizarrement il ne poursuivra pas la saison et ne reviendra en NASCAR qu’en 1964. Il ne fit d’ailleurs jamais que des apparitions épisodiques dans la discipline.

Lee Petty (Dodge) termine à 2 tours en 6ème position et perd encore des points sur son dauphin Baker (186 points de retard).

 

Les 4 représentants de Chevrolet assistant à la course ont du être déçu car Herb Thomas a abandonné et l’autre voiture celle de Fonty Flock termine 5ème.

 

Course n°8 : « Photo finish ! »

 

Le dimanche 3 avril c’est à North Wilkesboro, NC, que 22 pilotes se donnent rendez-vous. Cet ovale atypique de 0.625 mile procure toujours beaucoup de spectacle et il ne va pas faillir à sa réputation.

 

La pole est une fois n’est pas coutume la propriété de Dink Widenhouse (Oldsmobile), ce sera d’ailleurs sa seule pole en carrière.

Widenhouse ne va pas pouvoir profiter de sa pole car Buck Baker (Oldsmobile) qui s’est élancé à ses côtés en première ligne le dépasse avant même la fin du premier tour. Widenhouse va même rapidement abandonner sur casse moteur. Pour Baker c’est la grande forme et il va mener de bout en bout les 160 tours. Cela dit sur la fin il se fait remonter par Dick Rathmann (Hudson) et va gagner de justesse pour moins d’un mètre d’avance (3 pieds). Il s’agit à ce moment de l’histoire de la NASCAR de l’arrivée la plus serrée jamais observée. Baker décroche sa 1ère victoire de l’année, sa 10ème en carrière. Au bout de 8 courses il est le 6ème vainqueur différent.

 

Lee Petty (Chrysler) est le seul autre gros bras ayant échappé aux problèmes mécaniques et termine 4ème. Il conserve le leadership au classement général.

 

Course n°9 : « La chance tourne »

 

15 jours plus tard, le dimanche 17 avril, la ville de Montgomery, AL, accueille sur le speedway éponyme 15 pilotes seulement.

Jim Paschal réalise sa 2ème pole de l’année sur son Oldsmobile.

 

La course va connaître plusieurs leaders mais cela ne reflète aucunement la faible intensité de la bagarre. En effet tous les leaders vont connaître des ennuis mécaniques.

Dès le départ un accident implique 3 pilotes qui ne feront même pas un tour. Il s’agit de Jim Bossic, de Morris Hill (tous les deux sur Ford) et de J.H. Petty (Chrysler). J.H. Petty qui roulera dans les deux seuls autres course sa carrière sous son seul premier prénom Julian. Paschal va connaître une baisse de puissance et terminera 10ème. Herb Thomas et Tim Flock vont alors se relayer en tête de la course. Alors qu’il mène Thomas (Chevrolet) subit une casse moteur à 10 tours de l’arrivée. Malgré cela il terminera classé 5ème. Du coup c’est Tim Flock (Chrysler) qui retrouve la tête et qui va sans difficulté remporter la victoire. Il devance Joel Million (Oldsmobile) de plus de 4 tours.

 

Pour le duo de tête du championnat, le leader Lee Petty (Chrysler) termine 6ème et malgré un abandon Buck Baker (Oldsmobile) termine 12ème.

 

Notons encore les débuts d’Henry Ford sur une Chrysler. Cet homonyme n’ayant aucun lien de parenté avec le célèbre père de la marque Ford.

 

Course n°10 : « Seule la tempête peut arrêter Tim Flock »

 

Le dimanche 24 avril c’est la fameuse piste de Langhorne qui est le siège de la 10ème manche. Toujours beaucoup de pilotes engagés ici avec 33.

La pole revient à Tim Flock sur sa magnifique Chrysler arborant le #300. C’est déjà sa 4ème pole de l’année. Lou Headley détruit sa Plymouth #43 dans son deuxième tour qualificatif. Il se blesse à l’épaule en partant en tonneaux. Il devra déclarer forfait pour la course.

 

Tim Flock profite de sa pole pour prendre le commandement au baisser du drapeau vert. La course va cependant être perturbée à plusieurs reprises. La première fois par Leslie Young qui crashe sa Hudson au 21ème tour (25ème pour le leader). La voiture se retourne 2 fois et le malheureux est transporté à l’hôpital avec de sérieuses blessures à la tête. Ce sera sa 2ème et dernière course en carrière. A noter que Young était son « nom de scène » car il s’appelle en réalité Ray Elston, c’est d’ailleurs sous son vrai nom qu’il avait engagé sa voiture !

Flock poursuit sa route en tête quand un autre accident se produit au 43ème tour. Archie Nepstad détruit sa Buick en percutant la barrière de sécurité. Il s’en sort sans blessure. Nouveau restart et toujours Tim en tête. Le 3ème yellow est du à l’accident de Blackie Pitt, il détruit son Oldsmobile au 98ème tour. Le « rookie » 1954 est gravement blessé à la tête mais il va s’en remettre et reviendra à la compétition plus tard dans l’année.

 

Le nouveau restart permet à Tim de poursuivre sa domination mais pas pour longtemps. Pourquoi ? Car la course va être interrompue par la pluie. Une véritable tempête s’abat sur le circuit forçant les officiels à entériner le résultat au 124ème des 150 tours prévu. Tim Flock remporte sa 3ème victoire de l’année devant Baker (Oldsmobile). Lee Petty 7ème sur sa Chrsyler conserve la tête du championnat. Flock lui remonte en 5ème position au général.

 

Course n°11 : « Thomas out »

 

Le dimanche 1er mai, 26 pilotes préfèrent courir à Charlotte, NC, que d’aller vendre du muguet ! Cette tradition n’ayant en fait pas vraiment lieu de l’autre côté de l’atlantique sauf dans le Wisconsin. L’ovale de 0.750 mile en terre accueille son unique course de l’année. C’est Bruton Smith qui organise l’évènement.

 

Le départ avec Herb Thomas #92 en pole.

 

La pole est pour Herb Thomas sur sa Buick.

La course aura une tout autre issue pour Herb Thomas. Dès le départ il se fait déborder par Tim Flock. Sa voiture n’est pas très stable et alors qu’il est descendu à la 4ème position Thomas part à la faute au 41ème tour. Il fait plusieurs tonneaux et sera fortement blessé. Il est transporté à l’hôpital et va devoir observer une longue convalescence avant de revenir à la course. La course repart et Flock mène toujours. Derrière le spectacle est assuré par Buck Baker qui mal qualifié (16ème) fait le forcing avec sa Buick pour remonter le peloton. Au 100ème tour il arrive derrière Flock et au 113ème tour trouve l’ouverture. Il va mener les 20 derniers tours et s’en aller cueillir sa 2ème victoire de l’année. En terminant seulement 15ème Lee Petty (Chrysler) perd pratiquement toute son avance au championnat sur Baker. Tim Flock lui gagne 2 places et pointe désormais 3ème au général.

 

C’est la 1ère victoire de Buick en NASCAR.

 

L’acident d’Herb Thomas sous les yeux de Dick Rathmann.

 

Course n°12 : « 1ère pour Johnson et B&L »

 

Le samedi suivant, le 7 mai, c’est toujours en Caroline du Nord, à Hickory que 23 pilotes se donnent rendez-vous. La piste a été refaite et fait désormais 0.4 mile contre 0.5 mile. Cela dit l’épreuve reste à disputer comme à l’accoutumée sur 200 tours. La distance de course passant elle de 100 à 80 miles.

 

La pole est pour… Tim Flock bien sur ! Sa Chrysler 300 étant si puissante que sur une si petite piste il ne peut même pas mettre l’accélérateur au plancher !!

La course va connaître bon nombre de leaders. Tout débute par Tim Flock mais ce dernier est suivi comme son ombre par Junior Johnson (Oldsmobile). Johnson est si proche que sur un freinage loupé il propulse Flock en tête-à-queue au 23ème tour. Johnson partant lui aussi en vrille. Gwyn Staley (Chevrolet) puis Jim Paschal (Oldsmobile) vont se relayer en tête le temps que le duo Johnson/Flock ne remonte. Au 65ème tour Johnson reprend la tête mais au 158ème tour il part de nouveau en tête-à-queue au virage n°2, seul cette fois, et laisse Tim Flock reprendre le commandement. Johnson est déchaîné et va très vite refaire son retard et au 172ème tour porte une attaque imparable et ne sera plus inquiété jusqu’au drapeau à damier.

 

Il aura d’autant plus facile que la course se termine sous drapeau jaune suite à l’accident de Dave Terrell (Oldsmobile). Johnson devance Tim Flock et Jim Paschal.

Pour Junior Johnson et son duo de propriétaire Carl Beckham et Jim Lowe (B&L Motorsports) il s’agit de la 1ère victoire en carrière en NASCAR.

 

Au championnat Petty (4ème) reste en tête mais Baker (11ème) voit Tim Flock fondre sur lui.

 

Charlie Cregar #349, Henry Ford #303 et Lee Petty #42.

 

Course n°13 : « Flock survole la concurrence ! »

 

Le lendemain dimanche 8 mai, direction l’Arizona dans le désert de Sonoran et le Arizona Fairgrounds Raceway de Phoenix. Il s’agit d’un ovale en terre de 1 mile. La NASCAR n’y était plus venue depuis 1951. Carl Kiekhaefer va affréter un avion privé pour permettre à son pilote de faire la liaison entre Hickory et Phoenix distante de quelques 3200 km. Si aujourd’hui cette pratique est courante à l’époque cela relevait plus de l’exploit. En effet entre la fin de la course de Hickory disputée en fin d’après midi et le départ de celle de Phoenix disputée en fin de matinée il y avait à peine 12 heures ! Il y a 29 pilotes engagés.

 

La pole revient à Bill Amick (Dodge), sa 1ère en carrière. Tim Flock « n’est que » 2ème sur une toute nouvelle Chrysler 300 portant le #301.

 

La course va être un véritable festival Tim Flock. Dès le départ il s’empare du commandement et va mener facilement de bout en bout les 100 tours de la course. Il devance Marvin Panch (Mercury) de plus d’un tour et demi. Panch qui profite d’une permission de l’armée pour revenir à la course et faire son 1er départ de l’année. Le poleman Amick terminant 4ème.

 

Notons le 1er départ en carrière de Ronald Hornaday (dit Ron), le père de la future star Ron Hornaday Jr en Craftsman Truck Series. Il mène sa Ford à la 14ème place.

C’est aussi le 1er départ de FiFi Scott (Hudson, 23ème), une des rares femmes à avoir roulé en NASCAR.

 

Tim Flock s’empare de la seconde place au championnat à égalité avec Buck Baker, les absents ayant toujours tort !

 

Course n°14 : « Letner par défaut »

 

Le dimanche 15 mai, on reste en Arizona pour aller sur le Tucson Rodeo Grounds. Ce sera la seule course de l’histoire sur cette piste. Il s’agit en fait d’un hippodrome construit en 1939 et transformé en piste pour course automobile. Il y a 19 pilotes engagés mais aucunes des stars de la discipline qui sont à Martinsville.

 

La pole est signée Bill Amick (Dodge) et ce pour la seconde fois consécutive.

La course démarre bien pour Amick qui ne doit pas subir comme la semaine précédente la déferlante « Tim Flock ». Il mène devant Ed Brown (Chevrolet) qui s’est élancé 2ème. Ce dernier prend la tête au 29ème. Pendant ce temps, le militaire « de service » en permission Marvin Panch (Mercury) qui a démarré 10ème remonte à grand pas et va prendre la tête au 55ème tour. Mais il va devoir abandonner peu de temps après quand il casse sa roue arrière droite. Brown reprend la tête mais il ressent une forte vibration et doit lever le pied. Allen Adkins (Dodge) en profite pour le déposséder de la 1ère place. Les ravitaillements permettent de changer de leader et Danny Letner (Oldsmobile) s’empare du leadership. Cependant Adkins est plus rapide et lui reprend la 1ère place. Ed Brown suit le duo de tête quand il doit abandonner à 8 tours du but pour la même raison que Panch. Alors qu’il mène avec 3 secondes d’avance et qu’il ne reste que 2 tours Adkins est victime d’une panne d’essence. Il doit ravitailler une seconde fois et malgré ce contre temps parviendra à terminer 2ème à 1 tour du vainqueur Danny Letner.

 

Pour Letner il s’agit de la 2ème et dernière victoire en carrière. Pour son propriétaire Coz Concilla ce sera la seule et unique. Letner remporte la course comme il l’avait fait l’année précédente à Oakland, c'est-à-dire sans la présence des stars de la discipline. Cela dit une victoire reste une victoire.

Au championnat aucun changement dans le top10 vu qu’il n’y avait aucun représentant de celui-ci dans la course.

 

Notons aussi que c’était le 2ème et dernier départ en carrière de Miss FiFi Scott (Hudson, 13ème).

 

Course n°15 : « Johnson domine mais Flock récolte »

 

Le même jour, dimanche 15 mai, avait lieu la 15ème manche sur le Martinsville Speedway en Virgnie. 27 pilotes engagés dont tous les gros bras de la série.

La pole revient à Jim Paschal (Oldsmobile), c’est sa 2ème de l’année et 5ème en carrière.

 

La course démarre et Paschal se fait surprendre par Junior Johnson (Oldsmobile). Johnson va faire une véritable démonstration de son talent. Il domine facilement ses 26 adversaires. Ils sont tous à un tour sauf Tim Flock (Chrysler) quand Johnson crève un pneu au 107ème tour. Il doit rentrer aux stands et perd 4 tours dans l’histoire. Flock est en tête mais Johnson est déchaîné. Il roule si vite qu’il reprend 2 de ses 4 tours perdu. Ce qui va lui permettre de couper la ligne en 3ème position grâce aussi aux problèmes de surchauffe moteur du poleman Paschal. Devant Malgré la présence de Lee Petty (Chrysler) non loin derrière lui Tim Flock déroule presque tranquillement vers la victoire. Sa 5ème de l’année.

 

Tim Flock #300, Fonty Flock #301 et Buck Baker #87.

 

Course n°16 : « Kiekhaefer voit double »

 

Le dimanche 22 mai on reste en Virginie pour aller sur l’Atlantic Rural Exposition Fairgrounds à Richmond. C’est la piste à l’origine de l’ovale actuelle. Elle a juste changé de nom et de configuration plusieurs fois depuis sa création en 1946. 28 pilotes inscrits.

Les pluies torrentielles ne permettront pas le déroulement des qualifications et c’est par tirage au sort que la grille de départ sera déterminée. La « pole » revenant à Arden Mounts sur sa Hudson. C’est la seule fois de sa carrière qu’il s’élancera en tête.

 

Cela dit il ne va pas en profiter car dès le départ il se fait déborder par l’Oldsmobile de Jim Paschal. Paschal semble très à l’aise sur cette piste boueuse et difficilement pratiquable. De plus la boue épaisse projetée par les voitures va causer bien des soucis mécaniques à bon nombre de pilotes. Dick Rathmann (Chrysler) va contester le leadership à Pachal mais sera éliminé sur casse mécanique. Cependant cela a permis à Tim Flock (Chrysler) de revenir de sa 22ème place au départ et il va porter une attaque imparable au 77ème tour. Une fois en tête, il va faire du « Flock » c'est-à-dire mener le restant de la course jusqu’au drapeau à damier. Il devance d’un demi tour la voiture jumelle de son frère aîné Fonty. C’est le premier doublé pour l’écurie de Carl Kiekhaefer. Lee Petty (Chrsyler) assurant sa place de leader au championnat en terminant 3ème. Buck Baker distant 17ème perdant beaucoup de points mais reste néanmoins 3ème au général.

 

Deux bonnes têtes de pilote NASCAR : Gwyn Staley à gauche et Junior Johnson.

 

Course n°17 : « Johnson et la pluie »

 

Le samedi 28 mai c’est de nouveau en Caroline du Nord que la NASCAR retourne. Raleigh accueillant 27 pilotes. Donald Thomas le jeune frère d’Herb fait son retour à la course au volant de l’Hudson de son frère toujours en convalescence.

La pole est pour Tim Flock une fois de plus.

 

La course va être dure pour le plus jeune des frères Flock. Dès le départ il est sous la menace de Junior Johnson (Oldsmobile) qui parti 3ème semble largement au dessus du lot ce jour là. Lloyd Dane (Chrysler) ne va pas très loin car il casse son moteur à l’accélération quand le pace car s’écarte ! Johnson passe Tim dans le 9ème tour pour la tête de la course. Tim qui va devoir renoncer au 15ème tour suite à l’inefficacité de ses freins. Johnson est si rapide qu’au 100ème tour il a déjà un tour d’avance sur son poursuivant le plus direct.

Le temps se couvre et la pluie commence à tomber, d’abord un petit crachin puis de façon abondante ce qui va obliger les officiels à brandir le drapeau rouge définitivement au 172ème des 200 tours prévus.

 

Johnson remporte donc la course, sa 2ème de l’année et en carrière. Il devance Fonty Flock (Chrysler) de plus d’un tour. Buck Baker 3ème sur Oldsmobile et Lee Petty (Chrsyler) 4ème. Au championnat rien ne change en tête.

 

Course n°18 : « Petty reprend le large »

 

Le lendemain dimanche 29 mai on reste dans la région pour aller sur le Forsyth County Fairgrounds de Winston-Salem, NC. 23 pilotes engagés. C’est la première visite sur cette piste. Vieil ovale construit en 1929 pour les courses de voiture type Indy.

La pole pour Flock mais Fonty cette fois-ci.

 

La course va être interrompue 8 fois par les drapeaux jaunes suite à de nombreux accidents et casses mécaniques dont celles des deux Chrysler de l’écurie Kiekhaefer pilotées par les frères Flock. Lee Petty (Chrysler), parti 9ème, va se montrer patient et quand Buck Baker (Oldsmobile) alors en tête va devoir ralentir puis abandonner il prendra la tête pour ne plus la quitter à 32 tours de la fin. Petty remporte sa 4ème victoire de l’année (22ème en carrière). Il devance Jim Paschal et Fred Dove (tous deux sur Oldsmobile). Dove qui au passage réalise son meilleur résultat en carrière. Il ne fera jamais mieux vu qu’il ne roulera plus par la suite.

 

Au championnat seul Lee Petty fait la bonne opération.

 

Mark Hanbury #140 en mauvaise posture. Perk Brown #5 et Jim Paschal passent à l’intérieur.

 

Course n°19 : « Johnson surclasse ses adversaires »

 

Le 10 juin est un vendredi et c’est en Pennsylvanie que 31 pilotes vont rouler. Le Lincoln Speedway est situé à Abbottstown non loin de New Oxford. C’est la première venue ici. La course se déroulera en soirée.

Junior Johnson (Oldsmobile) fait la pole, sa 2ème en carrière. Il réussit l’exploit de devancer les surpuissantes Chrysler 300 de l’écurie Kiekhaefer.

 

La course démarre fort pour les frères Flock. Avant même la fin du premier tour Johnson est relégué en 3ème position. Fonty mène mais au 16ème tour Tim est devant, Fonty commence à sentir sa pédale de frein de plus en plus molle et il devra abandonner suite à cela au 63ème tour. Devant Johnson se reprend et juste avant les ravitaillements reprend la tête face à Tim Flock.

Après cela va être un festival Johnson car il va mettre 2 tours d’écart entre lui et Tim lors du passage sous le drapeau à damier. Buck Baker (Oldsmobile) termine 3ème à 3 tours et Lee Petty (Chrysler) 14ème suite à une faute en début de course.

Pour Junior il s’agit du 3ème succès en 1955.

 

Au championnat Lee Petty reste confortable leader devant Baker et Tim Flock.

 

Course n°20 : « Petty et Baker au tapis, les frères Flock s’en donnent à cœur joie »

 

Le vendredi suivant 17 juin le Monroe County Fairgrounds de Rochester, NY, accueille 21 pilotes pour une nouvelle course disputée en soirée. Le demi mile en terre va réserver une course soporifique.

La pole est pour Buck Baker (Oldsmobile).

 

La course démarre mal car dès le 1er virage Baker et Lee Petty (Chrsyler) s’accrochent et partent en tête-à-queue. Petty se fait percuter par Gordon Smith (Chevrolet) et tous deux doivent abandonner. Du coup devant les frères Flock en profitent pour s’emparer du commandement. Tim va même mener la course de bout en bout et gagner avec plus d’un tour d’avance sur son coéquipier de frère Fonty. Ce dernier ayant du ralentir suite à la rupture de ses freins. Cependant il va faire les 150 derniers tours suffisamment vite pour mettre 3 tours d’écart entre lui et le 3ème de la course Bob Welborn (Chevrolet). Notons que suite à son accident du départ Buck Baker n’a jamais su remonter et pire encore son radiateur ayant souffert dans la manœuvre il va entraîner la casse de son moteur pile à la mi course.

 

Au championnat pas de changement de position mais un resserrement au niveau des écarts en termes de points.

 

Course n°21 : « Johnson seul au monde »

 

On reste dans l’état de New York pour la course suivante disputée le lendemain, samedi 18 juin, sur le Fonda Speedway. C’est la première venue ici et il faudra attendre 1966 pour que la NASCAR y revienne. Cette piste crée en 1929 connaît ici sa 3ème réouverture. Elle va de nouveau être fermée en fin d’année avant de renaître une nouvelle fois en 1966 19 pilotes engagés.

La pole est pour Fonty Flock au volant de la voiture de son frère Tim. Fonty qualifiant sa propre Chrysler à la 4ème position.

 

Pour la course Tim est bien au volant de sa voiture et profite de « sa pole » pour s’emparer du leadership. Cependant il ne va rien pouvoir faire contre la remontée victorieuse de Junior Johnson (Oldsmobile) parti 9ème. Une fois Johnson en tête au 96ème tour, il va creuser l’écart sur tous ses poursuivants et quels écarts !! Au terme de 200 tours il devance Tim Flock d’un tour, Lee Petty (Chrysler) de 9 tours, Buck Baker (Oldsmobile) et Bob Welborn (Chevrolet) de 12 tours… Il n’y a que 9 pilotes à l’arrivée.

 

Pour Johnson il s’agit de la 4ème victoire de l’année.

 

Junior Johnson (photo de Daytona).

 

Course n°22 : « Petty 1er et dernier »

 

De nouveau le lendemain, dimanche 19 juin, pour la troisième étape du marathon de New York ! 3 courses en 3 jours il faut de l’énergie aux pilotes. Il n’y en a que 17 au départ d’ailleurs. Le Airbone Speedway situé à Plattsburg est un ovale classique pour l’époque d’un demi mile en terre. C’est la 1ère et dernière fois que le grand cirque de la NASCAR s’y produit.

La pole une fois n’est pas coutume revient à Lee Petty (Chrysler). Ce n’est que sa 4ème en carrière. La piste est encore fort boueuse car il a plu la veille. Tim Flock ayant connu une casse mécanique avec sa Chrsyler de l’écurie Kiekhaefer lors de la séance d’essai libre. Il est contraint de déclarer forfait vu qu’il n’a pas de backup car disponible ici. D’ailleurs son frère Fonty ayant du lui aussi trouver refuge ailleurs car il avait explosé son moteur la veille et Kiekhaefer n’avait pas de moteur de réserve. Qu’à cela ne tienne, Hubert Westmoreland décide de remplacer son pilote habituel Gwyn Staley par Tim Flock au volant de la Chevrolet #2. Ils seront donc 16 au départ.

 

Pour la course la piste allant en s’asséchant la vitesse moyenne au tour ne va cesser d’augmenter.

Lee Petty profite de sa pole mais Buck Baker semble vouloir profiter de l’absence des voitures de Kiekhaefer pour se refaire une santé. Il prend la tête au 26ème tour mais Petty le repasse dès le 63ème tour et pour de bon. Il va mettre sous le drapeau à damier Baker à plus d’un tour.

 

Il est marrant de voir que pour la famille Petty c’est la 1ère fois que Lee gagne alors que son frère Julian (Chrysler) termine dernier. Tim Flock est solide 3ème mais à 3 tours, sa voiture ne lui ayant pas permis de se battre pour la victoire.

Petty boucle les 200 tours à la moyenne de 59.074 mph c’est tout de même plus de 3 miles plus rapide que sa pole (55.744 mph). Il va sans dire qu’il accentue son avance au championnat à plus de 440 points dorénavant.

 

Course n°23 : « Tim fait le grand chelem »

 

Le vendredi 24 juin on retourne en Caroline du Nord cette fois sur le Southern States Fairgrounds à Charlotte. 20 pilotes engagés.

La pole et ce pour la 21ème fois en carrière revient à Tim Flock, qui pilote de nouveau une Chrysler de Kiekhaefer.

 

La course va se résumer à un cavalier seul de Tim Flock. Il va en effet mener les 200 tours et passe sous le drapeau à damier avec deux tours et 24 secondes d’avance sur Buck Baker (Oldsmobile).

Le seul fait important est la contre performance de Lee Petty (Chrysler), seulement 9ème qui du coup voit son avance au championnat fondre à 154 points sur Baker et 550 sur Flock.

 

Tim Flock (photo de Daytona).

 

Course n°24 : « Bis repetitas pour Tim Flock »

 

Le 6 juillet est un mercredi, on roule tous les jours en NASCAR ! On reste en Caroline mais du Sud cette fois. Le Piedmont Interstate Fairgrounds situé à Spartanburg accueille 27 pilotes.

La pole est de nouveau la propriété de Tim Flock (22ème en carrière).

 

La course va être émaillée de plusieurs accidents, en tout il y aura 6 drapeaux jaunes. Mais Tim Flock n’en aura que faire et il va pour la 5ème fois de l’année remporter une course en ayant mené de bout en bout. C’est son 9ème succès de la saison. Il devance son coéquipier de frère Fonty Flock pour la plus grande joie de son propriétaire Carl Kiekhaefer. Lee Petty et Buck Baker complètent le triomphe de la marque Chrysler en terminant respectivement 3ème et 4ème. Cotton Owens pour une de ses rares apparitions en NASCAR, sa 18ème depuis 1950, accroche le top5 avec sa Chevrolet. Cela va d’ailleurs rester à jamais le meilleur résultat de l’éphémère écurie des Lancaster Brothers.

Au championnat c’est du statu quo.

 

Note : le vendredi 8 juillet Lee Petty lors d’une séance d’essai privée sur le speedway de Memphis-Arkansas va perdre le contrôle de sa Chrsyler et traverser une barrière de sécurité pour terminer sa course dans le lac jouxtant la piste. Il sera fort heureusement non blessé dans l’accident.

 

Les frères Flock avec de g. à d. Fonty, Bob et Tim.

 

Course n°25 : « Nouveau doublé mais pas l’attendu »

 

Samedi 9 juillet, 16 pilotes ont rendez-vous sur le Columbia Speedway à Columbia, SC. On revient ici pour la 2ème fois de l’année. C’est le retour de Blackie Pitt suite à son accident de la 10ème course à Langhorne.

La pole est une fois n’est pas coutume non pas pour Tim Flock mais pour Jimmie Lewallen sur Oldsmobile. Ce sera même sa seule pole en carrière.

 

La course va être fort différente par rapport à ce que l’on a connu ses derniers temps. Tout d’abord plusieurs hommes forts du championnat vont connaître leur lot de problèmes. C’est le cas du leader Lee Petty qui casse son moteur et termine 13ème, c’est aussi le cas de Junior Johnson (14ème) ou encore de Fonty Flock (15ème).

Devant Lewallen va se faire remonter et dépasser pour la gagne par Jim Paschal. Ce dernier va couper la ligne d’arrivée avec 6 longueurs à peine d’avance sur Lewallen. C’est un grand jour pour l’écurie d’Ernest Woods car faire le doublé n’était pas chose garantie vu la domination des Chrysler de Kiekhaefer lors des dernières courses.

Paschal remporte sa 2ème victoire de l’année, sa 4ème en carrière tout comme son propriétaire.

Tim Flock terminant 3ème et du coup il se rapproche encore un peu plus au championnat.

 

Course n°26 : « Les Kiekhaefer boys de nouveau au top »

 

Le lendemain, dimanche 10 juillet, on remonte en Caroline du Nord à Weaverville, sur le Asheville-Weaverville Speedway. 18 pilotes inscrits.

La pole pour Tim Flock.

 

La course va être une « Tim Flock Special ». En effet il va mener de bout en bout pour la 6ème fois de l’année, ce qui lui assure sa 10ème victoire. Il devance une nouvelle fois son frère Fonty de plus d’un tour mais ce dernier assure un nouveau doublé pour l’écurie Kiekhaefer. Cela dit la course ne fut pas inintéressante pour autan. En effet Lee Petty va casser son carburateur au bout de 3 tours et termine dernier. Buck Baker (Buick) ne lui prend pas sa place de leader au championnat grâce à ses propres soucis qui ne lui permettent que de franchir la ligne d’arrivée à la 9ème place mais à 38 tours du vainqueur ! Du coup Lee reste leader au général mais son avance a fondu à 26 points.

 

Junior Johnson en difficulté.

 

Notons enfin que Junior Johnson était bien parti pour empêcher le doublé des Kiekhaefer boys mais la casse d’une roue au 66ème tours l’oblige à abandonner et il sera classé à la 15ème position.

 

Note : la piste de Weaverville a une particularité. La guérite du préposé aux drapeaux située sur la ligne d’arrivée se trouve à l’intérieur de la piste et non pas du côté des tribunes comme c’est presque exclusivement le cas. Cette configuration changera d’ailleurs par la suite.

 

Tim Flock reçoit le drapeau à damier.

 

Course n°27 : « Même la chance est avec lui ! »

 

Le vendredi 15 juillet on change d’état direction le New Jersey pour la piste de Morristown Speedway. Ce beau petit ovale d’un demi mile en terre est visité ici pour la 5ème et dernière fois par la NASCAR. Il y a une belle liste d’engagés et on dénombre pas moins de 30 pilotes.

 

Ce n’est pas une surprise mais c’est Tim Flock qui réalise la pole.

La course va débuter comme Tim aime le faire, il va donc faire tous les tours en tête. Mais au 150ème tour il est contraint de faire un arrêt au stand non programmé car il a sa roue avant droite qui mal fixée vibre de plus en plus. Il va perdre dans l’affaire plus de deux tours. Du coup c’est Junior Johnson sur Oldsmobile qui le relaye en tête. Tim va se lancer à corps perdu dans une tentative de remontée mais très vite cela va s’avérer impossible à la régulière, il pointe tout de même en 2ème position. Mais coup de théâtre quand à 10 tours de la fin Johnson crève un pneu et doit lui aussi faire un détour imprévu par les stands. Il va perdre 4 tours et terminera 4ème de la course. Devant Tim n’en revient pas mais il est de nouveau leader. Il peut même se permettre de ne plus prendre de risque car il possède 2 tours d’avance sur Lee Petty. C’est donc un peu par chance mais il en faut que Tim Flock remporte sa 36ème victoire en carrière.

Buck Baker a de nouveau été décroché au championnat car sa Chrysler a souffert d’un manque de pression d’huile et il est classé 23ème.

 

Tim Flock en remportant sa 11ème victoire de l’année peut envisager sérieusement d’égaler puis même de battre le record de 12 victoires en une saison détenu par Herb Thomas avec 12 en 1953 et 1954.

 

Notons enfin que Tim Flock gagne ici depuis la pole pour la dernière venue sur cette piste. Il avait réussi pareille performance lors de la course inaugurale sur cet ovale. La boucle est bouclée.

 

Au championnat Lee Petty mène toujours avec 194 points d’avance sur Buck Baker et plus que 310 sur Tim Flock.

 

Herb Thomas remporte la dernière victoire de la marque Hudson (photo de West Palm Beach).

 

Course n°28 : Annulée

 

Le dimanche 17 juillet, les Mid-South 250 à LeHi, AR, annulée pour cause de pluie et reportée au dimanche suivant.

 

Course n°28 : Annulée

 

Le dimanche 24 juillet, les Mid-South 250 à LeHi, AR, est de nouveau annulée car la pluie a tellement embourbé la piste qu’elle est impraticable. Elle est donc une 2ème fois reportée et si tout ce passe bien sera disputée le 14 août.

 

Course n°28 : « Il fallait miser sur le rouge »

 

Le vendredi 29 juillet c’est à Altamont dans l’état de New York sur le Altamont-Schenectady Fairgrounds que 25 pilotes se retrouvent. C’est la 2ème et dernière fois que la NASCAR se produit ici et pour cause la piste va fermer peu de temps après la course. La surprise est l’engagement de Don Oldenberg et surtout l’acceptation par la NASCAR de sa demande. En effet ce pilote du championnat SAFE vient ici avec sa Buick Convertible qu’il utilise dans cette série concurrente.

 

La pole pour ? Tim Flock bien sur !

La course démarre mal pour Tim Flock qui curieusement ne sera jamais dans le coup. C’est Buck Baker qui propulse sa Chrysler en tête mais dès le 9ème tour Junior Johnson (Oldsmobile) s’empare du commandement. Baker ayant du renoncer suite à la casse d’un piston. Il sera classé 25ème et dernier.

Devant Johnson est brièvement inquiété par Jim Paschal (Oldsmobile). Mais une fois ce dernier à un tour Johnson va pouvoir dérouler et sa tâche lui sera même facilitée par l’arrêt au drapeau rouge de la course au 177ème tour. Le public n’est pas content mais la NASCAR préfère être prudente surtout que moins d’un moins avant il y a eu la terrible tragédie aux 24 heures du Mans (voir introduction). Mais que c’est-il passé ? Et bien le « petit nouveau »* Don Oldenberg décide de se faire remarquer d’avantage en explosant une barrière de sécurité avec sa décapotable. La barrière n’étant pas réparable les officiels vont estimer que la sécurité des spectateurs n’est plus suffisamment garantie et donc vont prendre la bonne décision en mettant un terme anticipé à l’épreuve au 177ème tour sur les 200 prévus.

 

Pour Johnson c’est la fête car il remporte sa 5ème victoire de l’année et en carrière. Il ne le sait pas encore mais pour 1955 ce sera sa dernière. Paschal est 2ème et Lee Petty (Chrysler) 3ème. Gene Simpson en terminant 5ème réalise ici ce qui restera comme son meilleur résultat en carrière.

 

*Oldenberg n’est pas vraiment nouveau car il a déjà fait 14 courses en NASCAR depuis 1951. Il est appelé le petit nouveau ici car il vient avec une convertible semer le trouble sur la piste.

 

Tim Flock (photo de Spartanburg).

 

 

Course n°29 : « Tim Flock 12ème »

 

Le samedi 30 juillet et ce moins de 24 heures après la course d’Altamont, 22 courageux se retrouvent à Syracuse, toujours dans l’état de New York, sur le New York State Fairgrounds. C’est la 1ère fois que l’on roule ici. Cette piste construite en 1880 était à l’origine un hippodrome. Sa configuration de 1 mile en terre date de 1909, date de sa 1ère course auto (type Indy).

Don Oldenberg a réparé sa Buick convertible en toute hâte et est de nouveau présent.

Buck Baker va connaître un problème moteur durant la séance d’essai libre. Sa Chrysler engagée par Henry Ford est bien trop faible pour permettre à Baker de batailler sérieusement en course. Du coup il va échanger sa voiture avec celle de Junior Johnson (Oldsmobile du B&L Motorsports). Johnson ne se bat pas pour le titre et a accepté volontiers cet échange.

 

La pole est une fois encore pour Tim Flock. Mais à quoi bon faire encore des qualifications ?

 

La course va pour la 7ème fois de l’année se résumer à un cavalier seul de bout en bout de Tim Flock. Seul Jimmie Lewallen (Oldsmobile) termine dans le tour mais à bonne distance. Lee Petty est 3ème. Baker sur l’Oldsmobile du B&L Motorsports ne prend que la 9ème place. Johnson ayant pris le départ avec la Chrysler malade de Baker ne connaît bien évidemment pas la réussite de la veille et doit se contenter de la 18ème place suite à un abandon sur casse moteur. Il a du regretter cet échange.

Il faut noter la bonne performance de Don Oldenberg qui termine 7ème à 4 tours seulement du vainqueur.

 

Avec cette victoire Tim Flock égale le fameux record de 12 victoires en une saison.

 

Même s’il ne pilote plus Herb Thomas accompagne régulièrement ses petits camarades sur les circuits.

 

Course n°30 : « Les officiels s’emmêlent les pinceaux » 

 

On roule de nouveau le lendemain, dimanche 31 juillet, cela dit on change de région pour le soleil Californien. C’est sur la piste de 1 mile du Bay Meadows Race Track à San Mateo que 34 pilotes ont rendez-vous. C’est essentiellement des pilotes de la région, seul les prétendants au titre ont fait le déplacement. Il faut noter la sportivité de Carl Kiekhaefer qui va emmener dans son avion privé son pilote Tim Flock mais aussi Lee Petty et Buck Baker. Sans cela les deux pilotes n’auraient pu venir courir ici. Kiekhaefer veut à tout prix que son pilote remporte le titre et du coup il n’hésite pas à faire voyager deux équipes complètes (voitures et mécaniciens) dans le pays pour préparer des courses distantes les unes des autres. Tim Flock les rejoignant par avion.

 

Pour la 2ème fois de l’année, Fonty Flock réalise la pole au volant de la voiture de son frère. Tim prendra en effet le départ. Fonty ne prendra pas part à la course il est juste venu faire les essais pour permettre à son frère de faire le trajet depuis Syracuse plus sereinement.

 

La course démarre bien pour Tim Flock mais il va y avoir cette fois-ci une réelle concurrence. Surtout du surprenant Johnny Kieper sur Oldsmobile qui fait son 1er départ de l’année. Ce dernier va mener la course par moment rendant la vie dure à Tim Flock et Buck Baker. La course va être bizarre et ce à cause d’une grosse bourde des officiels. En effet peu avant la mi course ils se rendent compte que le scoring présente des erreurs. Ils décident cependant de poursuivre en tentant de résoudre le problème durant la course mais ils n’y parviendront pas.

Johnny Kieper va franchir la ligne d’arrivée en tête au terme des 250 tours. Mais il n’y aura pas de Victory Lane. Les officiels annoncent que le résultat est non officiel et s’accordent le temps de la réflexion. Quelques heures plus tard ils ont refait les comptes. Kieper a fait 251 tours, soit un de plus que ce qui était prévu mais le recompte montre également que Tim Flock a fait 252 tours. Il est donc officiellement déclaré vainqueur. Kieper est déçu et il prendra plus tard sa revanche.

 

Lee Petty est 6ème et conserve le leadership au général.

Notons aussi la présence pour la 1ère et dernière fois de l’histoire de Crash Carson (Ford). Ce dernier abandonne et termine 34ème. La raison de son abandon ? Un crash ? Non c’est la pression d’huile qui a eu raison de lui au bout de 8 petits tours.

Enfin signalons la présence du premier pilote afro américain en NASCAR avec Elias Bowie sur une Cadillac. Il termine 28ème et dernier pilote encore en course lors du baisser du drapeau à damier. Ce sera sa seule course en carrière. 

 

Course n°31 : « Paschal et son 4X4 »

 

Le vendredi 5 août on est de retour sur le Southern States Fairgrounds à Charlotte, NC. Seulement 15 pilotes ont fait le déplacement.

Tim Flock réalise le sweep question pole ici mais a été un poil moins rapide que la première fois.

 

La course va être une véritable hécatombe tant la qualité de la terre est médiocre et au fur et à mesure des tours la situation ne va pas s’arranger.

Tim Flock emmène dès le départ sa Chrysler en tête mais au 52ème tour il doit observer un pit stop imprévu suite à des vibrations. Jim Paschal (Oldsmobile) le relaye en tête. Plus les tours passent et plus il y a d’abandons. Jimmie Lewallen se crash au 85ème tour. Lee Petty et Junior Johnson abandonnent respectivement au 110ème et 131ème tour. Bref il est temps que la course se termine et Paschal avec son train de sénateur aura su éviter les ennuis et franchit en vainqueur la ligne d’arrivée. Il compte plus de 2 tours d’avance sur Gwyn Staley (Chevrolet). Il n’y a que 7 pilotes qui parviennent à rallier l’arrivée. Le poleman Tim Flock terminant 5ème.

Pour Paschal c’est la 3ème et dernière victoire de l’année.

 

Au championnat rien ne change, il n’y a que des points de grappillés.

 

Bob Welborn (photo de Charlotte).

 

Course n°32 : « La piste à Lee »

 

Le dimanche 7 août le grand cirque de la NASCAR refait un détour par le Forsyth County Fairgrounds à Winston-Salem. Il s’agit de la 2ème venue de l’année et de la 2ème et dernière de la NASCAR ici dans l’histoire. Il y a 22 pilotes inscrits. Il faut noter le retour à la compétition d’Herb Thomas qui avait été victime d’un sérieux crash le 1er mai dernier.

 

La pole pour un Flock comme la première fois mais il ne s’agit plus de Fonty mais de son petit frère Tim qui explose le record de plus de 2 miles de moyenne !

 

La course Flock va la jouer comme il l’aime c'est-à-dire en tête dès le départ mais c’était sans compter sur sa mécanique qui va perdre de sa superbe. Perdant petit à petit l’avance qu’il avait su se ménager il est rattrapé par Lee Petty et il va devoir capituler au 125ème tour. Son moteur n’a plus le répondant suffisant et il est impuissant. Il va d’ailleurs sombrer dans le top10 pour finalement franchir la ligne d’arrivée en 7ème position mais à 21 tours du vainqueur ! Cela dit devant la course est disputée car Petty mène avec sa toute nouvelle Dodge qu’il a spécialement préparée en vue des prochains Southern 500 à Darlington. Sa voiture est très bien amortie mais Jim Paschal et son Helzafire (surnom donné à sa voiture par son propriétaire Ernest Woods) est en grande forme et reste constamment une menace. Finalement Petty coupe la ligne d’arrivée avec moins de 6 longueurs d’avance sur Paschal. Pour Petty c’est donc le doublé sur cette piste.

 

Signalons enfin que pour son retour Herb Thomas a connu les affres de la panne mécanique et qu’il est classé 21ème sur 22.

Au championnat Lee Petty reprend un peu d’air face au duo Tim Flock/Buck Baker.

 

Arden Mounts sur le toit.

 

Course n°33 : « L’esprit d’équipe »

 

Le dimanche suivant, 14 août, C’est le fameux Memphis-Arkansas Speedway de LeHi, AR qui accueille une course de 250 miles, les Mid-South 250. Sa piste de 1,5 mile en terre si décriée en 1954 s’est au fur et à mesure des autres courses disputées ici passablement dégradée. 29 pilotes sont de la partie. La course annulée par deux fois au mois de juillet à cause du mauvais temps est enfin disputée. Il fait beau et chaud ! Il a fallu aux organisateurs refaire les virages car leur banking (inclinaison) élevé avait été malmené par le ruissellement des pluies.

 

Fonty Flock réalise la pole, il devance son coéquipier de frère Tim au volant de la voiture jumelle de chez Kiekhaefer.

La course démarre bien pour les frères Flock car très vite il n’y en a que pour eux quand Junior Johnson aura renoncé. Fonty mène les 17 premiers tours puis c’est Tim qui le succède au commandement. Tim qui va petit à petit se ménager une avance d’un bon demi tour sur son frère mais soudain c’est la catastrophe pour Tim car il tombe en panne d’essence dans la ligne droite arrière au 96ème tour. La fraternité est de mise et Fonty voyant son frère arrêté vient se coller à son pare choc et va le pousser jusqu’au stand. Speedy Thompson (Oldsmobile) qui était à plus d’un tour en profite pour se dédoubler de Fonty qui roulait au ralenti en poussant son frère.

Cela dit une fois sa mission de secours terminée et son propre ravitaillement effectué Fonty va reprendre son rythme et va ainsi maintenir Thompson derrière lui jusqu’à l’arrivée. Le courtier en assurance remporte sa 2ème victoire de l’année, lui qui ne fait qu’un calendrier partiel. Tim Flock grâce à l’aide judicieuse de son frère parvient à terminer 3ème et du coup va prendre la tête du championnat du fait d’une course importante (plus de distance et plus de gain = plus de points) et des malheurs de Lee Petty qui a du abandonner au 135ème des 167 tours. Il est classé à une piètre 19ème position.

 

Pour Fonty il s’agit de la 9ème fois qu’il gagne en étant parti de la pole sur ses 17 victoires en carrière. Soit plus de 50%.

Tim Flock occupe donc la tête du championnat avec directement un écart de 122 points sur Lee Petty.

 

Course n°34 : « Herb de retour aux affaires »

 

Le samedi 20 août c’est à Raleigh que 29 pilotes se retrouvent pour faire joujou. Le Raleigh Speedway situé en Caroline du Nord est un ovale atypique de 1 mile en asphalte. C’est la 1ère course dite de Superspeedway disputée sous les lumières artificielles.

La pole est une fois encore pour un Flock et le plus prolifique en la matière j’ai nommé Tim. C’est sa 32ème en carrière ou 30ème si on tient compte du fait que par deux fois son frère Fonty a réalisé la pole pour Tim en le remplaçant à bord de sa voiture. Cependant ces deux poles sont attribuées aux statistiques de Tim par la NASCAR. La NASCAR estimant depuis le début que c’est celui qui prend le départ de la course qui hérite statistiquement de la position de la grille de départ. Cette maxime a cependant évolué plusieurs fois depuis la création de la NASCAR.

 

La course est disputée le soir sous les projecteurs. Est-ce la raison pour laquelle elle sera très disputée ? En effet rarement depuis le début de l’année il n’y aura eu autant de bagarre pour la victoire. Tim Flock mène mais dès le 3ème tour c’est Fonty qui s’était élancé à ses côtés qui lui prend le leadership. Herb Thomas est littéralement collé au pare choc de Fonty et au 36ème tour une poussette un peu trop appuyée de Thomas sur Fonty Flock lui permet de prendre l’avantage. Fonty voit rouge et repasse le tour suivant. C’est un groupe de 7 pilotes qui se disputent la première place en se suivant en file indienne. Le moindre raté dans les stands ou le moindre pépin mécanique va coûter gros car cette piste du fait de sa surface en asphalte et de la température fraîche de la soirée est beaucoup plus douce pour les mécaniques. Il n’y aura qu’un seul perdant et non des moindres. Il s’agit de Lee Petty qui en manque de puissance ne peut faire mieux que 22ème et ce à la régulière. Il va d’ailleurs y avoir 24 pilotes sur 29 à l’arrivée.

Finalement Herb Thomas (Buick) s’empare de nouveau et pour de bon de la 1ère place à 24 tours de la fin. Sous la menace directe de Tim Flock, Bob Welborn (Chevrolet) et Jimmie Lewallen (Oldsmobile) Herb Thomas parvient à franchir la ligne d’arrivée en vainqueur. Il ne lui aura fallu que 3 courses pour retrouver son plus haut niveau. C’est sa 42ème victoire en carrière, sa 2ème de l’année.

 

Au championnat avec maintenant plus de 300 points d’avance Tim Flock est solide leader devant Lee Petty. Mais vu le ratio de la prochaine course rien n’est joué.

 

Course n°35 : « Thomas et les pneus »

 

Le lundi 5 septembre c’est les désormais traditionnels Southern 500 à Darlington, SC. La fête du travail ne concerne pas les pilotes qui ont ici « LE » morceau de l’année à se farcir. La course la plus longue et la plus dure physiquement. Immense succès aussi bien pour les pilotes avec 69 engagés que pour les spectateurs avec 50000 âmes. C’est un record pour les spectateurs en NASCAR. Pour la 1ère fois il y avait d’ailleurs plus de demande que de place disponible dans les tribunes. Les embouteillages sont de 10 km aux abords de la piste et les spectateurs ne vont pas hésiter à passer par-dessus les barrières pour pénétrer dans l’enceinte du circuit et assister à la course !

 

Il faut noter que plusieurs pilotes arborent des numéros différents qu’à l’habitude. La raison est simple, les promoteurs de Darlington interdisent les numéros à 3 chiffres. Du coup Tim Flock passe du #300 au #16 par exemple. Cette idée d’interdire les numéros à 3 chiffres ou les numéros atypiques comme les M-1, B-29,… va petit à petit faire son chemin dans le cerveau de Bill France.

 

Les qualifications particulières ici vont honorer Fireball Roberts sur sa Buick, celle-là même qui avait été disqualifiée à Daytona. Cela dit le meilleur temps sera à mettre au crédit de Fonty Flock, 2 miles plus vite tout de même (112,781 mph contre 110,682 mph à Roberts). Fonty partira 11ème.

 

La 1ère ligne constituée de 3 voitures avec de g. à d Speedy Thompson*, Buck Baker et Fireball Roberts le poleman.

* Thompson utilisant la seconde voiture de Baker, cette dernière porte encore son nom sur le toit.

 

Il est 11h du matin quand la course débute. 23 lignes de 3 voitures vrombissent sous le soleil. Il va faire chaud aujourd’hui et au fur et à mesure de l’avancement de la journée, de plus en plus humide, rendant les conditions de course très difficiles.

 

Le départ est donné, notez que le pace car s’effaçait à l’entame du 1er virageà Darlington au début des années 50.

 

Roberts profite pleinement de sa pole pour mener les premiers tours mais au 4ème passage c’est la catastrophe car il se crashe, il pourra repartir pour abandonner un peu plus tard au 30ème tour suite à un nouveau crash du à une crevaison. Devant les pilotes Kiekhaefer s’en donnent à cœur joie tant ils dominent. Mais voilà leurs surpuissantes et lourdes Chrysler vont dégrader leurs pneus à un point tel qu’ils vont devoir revoir à la baisse leurs ambitions. Pour la victoire avec le nombre de changements de pneus qu’ils vont devoir faire cela va être dur. Après un intérim en tête assuré par Bill Widenhouse (Chevrolet), les choses sérieuses débutent et les accidents s’enchaînent. Au total il y aura 8 drapeaux jaunes (51 des 366 tours). Le pire accident étant arrivé à Don Duckworth (Chevrolet) qui s’accroche avec un retardataire, Arden Mounts (Hudson) au 147ème tour. Duckworth est très gravement blessé. Il est emporté à l’hôpital où les médecins pensent qu’il ne passera pas la nuit. Fort heureusement pour lui il mettra des mois pour y arriver mais s’en sortira. Lui qui prenait son 1er départ en NASCAR ne pourra cependant plus courir par la suite.

 

La foule des grands jours toute de blanche vêtue. Ici on voit passer le #6 Ralph Liguori et le #92 Herb Thomas.

 

Un autre accident, stupide celui-là mais sans gravité, va impliquer Curtis Turner (Ford) et Fonty Flock (Chrysler) et ce sous régime de drapeau jaune. Turner profite du ralentissement derrière le pace car pour allumer une cigarette (c’était une autre époque !!) mais pendant la manœuvre il percute Fonty et l’envoie violemment valser dans la barrière bordant la piste, arrachant sa roue avant droite dans l’histoire. Les deux abandonnent bêtement.

 

Fonty Flock s’extrait de sa voiture.

 

Devant Joe Weatherly (Ford) mène depuis le 150ème tour mais il doit ravitailler pour la dernière fois fois au 278ème tour, ses pneus usés le forçant à le faire plus tôt que prévu. Herb Thomas (Chevrolet) en profite pour s’emparer de la première position. Il va lui aussi observer son dernier ravitaillement mais au 306ème tour et de plus il va être beaucoup moins long. Pourquoi ? Car Thomas a fait monter des pneus de voitures de sports, des Firestone 170 SuperSport, qui en plus d’être performants sont si endurants qu’il ne devra pas en changer de toute la course. Thomas ressort des stands juste derrière Weatherly qui avant les arrêts aux stands comptait plus d’un tour d’avance. Thomas ne va faire qu’une bouchée de Weatherly dont le train de pneus commence déjà à montrer des signes de faiblesse. Il va d’ailleurs en tentant de résister à Thomas éclater son pneu avant gauche ce qui va l’envoyer dans la barrière de sécurité. C’est l’abandon. Thomas possédant du coup plus d’un tour d’avance sur Jim Reed (Chevrolet), il va assurer et franchir la ligne d’arrivée en vainqueur remportant pour la 3ème fois cette prestigieuse épreuve dont les deux dernières consécutivement.

 

Pour Chevrolet c’est la fête car c’est un doublé que réalise la marque. Cette victoire va avoir un retentissement incroyable dans les ventes de la marque au nœud papillon.

Tim Flock parvient à terminer 3ème (à 3 tours) et Buck Baker (Buick) 6ème. Du coup au championnat c’est le grand bouleversement. Tim Flock reste leader mais il compte maintenant 416 points d’avance sur Baker et 1466 sur Petty. Petty qui perd encore une place suite à sa nouvelle contre performance (21ème à 23 tours).

 

Cette victoire, la 43ème en carrière, montre qu’Herb Thomas a retrouvé tous ses moyens. Une course de près de 5h et demi dans des conditions climatiques difficiles. Pour Thomas cela sera cependant sa dernière victoire de l’année.

 

Le président du speedway Bob Colvin va instaurer le « Victory Dinner » (dîner du vainqueur). C’est une soirée destinée à consacrer le vainqueur de la course. Cette idée lui est venue après observation de ce qui ce fait lors des Indy 500 en monoplaces. La remise du chèque du vainqueur et des autres prix doit se faire autour d’une bonne table. L’idée est bonne mais onéreuse surtout qu’elle ne sera pas accueillie avec beaucoup d’enthousiasme par la majorité des pilotes. En effet beaucoup de pilotes travaillent en dehors des courses et ne peuvent se permettre de traîner sur les circuits après la ligne d’arrivée franchie. Ce qui fait que ce sera en 1955 sa première mais aussi dernière édition.

 

Le fameux banquet.

 

Course n°36 : « Grand Chelem pour Tim »

 

Le dimanche 11 septembre, seulement 24 pilotes sont inscrits pour la course de Montgomery sur le speedway éponyme situé en Alabama. C’est la 2ème fois de l’année que l’on vient ici. Fonty Flock n’ayant plus de voiture suite à son crash à Darlington doit son salut à Herb Thomas qui très sportivement lui prête sa 2ème Chevrolet.

La pole est pour Tim Flock. Jim Paschal le poleman du début d’année ne parvenant pas à faire mieux que 10ème.

 

La course va être une nouvelle fois une « Tim Flock Special » il va mener de bout en bout en enlevant tout suspense à la course. Il gagne avec plus d’un tour d’avance sur Herb Thomas et 3 sur Bob Welborn. Lee Petty et Buck Baker sont respectivement 4ème et 5ème.

Au championnat rien ne change pour le trio de tête.

Notons le crash du jour qui est à mettre à l’actif de Fonty Flock. Ce dernier perd le contrôle de sa Chevrolet (le manque d’habitude ?) au 40ème tour et percute la barrière protégeant l’infield. Il traverse la barrière et s’introduit dans la foule comme un chien dans un jeu de quille. Par miracle aucun spectateur ne sera blessé. La barrière est certes cassée mais curieusement la course n’est pas interrompue par les officiels au prétexte de la sécurité comme ce fut le cas plus tôt dans l’année. La tragédie du Mans serait-elle déjà un lointain souvenir ?

 

Pour Tim Flock c’est la 14ème victoire de l’année.

 

Herb Thomas en action (photo de Darlington).

 

Course n°37 : « La prochaine à gauche » 

 

Le dimanche 18 septembre on retourne pour la deuxième fois de l’année à Langhorne, le plus grand virage à gauche du monde donnant toujours lieu à des courses épiques. 42 pilotes sont engagés. Cette fois il s’agit de la course longue de 250 miles soit 250 tours.

Tim Flock réalise une nouvelle pole, il l’avait déjà fait en début d’année mais ce coup-ci il pulvérise le record de la piste le portant à 92.095 mph.

 

La course va être disputée et Tim Flock va devoir défendre chèrement sa première place. Il va se faire passer plusieurs fois dont une fois par le surprenant Dave Terrell mais ce dernier alors qu’il est en tête va devoir abandonner au 15ème tour suite à la perforation de son radiateur par une pierre. C’est la seule course qu’il mènera dans sa carrière. Dick Rathmann se rappelle au bon souvenir de tous en se montrant à son avantage ici. Il mène lui aussi la course quand il doit renoncer sur casse moteur au 80ème tour. Tim Flock va à ce moment hériter de la tête et dérouler jusqu’à l’arrivée. La course sera perturbée par un terrible crash, celui d’Axel Anderson (Mercury), qui tape le rail de face et part dans une série de tonneau. Il sera transporté dans un état sérieux à l’hôpital. Il reviendra à la compétition en 1958.

En gagnant sa 15ème course de l’année et avec une fois encore plus d’un tour d’avance sur son poursuivant direct (ici Herb Thomas) Tim Flock accentue son avance au championnat surtout que Buck Baker termine 6ème et Lee Petty qui roule ici pour Henry Ford s’est crashé et est classé 28ème. Pour le championnat c’en est terminé des espoirs de Lee Petty à moins d’un miracle.

 

Le terrible crash d’Axel Anderson.

 

Course n°38 : « 4 à la suite » 

 

Petit bond de 15 jours pour se retrouver le vendredi 30 septembre à Raleigh pour la 2ème fois en 5 courses. Quelques 36 pilotes sont engagés.

La pole pour Fonty Flock avec 3 bons miles de mieux que la performance de son frère Tim un mois plus tôt.

 

La course va une fois encore être l’apanage des frères Flock et Thomas. En effet il ne va y en avoir que pour ces deux familles, Tim et Fonty Flock d’un côté et Herb et Donald Thomas de l’autre.

A ce petit jeu c’est Fonty qui va avoir le dernier mot quand il s’empare de la tête au 69ème tour sur les 100 à parcourir. Mais derrière personne ne lâche prise. Finalement Fonty remporte la course avec 6 longueurs d’avance sur Herb Thomas qui termine second pour la 3ème fois consécutivement. Tim Flock est 3ème et Donald Thomas 4ème. C’est la 1ère et jusqu’à maintenant seule fois ou il y a 4 frères de deux familles (de deux en course) qui terminent en alternance aux 4 premières places d’une course de NASCAR (Flock/Thomas/Flock/Thomas).

 

Buck Baker ne peut faire mieux que 7ème et pour lui aussi le titre s’éloigne de plus en plus.

Notons la présence de Ned Jarrett sur une des rares Pontiac ayant prit le départ en 1955. Il termine 33ème sur abandon.

Fonty Flock remporte ici sa 3ème et dernière course de l’année, c’est la 10ème fois en 18 victoires qu’il gagne depuis la pole.

 

Le côté pittoresque des stands dans les années 50 sur les petits dirt track. On reconnaît le jeune Richard Petty (à l’extrême gauche).

 

Course n°39 : « 5 ans après un Flock inscrit son nom »

 

Le jeudi 6 octobre on va à Greenville, SC, sur le Greenville-Pickens Speedway. On y était plus venu depuis 1951. Il y a 28 pilotes engagés.

La pole revient à Bob Welborn sur Chevrolet, c’est sa 1ère en carrière.

 

La course va très vite être dominée par l’étonnant Jim Reed sur Chevrolet à un point tel que cet outsider va mettre un tour à Tim Flock pour remporter la course, sa 1ère en carrière. Mais Carl Kiekhaefer proteste avec véhémence après l’arrivée. Il trouve suspect qu’un pilote qui ne joue jamais les premiers rôles soit soudainement aussi rapide. Les officiels procèdent alors à l’inspection de la voiture de Reed et très vite il s’avère que les culasses ne sont pas conformes. Reed est disqualifié et la victoire revient donc sur tapis vert à Tim Flock. C’est sa 16ème victoire de l’année. Tim qui succède au palmarès de cette course à son frère aîné Bob qui l’avait emporté en 1951.

Reed est le 4ème vainqueur disqualifié depuis la création de la NASCAR.

 

Au championnat vu le type de course qu’il reste à faire c’est quasiment cuit pour Buck Baker, seulement 5ème ici.

 

Jim Reed

 

Course n°40 : « Speedy Gonzalez »

 

Le dimanche 9 octobre on est de retour à LeHi, AR, sur le Memphis-Arkansas Speedway. 41 pilotes engagés.

La pole est la propriété de Fonty Flock qui bat son propre record obtenu ici il y a presque 2 mois. Carl Kiekhaefer engage 4 voitures et en sponsorise 3 autres.

 

La course ne va pas sourire à Fonty qui très vite va connaître un problème de refroidissement du fait d’un radiateur défectueux. Il abandonne et est classé 39ème. Son frère Tim le relaye en tête mais c’était sans compter sur Speedy Thompson qui va mettre son nom prédestiné à l’honneur. Il mène les 167 tours restant et remporte sa 3ème victoire en carrière, sa 1ère depuis North Wilkesboro en 1953 le 11 octobre. A deux jours près cela faisait pile 2 ans qu’il attendait ce moment. C’est aussi un jour de grand bonheur pour la maison Ford car il n’y avait plus eu de Ford sur la Victory Lane depuis le 25 juin 1950 !

Il faut noter que Thompson pilote pour Pete DePaolo mais que c’est tout de même une victoire ayant l’empreinte de Kiekhaefer vu que sa Ford est sponsorisée par ce dernier. Un vrai visionnaire ! Marvin Panch en terminant 2ème permet à DePaolo de réaliser son premier doublé.

Tim Flock termine 4ème et est mathématiquement champion car Buck Baker n’a pu une fois encore le devancer, il termine 6ème.

 

L’histoire du jour est à mettre au crédit du débutant DeWayne Lund dit Tiny. Il va crasher sa Chevrolet au 65ème tour. Il part en tonneau et son harnais de sécurité se rompt éjectant le très grand Lund de sa voiture. Il se retrouve allongé en plein milieu de la piste et plusieurs voitures manquent de peu de lui rouler dessus. Il s’en sortira avec un bras cassé et quelques contusions. Le pire dans cette histoire est la mauvaise publicité qui en découle. En effet Tiny Lund était sponsorisé par Rupert Safety Belts, une marque fabricant des harnais pour les voitures de courses !

 

Notons encore que Jim Reed est disqualifié pour la seconde fois consécutive. Il avait abandonné au 8ème tour mais à l’inspection technique il s’est avéré qu’il n’avait pas remplacé les pièces frauduleuses par des bonnes. Il passe de la 40ème à la 41ème et dernière place. De plus il est suspendu pour une course.

 

Course n°41 : « Baker malchanceux »

 

Le samedi 15 octobre la NASCAR revient pour la 3ème fois de l’année sur le Columbia Speedway en Caroline du Sud. 21 pilotes ont répondu à l’appel du gain.

 

La pole est pour Junior Johnson, très discret depuis plusieurs courses. C’est sa 2ème pole de l’année.

La course ne sera guère de la même veine pour Johnson qui ne pourra jamais au volant de son Oldsmobile prétendre à la victoire. Tim Flock ayant pris dès le baisser du drapeau vert la tête de la course. Cela dit l’homme fort du jour se nomme Buck Baker sur sa Ford il va prendre la mesure de Tim au 13ème tour et s’échapper en tête. Mais voilà pour une fois qu’il mène depuis longtemps la chance va lui tourner le dos. En effet à 12 tours du but il tombe en panne d’essence. Obligé de ravitailler une nouvelle fois il laisse le champ libre à Tim Flock qui va ainsi gagner pour la 17ème fois de l’année. Baker sauve la 2ème place.

Lee Petty en pleine déconfiture depuis une dizaine de courses se crashe comme un débutant en s’accrochant avec Joe Eubanks.

 

Tim Flock

 

Course n°42 : « La bonne idée de Kiekhaefer » 

 

Le lendemain, dimanche 16 octobre, Martinsville, VA, accueille sa 2ème course de l’année. 28 pilotes inscrits. Jim Reed est de retour après sa suspension et l’inspection technique ne relève rien d’irrégulier sur sa Chevrolet.

 

La pole est tirée au sort à cause de la météo, la pluie ayant empêché de faire les essais. L’heureux bénéficiaire est Gwyn Staley. C’est la 1ère fois qu’il s’élancera depuis la 1ère position mais comme beaucoup de novices en la matière il ne saura pas en profiter.

 

Carl Kiekhaefer et Tim Flock.

 

En effet dès le départ, donné avec 1h et demi de retard à cause d’une nouvelle averse, c’est Herb Thomas qui avait hérité de la 2ème position sur la grille qui passe en tête. Il ne conservera pas cet avantage longtemps et c’est une fois de plus Tim Flock qui s’empare du commandement. Mais Tim ne peut pas toujours être chanceux et cette fois c’est lui que dame chance boude et il abandonne sur casse de sa transmission alors qu’il menait. Les ravitaillements vont modifier le classement à plusieurs reprises mais une fois que tout le monde y est passé il s’avère que c’est Bob Welborn sur Chevrolet qui mène. Non loin derrière il y a Speedy Thompson, qui pilote une Chrysler pour Kiekhaefer. Il va savoir profiter de sa surpuissante monture pour remonter puis dépasser Welborn. Une fois en tête il ne la quittera plus et remporte sa 2ème victoire de l’année, sa 4ème en carrière.

 

Une fois encore Carl Kiekhaefer a eu le nez fin car ses pilotes réguliers, les frères Flock ayant abandonné il a pu compter sur sa recrue du jour pour remporter une nouvelle victoire cette année, sa 20ème.

 

Course n°43 : « Kiekhaefer encore ! »

 

Le même jour, dimanche 16 octobre avait lieu la 43ème course sur le Las Vegas Park Speedway dans le Nevada. 27 pilotes mais aucune star. Beaucoup de pilotes du coin. Il faut dire que cette course n’était pas inscrite à l’origine au calendrier de la NASCAR mais l’annulation de la course AAA profite à Bill France. La seule grosse écurie représentée est celle de Kiekhaefer qui a engagé pour l’occasion Norm Nelson.

C’est la 1ère et dernière course que la NASCAR va disputer ici. Il faut savoir que cette piste d’un mile est un hippodrome et qu’aujourd’hui se trouve à sa place l’hôtel Hilton de Las Vegas.

 

Ce dernier ne va pas faire regretter le choix fait par son patron car il va réussir pour commencer la pole position. Sa 1ère et unique en carrière.

 

La course démarre fort pour Lloyd Dane (Mercury) qui surprend tout son monde en s’emparant dès les premiers mètres de la tête alors qu’il occupait la 4ème position sur la grille de départ. Mais une fois réveillé, Norm Nelson prendra le commandement au 5ème tour.

La course va être interrompue une première fois au 74ème tour quand Virgil Martin (Ford) perd le contrôle de son modèle de show room (un modèle qui ne sera vendu qu’à partir de 1956 et portant d’ailleurs cette mention). Il va provoquer un big one impliquant pas moins de 12 voitures. La piste est totalement obstruée. Une fois dégagée la course repart et Nelson reprend sa marche en avant. Cependant le temps se couvre à un point tel que la pénombre envahit le circuit et la course est définitivement interrompue au 111ème des 200 tours prévus. Norm Nelson remporte donc la course, ce sera sa seule victoire en carrière, lui qui ne reviendra qu’en 1966 et ne fera en tout que 5 courses en NASCAR.

Il devance Bill Hyde (Oldsmobile), Bill West (Hudson),… bref tout des pilotes qui feront de très courtes carrières en NASCAR.

 

Le succès de la NASCAR. Ici une large foule assiste à la remise du trophée d’Herb Thomas peu après l’arrivée de Darlington.

 

 

Course n°44 : « Baker trop tard »

 

Le dimanche 23 octobre c’est l’avant dernière course de l’année. Elle se dispute à North Wilkesboro, NC. 28 pilotes engagés. C’est aussi l’invasion des Ford millésimées 1956. Joe Weatherly va aussi présenter une voiture dont la décoration est encore citée aujourd’hui parmi les plus belles de la NASCAR. Il s’agit d’une peinture mauve foncé légèrement métallisée et arborant un gros sanglier sur chaque flanc dont les yeux exorbités feraient presque peur. La voiture sera surnommée « The Purple Pig » (le cochon mauve).

 

La pole va revenir à Buck Baker et la course sera aussi pour lui car il va mener de bout en bout même si sur la fin Lee Petty va bien revenir sur ses talons pour échouer à 5 secondes du vainqueur. Baker s’est réveillé mais trop tard. Il faut noter que Baker remporte sa 3ème victoire de l’année et ce pour 3 marques différentes (Buick, Oldsmobile et aujourd’hui Ford).

Le champion 1955 Tim Flock termine 5ème. Weatherly et sa nouvelle peinture terminant juste devant pour ce qui sera son seul top5 de l’année.

 

Course n°45 : « Tim Flock en champion »

 

La finale a lieu le dimanche 30 octobre sur le Orange Speedway à Hillsboro, NC. C’est la 2ème course de l’année ici. Les problèmes avec les autorités locales concernant les indiens du coin ont été réglées au tribunal et ils peuvent de nouveau venir voir la course.

 

La finale va consacrer un homme et un seul mais ce grâce à ses performances. Tim Flock va réussir sa 18ème pole de l’année (16 + 2 par Fonty pour son compte) et va mener de bout en bout pour remporter sa 18ème victoire de la saison améliorant de 6 unités le record sur une année détenu par Herb Thomas (12 en 1953 et 1954). Cela dit Tim ne va pas forcer et ils seront 6 dans le tour à l’arrivée. Curtis Turner sur une autre « Purple Pig » engagée par Charlie Schwam terminant 2ème, son meilleur résultat de la saison.

Il s’agit aussi de sa 11ème victoire en ayant mené de bout en bout la course.

 

Tim Flock et sa fameuse Chrysler 300.

 

Tim Flock, de son vrai nom Julius Timothy Flock est le champion 1955 de la NASCAR. Il bat tous les records sur une saison.

Le plus de pole : 18

Le plus de victoire : 18

Le plus de top5 : 32

Le plus de top10 : 33

Le plus de gain : $37,779,60

Le plus de points : 9596

Il faudra des années avant que ses records ne soient battus, celui des victoires par exemple devra attendre 1967 et les 27 trophées de Richard Petty.

 

Il devance Buck Baker de 1508 points et Lee Petty de 2402 points. Pourtant Tim Flock n’a fait que 39 courses sur 45 contre 42 à ses deux rivaux.

 

Tim Flock est aussi champion pour la 2ème fois après son titre de 1952. Et dire qu’il n’a signé comme pilote que pour la 4ème course de la saison et cela grâce à une rencontre fortuite.

Carl Kiekhaefer s’octroi le titre de crew chief de l’année alors qu’il n’a jamais touché un tournevis. Le vrai crew chief fut Bob Flock du moins sur la majorité des courses.

 

Après une Hudson en 1952 Tim Flock remporte une Chrysler en 1955.

 

Malgré le plus grand nombre de victoires avec 27 Chrysler échoue pour le titre constructeur face à Oldsmobile (10 victoires) qui avait plus de pilotes régulièrement dans le top10. Chrysler va cependant faire toute sa pub en vantant ce titre qu’elle n’a pas obtenu. La firme arguant que c’était le nombre de victoires qui comptait et pas les points (Oldsmobile 724 points contre 605 à Chrysler). Il faut noter que 12 marques ont marqués des points, il n’y en aura jamais plus autant par la suite. La fameuse marque Hudson ayant en 1955 remporté sa dernière victoire après une domination insolente de 1952 à 1954.

 

Junior Johnson reçoit le titre non officiel de Rookie of the Year pour sa 1ère saison complète. Il termine 6ème au général avec 5 victoires.

 

Une initiative de la NASCAR fut élaborée en 1955 mais malgré une bonne intention au départ ne sera testée que sur quelques courses de façon expérimentale. Il s’agissait quand il y avait 26 voitures en piste ou moins d’apposer sur les flancs de chaque voiture une lettre de l’alphabet (les 26 de A à Z). Les officiels pensaient que ce système serait plus efficace pour reconnaître les voitures et compter leurs tours. En effet les numéros parfois bizarres des voitures (M-1, B-29, 777,…) voir leur absence de numéro (toutes les voitures en possédaient un mais elles ne les arboraient pas toutes sur la piste) rendaient la tâche des officiels délicates, d’ou des erreurs dans le scoring sur certaines courses. Les lettres noires sur fond blanc étaient attribuées par tirage au sort. La 1ère course où se système fut utilisé se déroula à Charlotte le 1er mai. Il faut enfin noter que ces lettres n’étaient pas retenues dans l’élaboration des résultats des courses.

Exemple : Herb Thomas #92/C, Tim Flock #300/B, Junior Johnson #55/E, Dink Widenhouse #B-29/I,...

Ce système ne fut pas souvent utilisé et sera de nouveau expérimenté lors de quelques courses en 1956.

 

Enfin notons l’arrivée en 1955 de la notion de fan club. En effet dans le courant du mois de juillet Morris Metcalfe, un vrai fan de course et parfois directeur du scoring sur certaines courses en NASCAR va créer le premier fan club pour son pilote préféré Lee Petty. La souscription est gratuite, la seule condition étant que les membres devaient conduire à la ville une… Chrysler ou une Dodge !

 

Le chiffre de 1955 : #300.

 

La suite avec 1956…

 

 

© 2007

 

Bibliographie :

 

Note : la bibliographie évolue d’année en année, pour un report sur les années précédentes, veuillez consulter les sujets correspondants. Une bibliographie complète (nom des livres, auteurs, n° ISBN,…) sera mise à disposition ultérieurement.



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