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LES BELLES HISTOIRES DE PAPY KIWI

  CURTIS « POP* » TURNER

         (1924-1970)

           aka “The blond blizzard of Virginia”

        aka “The Babe Ruth of Stock Car racing”

dd

   “You can always tell a Turner, but not much!” 

Ah ! Après le côté « bon garçon, intellectuel, méritant… » d’Alan Kulwicki, retour à du « lourd », les « good ole boys », sudistes, grandes gueules, larges d’épaules, moonshiners, « mountain men », et, pour tout dire, rednecks sur les bords.

Curtis Turner en est un des archétypes, au même titre que « Junior » Johnson. Talentueux, avec une vie tumultueuse, aimant la fête, juste comme on aimerait voir nos super-pilotes bien professionnels, bien lisses, d’aujourd’hui…

* le surnom de  « Pop » lui a été donné, parce qu’il avait la bonne habitude de «faire péter les bouchons », autrement dit, les concurrents devant lui, pour se faire de la place.

LES ORIGINES DE LA VOCATION

Curtis Morton Turner est né le 12 Avril 1924, faut-il le dire ? …dans un petit patelin, au fin fond du Sud-Ouest de la Virginie, Floyd… situé au sommet de la Bent Mountain. Difficile de faire mieux, pour fabriquer un héros de la « Nascar à l’ancienne » ! Ses parents étaient Morton et Minnie Turner (noter le prénom délicieusement « redneck » de Mum !) qui donneront encore le jour à Darnell, puis à deux filles, Dove et Ruby.

Bien entendu, Dad Turner fait dans la « Moonshine liquor », et il est très occupé par la fabrication de son elixir. L’affaire fonctionne à plein rendement, les clients sont nombreux, et Morton est très occupé à l’alambic. Alors, dès que Curtis est assez grand pour pouvoir conduire une auto (« grand » ne signifiant pas, pour autant, « avoir l’âge légal » !) on le voit sillonner les routes, pour assurer les livraisons du précieux produit familial. On raconte (voir liens) des poursuites épiques, dignes des meilleurs films de genre. Curtis est tellement bon au volant, que même les agents du fisc professent leur admiration pour lui.

Quand il se fait tirer dessus, il invente une solution provisoire pour boucher les trous de projectiles dans son réservoir… les épis de maïs ! Bien souvent un vulgaire épis de maïs sauvera la cargaison de « lait de montagne ».

La légende veut qu’il ait pratiqué le « moonshine u-turn » aussi bien, sinon mieux, que le « Maître » Junior Johnson. Curtis, lui, ne sera jamais arrêté par les fédéraux !

Quand son père lui demande « Pourquoi fais-tu tout ça ? » Curtis répond « Juste pour le frisson de la poursuite, pour battre les flics ! » Et Morton « Si tu conduisais en circuit comme tu le fais dans les montagnes, tu pourrais te faire un maximum d’argent… » Ca ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd.

LES COURSES

Curtis fait son service dans la Navy, dont il sort en 1946.

Et c’est le début d’une vie qui le voit courir les circuits, avec sa femme, dimanche après dimanche.

Un beau jour, il prépare sa Ford ’41… comme on préparait les autos, au bon vieux temps… en lui collant du chatterton sur les phares ! Et il participe à sa première course, à Mount Airy (North Carolina)  sans grand succès (18è sur 18 !)

Il se venge dès la course suivante, qu’il remporte, avant de se tailler une réputation inégalable de « roi du dirt ».

Dès 1949, il « monte » en Nascar, gagne une des 6 courses dans lesquelles il s’engage, et il y restera près de vingt ans, avec une éclipse, due à une « incompatibilité d’humeur » (…et d’argent, et de « pouvoir ») avec Bill France.

Year

Age

Races

Win

T5

T10

Pole

Laps

Led

Earnings

Rank

AvSt

AvFn

RAF

Miles

LLF

1949

25

6 of 8

1

1

4

1

564

78

2,675

6

6.0

12.2

1

382.0

1

1950

26

16 of 19

4

7

7

4

1626

1110

6,935

5

5.2

14.6

7

1390.1

5

1951

27

12 of 41

3

3

5

0

1164

513

3,980

 

15.0

16.2

3

948.1

3

1952

28

7 of 34

0

1

1

0

500

12

290

50

17.7

27.0

1

320.1

0

1953

29

18 of 37

1

3

5

3

1264

127

4,346

10

6.2

14.9

4

1304.4

1

1954

30

10 of 37

1

7

8

1

1678

277

10,120

9

16.5

6.5

8

1496.6

3

1955

31

9 of 45

0

4

4

0

928

14

2,605

34

8.6

19.2

5

831.6

2

1956

32

13 of 56

1

4

5

0

1967

287

14,540

20

9.9

16.5

5

1431.2

2

1957

33

10 of 53

0

2

4

1

1397

109

4,830

22

9.8

13.0

5

1304.2

2

1958

34

17 of 51

3

8

10

1

3068

827

10,029

20

12.1

10.4

11

2189.8

6

1959

35

10 of 44

2

4

4

1

1293

438

3,845

24

15.3

12.2

5

1174.9

4

1960

36

9 of 44

0

0

1

1

1090

106

3,220

36

16.4

22.7

2

1694.0

0

1961

37

8 of 52

0

1

2

0

1182

162

6,090

 

10.0

22.8

2

1257.3

1

1965

41

7 of 55

1

3

3

0

1360

256

18,175

39

5.9

19.0

3

1287.6

2

1966

42

21 of 49

0

5

6

2

3697

385

16,920

24

7.0

18.8

7

4120.2

2

1967

43

4 of 49

0

0

0

1

241

6

7,875

71

8.5

31.0

0

523.5

0

1968

44

6 of 49

0

1

4

0

1448

0

5,850

47

7.7

8.8

4

1542.0

0

17 years

183

17

54

73

16

24467

4707

122,325

 

10.2

16.0

73

23197.7

34

(source : copié-collé de l’excellent  « racing-reference.info »)

Je ne vous infligerai pas le récit « tour par tour » des courses de Turner, d’autant moins que « Nascar VD » le fait, et avec quel talent, dans sa « Grande Saga » historique. Je me contenterai de parler de celles qui auront marqué « l’histoire ».

En 1949, notre héros gagne sa première course, sur le toujours fameux « Ovale circulaire » de Langhorne (voir « 1949, course n°4 » de VD) ce qui est un gage de pilotage hors pair, en s’imposant devant le « gratin » de la Nascar débutante.

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Il court sur des Buick et ici, à Daytona, sur Oldsmobile.

C’est en 1950 qu’il réalise l’exploit de gagner deux courses consécutives, à Rochester et Charlotte, en les menant de bout en bout. Personne n’a pu rééditer cette performance depuis.

En 1951, nouvel exploit exclusif ! Il fait gagner une Nash, la fameuse « pregnant whale » 

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A noter que, si l’auto est aussi appelée « baignoire retournée », ce surnom n’a rien à voir avec l’événement ci-dessus !

1952 est une « année sans », avec les Hudson et Olds de John Eanes.

1955, il court avec sa Ford, surnommée « Purple Hog ».

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1956 est pour lui une très grande année, avec 22 victoires en « Convertibles », et  le Southern 500 avec la même voiture, sur laquelle on aurait soudé un toit, selon ce qu’avancent certains !

A noter que l’excellent « Nascar VD » s’inscrit en faux contre cette affirmation. Le débat est  ouvert.(Voir, à ce sujet, « 1956-1 ») 

Autre originalité, en 1956, dans la catégorie « Ragtops», Turner est le seul vainqueur de l’histoire à gagner sous drapeau rouge, parce qu’il a la seule auto encore en état de marche, c’est à Asheville-Weaverville  (source « 1956-1 », course n°46)

Premier pilote de Nascar à avoir « fait » la couverture de « Sports Illustrated »

 ss 

Pendant qu’il court, Turner s’occupe aussi de faire fructifier… ou couler, ses affaires de commerce de bois. Il gagne beaucoup d’argent, en perd beaucoup aussi, tout en faisant une « foire » effrénée (certains disent qu’il a pu souvent rater des courses, mais jamais une « party » !).

Curtis Turner n’a pas conduit que des berlines, on l’a vu dans des voitures de sport, comme ici, en 1957 à Nassau (Bahamas) avec Jerry Earl (à droite) pour piloter la Corvette SR2 dessinée par le grand Harley Earl.

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Toujours dominateur sur les « Convertibles » en 1957, on le voit ici (Ford #26) passer la Chevy de Larry Franks, en délicatesse avec la piste de Daytona.

ss 

1958, retour aux berlines, mais toujours la bagarre, ici (Ford #26) avec Roberts, sur la ligne droite arrière de Daytona.

 

dd

1959 le voit au volant des splendides « Thunderbirds », comme ici au « Daytona 500 » inaugural.

dd 

 

1959-1960… CHARLOTTE ! … ET LE DEBUT DES  GROS ENNUIS…

Une grande date dans l’histoire de la Nascar… Sur un coup de cœur, Turner décide, partant de rien, de construire un circuit, sur un terrain qu’il avait acquis, à quelques miles au Nord-Est de Charlotte.

Il réunit un peu plus de $ 2 millions, et entame les travaux, plus ardus à mener à bien qu’il l’avait espéré.

La légende veut qu’à la place prévue pour les fondations, Turner découvre « le père de tous les rocs de granit » et qu’il faut plus de $ 70.000  de dynamite pour en venir à bout.

Bien vite, tous les devis volent en éclats, et Curtis doit faire le tour de ses relations et des banques, pour emprunter de l’argent. Toujours « à la bourre », Turner met néanmoins en route son programme de courses.

Quelques jours avant le « World’s 600 » inaugural (19.06.1960) il reste un petit bout de piste à terminer, mais l’entrepreneur, qui a un gros empilement de factures impayées sur son bureau, met ses engins au milieu, et déclare qu’ils ne bougeront pas de là, tant qu’il n’aura pas son argent.

Curtis dit qu’en désespoir de cause, il appelle à l’aide « un couple de vieux amis, un certain M. Smith, et son associé, M. Wesson », qui parviennent à convaincre le créancier entêté. Qui oserait encore ça de nos jours ?

L’embellie ne durera pas. Turner est victime des manœuvres de ses créanciers, et associés, qui voient une excellente occasion d’empocher les gros dividendes promis par la piste. Curtis est proprement éjecté de son propre circuit !    

Mais le pire reste à venir. Même s’il n’est pas du genre malléable, Turner va trouver encore plus coriace que lui… Bill France « himself ».

Alors qu’il remue ciel et terre pour trouver les fonds nécessaires à pouvoir courir de nouveau, il tente de former une association (un syndicat) de propriétaires, organisateurs, pilotes, ce qui n’est vraiment pas du goût de ce tyran qu’est devenu Big Bill France.

Celui-ci convoque tout le monde, exerce des pressions, menace, et obtient que tous lâchent Turner. Pour couronner le tout, en 1961, Bill France achève son œuvre de destruction, en bannissant à vie le pilote des courses estampillées « Nascar ».

Et pourtant, Turner et France n’ont pas toujours été ennemis, comme on peut le constater ici, à la Panaméricaine 1950.

 dd 

C’est peut-être en souvenir de ces temps de paix, qu’en 1965 Turner sera autorisé à revenir au sein de l’organisation. Il gagnera sa dernière course cette année-là, à Darlington, sur une Ford des Wood Brothers.

En 1960, Curtis joue « un pilote » dans « Thunder in Carolina », un film sur les pilotes sudistes de stock cars, tourné pendant le « Southern 500 ». Il y est en bonne compagnie, aux côtés de Buck Baker, et Joe Weatherly, pour ne citer que les plus connus. 

dd 

En 1961, 62, et 63, Turner ira se frotter au célèbre « Pikes Peak Hill Climb »

dd 

Ci-dessous, la « Galaxie » 1962 avec laquelle il remporte la victoire dans la catégorie.

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En 1967, Turner marque encore les esprits, en dépassant 180,831 mph en qualifications à Daytona… sur la fameuse Chevelle «échelle 7/8» de Smokey Yunick. Cette auto avait décidément tout pour réussir, au vu de son #13. Il ne lui portera pas chance, avec une casse moteur dans la dernière partie de course.

ff 

A la fin de la saison 1968, Turner se retire de la compétition, et se consacre à ses affaires, jusqu’à ce qu’un accident d’avion décide d’en finir avec le vieux baroudeur des montagnes, le 14 Octobre 1970.

Comme le dira Cale Yarborough…

« Turner a vécu ce qui serait deux vies d’un homme normal, et maintenant il est parti pour une troisième. »

Marseille, le 2 Février 2008

SOURCES

http://www.fireballroberts.com/curtis_turner1.htm

http://www.curtisturnermuseum.com/

http://en.wikipedia.org/wiki/Curtis_Turner

http://www.amazon.fr/gp/reader/142596141X/ref=sib_dp_pt#reader-page

http://racing-reference.info/driver?id=turnecu01

www.carofthecentury.com/gm's_first_modern_era....

corvette-fan-bis.skynetblogs.be/tag/1/Nascar.

www.circletrack.com/.../photo_03.html.

http://www.pilotosmuertos.es/comunicados/oc_no_di_2007/turner.html

http://members.tripod.com/~SpeedZone70/b-r3.html

entertainment.howstuffworks.com/1954-nascar.htm.

 

A propos des sources

Les sources utilisées pour ces articles, et principalement pour les photos, sont celles accessibles sur le Net. Je m’efforce d’en citer l’origine, soit dans le corps de l’article, soit « in fine », mais il peut se produire un oubli, ou une erreur, dont je prie qu’on veuille bien m’excuser.

Elles sont utilisées sans but lucratif, et elle contribuent, selon moi, à la promotion de leurs sites d’origine. Si certains détenteurs de droits s’estiment malgré tout lésés, il va de soi qu’elles seront retirées sur simple demande.

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