07/12/2011 : Ze Show !! n°35 est disponible !!      05/11/2011 : ChallengeVD: Winter quiz 2011-2012      06/10/2011 : Ze Show 111 en ligne !      28/09/2011 : Ze Show !! n°110 en ligne !!      23/09/2011 : Ze Show !! n°109 disponible !!!     




1950

Changement de nom mais ambitions à la hausse.

 

La deuxième saison de la NASCAR commencera en fait pendant l’intersaison. Tout d’abord Bill France estimant que le terme Strickly Stock n’est pas très clair pour le public et vis-à-vis des médias car il ne fait pas assez « national » à son goût. Il opte donc pour renommer son bébé et choisit le terme « NASCAR Grand National ». Ce nom plaira tellement qu’il sera utilisé jusqu’à la fin de la saison 1971 avec l’arrivée de Winston. Le nom est plus dynamique et permettra d’élaborer un règlement plus précis et moins dépendant des produits que les constructeurs de voitures proposent.

 

Sam Nunis, promoteur indépendant et propriétaire du circuit de Lakewood à Atlanta, décide d’organiser une course sur sa piste habituellement réservée aux voitures de type Indy. D’ailleurs le Lakewood Speedway est surnommé « The Indianapolis of the South » (L’Indianapolis du Sud). Ce sera la première course accueillant des stocks cars sur cette piste selon la configuration de la NASCAR. Il décide d’organiser une course de 150 miles le 23 octobre. Pour y rouler il faut avoir minimum 21 ans et une licence de pilote délivrée par la NASCAR. Bill France va aider Nunis à réaliser ce projet. Cependant cette épreuve ne fera pas partie du calendrier de la NASCAR et sera donc considérée comme étant la première course hors championnat de l’histoire un peu comme le Budweiser Shootout d’aujourd’hui.

 

Photo de famille juste avant le départ de Lakewood.

 

Incroyable mais la Georgie semble très intéressée par l’évènement car une affluence de 33452 spectateurs est recensée (estimée à 50000 sur l’ensemble du week-end)! C’est plus que n’importe quelle course de la saison 1949 ! Particularité de la grille de départ ? Chaque ligne est constituée de 4 voitures ! La piste de 1 mile est à parcourir 150 fois et si Curtis Turner mène les 126 premiers tours, il se fait dépasser au 127ème par Tim Flock qui décroche la victoire sur une incontournable Oldsmobile et empoche les $1,650 de prime. La course fut somptueuse malgré le tragique accident touchant un jeune garçon de 11 ans dans le public. Buster Henley regardait la course quand Bob Flock perdit une roue et vint percuter le malheureux lui brisant les deux jambes. Ses blessures graves ne lui coûteront heureusement pas la vie. Par contre vu l’immense succès de son épreuve, Nunis décide de remettre cela le 13 novembre toujours avec l’aide de Bill France.

 

Le départ sur 4 lignes !

 

Malgré un temps de chien à cause de la pluie pas moins de 22000 spectateurs répondent présent. Fonty Flock mène depuis la pole mais est victime au 23ème tour d’un accident dans le virage 2 impliquant 5 pilotes retardataires. Sara Christian partira même en tonneau et souffrira de contusion au thorax ce qui l’éloignera des circuits. B.C. Speig se fractura la main gauche aussi, les trois autres ne souffriront que de blessures minimes. Curtis Turner prendra le relais en tête mais la course sera interrompue au 39ème tour à cause d’une averse violente et un épais brouillard va s’installer empêchant la course de reprendre. La décision est prise de donner le restart le dimanche suivant. Donc le 20 novembre les concurrents restant reviennent pour terminer la course. Turner repart devant mais sera victime de son moteur au 85ème tour. June Cleveland sur Buick, pilote de Georgie justement, va le relayer en tête. Il n’a jamais gagné de course de sa vie et la chance va lui sourire car au 110ème tour la course est interrompue à cause de l’obscurité ! Et oui en hiver la nuit tombe vers 17h00 dans cet état. La course ne reprendra pas et Cleveland empoche les $1,500 du vainqueur.

 

 

Sara Christian renverse tout sur son passage !

 

Il est à noter que si les deux courses de Lakewood ne font pas partie d’un calendrier officiel de la NASCAR ni de 1949 ni de 1950 les deux vainqueurs seront eux crédités de leur victoire dans les statistiques de la NASCAR. Les poles, les autres pilotes et même les deux marques gagnantes eux n’entreront jamais dans les livres de stats ! Les bizarreries de la NASCAR à ses débuts font partie de son charme.

 

Le 5 décembre, la CSRA (Central States Racing Association) dirigée par Sam Nunis, grande rivale à l’époque de la NASCAR oeuvrant dans le midwest annonce qu’elle va organiser une course de 500 miles pour les stocks à Lakewood car la nouvelle piste de Darlington que Harold Brasington vient de construire pour concurrencer Indianapolis qui refuse de voir courir des stocks car sur son anneau à cet effet ne répond pas à ses attentes car elle n’est pas en terre battue ! Bill France est un peu circonspect face à la distance de 500 miles. Il craint que si les voitures ne tiennent pas cette distance que cela donne une mauvaise image de ce sport et le décrédibilise face aux autres sports autos. On verra ce qu’il en adviendra par la suite.

 

La saison va pouvoir commencer.

 

Course n°1 :

 

Cette année et cela deviendra par la suite une tradition, la saison commence par la course de Daytona. On roule toujours sur la piste mi plage mi nationale. Seule différence, la piste est un peu plus longue passant de 4.15 à 4.17 miles (soit 32 mètres de plus). 41 pilotes répondent présent dont tous les gros bras de 1949. La course est passée à une distance de 200 miles donc pour éviter la marée montante commencera vers 11h du matin. Joe Littlejohn à fait la pole à 98.84 mph ! La barre des 100 mph est proche. Seulement le jour de la course il fait moche, froid et nuageux. A cause de cela le vent souffle fort depuis l’Atlantique et le sable devient très humide donc difficilement praticable. Le public ne répond d’ailleurs pas présent. Notons qu’il y a 10 marques d’autos.

 

Le départ est donné et directement Littlejohn est en difficulté. Harold Kite le dépasse et prend la tête avant même le premier virage. Il faut dire que Kite est un ancien tanker de l’armée lors de la seconde guerre mondiale et les terrains difficiles il connaît ! La pauvre Louise Smith se crash en entrant dans le virage Nord sans bobo. Littlejjohn lui abandonne au 7ème tour estimant sa voiture incontrôlable. Cependant Red Byron partit 33ème lui prend le commandement au 15ème tour et creuse l’écart. Pas de chance pour le champion 1949 car il doit s’arrêter à son stand au 24ème tour car sa boîte de vitesse est bloquée sur le 2ème rapport. Il laisse Kite reprendre la tête. Byron repart 2ème car à peine arriver à son stand que sa boîte se débloque toute seule. Mais ses freins aussi ont des faiblesses…

 

Otis Martin freine fort !

 

Bob Flock connaît un problème à sa roue avant gauche, elle vacille dans chaque virage l’obligeant à les prendre avec beaucoup de prudence. En ligne droite par contre son Oldsmobile lui permet de suivre le rythme. Il perdra un tour mais réussira l’exploit de terminer 7ème !

 

Quatre tours après alors qu’il revient fort sur la Lincoln de Kite, Byron est de nouveau victime de sa boîte en sortie du virage Sud. Il doit rentrer à son stand. Red Vogt son chef mécano « trifouille » le levier de vitesse sans savoir ce qui se passe. Byron reprend la piste en 7ème position mais est toujours dans le tour. Son Oldsmobile roule très vite et il profite des difficultés de ses adversaires sur la partie plage pour les remontés un à un. Mais la course arrive à son terme et Kite passe en vainqueur la ligne d’arrivée. Byron déchaîné passera Loyd Moore dans le dernier tour et terminera finalement 2ème d’une course qu’il aurait gagné sans problème sans ce problème de boîte de vitesses. Il échoue à 53 secondes de Kite. Kite remporte sa 1ère course à sa 1ère participation. Notons aussi que J.C Van Landingham termine 5ème de sa seule course en carrière en NASCAR. Il prendra en effet sa retraite de pilote juste après l’arrivée.

 

Le tour de chauffe à Daytona.

 

Course n°2 :

 

La 2ème course se dispute à Charlotte le 2 avril. 25 pilotes sont présent mais pas Kite le leader du championnat. Il ne fera que 3 courses cette année. Red Byron réussit la pole, ce sera sa 2ème et dernière pole en carrière.

 

La course est lancée avec l’agitation du drapeau vert par l’acteur de western Lash LaRue officiant ici comme guest star. C’est une première et cela deviendra une tradition dans le futur. L’épreuve sera disputée et dès le départ Bob Flock, partit 2ème, s’empare du commandement devant Byron. Cette fois Bob n’a pas de problème de roue et Red de boîte, il se dispute âprement la tête et Byron repasse au 6ème tour. Derrière Tim Flock qui roule sur la Lincoln qu’Harold Kite a engagée pour lui remonte à toute vitesse. Au 47ème tour il dépasse Byron et prend ses distances. Il se joue mieux du trafic.

 

Au 85ème tour, le seul yellow de la course est brandit suite au crash de June Cleveland alors qu’il roulait en 5ème position dans le virage n°1. Il part en tonneau et le toit de sa Buick s’écrase. Il est transporté à l’hôpital avec de nombreuses contusions et coupures du aux vitres cassées. Sa vie n’est pas en danger mais sa saison est terminée, il ne roulera plus en 1950.

 

La foule observe l’évacuation de June.

 

June Cleveland s’en sortira bien.

 

Le restart est donnée et Tim Flock s’envole vers la victoire devant son frère Bob. Byron est 4ème et prend la tête du championnat pour 2,5 points devant Tim. Tim Flock explose de joie sur la Victory Lane en déclarant que gagner en NASCAR est un rêve qui vient de se réaliser. Sa première victoire dans une course comptant pour le championnat.

 

Course n°3 :

 

C’est Langhorne qui accueille le 16 avril la 3ème manche et ce sera une course folle !

Tim Flock sur sa lancée réussit la pole même si c’est Paul Parks qui réalise le meilleur temps dans la 2ème séance. Les 28 pilotes auront 150 miles à faire sous un beau soleil plutôt rare dans l’état de Pennsylvanie en cette période de l’année.

 

Il fait donc beau et chaud quand le départ est donné. Tim Flock profite de sa pole pour prendre la tête mais au 3ème tour Bill Blair propulse sa Cadillac sur le devant de la scène mais Tim reste collé à ses basques et reprend son bien dans le 7ème tour. La course sera calme à ce moment et seuls les abandons sur casse mécanique viendront perturber le classement.

 

Au 42ème tour Bill Rexford s’empare du commandement il roule vraiment très vite. Le seul crash du jour sera à mettre au crédit de Lyle Scott dont la Lincoln terminera sa vie contre une dépanneuse en dehors de la piste ! Facile pour le dégager et en plus il n’y aura pas de yellow. Rexford roulait visiblement sans ménager sa mécanique et celle-ci perd de la puissance. Curtis Turner en profite pour lui ravit le leadership au 61ème tour. Au 84ème tour Rexford pulvérise son moteur ainsi que son capot ! Cependant Turner n’est pas le plus rapide et Ray Erickson le dépasse au 84ème tour il va mener avec une facilité déconcertante quand il est obligé de renoncer au 114ème car une pierre projetée par un concurrent perce son radiateur d’eau. Il rentre à son stand mais ne pourra réparer. Ce sera sa dernière course de l’année car il va perdre un bras dans un accident de Hot-rod le week-end suivant. Du coup Turner retrouve la tête et ne la quittera plus et gagnera devant Lloyd Moore avec 1 tour ½ d’avance.

 

Notons que Tim Flock alors 3ème au 125ème tour perdra sa roue avant droite qui en rebondissant sur la piste sera percutée à pleine vitesse par le pauvre Bill Blair qui naviguait aux alentours de la 15ème place avec plusieurs tours de retard. Sa colonne de direction cassée nette rentre dans l’habitacle de la Cadillac et propulse le volant dans la poitrine de Bill. Blair sera transporté à l’hôpital où il restera une nuit en observation.

 

Curtis Turner et la pub de Dunlop !

 

Turner roulait avec des pneus Dunlop. Rien de particulier à cela si ce n’est que Dunlop avait fait écrire son nom sur le capot et les portières de la voiture de Turner. Dunlop restera donc à jamais comme le premier « vrai » sponsor extérieur sur une voiture. En effet jusque là les seules inscriptions à part le nom du pilote et le numéro de la voiture restaient le nom et adresse du garage du propriétaire de la voiture. Cela va dans le futur révolutionner la course automobile.

 

Tim Flock va prendre la 1ère place au championnat à Byron absent ici. Mais la chose la plus surprenante c’est que juste après l’arrivée le FBI a débarqué pour questionner quelques pilotes et propriétaires soupçonnés de faire des fraudes en menaçant d’autres pilotes ou propriétaire et/ou en trafiquant leurs voitures s’ils leur barraient la route du succès ! Seulement 6 voitures ont terminés la course… Cela est-il du au hasard que les casses mécaniques furent si nombreuses ?

 

Course n°4 :

 

Le 21 mai 25 pilotes se retrouvent à Martinsville pour une petite course de 75 miles (soit 150 tours). Buck Baker y réalise sa 1ère pole en carrière sur sa Ford sponsorisée par… La police ! Incroyable dans un monde ou d’anciens « Moonshiners » sont rois ! Cependant la course montrera un autre visage.

 

Le lendemain Baker ne fera illusion que l’espace de 10 tours avant de devoir s’incliner face à la « Bombe blonde » Curtis Turner. Il n’y aura aucun suspense et il va mener son Oldsmobile 88 vers sa 2ème victoire consécutive. C’est le 1er pilote de l’histoire à réussir cela. Jim Paschal sur sa vieille Ford de 1947 termine 2ème mais à 2 tours ¾ ! Du coup Turner prend la 2ème place à Byron, encore absent, au championnat. Il n’est plus qu’à 2,5 points de Tim Flock dont la course ici s’est arrêtée au 97ème tour suite à la casse du pont arrière de sa Lincoln de sa nouvelle écurie, le Red Star Garage.

 

Course n°5 :

 

29 pilotes sont engagés le 30 mai à Canfield dans l’Ohio pour une course sur un ½ mile en terre battue. 100 miles soit 200 tours pour une course qui se nomme pourtant les « Poor Man’s 500 » (Pauvre homme 500). En fait la signification de ce nom provient du fait que les promoteurs de la course donneront $5 pour chaque tour mené entre le 101ème et le 200ème tour, soit les 100 derniers de la course (100 X $5 = $500). Il s’agit donc de la 1ère course de l’histoire à recevoir un nom spécifique du à une forme de sponsoring.

 

Les qualifs sont surprenantes car la pole revient à Jimmy Florian sur sa Ford devant Frank Canale sur Oldsmobile. Curtis Turner 3ème est le 1er des favoris. Notons aussi que Joe Merola engage une Tucker Torpedo de 1948. Cette voiture très controversée avec son design révolutionnaire pour l’époque s’avère très peu performante. Merola ne faisant que le dernier temps en qualif.

 

La course sera encore pire pour Merola qui ne parviendra pas à terminer le 1er tour suite à la casse moteur de sa Tucker, il a voulu la pousser à fond pour suivre la meute et ça n’a pas marché ! Devant Turner à subtilisé la 1ère place au poleman Florian qui n’aura même pas fait un tour en tête. Cela dit Florian n’en est qu’à sa 2ème course en carrière et sa progression dans la hiérarchie ne s’arrêtera pas là. Turner avait déjà dépassé Canale qui faisait ici son seul et unique départ en carrière. Son seul fait de gloire aura été de porter le n°1 sur sa voiture.

 

Belle bagarre à 3 de front !

 

Au 9ème tour, Al Gross part en tonneau avec son Oldsmobile. Gross est un ancien cascadeur dans le show itinérant de Jimmy Linch (le Jimmy Linch Thrill Show). Malgré cela il ne pourra éviter de se faire très mal en se brisant des vertèbres. Il fera un très long séjour à l’hôpital puis en rééducation. Ce sera sa 3ème et dernière course en carrière.

 

Turner était partit pour faire le « hat trick » mais son moteur commence à faire un drôle de bruit, il perd de la vitesse et au 12ème tour il est dépassé par Bill Rexford. Turner abandonnera définitivement au 133ème tour quand son moteur rendra l’âme pour de bon, il était vraiment un « pauvre homme ». Tim Flock terminant 9ème creuser l’écart au championnat sur Turner finalement 19ème. Rexford lui va mener tous les tours restant pour remporter sa 1ère et unique victoire en carrière.

 

Lloyd Moore, pilote ayant fait toutes les courses, en terminant 3ème (4ème top10 en 5 courses) s’empare de la 1ère position au championnat avec 36,5 points d’avance sur Tim Flock. Moore fait maintenant partie des favoris malgré sa discrétion.

 

A l’époque la sécurité quasi préhistorique des voitures et circuits faisait que le moindre accident pouvait éloigner pour de nombreuses courses voir définitivement un pilote de la piste.

 

Course n°6 :

 

Il faut attendre le 18 juin pour la 6ème course. Cela se passe sur le ½ mile de Vernon dans l’état de New York. Une terre très grasse attend les pilotes. D’ailleurs il y aura deux courses sur cette piste dans l’histoire, les deux en 1950 car cet hippodrome ne convenait vraiment pas pour des courses de voitures. 23 pilotes sont présents pour fêter (à un jour près) le 1er anniversaire de la 1ère course de NASCAR.

 

La pole revient à Chuck Mahoney sur une Mercury pour sa 2ème course de l’année. Notons qu’Ann Chester fait ici son 1er départ en carrière et devient la 4ème femme à courir en NASCAR. Notons encore qu’Art Hammond engage une Packard de 1947. C’est la 1ère participation d’une voiture de cette marque.

 

Chuck Mahoney

 

La course ne sera pas très palpitante. Mahoney profite de sa pole pour prendre la tête mais au 18ème tour sa jante avant droite casse faisant éclater son pneu et pliant l’axe de roue. Il rentrera au stand pour réparer et ses mécaniciens vont faire un miracle car il repartira fort attarder mais remontera jusqu’à la 3ème place fort loin du vainqueur.

 

L’incontournable Lloyd Moore le relaye à la 1ère place mais Bill Blair lui subtilise au 25ème tour son bien et ne le lâchera plus jusqu’à l’arrivée. Blair parvient enfin à laisser la malchance de côté pour remporter sa 1ère victoire en carrière lui qui était passé plusieurs fois à côté depuis 1949. C’est la 1ère victoire de Mercury en NASCAR.

 

Moore en terminant quand même 2ème accroît considérablement son avance au championnat (+ 216,5 points) sur Tim Flock absent ici.

 

Course n°7 :

 

25 juin et 25 pilotes pour la course de Dayton dans l’Ohio, encore un demi-mile en terre battue, la grande mode à l’époque.

La pole est obtenue par Dick Linder pour la 1ère fois de sa carrière sur sa toute nouvelle Oldsmobile qu’il a rôdé en venant de chez lui au circuit ! L’apparition de deux Nash Ambassador est remarquée.

 

La course sera difficile car il fait extrêmement chaud. Linder profite de sa pole mais Curtis Turner partit à ses côtés sur la 1ère ligne le dépasse rapidement au 6ème tour. La course sera disputée entre Linder, Turner et Jimmy Florian. Notons que Gayle Warren mènera à la faveur des ravitaillements mais qu’il cassera sa boîte de vitesse au 118ème tour en essayant de contenir le retour de Florian. Ce dernier prendra finalement les commandes à 31 tours de l’arrivée. Il gagne devant le poleman Linder. Lloyd Moore le leader du championnat ayant abandonné, il termine 23ème et ne marque aucun point pour le championnat. Pas grave il garde la tête mais devant Lee Petty à 202,5 points qui dépasse Tim Flock, encore absent.

 

Cependant la chose marrante de la course est la descente de Jimmy Florian de sa voiture. Il était un short et tee-shirt !! Il trouvait qu’il faisait trop chaud pour porter la combinaison de mécanicien (pantalon et blouse blanche) traditionnelle. Il se justifia en disant que cela n’était pas imposé dans le règlement de la NASCAR.

 

Florian permet aussi à Ford de remporter sa 1ère victoire en NASCAR.

 

Course n°8 :

 

Nous voici à Rochester sur la piste de Monroe en ce 2 juillet. 25 pilotes dont bon nombre de gros bras, sauf Tim Flocks sont présents. Curtis Turner va y réussir un grand coup. En plus de signer la pole, il va remporter la course en menant les 200 tours ! Il gagne avec plus de 3 tours d’avance sur Bill Blair qui lui ne devance Lee Petty que de quelques centimètres sur la ligne ! Il y a donc quand même eu de la bagarre durant la course… et même après... En effet Lee Petty estime que Blair à voulu le mettre dans la barrière dans le dernier tour. Il aura une amende de $100 (il en a gagné $500) pour avoir frappé Blair.

 

Signalons aussi que Dick Burns fut fortement contusionné lors de son crash au 133ème tour quand il perd le contrôle de sa Mercury qui s’encastre dans un poteau d’éclairage.

 

C’est aussi la 1ère fois qu’un duo père/fils roule dans une course NASCAR. Certes ils ne sont pas très connu puisqu’il s’agit de Roscoe « Papy » Hough et de son fils Lee respectivement 18ème et 25ème et bon dernier de la course.

 

Turner revient au championnat à seulement deux points de Lloyd Moore. Petty lui descend 3ème à 24,5 points. Mais un coup de théâtre va tout changer une semaine plus tard. Bill France apprend que Lee Petty a roulé dans une course à Concord d’une association concurrente de la NASCAR. La sanction tombe Lee perd ses 809 points acquis depuis le début de l’année. Il repartira à zéro pour la 9ème course ! On ne rigole pas avec cela et Petty ne sera pas le seul à être pénalisé cette année pour cette raison.

 

Course n°9 :

 

Le 23 juillet on est de retour à Charlotte. 26 pilotes avec le retour de Tim Flock sont inscrits. Lee Petty est présent aussi mais ne semble pas en vouloir à la NASCAR. Il est décontracté…

 

Curtis Turner va écraser la concurrence de la même manière qu’à Monroe c'est-à-dire pole position et victoire en menant de bout en bout les 200 tours. Chuck Mahoney terminant à 2 tours du leader. Lloyd Moore casse son moteur au 101ème tour. Ce nouvel abandon lui fera perdre la tête au championnat.

 

En début de course, les deux Bill (Blair et Rexford) mettent un peu de pression sur Turner mais une fois qu’ils auront abandonnés (Moteur pour Rexford et axe de roue cassé pour Blair) Turner pourra dérouler tranquillement jusqu’au bout. Notons que Petty n’était pas si « calme » que cela car il s’accrochera avec Glen Dunnaway et tous deux abandonneront leur Plymouth suite à la perte de roues. L’accrochage fut particulièrement violent.

 

Turner s’envole au championnat face à Moore qui ne marque encore aucun point.

 

Bill Blair dépasse Gayle Warren.

 

Course n°10 :

 

Le Occoneechee Speedway accueille le 13 août 28 pilotes pour une course de 100 miles soit 100 tours. Il s’agit enfin d’une piste d’un mile. Dick Linder réalise la pole devant Turner qui rate de peu la passe de trois. Lloyd Moore est victime pendant la qualification d’un accident avec sa Mercury. Il part en tonneau (fait 3 tours) et est transporté à l’hôpital où l’on diagnostique un tassement vertébral dans sa nuque. Il va louper cette course mais reviendra dès la suivante.

 

La course démarre fort pour Turner qui subtilise le commandement dès le 1er virage à Linder. Il s’envole et ce n’est pas le 1er et seul yellow de la journée qui va le retarder. Ce yellow est du à Sterling Long qui est partit dans une série de tonneau, détruisant sa Hudson. Turner reprend sa marche impériale au restart mais au 45ème tour il crève un pneu et doit rentrer à son stand. Il repart avec 2 tours de retard sur Pee Wee Martin qui fait sa 1ère course de l’année. C’est d’ailleurs la seule fois qu’il mènera dans sa courte carrière de trois courses. Fireball Roberts dépasse Martin au 59ème tour et s’en va vers la victoire. Il gagnera avec peu d’avance sur Turner qui s’est par deux fois dédoublé et termine 2ème à la force de son seul talent.

 

Roberts gagne à 21 ans sa 1ère victoire et ce à son 3ème départ. Turner accentue son avance au championnat.

 

Course n°11 :

 

De nouveau Dayton en ce 20 août. 200 tours au programme pour les 28 pilotes. Curtis Turner fait la… pole devant Dick Linder.

 

La course sera perturbée à la fin mais au départ elle est une fois encore dominée par Turner qui s’envole jusqu’au 48ème tour quand son moteur casse. Il va terminer 23ème mais conservera la tête du championnat. Après l’abandon de Turner la course pour la 1ère place va être disputée entre Linder et un nouveau venu Red Harvey. Linder sera au commandement au bon moment quand au 195ème tour la course est stoppé au drapeau rouge suite à l’accident de Johnny Mantz qui vient de planter sa Lincoln dans la barrière de sécurité en bois. Joe Merola ne peut éviter les débris et se crash lourdement. Il sera conduit à l’hôpital avec de nombreuses contusions et coupures. Mantz lui n’aura rien. La course ne reprendra pas et Linder remporte sa 1ère victoire en carrière là même où il avait remporté sa 1ère pole plus tôt dans la saison.

 

Lloyd Moore fait un bon retour et malgré sa minerve termine 8ème conservant sa 2ème place au championnat. Louise Smith 19ème fait son meilleur résultat de l’année pour son 3ème départ.

 

Course n°12 :

 

27 août à Hamburg, 33 pilotes participent à la course. Dick Linder signe la pole devant Curtis Turner. Quand ce n’est pas l’un c’est forcément l’autre ! Trois femmes au départ.

 

La course sera passionnante avec une belle bagarre pour la tête entre 3 hommes : Linder, Turner et Fireball Roberts.

Au départ Linder ne profite pas de sa pole en partant en tête-à-queue dans le 1er virage. Turner prend le commandement mais au 74ème tour il crève un pneu et perdra 4 tours pour le faire remplacer. Linder reprend le commandement suivit par Roberts.

 

Un combat de fille se termine mal au 92ème tour quand Ann Chester et Louise Smith s’accrochent et le crash est très violent. Ce sera le seul yellow de la journée ou Ken Warmington fera faire 3 tonneaux à sa Ford et ce sans se blesser en essayant d’éviter les deux femmes. Heureusement ce jour là la bonne étoile veillait sur la piste car personne ne sera blessé. Sara Christian elle termine 14ème pour ce qui sera son dernier départ en carrière. Elle reste à ce jour la femme ayant le plus beau palmarès en NASCAR.

 

Revenons à la tête où Linder mène mais au 153ème tour part en tête-à-queue laissant Roberts prendre la 1ère place mais Linder est terriblement vexé de son erreur et repart le couteau entre les dents et 10 tours après a refait son retard et reprend le leadership !

Roberts tentera une dernière charge mais échouera pour 20 yards (moins de 20 mètres).

Linder remporte sa 2ème victoire consécutive. Cependant Turner termine 3ème à un tour du leader. Hé oui 1 tour !! Il ce sera dédoublé 3 fois durant les 126 suivants sa crevaison.

Lloyd Moore termine 4ème et Bill Rexford 6ème, ce dernier sans faire de bruit occupe maintenant la 3ème place au classement général.

 

Course n°13 :

 

La 13ème course est historique puisque c’est la première disputée sur une piste 100% asphaltée en NASCAR. Il s’agit de la course de Darlington. Cette course mérite d’être plus détaillée et un petit rappel historique est nécessaire.

 

Les Darlington Southern 500 de 1950

 

Après à peine une année d’existence, la NASCAR entreprend d’inclure dans son calendrier de 1950 une course « d’endurance » de 500 miles.

Harold Brasington, grand fan de stock-car et désireux de voir courir ces dernières sur un ovale asphalté comme les IndyCar à Indianapolis, décide de se lancer dans la construction d’un circuit. Ce circuit ne sera pas à l’image de ceux que la NASCAR visite habituellement. Il sera long (1,5 miles), relevé (25° dans les virages et 2° en ligne droite). Il choisit la Caroline du Sud pour s’implanter mais les premières difficultés arrivent. L’ancien propriétaire du terrain lui a fait promettre d’épargner l’étang à poisson. Pas de problème ou plutôt gros problème car la piste devrait voir son virage n°3 passer en plein milieu de celui-ci. Une promesse est une promesse et Brasington modifie les plans de son circuit : il sera plus court (1,25 miles) et les virages 3 et 4 seront plus serré et moins incliné (23°). Le circuit acquiert donc sa forme particulière en « œuf ».

Bill France saute sur l’occasion quand il prend connaissance du circuit de l’inclure comme épreuve de prestige de son championnat. A la même époque, la grande fédération concurrente de la NASCAR, la CSRA (Central States Racing Associations) a aussi l’ambition de faire une course de 500 miles mais la différence vient du type de circuit car elle a choisit le dirt track de Lakewood. Mais devant le faible nombre de pilotes inscrit, le promoteur de la CSRA : Sam Nunis se tourne vers Bill France en vue de s’associer pour courir à Darlington. Harold Brasington n’en croit pas ses yeux quand il reçoit les deux délégations dans son bureau. Cela sera d’ailleurs la première et dernière fois qu’elles s’associeront car la CSRA vit ses derniers jours, ces pilotes la fuyant pour la NASCAR où les primes sont plus élevées. Mais ce rapprochement a du bon car ce n’est pas moins de 82 candidatures de pilotes que le circuit reçoit.

 

Le « Time trials » = les essais durèrent 15 jours et la course était prévue pour le 4 septembre, jour du Labor Day (fête du travail).

Le système d’essai reprenait plus ou moins ce qui se faisait à l’époque à Indianapolis. Sur les 82 engagés, deux femmes : Louise Smith et Pat Sutton ne participèrent finalement pas aux qualifications. Une autre femme Dorothy Shull fut la seule à tenter sa chance mais lors du 15ème et dernier jour des essais elle partit en tête à queue dans le virage n°2 et détruisit son Oldsmobile. Trop endommagée, elle du se résoudre à déclarer forfait pour la course. Quatre autres pilotes qui pourtant comme Dorothy s’étaient qualifiés ne participèrent pas à l’épreuve : Herb Thomas, Bill Bennett, Louis Hawkins et Pap White.

Les qualifications reprenaient donc le principe du Bump Day d’Indianapolis. C'est-à-dire que les temps du premier jour étaient devant ceux du deuxième,… C’est d’ailleurs pour cela que Johnny Mantz (Plymouth) partit 43ème sur 75 alors qu’il avait le temps le plus lent en 73.460 mph. A comparer aux 82.034 mph du poleman Curtis Turner (Oldsmobile) ou encore au meilleur temps absolu de Wally Campbell (Oldsmobile) en 82.400 mph s’élançant pourtant de la 60ème position. Vu le nombre d’engagés car à l’époque on acceptait tout le monde. La grille de départ fut une nouvelle fois basée sur ce qui se faisait à Indy (très bien d’ailleurs). Cela sera une succession de 25 lignes composées chacune de 3 pilotes. Ce schéma sera utilisé uniquement pour cette course et ce jusqu’en 1960 inclus. Les qualifications furent terribles pour les pneumatiques qui avaient vraiment beaucoup de mal à tenir la distance. Les pilotes étaient inquiets pour la course. A noter que Jesse James Taylor (Mercury) fut repêché pour compléter la grille (75ème et dernier) malgré qu’il n’ai pas participé aux qualifs. Plus surprenant encore, Chuck Mahoney (Mercury) s’élança 15ème car la NASCAR perdit son temps (visiblement le papier fut égaré) et il lui fut attribué cette 15ème place au hasard.

 

Je ne vais pas entrer dans le détail car cela peut paraître étonnant que le 3ème aille plus vite que le 2ème, que le 51ème aille plus vite que le 50ème,… Mais pour résumer, il y avait 15 jours de qualifications et 2 à 3 séances par jour. Pour faire un temps il fallait effectuer la meilleure moyenne sur 10 miles comme à Indianapolis, ce qui fait ici 8 tours. Le 1er de la 1ère séance était devant, etc... Chaque pilote devait entériner ou non son temps comme cela se faisait à Indy. S’il le faisait, il était assuré de sa position. C’est le cas de Johnny Mantz qui accepta tout de suite sa 43ème position sachant qu’il lui serait difficile de faire mieux. Mais pourquoi Mantz roulait-il si lentement ? En fait après les trois premiers jours d’essais à regarder ses petits camarades du bord de la piste le temps que ses mécanos allègent sa voiture, il estima que les pneus utilisés habituellement pour les autos étaient faits d’une gomme trop tendre, s’échauffaient donc trop vite et explosaient trop facilement. Mantz était le seul à avoir une expérience sur piste asphaltée, en effet il courait sur des IndyCar de la fédération AAA. Les pneus sur ces monoplaces étaient plus durs. Il pense donc que la solution serait d’installer des pneus durs sur sa Plymouth. Mais que mettre ? Il se tourna vers Westomreland qui lui dit que lui aussi en était rapidement arrivé à cette conclusion en suivant les essais. Il lui dit de prendre ceux de son truck (ici truck = pick up ou camionnette et non pas camion comme on l’entend chez nous). Westmoreland lui expliquant pourquoi il estime que c’est la bonne solution. Mantz dit OK, il monta ses pneus et testa cela sur la piste. Il était incroyablement lent, 6 miles moins vite au tour qu’avec les pneus habituels mais aux moins ils résistaient. Les autres pilotes le surnommeront par la suite « Madman ».  

La course :

 

Le départ est donné sous un magnifique soleil par le flagman officiel de la NASCAR : Alvin Hawkins et ce devant une foule de 25000 spectateurs.

 

Les concurrents sur la grille de départ. A droite Curtis Turner le poleman.

 

Dès le premier tour Gober Sosebee prend le commandement par l’extérieur dans le 2ème virage à Curtis Turner. Celui-ci ne reprend son bien qu’au 5ème tour. A ce stade de la course, Johnny Mantz a déjà dégringolé de la 43ème à la … 75ème et dernière position. Au 24ème tour, Roscoe Thompson entre dans la légende en étant le premier pilote à abandonner. Il fait chaud et son moteur a surchauffé, cela sera le cas de bien d’autres pilotes. Au 27ème tour Cotton Owens, le célèbre préparateur et pilote à ses heures, prend la tête car Curtis Turner s’est arrêté pour changer (déjà) de pneus. IL roulait si vite, près de 2 secondes au tour, qu’il les a littéralement détruit. Cotton Owens est plus prudent mais au 49ème tour alors qu’il en a 1 d’avance sur Mantz son dauphin, il rentre pour la 2ème fois changer de pneus. L’arrêt est long, très long et Mantz se dédouble et prend la tête !!! Lui le plus lent devant tout le monde. Au 70ème tour, Johnny « Madman » compte un tour d’avance sur Gober Sosebee qui remonte petit à petit. Au 90ème tour, plus personne n’ose encore le surnommer « Madman » car il a maintenant 2 tours d’avance sur Bill Rexford. Les stands sont en effervescence non stop.

 

Hershell McGriff aura comme beaucoup d’autres donné du fil à retordre à ses mécaniciens.

 

Au 176ème tour, c’est le premier drapeau jaune car Buck Baker détruit son Oldsmobile après un immense tête à queue dans la ligne droite arrière, il dira que son pneu avant droit a explosé et on veut bien le croire. Il faut dire que la température ne cesse d’augmenter et il fait plus de 25°C dans l’air, le soleil réchauffe fortement la piste car le ciel ne contient que quelques petits nuages. Tout cela mis ensemble, la vie des pneumatiques en est rendue plus difficile. Au 279ème passage, deuxième et dernier drapeau jaune, c’est Curtis Turner, à 4 tours du leader, qui s’est accroché avec Tex Keene pourtant largué à 46 tours de Turner. Ils abandonnent tous les deux. Au 300ème tour, Johnny Mantz compte désormais plus de 6 tours d’avance sur le second : Red Byron. Il va d’un coup prendre 3 tours supplémentaires car ses plus proches adversaires sont aux stands et cela met beaucoup de temps car ils n’ont plus de pneus en réserve. Qu’à cela ne tienne, les mécanos vont en voler dans les parkings des spectateurs pour permettre à leur pilote de reprendre la piste. C’est la cohue et seul 28 pilotes roulent encore.

Pit stop de Pee Wee Martin #34 alors que sur la piste la bataille fait rage.

 

La course suit son cours et il devient de plus en plus évident que Johnny Mantz est seul sur sa planète. Car lors du baisser du drapeau à damier au 400ème tour, il ne compte pas moins de 9 tours d’avance sur Fireball Roberts. Johnny Mantz empoche $10,510, il a mené 350 tours consécutivement et surtout n’a  changé que 6 pneus. Il a ce jour là reprit l’adage de Jean de Lafontaine : « rien ne sert de courir, il faut partir à point ». Johnny n’a pas couru ou presque car sa moyenne en course est de 2 miles plus rapide que celle de son temps de qualification ! Il aura mit 6 heures et 38 minutes pour arriver au terme des 500 miles. Le Labor Day devrait être traduit « jour laborieux ».

 

Le vainqueur Johnny Mantz.

 

Mais la polémique allait débuter dans les minutes suivant l’arrivée. Les dents grinçaient quand on évoquait le fait que Mantz n’avait couru que 2 courses en NASCAR avant celle-ci et qu’il avait donné la leçon à tous les ténors de la discipline. Mais ce qui agaçait vraiment c’est que sa voiture était engagée par le trio Hubert Westmoreland / Alvin Hawkins (starter et flagman officiel de la NASCAR) et Bill France, le grand patron de la fédération. On entendait dire qu’il avait été informé de l’usure des pneus et que c’était sous les conseils de Big Bill qu’il avait roulé avec des pneus de truck. Les choses se calmèrent quand Fireball Roberts lui-même déclara que certes ce n’était pas le plus rapide qui avait gagné mais le plus intelligent.

 

Voilà l’histoire de la première course asphaltée de la NASCAR. A noter que la prime en argent offerte permit à Mantz de gagner plus que le champion 1950 Bill Rexford. Que les points accordés à l’époque en fonction de la distance permirent à Mantz qui n’avait pourtant fait que 3 courses de finir 6ème au championnat devant des pilotes qui avaient fait plus de 10 courses !!

 

A la NASCAR, quelle histoire.

Cette course connaîtra un succès incroyable et ce surtout dans le cœur de fans et des pilotes. Elle perdura jusqu’en 2003.

 

Course n°14 :

 

Retour à Langhorne le 17 septembre pour une course de 200 miles. 48 pilotes engagés confirmant la bonne santé de cette épreuve. Le poleman est l’étonant Wally Campbell dont ce sera d’ailleurs le seul fait de gloire en carrière. Cependant Tim Flock est le plus rapide en qualification mais partira 2ème.

 

Le départ est donné et Curtis Turner comme à son habitude saute de sa 3ème position pour s’emparer illico de la tête empêchant Campbell de mener le moindre tour de la course ! Mais après 31 tours en tête l’Oldsmobile de Turner va montrer des signes de faiblesses et il abandonnera un peu plus tard… Fonty Flock va prendre la relève en tête et à part une prise de pouvoir éphémère de Bill Blair ne sera plus inquiété jusqu’à l’arrivée. Il gagnera avec un demi-tour d’avance sur Blair. Fireball Roberts termine 3ème et Lee Petty 4ème.

 

John Schelesky et ce qui reste de sa Plymouth.

 

Pour Fonty il s’agit de sa 1ère victoire en carrière. Encore un Flock qui gagne restant encore à ce jour les seuls trois frères vainqueurs en NASCAR ! Roberts va prendre la tête du championnat pour 46 points devant Rexford. Lloyd Moore accuse toujours le coup suite à sa blessure et ne parvient plus à faire de bons résultats.

 

Notons que John Schelesky subit pour son 1er départ en NASCAR un terrible accident lorsqu’il perd le contrôle de sa Mercury. Il percute une barrière mais passe au travers et retombe presque 6 mètres en contrebas dans l’allée du tunnel permettant d’accéder dans l’Infield. Il sera terriblement blessé mais survivra. Il ne pourra cependant plus jamais conduire une voiture de course. On est passé ici très près du 1er décès en NASCAR.

 

Course n°15 :

 

North Wilkesboro accueille le 24 septembre une course où bon nombre de favoris au championnat sont absents. Lloyd Moore décide de faire l’impasse ici pour laisser son corps meurtri se reposer un peu. La pole est remportée par Fireball Roberts devant Red Byron qui fait ici son retour à la compétition (en fait en NASCAR).

 

La course sera bizarre avec un déroulement digne d’un film Hollywoodien. Le départ est donné et directement Red Byron dépasse Roberts qui vient de faire faire une surrégime démentiel à son Oldsmobile. Fonty Flock dépasse vite Byron et va mener jusqu'au-delà de la mi-course. Cepedant son moteur va perdre de la puissance permettant à Byron de reprendre la tête. Clyde Minter perd une roue de sa Buick et en voulant l’éviter Slick Smith au volant de sa Nash Ambassador percute un jeune garçon de 12 ans, Peter Shaw. Ce dernier souffrira d’une jambe brisée. Ensuite Byron casse un axe de roue dans une ornière et abandonne laissant Jack Smith sur Plymouth le relayé à la première place. Pas de chance pour les moteurs des leaders car c’est maintenant Smith qui connaît une perte de puissance. Leon Sales sur la Plymouth #98 engagée par Hubert Westmoreland, celle-là même que Johnny Mantz a conduit sur la Victory Lane de Darlington se retrouve un peu par hasard leader à 8 tours de la fin. Il va mener son petit train tranquillement et remporte ainsi sa 1ère victoire et ce dès sa 1ère course ! Ce sera sa seule victoire en carrière, son seul top5, sa seule course menée… Bref son jour de gloire.

 

Clyde Minter passe…

 

Jack Smith termine tout de même 2ème mais sa Plymouth est à l’agonie. Roberts en abandonnant et finissant 16ème ne gagne que 2,5 points mais accroît son avance à 148,5 points car Bill Rexford était absent.

 

Coup de théâtre quand le 28 septembre Bill France annonce que Red Byron pour trahison, puisqu’il a roulé dans des courses non badgées NASCAR, se voit retirer tous ses points acquis soit 1630 points. Byron fâché décidera de boycotter la fin de saison.

 

Course n°16 :

 

Vernon dans l’état de New York accueille la manche suivant le 1er octobre. 29 pilotes engagés avec le retour de Bill Rexford. Dick Lindr signe la pole, sa 4ème de l’année. Ann Bunselmeyer en prenant part à la course devient la 5ème femme de l’histoire de la discipline. Fireball Roberts, le leader du championnat est absent.

 

La course sera aisée pour Linder qui profite de sa pole. Felix Wilkes s’accroche avec Jack Reynolds et détruit sa Hudson dès le 2ème tour contre une palissade en bois sans dommage pour le pilote. Reynolds lui repartira et terminera 5ème. Herb Thomas prend le pouvoir au 31ème tour mais sera victime d’ennuis mécanique l’obligeant à ralentir et finalement il sera victime d’un accident en voulant forcer sa monture à rouler plus vite qu’elle ne le pouvait. Il perd en effet une roue et détruit sa Plymouth heureusement sans gravité pour le pilote. Du coup Linder reprend la tête et ne la lâchera plus jusqu’à l’arrivée malgré les assauts de Ted Swain qui fait ici son 1er départ en carrière mais pilote une excellente Plymouth engagée par l’écurie en vogue en ce moment, celle d’Hubert Westmoreland. Il termine 2ème à cinq longueurs de voitures.

 

Avec sa 6ème place Bill Rexford profite de l’absence de Roberts pour prendre le commandement au championnat avec 31,5 points d’avance. Linder lui a remporté sa 3ème victoire de l’année et entre dans le top10 du championnat avec la 7ème place.

 

Course n°17 :

 

Le 15 octobre on se retrouve à Martinsville, il fait mauvais et seulement 6700 spectateurs viennent voir la course de 100 miles. 21 pilotes mais pas le leader Bill Rexford.

La pole revient à Fonty Flock, sa 1ère en carrière. Il devance son frère Tim et Curtis Turner qui revient après avoir loupé la course précédente faute de voiture en état.

 

Notons que c’est la première fois que la NASCAR organise deux courses le même jour et elles comptent toutes les deux pour le championnat. La course de Winchester étant considérée comme la 18ème car courue plus tard dans la journée.

 

Fonty Flock réussit un bon départ mais Turner comme à son habitude ne peut envisager une course qu’en tête de la meute. Il prend donc le leadership au 10ème tour mais son moteur casse au 65ème, il rentre à son stand mais ne peut qu’abandonner laissant Herb Thomas seul en tête avec un tour d’avance sur son poursuivant direct Lee Petty. Il n’y aura plus de changement pour les deux premières positions et Herb Thomas pourtant partit 19ème remporte sa 1ère victoire en carrière. Le poleman Fonty Flock termine 4ème derrière Buck Baker.

 

Fireball Roberts termine 6ème et prend la tête du classement mais seulement pour quelques heures…

 

Course n°18 :

 

Le Funk’s Speedway de Winchester accueille donc la 18ème course dont le départ sera donné quelques heures après celui de Martinsville en ce 15 octobre. 13 pilotes seulement et 5000 spectateurs ce qui en fait la course la moins fournie depuis les débuts en 1949. Mais il y aura pire plus tard !

 

Dick Linder remporte une nouvelle pole position. La course sera tout autre pour lui car il ne tiendra que 3 tours devant avant de se faire dépasser par Bucky Sager qui fait ici sa 1ère course en carrière. Cela dit l’homme fort du jour est Lloyd Moore qui s’empare du commandement au 150ème des 200 tours et s’envole vers sa 1ère victoire en carrière. Sager 2ème et surtout Bill Rexford 3ème qui ainsi reprend la tête du championnat avec 110,5 points d’avance sur Fireball Roberts.

 

Moore remporte ici sa seule victoire en carrière. Pour Julian Buesink, c’est un grand jour avec la victoire de Moore et la prise de pouvoir de Rexford au championnat.

 

Course n°19 :

 

Hillsboro pour la 2ème fois de l’année sur l’Occoneechee Speedway et surtout pour la finale. Le 29 octobre il y a du monde sur cette petite piste avec 29 pilotes et 11000 spectateurs en tribune. Pourtant il fait très moche dans le ciel. Fonty Flock en profite pour faire la pole devant Fireball Roberts. Rexford lui ne fait que le 29ème et dernier temps. Louise Smith crash sa Nash durant la qualification contre un tronc d’arbre dans le 1er virage. Elle fera la course avec la voiture de réserve malgré quelques points de sutures.

 

La course se résume en première partie à une bataille Fonty Flock/Fireball Roberts. Dans le 1er virage au départ Jimmy Ayers part en tonneau (3 tour sur lui-même) et provoque le seul yellow du jour. Il repartira et finira même 22ème. Au 23ème tour coup de théâtre magistral avec l’abandon sur casse moteur de Bill Rexford le leader du championnat. Roberts peut envisager le titre mais l’appât du gain aura raison de lui. En effet la prime pour le vainqueur est de $1,500 et celle pour le titre de champion de seulement $1,000. Roberts pousse donc un maximum son Oldsmobile pour viser la victoire au lieu de la jouer placé en vue du titre.

 

Roberts dépasse Fonty Flock au 78ème tour mais Flock le repasse le tour suivant. Roberts voit rouge et repart à la charge et reprend la tête le tour suivant. Seulement voilà son moteur n’a pas du tout apprécié ce traitement et rend il surchauffe dès le 80ème tour…. Il casse finalement au 126ème tour mais Roberts est déjà hors des points. S’en est donc terminé pour Roberts aussi bien de la prime de la victoire que du titre. Il sera classé 21ème ici et ne marque aucun point. Rexford non plus avec sa 26ème place.

 

La course se poursuit cependant Fonty Flock devant mais Lee Petty mènera les bons tours surtout lorsqu’au 175ème des 200 tours prévu, la direction de course stoppe l’épreuve à cause de la pénombre. Il est tard et les nuages nombreux. Petty gagne la course, la 2ème de sa carrière.

 

Bill Rexford remporte donc le titre devant Fireball Roberts et Lee Petty. Cela dit si Lee Petty n’avait pas été pénalisé et perdu 809 points en début d’année il aurait été champion avec 440 points d’avance sur Rexford. Idem pour le tenant du titre Red Byron qui avait gagné 1630 points avant de se les voir retirer. Il aurait terminé l’année au 4ème rang.

 

Bill Rexford.

 

Voilà la deuxième saison de NASCAR se termine et aura tenu toutes ses promesses question suspense avec entre autre 7 pilotes différents menant le championnat en cours de saison. Rexford lui ne fera plus jamais de saison en visant le titre, il ne gagnera d’ailleurs jamais d’autre course. Julian Buesink remporte en tant que propriétaire et crew chief son seul titre dans la discipline. Oldsmobile par contre remporte son 2ème titre consécutif.

 

Rendez-vous en 1951.

 

© 2006

 

Bibliographie :

 

  • Forty Years of Stock Car Racing: Vol1: The beginning 1949-1958. (Greg Fielden, édition The Galfield Press)

  • The complete Statistical History of Stock-Car Racing: Records, Streaks, Oddities, & Trivia (Richard Sowers, édition David Bull)

  • Darlington Raceway – 50th Anniversary (édition UMI)

  • NASCAR: The Early Years (édition UMI)

  • NASCAR official 1950 Yearbooks (édition NASCAR News Bureau)

  • The American Stock Car (William Burt, édition MBI)

  • Daytona The Quest for Speed (Tom Tucker/Jim Tiller, édition The Daytona Beach News Journal).

  • Stock Car Racing Encyclopedia: The complete record of America’s most popular sport (Peter Goldenbock/Greg Fielden, édition MacMillan)

  • The New York Yimes, différents numéros de 1950

  • The Charlotte Observer, 24 juillet 1950

  • The Atlanta Journal, 6 juillet 1950

  • Greg Fielden et Bob Latford (NASCAR Statistical Service) pour leurs documents personnels et m’avoir permit de consulter les archives officiels de la NASCAR.

  • D’autres sources dans mes lectures passées à la fois « livres », « papiers » et « Internet » ayant constitué la base de mes archives personnelles.

    

 

 

 



Connexion
Se connecter :
Pseudo :
Mot de passe :


Prochaines courses