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Un peu d’histoire: (12) Seligman, le trafiquant de drogue

 

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une bonne tête ce Steve, non ?

Steve Seligman reste une énigme pour la NASCAR, un vrai pilote ou un trafiquant de drogue ayant pris la casquette de pilote automobile pour mieux dealer au quatre coins des Etats-Unis d’Amérique ? Car le passé de ce pilote est très trouble, déjà on ne connaît pas sa date de naissance exacte (né en 1954 d’après ses dires) et aujourd’hui encore on n’est pas sur que Seligman soit son véritable nom de famille !

De toute façon ce pilote est très peu connu voir totalement inconnu des fans actuels et même anciens de la NASCAR. La raison principale c’est qu’il ne s’est jamais qualifié pour une course et ce malgré 13 tentatives réparties sur 8 saisons. Il fit bien quelques courses mais toutes hors championnat. Mais son but premier est-il réellement de faire les courses ? Pas si sur du tout. Il était plus ce que l’on pourrait nomme un « gentleman driver » qu’un vrai pilote professionnel car son vrai métier c’était trafiquant de drogue.

Pilote de faible niveau il avait débuté vers la fin des années 70 via le circuit régional en Late Model. Il debuta à un niveau national en 1979 en ASA puis fit également de l’ARTGO avec une curieuse 4ème place le 29 juin 1985 sur l’Illiana Speedway, son seul bon résultat en carrière toute catégorie confondue, Il fit enfin quelques courses en ARCA

Tout débuta en ce qui concerne la Sprint Cup actuelle en 1989 quand il acheta un châssis à Jack Roush utilisé en 1988 par Mark Martin ainsi qu’un moteur préparé par Ernie Elliott. Il du juste s’occuper d’y faire construire une nouvelle carrosserie et aménager un grand garage qu’il possédait en atelier et un camion transporteur. Il engagea deux mécaniciens qui faisaient tout à l’atelier. Pour les courses il décida d’engager sur places des mécaniciens en supplément. Sa Ford il l’a peint tout en rouge et y affubla un numéro 65 noir. Sa première tentative fut à Richmond sans sponsor et ce fut une catastrophe. Sa voiture n’avançait pas et en plus n’arrêtait pas de connaître des soucis de fiabilité. Faut dire qu’il n’avait jamais fait le moindre mètre d’essai avec avant d’arriver sur le circuit. A des années lumières des meilleurs lors des deux séances d’essais libres il loupa fort logiquement sa qualification. Ce fut la même chose lors de ses deux autres tentatives cette année là.

Puis on ne le revit plus en compétition qu’en ASA et ARTGO jusqu’à la fin de la saison 1990. Ensuite c’est le grand vide en ce qui concerne le sport automobile.

Steve Seligman va faire son grand retour à la compétition en 1995 en Sprint Cup après avoir passé un deal avec le O’Neil Racing de la famille O’Neil (Jerry et son épouse Heidi) pour piloter une Chevrolet vieille d’une saison sur quelques courses. Il finance intégralement sa première tentative. Connaissant ses limites en tant que pilote il reporte son choix sur les courses où c’est du « flat out » (pied au plancher) que sont les courses sur superspeedway à plaques de restriction ou speedway très rapide. Il début à Talladega et ne parvient pas à se qualifier. Rebelote à Daytona en juillet malgré le soutien de X-1R, un ancien sponsor de l’écurie qui est revenu. Cela dit en Cup le O’Neil Racing n’a jamais rien réussit… Il en sera de même dans le temple de la vitesse à Indianapolis et lors de sa seconde venue à Talladega. C’est à ce moment là que la police commence à s’intéresser en toute discrétion à cet énigmatique personnage.

En 1996 il remet cela et son programme comprend pas moins de 12 courses avec le O’Neil Racing qui pour l’occasion a construit une nouvelle voiture, avec l’argent apporté par Seligman. C’est une Ford avec un moteur compétition client de chez Ernie Elliott mais de la toute dernière génération que ce fabricant propose. Il semble enfin correctement armé pour concourir en Cup. Ne lui manque qu’une chose, on va le voir, c’est le talent et sans aucun doute aussi la motivation. Après deux nouveaux échecs en qualification à Daytona et Atlanta la famille O’Neil décide de mettre un terme à leur association. Jerry est persuadé qu’il perd son temps et son énergie à parcourir le pays pour un gars qui n’arrivera jamais à se qualifier tant son feedback technique est inexistant ! De plus les deux sponsors de Daytona en début d’année, Elena’s et Mariani Leasing, n’ont pas apprécié le comportement de Steve lors des soirées privées qu’ils avaient organisés en vue des 500 miles de Daytona. En effet Steve y arrivait en retard, proposait des « deals » financiers pour le moins douteux aux invités et s’éclipsait rapidement pour aller « on ne sait où ». Ce « comportement » sera révélé dans les médias de l’époque et va mettre définitivement la puce à l’oreille de l’inspecteur de police de Lake Forest qui mène discrètement une enquête sur Steve.

Seligman décide de racheter le matériel à la famille O’Neil et il rapatrie sa voiture dans son atelier et va la « modifier » à sa façon. Une première perquisition de la police à eu lieu peu avant à son domicile suite à une plainte d’un de ses voisins le soupçonnant de vendre de la drogue dans son quartier. La police ne trouve rien mais va alerter le FBI et la Court des Comptes va elle aussi commencer à s’intéresser à ce « pilote/propriétaire » qui finance son écurie de course tout seul alors qu’il est officiellement au chômage ! Son train de vie à la maison reste « visuellement modeste » mais même s’il ne se qualifie pas on parle de lui dans les médias et cela commence à intriguer quelques personnes. Bon au niveau sportif il ne réussira pas à se qualifier lors des quatre courses qu’il fait avec son écurie S&S Racing (les deux « S » pour Steve Seligman) en copropriété avec son épouse qui au passage travaille à temps partiel au bureau de poste de sa ville Lake Forest dans l’Illinois. C’est donc sûrement pas de chez elle que provient les dizaines de milliers de dollars qu’il dépense chaque mois pour son écurie… Mais il arrive à « noyer » le poisson en trouvant un sponsor pour deux courses à Talladega et Daytona à savoir Matco Tools.

Son jour de gloire, sportif, aurait du intervenir à Daytona pour la course de 400 miles car il s’était qualifié 43ème et dernier mais suite à la casse de son moteur dans l’Happy Hour il du déclarer forfait car il n’en avait pas de réserve et chose rare en NASCAR aucune écurie n’accepta de lui en prêter ou de lui en louer un. Je précise chose rare car en NASCAR à cette époque (c’est encore le cas de nos jours entre les écuries qui forment des alliances) l’entraide est immense et des mécanos de RCR peuvent donner un coup de main aux hommes de Roush en cas de besoin par exemple ou même prêter une boîte de vitesses,… Finalement Seligman met un terme prématuré à sa saison après cette casse moteur. Pour mieux s’occuper de ses « affaires » et se refaire la cerise !

En 1997 il a 43 ans, d’après ce qu’il déclare dans une interview au magazine Stock Car Racing où il annonce qu’il a engagé Jim Bown pour piloter sa voiture vu qu’il a décidé de ce concentrer sur son rôle de prorpriétaire de S&S Racing. Mais alors qu’il se dirige vers Daytona en Floride il est arrêté le 7 février par la police autoroutière qui immobilise son camion et tout son matériel. Quant à Steve et sa femme Georgia ils sont mis à la disposition de la justice et placé en garde à vue. Mais pourquoi ? Car on le sait cela fait des mois que la police le soupçonne de trafique de drogue, plus précisément de la cocaïne et les preuves et les plaintes se sont accumulées sur le bureau des enquêteurs. Le pire c’est que ce n’est pas d’un trafique local dont on parle mais national. Le FBI est sur son dos ainsi que la Court des Comptes qui malgré des recherches approfondies trouvait aussi très étonnant qu'il parvienne à financer une écurie de course, un garage automobile et à bien vivre alors qu'il est sans emploi et n'a bénéficié d'aucun héritage pouvant expliquer cette richesse. Mais comment s’y prenait-il ? En fait il vendait de la cocaïne de ville en ville en utilisant comme magasin ambulant son camion de course et même sa voiture puisqu'il cachait sa marchandise dans l'arceau de celle-ci. Il avait fait des trous dans le bas de l’arceau et utilisait les caches où l’on place les lests en course pour y cacher sa marchandise. Il a donc pu faire voyager des kilos et des kilos de drogue durant plusieurs années de ville en ville et d’état en état et parfois même sous escorte policière !! (les convois de camions de la NASCAR étant souvent escorter à leur demande pour des raisons de sécurité. Les écuries se regroupent ainsi. Le vol ayant été un fléau durant les années 80 et début 90 sur les parkings d’autoroutes). Pire c’est qu’au cours de l’enquête Il a même vendu à 11 reprises de la coke à des flics qui se faisaient passer pour des clients. Il fut condamner par le tribunal de Lake County présidé par le juge Christopher Starck à une peine de 27 ans de prison  et à $59,000 d'amende pour possession, $92,100 pour détournement pour son garage et $1 million pour la vente de stupéfiants (seulement et ce malgré qu'il avait engrangé plusieurs millions de bénéfices!) ainsi que la confiscation de ses biens propres (garage, écurie de course,…) sauf sa maison car son épouse fut considérée comme innocente car son implication directe ne fut jamais établie…

Il est marrant de voir que c'est le même juge, qui visiblement n’apprécie guère le sport automobile, qui avait déjà condamné l'ancien propriétaire du Team III, Sam McMahon fin 1991 pour un trafic similaire à 15 ans de prison. Décidément la NASCAR et la drogue c'est une longue histoire que ce soit dans la consommation (les pilotes, mécanos,...) que dans le trafic avec Gary Balough, Sam McMahon, Steve Seligman,.... et vu ses origines Montoya ?? LOL

Si je vous parle de cette histoire c’est que depuis février 2010 Seligman est en droit de demander sa remise en liberté conditionnelle. Mais je n’ai pas su déterminer s’il vivait toujours et si oui s’il en avait fait la demande. Il fut transféré deux fois de prison haute sécurité pour des raisons obscures mais visiblement parmi ses clients il y avait des « politiques » et il travaillait pour diverses mafias…

Enfin pour terminer il faut savoir que parmi ses clients il y avait pas mal de monde au sein du petit monde de la NASCAR, pilotes, mécanos, officiels,… C’est pour cela que la NASCAR n’aime pas à se souvenir de ce pilote et de nos jours encore c’est motus et bouche cousue le concernant.

A bientôt pour une nouvelle histoire sur la NASCAR !

La liste des ses 13 non qualifications :

-          1989 (3 DNQs à Richmond I, Bristol I et Martinsville I sur une Ford Thunderbird #65 engagée par lui-même)

-          1995 (4 DNQs à Talladega I, Daytona II, Talladega II et Indianapolis sur une Chevrolet Lumina #65 engagée par Jerry et Heidi O’Neil)

-          1996 (6 fois à Daytona I, Atlanta I sur la Ford Thunderbird #65 que la famille O’Neil engagait sous son nom, question de logistique, avant de rompre le deal faute de confiance en leur pilote. Ce dernier racheta la Ford à l’écurie. Ensuite il fera Talladega I, Charlotte I, Daytona II et Indianapolis sur la Ford qu’il avait récupérée et renuméroté #57 et qu’il co-engageait avec son épouse Georgia Seligman)

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