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Un peu d’histoire: (10) La mésaventure du roi Richard

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La voiture présentée à la presse est en parfait état ! En arrière plan on voit Al Unser Sr.

Cette mésaventure a lieu le 25 février 1968 lors des Daytona 500, cadre de la 4ème course de la saison sur 49. Cette déconvenue n’aurait sûrement pas eu lieu si la pluie n’avait pas fait annuler les courses qualificatives car le problème serait alors survenu et l’écurie Petty Enterprises aurait eu le temps d’y remédier pour les 500 miles.

La course se déroulant sous une forte chaleur pour un mois de février allait conduire à la mort prématurée de deux Chevrolet Camaro servant de pace-car suite à la surchauffe de leur moteur. Il faut dire qu’avec un record de 60 tours (150 miles) sous drapeau jaune  les pauvres pace-car devaient rouler beaucoup et vite sur ce banking (au moins 100 miles à l’époque pour le Grand National). Un troisième pace-car, toujours une Camaro, fut donc utilisé pour la fin de la course.

Depuis 1967 la Plymouth Road Runner qui se vendait le mieux était celle équipée d’un revêtement en vinyle noir. Pour la course de Daytona l’écurie Petty Enterprises décida de peindre le toit de sa voiture pour imiter l’option très populaire commandée sur cette voiture par les acheteurs. Bref une histoire de marketing ! Pas seulement car les ingénieurs aérodynamiciens avaient remarqués qu’avec une surface moins lisse, comme le vinyl, l’écoulement de l’air sur cette surface créait une multitude de petites turbulences qui au final faisait aller plus vite la voiture en vitesse de pointe car ses turbulences créaient un tapis d’air sur lequel le reste de l’air s’écoulait plus vite. Un peu le même principe que la peau d’un requin qui n’est pas lisse lui procure une meilleure hydrodynamique. C’est comme si la voiture s’auto aspirait. Même si ce phénomène n’apparaissait qu’à très haute vitesse (plus de 190 mph) et que la moindre turbulence provoquée par une voiture la précédant annihilait ce petit avantage. Dale Inman, le cousin et crew chief de Richard Petty, décida de faire peindre le toit dans une teinte noir mate à gros grain, ainsi la surface n’était pas tout à fait lisse comme l’était le reste de la peinture de la  carrosserie. Cela était si ressemblant à la texture du vinyle que nombre d’observateurs crurent que le toit était réellement recouvert d’une peau de vinyle ce qui n’était pas le cas, mais cette fausse réalité est au fur et à mesure des ans devenu une légende bien ancrée dans la mémoire des gens. Mais ce n’est pas à proprement parler cette peinture qui allait causer des soucis à Petty cette année là.

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Diaporama des réparations, Richard fait le gros du travail !

En effet lors de la construction de la voiture une barre de maintien du toit sur la barre transversale de l’arceau cage à l’avant fut oubliée d’être soudée à l’atelier. Ce qui avait pour effet de créer une petite fente entre le pare brise et le toit où l’air s’engouffrait. Une fente si fine que personne ne l’avait remarquée pas même Richard Petty. Pourtant dès les premiers tours de roues lors des essais libres il avait bien mentionné à Inman qu’il entendait un drôle de sifflement sans savoir dire d’où il provenait exactement. Il avait décrit ce sifflement au bruit que l’on entend sur autoroute quand il y a un porte bagage sur le toit d’une voiture. Il n’était pas loin de la réalité ! Pire encore avec la radio du pilote le bruit, comme un sifflement, était audible par Inman dans le stand. Mais à cette époque la radio était de mauvaise qualité et Inman prit cela pour un bruit aérodynamique quand la voiture roulait à plus de 190 mph. Cela dit l’épaisseur de la feuille de métal utilisée pour fabriquer la carrosserie était si fine que lors de la course avec une contrainte répétée sur de longues périodes celle-ci allait se plier.

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Le toit en miette et le début des ennuis…

En course donc, le phénomène du sifflement était présent dès le premier tour puis la tôle si fine en se pliant d’avantage allait se déchirer et se retourner sous l’effet de la vitesse comme une peau qui desquame. C’est cette vision qui créa le doute dans l’esprit des observateurs, car cela donnait vraiment l’impression que l’on avait affaire à une peau en cuir (vinyle) qui se déchirait. Cela créant un aérofrein faisant perdre beaucoup de vitesse de pointe pourtant si cruciale à Daytona. Lors d’un arrêt au stand Richard Petty allait sortir de sa voiture et donner des coups de bottes sur son toit pour essayer de le remettre en état, il n’arrivera qu’à piler son pare brise en loupant son coup et en glissant dessus, créant un trou encore plus béant ou l’air s’engouffrait dans l’habitacle. Il faudra plusieurs arrêts successifs pour tout d’abord taper avec un marteau et un poinçon et enfin pour recouvrir de scotch le dessus du pare brise avec le début du toit. Mais tout cela allait coûter deux tours à Richard Petty malgré des interventions effectuées sous régime de drapeau jaune. De plus il avait frotté le mur plusieurs fois à cause qu’il se faisait déporter vers l’extérieur dans les virages quand l’air s’engouffrait plus violement dans l’habitacle. Il faut dire qu’à Daytona le vent est un facteur déterminant sur le comportement d’une voiture saine alors imaginez avec une voiture malade…

Pourtant Richard Petty s’était qualifié en 2ème position et malgré tout cela il termine 8ème à 2 tours suite aux longues réparations de son toit. Car une fois « rescotché » il retrouva une très belle vitesse de pointe mais trop tard… Alors qu’en début de course il avait mené un peu la vie dure à Cale Yarborough, le futur vainqueur, menant même 4 tours.

Résultat complet de cette course sur le site racing-reference.info :

http://www.racing-reference.info/race/1968-04/W

Diverses vidéos de la course sont disponibles sur Youtube aux adresses suivantes :

Partie 1 : http://www.youtube.com/watch?v=MEw4uSLG--4

Partie 2 : http://www.youtube.com/watch?v=iuz090HABmA&feature=related

Partie 3 : http://www.youtube.com/watch?v=YUTq97P4fYE&feature=related

Lors de la seconde course de Daytona, les Firecraker 400 disputés le 4 juillet, l’écurie allait utiliser de nouveau ce principe de peinture à gros grain mais également sur le capot moteur en plus du toit. Par contre la peinture choisie fut blanche pour une question de réflexion de la chaleur et non plus noire pour diminuer le risque de surchauffe. Mais si cette fois aucune pièce ne fut oubliée d’être soudée, l’expérience n’ira pas à son terme suite à la casse du moteur de la Plymouth alors que Richard faisait une course solide avec la victoire en point de mire. Par la suite ce type de peinture qui n’avait finalement rien prouvé ne fut plus jamais utilisé. De toutes façons avec les progrès techniques et aérodynamique cela était devenu tout à fait obsolète.

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La voiture du mois de juillet.

A bientôt pour une nouvelle histoire.

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