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LES TONTONS RADOTEURS : La belle histoire de Bristol

Voici la 2ème histoire des tontons radoteurs (Kiwi et nascar_vd). Cette fois il s’agit de brosser le portrait d’un circuit mythique de la NASCAR à savoir le Bristol Motor Speedway. L’article ci-dessous est le complément par écrit de l’émission NW Ze Show !! n°22 du 17 mars 2009. Durant l’émission la rubrique « les tontons radoteurs » et ce pendant près de 35 minutes nous avons eu le plaisir de vous conter la fabuleuse histoire de ce circuit si atypique. De la construction à l’évocation des courses les plus marquantes.

Ici vous retrouverez la chronologie de la construction du circuit suivi d’une ligne du temps revenant sur les courses les plus marquantes. Le tout agrémenté de photos.

 

Bristol Motor Speedway

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La construction du speedway :

Le magnifique circuit de Bristol est né de l’idée de 3 hommes (amis de longue date):

Carl Moore

Larry Carrier

R.G. Pope

Avec l’aide d’un 4ème (par la suite):

Hal Hamrick

 

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Carl Moore (à gauche, Larry Carrier (au centre) et Hal Hamrick.

Le projet initial de Moore et Carrier est avec l’aide R.G. Pope (qui apporte des finances et qui dirige une entreprise de construction) de construire un speedway à Piney Flats dans le Tennessee, le Piney Flats International Speedway. Enfin ils espèrent car très vite ils vont s’heurter à l’opposition des habitants du coin sous l’impulsion du clergé local. Du coup ils doivent trouver un autre endroit et vont finir par dénicher une vieille ferme en périphérie de Bristol à Bluff City à 5 miles d’un grand axe routier, la Highway 11-E. C’est tout près de l’endroit initialement choisi. L’achat de la ferme et de ses terres ainsi que la construction du speedway s’élève à $600,000.

La construction commencera en 1960.

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La vieille ferme abandonnée.

Le nouveau speedway se nommera : Bristol International Speedway et fera 0.500 mile (au yard près) histoire de bâtir un ovale plus modeste, et « intime », que les grands circuits d'un mile et demi, déjà en vogue à l'époque. La piste avait une largeur de 60 pieds (20m) dans les lignes droites, et 75 pieds (25m) dans les virages, eux-mêmes relevés à 22°, sera en asphalte et aura des tribunes pouvant accueillir 18000 spectateurs. L'ensemble occupait une surface de 100 acres (40,5 ha environ) et accueillait, outre le speedway proprement dit, un parking pour 12000 voitures. De plus pour rentrer plus rapidement dans leur frais il est décidé de faire un terrain de football américain dans l’infield du circuit. Cette idée sera rapidement abandonnée par la suite.

Dès 1961, soit à peine après la fin des travaux, le circuit est intégré au calendrier de la NASCAR Grand National Series. Mieux il y aura même 2 courses au programme !

Hal Hamrick est un journaliste à la radio et à la télévision. Il débarque au circuit emballé par le projet et va y travailler jusqu’en 1965. Il va aider à la promotion du circuit.

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le circuit en construction en 1960.

Le 27 juillet 1961 la première séance d’essai officielle sur le circuit débute et c’est Tiny Lund sur sa Pontiac engagée par J.D. Braswell qui va avoir l’honneur d’inaugurer la piste. Il sera suivi de David Pearson,…

Lors des qualifications, le lendemain, c’est Fred « Fearless Freddie » Lorenzen qui réalise la pole avec à la clef le premier record officiel de la piste en 79.225 mph sur une Ford préparée par Holman-Moody.

L’après midi du 30 juillet c’est le grand jour avec le départ des premiers « Volunteer 500 » et ce devant 25000 spectateurs, beaucoup étant sur les talus entourant le circuit. 500 tours pour 250 miles. La victoire est signée par Jack Smith sur sa propre Pontiac #46. Mais c’est pas Smith qui a franchit la ligne d’arrivée. En effet au 291ème tour Smith se fait relayé par Johnny Allen. La raison est que le plancher en métal de sa Pontiac était devenu si chaud avec la proximité des échappements qu’il avait été brûlé au pied droit. Notons qu’Allen avait précédemment abandonné au 106ème tour quand sa Chevrolet avait pris feu. Mais la victoire est bien sur créditée à Jack Smith. Fireball Roberts sur une autre Pontiac termine 2ème mais à 2 tours. Sur les 42 voitures au départ seulement 19 franchiront la ligne d’arrivée. Le circuit étant exigeant avec les mécaniques mais la canicule aura joué un grand rôle dans cette hécatombe.

Mais au terme de la course R.G. Pope se retire de l’affaire et revend ses parts à Carrier et Baker. La raison est qu’il estime qu’à terme le circuit va mourir du à sa localisation et le total non support dont il est victime par la presse et même par une partie des dirigeants de la NASCAR.

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Jack Smith ou plutôt Johnny Allen franchissant la ligne d’arrivée.

Pour essayer de mettre de l’argent dans les caisses qui sont vides ils décident de faire un emprunt et de construire une drag strip en 1963. Cela va s’avérer payant et enfin le circuit va commencer à faire des bénéfices. De plus en organisant des rodéos, un grand match d’exhibition de football entre les Washington Redskins et les Philadelphia Eagle, un festival de country music,… Bref ils se diversifient et grâce à cela la petite localité commence à se faire un nom. Cela va profiter pleinement à la course automobile.

Pendant l’automne 1969 le circuit est complètement refait et il passe de 0.5 à 0.533 miles mais surtout son banking passe de 22 à 36° et 16° dans les lignes droites ! C’est un plus pour le spectacle et pour la vitesse (+15 mph de moyenne au tour) mais les caisses sont vides et jamais le duo ne parviendra à remonter la pente. C’est la catastrophe et pour s’en sortir ils décident à la fin de la saison 1976 de mettre le circuit en vente et au début de 1977 revendu à Gary Baker et à son associé Lanny Hester (un joaillier de profession). Les deux hommes ont déjà plusieurs affaires à leur actif dont plusieurs cliniques de dialyse rénale. Les deux hommes ne s’arrêteront pas là et en 1979 ils rachèteront le Nashville Speedway. Baker est un passionné de course automobile depuis le début des années 70 et grâce à sa fortune personnelle roule de temps à autre et ce au plus haut niveau. Il fera même une course de Cup en 1980 à Talladega.

Pendant le printemps 1978 la piste est rebaptisée Bristol International Raceway mais le plus gros changement à lieu au mois d’août quand Baker propose pour lutter contres les fortes températures du dimanche après-midi de faire la course dans la fraîcheur du samedi soir sous éclairage artificiel. La piste est aussi depuis peu surnommée « Thunder Valley ».

Les deux hommes vont aussi largement améliorer les installations du circuit en construisant des tribunes supplémentaires pour pouvoir accueillir plus de 30000 personnes.

Ils vont aussi lancer une vaste campagne pour promouvoir ce circuit. En effet les tribunes sont souvent très clairsemées malgré le superbe spectacle offert. La raison ? La piste est perdue en pleine campagne dans une zone où il n’y a rien à faire, rien à visiter, pratiquement pas d’hôtellerie,… Tout est à faire (pour rappel lors de la 1ère course de l’histoire tous les pilotes, mécanos,… se partageaient les quelques chambres du seul hôtel du coin, le Holiday Inn de Bristol)

Hester va se retirer le 1er avril 1982 pour retourner s’occuper de ses cliniques et vend ses 50% de parts à Warner W. Hodgdon sous les conseils de R.J. Reynolds et de Ralph Seagraves. Il fera de même en fin d’année avec la piste de Nashville.

C’est donc une association forcée à 50-50 entre Baker et Hodgdon. Mais Hodgdon est rusé et surtout un brillant homme d’affaire et le 6 juillet 1983 il détient 100% des parts de Bristol et de Nashville. Quand Baker avait racheté Bristol à Carrier et Moore le circuit valait moins d’un million de dollars. Lorsqu’il revend sa dernière action à Hodgdon le circuit vaut plus de 2 millions !

Larry Carrier qui était resté président et manager du circuit après l’avoir revendu est reconduit dans ses fonctions par Hodgdon en 1983.

Le 11 janvier 1985 Hodgdon va disparaître de la circulation suite à sa condamnation pour fraude fiscale. Carrier est condamné par la justice pour des arriérés de payement le 8 février 1985 mais en janvier 1986 Baker viendra à son secours en rachetant le crédit et il en profitera même pour reprendre des parts dans la société gérant le circuit de Bristol. Mais c’est à Larry Carrier que revient pour la 2ème fois la gestion du circuit.

 Le circuit va connaître enfin la reconnaissance de la part des médias à la fin des années 80 et il ne va cesser de prendre de l’importance.

Le 5 avril 1992 on roule pour la dernière fois sur l’asphalte à Bristol car 6 semaines après

Larry Carrier décide de frapper un grand coup en annonçant qu’il va re-surfacer la piste en asphalte qui se dégrade très fort pas un revêtement en ciment (concrete). Il devient le premier speedway à utiliser ce type de surface en Winston Cup. Les critiques vont fuser de toute part quant au choix du ciment mais on le verra par la suite Carrier avait fait le bon choix. De plus Refaire la piste avec de l’asphalte aurait coûté $250,000 alors qu’en ciment cela ne coûtera finalement que $100,000 !!

Le 29 août la Cup revient à Bristol pour la 1ère course sur ciment. Une totale réussite ! La course se déroule en nocturne et la surface reste très constante malgré la diminution au fur et à mesure de la température ambiante.

Alan Kukwicki avait gagné la dernière sur asphalte et c’est Darrell Waltrip qui gagne la 1ère sur ciment.

Le 22 janvier 1996 Larry Carrier revend le circuit à SMI (Speedway Motorsports Inc.), la société de Bruton Smith pour la somme de 28 millions de dollars (avec les frais). Le circuit compte à ce moment là 71000 places en tribunes.

Le 28 mai le circuit est rebaptisé Bristol Motor Speedway. Smith en profite pour faire agrandir les tribunes entre les deux courses car en août il y a désormais 86000 places assises.

La folie des grandeurs va se poursuivre car fin 1997 il y a 118000 places assises. Une année plus tard il y a 131000 sièges !

En mars 2000 le circuit vaut plus de 50 millions de dollars (il a quasi doublé sa valeur) et 147000 places sont disponibles.

En 2007 après la 1ère course, la piste est détruite en vue d’être totalement repensée. En effet avec le temps elle est devenue très sélective et il est difficile d’appréhender toute manœuvre de dépassement en raison d’une unique trajectoire rapide, à la corde.

La piste va voir son banking devenir « progressif » comme ce fut le cas avec réussite à Miami par exemple. La nouvelle inclinaison est variable et il y a 2 voire même 3 lignes de course possible ! Tout cela étant censé améliorer le spectacle en offrant plus de possibilités de bagarres portières contre portières.

Aujourd’hui en 2009 il y a 165000 places dans les tribunes. Ce qui en fait la plus grande arène du monde. Sans compter que c’est une des pistes préférées des pilotes et des spectateurs.

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Les courses :

Deux courses par an depuis les débuts en 1961.

En 1969, un banking plus prononcé augmente la vitesse et le spectacle.

Dès 1978 il y a une course nocturne et une diurne.

En 1992 passage au ciment.

En 2007 changement d’inclinaison.

Il y a eu 96 courses à Bristol en Sprint Cup (fin 2008)

53 en Nationwide (depuis 1982)

11 en Camping World Truck (depuis 1995)

Les courses les plus remarquables :

La couverture du programme d'Octobre 1961

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Avril 1962 : Bobby Johns (vainqueur final) Pontiac #72, et Marvin Panch, Ford #21, « enrhument » Maurice Petty, sur sa Plymouth #41,

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Mars 1963 : Fireball Roberts remporte sa première course sur une Ford de Holman Moody.

Juillet 1971 : Une course mémorable !

On y voit une première pour Bristol, avec la première et dernière course courue sans drapeau jaune !

A noter que ce « Volunteer 500 » est remporté par Charlie Glotzbach, relayé à mi-course par Friday Hassler. L'auto aura relégué toutes ses concurrentes à un tour.

La moyenne générale de la course constitue ainsi toujours un record, avec 101,074 mph !

Mars 1973 : Cale Yarborough, de retour de deux saisons en monoplaces, remporte le « South Eastern 500 » en menant tous les tours, sur la Chevrolet de Smokey Yunick.

Juillet 1973 : Benny Parsons ne fait pas le détail, et gagne le « Volunteer 500 » avec 7 tours d'avance, sur une Chevrolet vierge de tout sponsor.

Août 1977 : $500 infligés à Junior Johnson, quand sa voiture victorieuse, pilotée par Cale Yarborough, est trouvée non-conforme (Réservoir d'essence) mais autorisée à prendre le départ.

Janet Guthrie, 6è, réussit là son meilleur résultat en Winston Cup. Première participation d'une femme à Bristol en Cup, elle avait été relayée par John Hutsman.

Août 1978 : Cale Yarborough gagne la première « nocturne »,

Avril 1979 : « Southeastern  500 » Première victoire en Winston Cup d'un rookie que certains jugent prometteur... Dale Earnhardt !

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Dale Earnhardt avec Teresa à sa gauche. Les proprios du circuit Lanny Hester (à gauche) et Gary Baker (à droite sur la photo).

Avril 1984 : Dernière des 7 victoires consécutives de Darrell Waltrip. Dont 4 de suite sur Buick.

Août 1984 : Ci-dessous, Terry Labonte ajoute un succès sur « short-track » à son palmarès, et devient le premier champion couronné sans avoir remporté une seule victoire sur Superspeedway.

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Avril 1988 : Bill Elliott, qui va remporter le championnat, gagne sa première course sur « short-track » de manière convaincante... envoyé en tête-à-queue par un bump de Bodine, à 9 tours de la fin, il revient comme une balle, et reprend la tête six tours plus tard !

Avril 1990 : Une arrivée à la photo finish, quand Davey Allison bat Mark Martin de 8 pouces (20cm)

Crash énorme de Mickey Waltrip en Busch.

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Avril 1993 : Le champion sortant, Alan Kulwicki, périt dans un accident d'avion en se rendant au Speedway. Trois jours plus tard, le vainqueur de la course, Rusty Wallace, lui rend hommage en effectuant un « Polish Victory Lap »

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Rusty Wallace fait son « Polish victory lap » en l’honneur d’Alan Kulwicki.

Avril 1994 : Dale Earnhardt revient de la 24è position, et bat les 37 voitures en course, 183 tours avant la fin, pour sa première victoire sur « short-track » depuis Octobre 1991,

Août 1995 : Une course qui restera dans les annales... Sanctionné à plusieurs reprises, Dale Earnhardt remonte chaque fois le paquet. Dans le dernier tour, il envoie le leader, Terry Labonte, heurter le mur... Terry passe néanmoins la ligne en tête !

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Août 1999 : bis repetita... Dale Earnhardt envoie Terry Labonte en tête-à-queue dans le dernier tour, et cette fois, il remporte la course !

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2002 : crash de Mike Harmon en essais Busch, percuté par Johnny Sauter.

Le reste de l'histoire est connu de tous,

Signé les tontons radoteurs : Kiwi et nascar_vd pour www.NASCAR-WORLD.com

 

© mars 2009 dd

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