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Un peu d’histoire : (17) La folie d’Atlanta 1978 :

Erreur de scoring, incendie et tentative d’assassinat !

 

Nous sommes en 1978, lors des Dixie 500 sur l’Atlanta International Raceway à Atlanta en Georgie, cadre de l’avant dernière course de la saison. C’est le 5 novembre que la course a lieu mais les choses sérieuses ont commencés dans les jours précédents et ne se termineront que dans le courant de la semaine suivante.

Du coup cette course est sans doute la plus incroyable dans son déroulement tant sur la piste qu’en dehors des années 70.

Tout d’abord parlons de la course, depuis la création de la NASCAR c’est la première fois qu’une telle erreur de scoring (enregistrement des statistiques d’une course : nombre de tours, vitesse moyenne, position des pilotes,…) va avoir lieu. Si une telle erreur était encore acceptable dans les années 50 faute de moyens en hommes et technologiques elle l’est beaucoup moins en 1978. L’homme a quand même marché sur la Lune depuis presque 10 ans ! Pire la dernière fois qu’une grosse erreur avait eu lieu c’était en 1962 lors des Southern 500 avec la victoire de Junior Johnson. Mais après la cérémonie du podium, des photos officielles et du baiser par la miss locale un recompte du scoring avait démontré 7 heures après que la vrai vainqueur était Larry Frank. Il recevra son trophée lors de la course suivante. Pour les sponsors le mal était fait car les articles de presse avaient déjà été imprimés avec le mauvais résultat…

Mais entre 1962 et 1978 la NASCAR s’est largement développée en ce qui concerne le sponsoring. Une telle erreur conduirait inévitablement au tribunal pour des réparations financières !

Ici aussi une grosse erreur va avoir lieu et il faudra pas moins de 3 heures aux officiels pour procéder au recompte complet des datas avant de pouvoir déclarer officiellement le résultat final avec la victoire de Donnie Allison.

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Donnie Allison et tout son team fête la victoire !

Les 48000 spectateurs présents ont longtemps cru que Richard Petty avait finalement mis fin à sa plus grande période de disette. 42 courses sans victoire depuis celle obtenue aux 400 miles de Daytona en 1977. Mais il va devoir finalement prolonger son calvaire jusqu’aux Daytona 500 en 1979, soit 45 courses sans fréquenter la Victory Lane. Et oui en 1978 le King ne recevra aucun trophée !

Le public avait pourtant eu droit à sa dose de suspense avec un final éblouissant entre Richard Petty et Dave Marcis et c’est à la photo finish que l’on avait pu les départager. Petty l’emportant sur Marcis. Peu avant la fin la messe semblait dite avec la probable victoire de Buddy Baker mais son moteur Chevrolet préparé par M.C. Anderson rendait l’âme au 311ème tour alors qu’il occupait la 2ème place et qu’il avait mené le plus de tours jusque là. Il aurait ainsi remporté sa première victoire pour Anderson. Les mauvaises langues ont dit à l’époque qu’Anderson lui avait volontairement placé un moteur moins fiable en représaille au fait que Baker venait de signer un contrat pour piloter dès 1979 pour le compte d’Harry Rainier. Cela ne fut bien sur jamais prouvé. La silly season battant son plein en ce mois de novembre.

Les erreurs de scoring vont débuter en même temps que la course. Le préposé au scoring de la voiture de Bobby Allison a tout simplement « oublié » à au moins 3 reprises de pointer Allison. Ce qui fait qu’au baisser du drapeau à damier il n’a fait que 327 tours contre 328 à Petty et Marcis. Allison est donc classé 5ème de la course. Mais Hoss Ellington son propriétaire s’insurge car pour lui il est le vainqueur et exige un recompte.  A 50 tours de la fin Allison est pointé à deux tours de retard sur le leader (suite à une panne d’essence en début d’épreuve (1 tour) et l’autre lorsqu’il fut pénalisé d’un tour pour être entré dans la pitlane avant que le pace car ne soit correctement positionné devant le leader) et à un tour lors du baisser du drapeau à damier en 5ème position. A quelques tours de la fin Allison s’est en effet dédoublé face à Petty et Marcis. Ces deux derniers n’ont pas fait trop attention  à Allison car ils se battaient pour la victoire et pour eux c’était un attardé comme les autres qui avec des pneus plus frais se dédoublait.

Allison et Ellington diront qu’ils ont réussit à récupérer un tour lors de l’avant dernier yellow suite au tête-à-queue de Richard Childress au 287ème tour et encore un tour lors du dernier yellow au tour 294 quand Benny Parsons et Buddy Baker se sont accroché. Allison se retrouvant dans le tour du leader car il ne s’était pas arrêté et avait de plus bénéficier du gentlemen agreement alors que Petty et Marcis passaient aux stands pour mettre des nouveaux pneus. Quand Petty et Marcis pensaient qu’il se dédoublait à 3 tours de la fin il prenait en fait la tête de la course et s’en allait remporter l’épreuve. Pourtant à la radio de Petty Dale Inman, son crew chief, se fiant au tableau d’affichage du circuit, avait dit à Richard de ne pas s’occuper d’Allison.

Petty se dirigea vers la Victory Lane mais entendra Inman lui dire que finalement il n’était pas sur qu’il avait bien gagné la course vu la réaction du clan d’Allison qui lui aussi alla planter sa voiture sur la Victory Lane. Les officiels le poussant gentiment dehors pour célébrer la victoire de Petty. C’est au bout de 3 longues heures que le verdict final après recompte tomba. Allison était bien le vainqueur devant Petty et Marcis. La NASCAR ne prit même pas la peine de présenter ses excuses pour cette erreur.

Hoss Ellington dira après que la victoire fut rendue à son pilote que ce genre d’erreur de scoring était rare et que l’erreur est humaine mais que l’essentiel est de savoir reconnaître ses erreurs et de les réparer. Pour Allison c’est la première victoire depuis les American 500 de Rockingham en 1976.

En fait le préposé au socring de la voiture d’Allison n’a pas fait attention qu’il récupérait un tour en restant sur la piste lors des deux yellows. Pour lui il avait juste encodé le tour lorsqu’il s’était dédoublé en fin de course.

Le public et les médias vont par contre avoir l’impression que l’erreur fut volontaire de la part de la NASCAR, cette dernière ne voulant pas voir son pilote n°1 arrivé au chiffre mythique des 43 courses sans victoires. La NASCAR démentira tout favoritisme. Petty déclarant qu’il espérait ne jamais être favorisé de la sorte et qu’il préférait perdre que de ne pas mériter une victoire.

Le président Bill France Jr pour défendre la NASCAR prendra la parole et déclarera que le système de scoring manuel par des hommes étaient un système sur et éprouvé. Des erreurs pouvant toujours arrivés mais que cela faisant 120 courses qu’il n’y en avait plus eues. Que le système par électronique avait été testé mais qu’il était moins fiable. Il faudra attendre 1993 avant qu’il soit complètement fiable et utilisé en course.

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Richard Petty #43 au coude à coude avec Dave Marcis #2.

Mais les spectateurs avaient déjà eu chaud, surtout certains quand un incendie ce déclarait dans  le parking situé dans l’infield de la piste. Pas moins de 35 voitures allaient prendre feu dont 24 complètement. Les officiels allaient brandir le drapeau jaune pendant 28 tours en ce début de course pour permettre aux équipes de commissaires de piste d’aller porter mains fortes aux services d’incendie de la ville d’Hampton, ville où se situe réellement la piste tout près d’Atlanta. Voilà pour l’incendie.

Maintenant un mot sur la tentative d’assassinat. Jim Stacy, sponsor et propriétaire de la voiture de Neil Bonnett en début de saison allait être 4 jours plus tard bien inspiré quand il trouvait par hasard une bombe sous sa Cadillac stationnée sur le parking de son hotel à Concord en Carloine du Nord. Il se trouvait là pour venir régler au tribunal un contentieux entre lui et son ancien team manager Harry Hyde et ses associés.

Comment en est-on arrivé là ? Neil Bonnett pilotait pour Stacy en début d’année lorsque la dispute entre Harry Hyde, son crew chief et Jim Stacy son propriétaire eu lieu juste après la 15ème course de l’année au Michigan. Dispute qui allait mettre un terme à l’écurie, mettant au chômage ben malgré lui Bonnett. Cela dit il allait très vite trouver refuge chez Rod Osterlund dès la course suivant à Daytona. Ce dernier louant le matériel de Stacy pour faire rouler Bonnett. L’association Stacy/Osterlund étant plus un mariage forcé de raison que par réel amour entre les deux parties. Bonnett étant lié par contrat avec Stacy n’ayant de toute façon pas d’autre option. Pire il dira même lors d’une interview que tout ce qu’il savait c’est qu’il était sous contrat avec Jim Stacy et qu’il ferait ce qu’il lui dirait de faire et que quoiqu’il arrive il serait encore son pilote en 1979 comme indiqué sur son contrat.

La dispute entre Stacy et Hyde concernait le non payement depuis le début de l’année du salaire de Hyde et le payement pour le rachat de son atelier de course et de tout le matériel qui va avec.

Et la bombe ? Il s’agissait d’un montage de 8 bâtons de dynamite placé sous le châssis de la Cadillac de Stacy à hauteur du siège conducteur. Dès que la voiture aurait fait marche arrière pour quitter son emplacement de parking elle aurait rouler sur le détonateur.  Stacy en arrivant à sa voiture vit l’objet près de son pneu et pour ne pas rouler dessus se pencha pour l’enlever. A sa grande surprise il vit des fils qui sortait de la boîte (de la taille d’une brique). Il appela aussitôt la police qui une fois sur place demanda l’aide d’une équipe de déminage de l’armée pour désamorcer la bombe. Une bombe qui d’après les militaires aurait fait des dégâts dans un périmètre de près de 100 yards (soit un peu plus de 91 mètres) ne laissant aucune chance au malheureux Stacy. Un homme certes habitué à frauder mais qui n’aurait pas mérité un tel sort malgré tout. L’enquète ne déterminera jamais le responsable de la tentative d’assassinat. Harry Hyde fut très vite écarté malgré l’action en justice qu’il menait contre Stacy au moment de l’incident. Il faut dire que Stacy avait déjà été victime d’une autre tentative de meurtre avec une bombe 6 ans auparavant lorsque son immeuble à San José en Californie avait sauté. Un homme dont une bonne partie de la fortune fut toujours un mystère. Une sorte de mafieux qui blanchissait son argent en sponsorisant des voitures de courses, sa grande passion.

Voilà pour cette fois. Une prochaine histoire sur la fabuleuse histoire de la NASCAR prochainement sur NASCAR-WORLD !

A bientôt,

dd

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