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Un peu d’histoire : (26) Johnny Mantz a bel et bien changé de pneus !!

 

Oui le mythe s’effondre d’un coup d’un seul mais contrairement à la croyance populaire le vainqueur des premiers Southern 500 à Darlington en 1950 Johnny Mantz a bel et bien changé de pneus durant la course.

C’est sur le rapport d’après course d’Hubert Westmoreland que la vérité éclate au grand jour. Propos que ce dernier confirme lors d’une interview à l’occasion de la dixième édition de la course et parue dans le programme de course de l’édition 1959. Propos une nouvelle fois confirmé dans le programme de course de l’édition 1972 de la course (23ème édition).

Etant un inconditionnel des « vieux papiers » j’ai en ma possession ces documents et j’avoue que moi aussi j’ai longtemps été berné par ce que le bouche à oreille d’abord puis les écrits successifs ensuite nous ont transmis.

Westmoreland est un habitué de la NASCAR depuis la première course en 1949. Souvenez-vous je l’ai déjà évoqué mais il était le propriétaire de la voiture de Glenn Dunnaway, le tout premier vainqueur le 19 juin 1949 à Charlotte avant d’être disqualifié pour une modification illégale de la suspension (voir l’histoire de la NASCAR : 1949).

Mais revenons à la course de Darlington. Westmoreland décide d’y engager une Plymouth  pour Johnny Mantz, le célèbre pilote d’Indy qui vient de se retrouver à pied.  Mais l’engagement se fait au tout dernier moment et la voiture arrive sur le circuit directement depuis la concession sans la moindre modification mécanique. Tout est encore dedans y compris la banquette arrière et même la valise dans le coffre offerte pour l’achat de ce modèle ! Le moteur n’est même pas rodé !

Mais pourquoi cet engagement de dernière minute ? Tout simplement car Westmoreland veut aider son ami Mantz qui a détruit ses deux voitures coup sur coup. Il a en effet acheté une nouvelle Oldsmobile qu’il décide d’engager à Dayton le 20 août. Mais lors de la séance libre il détruit totalement sa nouvelle acquisition contre un talus. Du coup il fait la course avec sa Lincoln ’49 mais le sort s’acharne car il détruit également cette voiture. Il n’a pas les moyens d’acheter une nouvelle voiture pour la fameuse course qui se profile à Darlington. Il décide quand même d’y aller et bien lui en a pris car une fois sur place il voit Westmoreland et comme écrit ci-dessus ce dernier va illico lui acheter une voiture.

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La voiture de Johnny Mantz telle quelle apparaît lors de son entrée en 1972 dans le musée de Darlington. Il s’agit d’une réplique fidèle dans sa décoration.

Cette Plymouth va porter le #98jr. Pourquoi 98 ? Car c’est le numéro de Mantz à Indy. Le Jr. étant accolé pour différencier les deux. Cela dit à Darlington les numéros à 3 chiffres ou comportant des lettres sont interdits par son promoteur Harold Brasington contrairement à ce qui se fait sur les autres pistes de la NASCAR. Pas grave le Jr. y est écrit mais en petit à la base des numéros 98.

Lors de la seule séance d’essai libre ou Mantz participe il réalise le 60ème chrono. Ce n’est pas fameux mais Westmoreland est lui très satisfait. Mais pourquoi ? Car ce dernier a assisté à tous les essais et il sait que le problème de ceux qui vont vite est l’incroyable usure des pneus. De fait la seule réellee modification que Westmoreland fera effectuer sur la voiture est de la chausser de 4 pneus issus d’un pickup tout terrain. Mantz ayant l’habitude des courses sur asphaltes en Indy accepta tout de suite, l’idée lui paraissant cohérente.

Mais pourquoi Mantz roulait-il si lentement ? En fait après les trois premiers jours d’essais à regarder ses petits camarades du bord de la piste le temps que ses mécanos allègent sa voiture, il estima que les pneus utilisés habituellement pour les autos étaient faits d’une gomme trop tendre, s’échauffaient donc trop vite et explosaient trop facilement. Mantz était le seul à avoir une expérience sur piste asphaltée, en effet il courait sur des IndyCar de la fédération AAA. Les pneus sur ces monoplaces étaient plus durs. Il pense donc que la solution serait d’installer des pneus durs sur sa Plymouth. Mais que mettre ? Il se tourna vers Westomreland qui lui dit que lui aussi en était rapidement arrivé à cette conclusion en suivant les essais. Il lui dit de prendre ceux de son truck (ici truck = pick up ou camionnette et non pas camion comme on l’entend chez nous). Westmoreland lui expliquant pourquoi il estime que c’est la bonne solution. Mantz dit OK, il monta ses pneus et testa cela sur la piste. Il était incroyablement lent, 6 miles moins vite au tour qu’avec les pneus habituels mais aux moins ils résistaient.

Les autres pilotes le surnommeront par la suite « Madman ».

Petite parenthèse qui explique l’origine de la confusion. Je dis pickup car chez nous en Europe c’est ainsi que l’on nomme un truck. Le mot truck étant un terme plus générique aux USA et désigne à la fois un camion ou un pickup. D’ailleurs les camions sont généralement nommés de façon plus précise en fonction de leur usage aux USA. Mais je n’entrerais pas dans ces détails aujourd’hui. Du coup pour les francophones en lisant truck ils ont fait la traduction en camion. Mais il est évident que des pneus de camions ne peuvent pas être montés sur une voiture (diamètre, nombre de points d’attache) surtout que la Plymouth était une voiture rikiki comparé à certaines autres voitures de l’époque engagées en NASCAR.

Lors de la séance qualificative (il y en eu 15 vu le grand nombre d’engagés) ou Mantz participe il réalise le 43ème chrono. Pour rappel au départ ils seront 75 et ce après les forfaits de plusieurs pilotes. Mantz roule très peu et très lentement depuis le début de la semaine à la demande de Westmoreland histoire de ne pas éveiller la curiosité de ses adversaires.

Le jour de la course c’est comme prévu l’hécatombe en termes d’usure des pneumatiques et les favoris n’arrêtent pas d’en changer. Pour comparaison Red Byron qui terminera 3ème sur sa grosse Cadillac procéda à 27 changements de pneus (les 4 pneus chaque fois) et ce fut à peine un de plus que le 2ème Fireball Roberts qui en effectua 26 avec son Oldsmobile. Ce fut une telle hécatombe que bons nombres de concurrents moins bien préparés et fortunés iront voler des pneus sur des voitures de spectateurs parquées dans l’infield. Les plaintes pour vol de pneus à la police ce jour-là confirmant le phénomène.

Quant à Mantz il roula à son rythme, quoiqu’un peu plus vite quand même et telle la fable du lièvre et de la tortue prit la tête de la course au 50ème passage et franchira en vainqueur 350 tours plus tard la ligne d’arrivée avec 9 tours d’avance sur Roberts et 10 sur Byron. Pourtant ces derniers comme beaucoup d’autres n’arrêtaient pas de se dédoubler face à la tortue Mantz. Le secret de Mantz résidait donc dans la dureté de ses pneus et dans leur longévité. Il ne changea durant les 500 miles que 6 pneus en deux pit stop. Une fois les deux du côté gauche (intérieur de la piste) et 2 fois les 2 du côté droit, le plus sollicité. De plus il ne procéda à ses deux changements de pneus que lors des deux seules neutralisations de la course histoire de perdre un minimum de temps. Il ne fut d’ailleurs victime que d’une seule crevaison et ce en toute fin de course après avoir roulé sur un débris. Ce qui ne l’empêcha pas de continuer sa route sans s’arrêter.   

Westomreland avait parié que le temps passé aux pits serait le facteur clef et il avait raison. A l’époque il fallait en moyenne 2 bonnes minutes pour changer les 4 pneus et remettre du carburant et tout dépendait aussi du nombre de mécaniciens et surtout du matériel mis à disposition de ceux-ci.

Un hold-up ? Presque et d’ailleurs ce fut la seule victoire en carrière pour Johnny Mantz.

Voilà pour cette fois. Une prochaine histoire sur la fabuleuse histoire de la NASCAR prochainement sur  STOCKCAR-WORLD !

A bientôt,

nascar_vd,  le 13 avril 2011

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